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ÉTAT SOCUL ET POLITIQUE DES GRECS

vingt hommes. Aucun de ces vaisseaux, les plus grands comme les plus petits, n'était ponté. Au temps de la guerre entre Athènes et Égine, l'an 492, deux ans avant la guerre Médique, les Gorcyréens possédaient une quantité assez considérable de trirèmes et de vaisseaux pontés; les Corinthiens, quoique inventeurs de ce nouveau genre de navires, n'en avaient qu'un très-petit nombre. Les autres États maritimes de la Grèce, et entre autres les Athéniens et les Éginètes , n'avaient encore que des pentécontores, des vaisseaux longs et non pontés. Ainsi, au commencement du v** siècle, la marine de presque tous les Grecs se composait exclusivement de vaisseaux qui n'excédaient pas en grandeur ceux de Philoctète , c'est-à-dire les plus petits de la flotte de Troie ; et ils avaient sept cent soixante-treize vaisseaux de moins qu'au temps de cette guerre. Ce ne fut que dans les douze années qui suivirent la guerre entre Égine et Athènes, que ces deux villes et quelques autres, poussées par la nécessité de périr ou de combattre les forces navales de Xerxès, construisirent un grand nombre de trirèmes.

L'un des deux termes de notre comparaison pour la marine grecque se rapporte au commencement de la guerre Médique, c'est-à-dire au v* et non pas au yv siècle, parce que l'on n'aurait que des données incomplètes pour le VI* siècle. Mais comme la marine grecque fut en progression trèsHsensible au v« siècle, l'on sent bien que nos calculs et nos raisonnements auraient encore bien plus de force, s'ils s'ippliquaient au VI* siècle.

Le commerce suit la décroissance de la marine. Dans les ports creusés avant leur domination, les Thessaliens reçoivent les étrangers, et leur vendent l'excédant de leurs denrées et de leurs esclaves, pour fournir au luxe de leurs vêtements et de leur table. Mais ils ne vont pas chercher chez l'étranger les denrées dont ils ont besoin; ils ont des échanges comme les Barbares , ils n'ont pas de commerce , dans la véritable acception de ce mot. Il faut descendre jusqu'à Jason de Phères et jusqu'au milieu du iv« siècle pour trouver chez eux non pas l'exécution , mais seulement le projet d'une' marine. Les Béotiens firent, au temps d'Épaminondas, une tentative semblable, qui prouve un pareil manque de marine et de commerce. Même pénurie chez les Doriens du Péloponèse : ils sont obUgés, en toute occasion, d'emprunter des vaisseaux à leurs voisins pour faire la guerre : non contents de négliger tout commerce, toute industrie, ils rangent ces occupations parmi celles qui sont indignes d'occuper un homme libre et qui le déshonorent.

Développement intellectuel, beaux-arts, — La conquête des Thessa-

liens étouffa en Hœmonie tous les germes de développement intellectuel. Dans les siècles qui la suivirent, ce pays ne produisit pas un seul législateur, pas un philosophe, pas un écrivain, pas un artiste. Aussi stérile en grands politiques et en grands capitaines, elle n'en compta pas un du xiv au vi« siècle.

L'existence de plusieurs habiles artistes, l'apparition des poètes et des musiciens Linus, Bacis, Tirésias, Daphné, Amphion, prouvent que, durant les siècles héroïques, les Béotiens étaient parvenus à un degré de civilisation remarquable pour le temps. Ce progrès s'arrête tout à coup avec la conquête arnéenne. La grossièreté de leurs maîtres les gagne, et ils méritent bientôt la réputation du peuple le plus ignorant et le plus é; ais de la Grèce. Durant les six siècles qui la suivent, la Béotie ne produit pas un artiste, et ne produit qu'un poète, Hésiode. L'existence d'Hésiode, loin de protester contre les conséquences que nous attachons à l'invasion arnéenne, les confirme toutes. En effet, s'il est né à Ascara en Béotie, il est originaire de Cumes en Asie. Il appartient par le sang à cette ancienne population que les conquérants ont put chassée de Grèce en Asie , et il doit à la civilisation des temps héroïques, émigrée en Asie, tous les développements de son talent. Il regrette les hommes et les temps de la guerre de Troie; il maudit son siècle; il accuse les mœurs des barbares parmi lesquels il a été transplanté , et par les mains desquels il périt assassiné.

La proscription des arts de l'esprit, si remarquable dans l'histoire des Doriens de Sparte et des autres villes du Péloponèse, ne passa dans }eur ponstitution que parce qu'elle était d'abord dans leurs habitudes et leujTS contumes. Durant les quatre premiers siècles qui suivent l'invasion, il n'y a pas trace chez eux d'un seul auteur, ni d'un seul artiste, dans nn genre quelconque. A l'époque de la premièrje guerre de Mes- ^énie, on trouve cités, comme appartenant à la Laconie, les noms de deux poètes infiniment obscurs (1) , Gitiadas et Cinœthon ; le premier, auteur de quelques hymnes; et le second, de généalogies. Mais telle était l'imperfection de leurs œuvres, qu'elles ne purent satisfaire même 1^ grossièreté des Spartiates. Comme, d'un autre côté, Sparte ne trou-

(0 Gitiadas a échappé à Barthélémy et à Sainte-Croix. ( Voyez Voyage d'Anacharsis, |. VII, table des hoinines illustres.) H est mentionné par Pausanias. Laconica,c. 17. pausanias n'appelle Sparliates ni Gitiadas ni Cinœthon, quoique cp suit rexpiessioo dont il se serve quand il veut désigner des Doriens de Sparte. {Voyez Lacouïca y cap. iQ Pour Gitiadas , il dit un homme du payiyàvf^p èm^c^pio^ (C 17). Je crois <||ue l'un et I'«atr0 appartenaient à Taocienne population.

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vait pas mieux chez elle, comme elle était frappée d'mie déplorable stérilité, elle fut obligée de recourir à TAthénien Tyi'tée pour avoir des chants guerriers, au Sardien Alcman pour avoir des hymnes en Thonneur des dieux, et elle paya leurs ouvrages des plus hautes distinctions dont elle disposât. Les arts manuels , et en particulier la sculpture , paraissent avoir ^té moins négligés, probablement à cause des exigences de la religion, chez le peuple le plus superstitieux de la Grèce. Ce môme Gitiadas exécuta en bronze le temple et la statue de Minei-ve, en 723. Vers 620, les Spartiates Syadras et Chartas sont désignés comme les maîtres du Corinthien Euchyrus. Mais ces trois sculpteurs appartenaient, selon toute apparence, à l'ancienne population laconienne ou achéenne etûonàlaracedorienne. • Tandis que le développement intellectuel restait comprimé à peu près complètement, et que les arts, sauf la sculpture, périssaient dans la Thessalie, la Béotie et la pjus grande partie du Péloponcse , ils se soutenaient dans l'Attique, dans Tisthme, et dans cette étroite lisière du Péloponèse qui correspond à la Corinthie , à la Sicyonie et au nord-est de l'Argolide. Les restes de la civilisation des temps héroïques, la persistance du commerce, et surtout les rapports avec les Grecs d*Asie, produisaient cette heureuse exception, chez les habitants d'mi pays qui formait à peine la vingtième partie du territoire hellénique. Ainsi, dans quelques villes, }e génie d'un certain nombre d'hommes à part luttait contre la barbarie générale, amenée par la conquête, et renouait la civilisation du temps d'Agamemnon à celle du temps de Thémistocle fet

de Périclès.

Siècles.

IPronanide^ poëte et grammairien X«

Tyrtée, poëie. - Vll«

Solûn^ philosophe et poëte élegiaqae. . • . . .^ Vli'' fin.

Dropide, frère de Solon, poSie VU'' fin.

Eumarui , peintre IX*.

Mêgaeb. I Eupalinuê, arcWtccte. . . .- VHP.

Eun/iéluit poëie el historien. IX'.

Ctèanikey inventeur du dessin au trait IX*.

Ardicèi^ inventeur des ombres dans l'esquisse (1). . . • . . 1X^

COMNTHE / (^f^ophante, peintre monochrome IX*.

^ Èwhyrui^ peintre et statuaire Vtl«.

Dibuiâde, sculpteur en plastique , Vil*.

Les sciilpteurs anonymes du corTre de Cypsélus >11^.

Aminocley constructeur de vaisseaux. VHP fin.

SirYAvc I Tétéphane^ l'un des premiers artistes qui ont jeté l'ombre o't^TosB. j ^^^g l'esquisse (2) IX"'.

(i) Je ne sais pourquoi Ciéanthe et Ardicés, qui ont une extrême importance, ont été omis par Sainte- Croix dans la table des hommes célèbres. Les détails que je donne sur eui sont fournis par Pline , Uist- nat., 1. XXXV, c. 5.

(2) Pline , loco laudato , également omis par Sainte-Cr9iS*

212 PKÉCIS BB l'hiSTOIBB AMCtENNB.

Siècles.

Trézêne. t Àrdalutf poëte et musicien. X«.

Cléonb. I Ctmofi, peintre Vlll*.

BÉOTiE. 1 Hétiodê, d'Ascra X'.

GiHadtu, poëte hymnoKrapbe (l) V11I«.

Cinœthon, poëte généalogiste ViU'.

Spaktk. GiliwUu, I

Syadras, y sculpteurs VII'.

CharUu, ) .

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