‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 57 sur 215 · I 26. LES PAPES JUSQU'AU CONCORDAT DE WORMS · texte numérisé non relu

I 26. LES PAPES JUSQU'AU CONCORDAT DE WORMS

à Robert Guiscard, qu'en 107/j il avait excommunié pour s'être emparé de la Campanie; en 4080 il l'investit comme vassal du saint-siège. En mars 1081 Henri IV vint en Italie ; sans s'inquiéter de Herrmann de Luxembourg, qu'en Allemagne le parti pontifical lui opposa comme roi, il poursuivit la guerre, ravagea les domaines de la comtesse Mathilde, prit Rome en 1084 et y installa son pape Clément III, qui le couronna empereur. Grégoire, enfermé au château de Saint-Ange, fut délivré par Robert Guiscard; mais ne pouvant rester à Rome, dont la population l'avait accusé d'avoir attiré le désastre de la ville, il se retira avec les Normands à Salerne, où il mourut le 25 mai 1085, après avoir pardonné à ses ennemis.

§ 20 Les papes depuis Victor III juscru'au concordat de Worras.

A la mort de Grégoire VII la question des investitures n'était pas résolue. En Allemagne, où Herrmann de Luxembourg renonça à la couronne, l'ascendant de Henri IV était rétabli, tandis que le pape Clément III se maintenait à Rome.

Grégoire VII mourant avait recommandé aux cardinaux l'abbé Didier du Mont-Cassin, comme étant le plus digne de lui succéder. A peine élu, Didier, effrayé de sa tâche, se retira de nouveau dans son monastère; ce ne fut qu'après un an qu'il se laissa fléchir, et qu'il commença à régner sous le nom de Victor III. Il excommunia l'antipape, renouvela les décrets sur les investitures, mais mourut dès 1087. Son successeur fut Odon de Lagny, ancien moine de Cluny, cardinal-évèque d'Ostie ; il prit le nom d'Urbain II et suivit à son tour la politique de Grégoire VII. Forcé par l'empereur de s'enfuir de Rome, il réussit à détacher de Henri son fils Conrad, qui en 1092 fut proclamé roi d'Italie. En 4099 il tint à Clermont un concile, où

il fil décréter la première croisade; l'enthousiasme qui éclata à cette occasion releva son autorité dans tout l'Occident. Au même concile il frappa d'excommunication le roi Philippe de France, qui avait répudié son épouse pour vivre avec une maîtresse; il y fit décréter aussi que les évoques ne jureraient plus fidélité aux princes, et que ceux-ci ne leur donneraient plus l'investiture.

Une armée de croisés ayant chassé de Rome l'antipape Clément, Urbain put rentrer dans sa capitale. Le parti impérial semblait perdu en Italie. Pour mieux s'attacher les Normands de Sicile, Urbain accorda en 1098 au comte Roger et à ses descendants la qualité de légat apostolique; la Sicile dut être «une monarchie ecclésiastique », gouvernée au nom des papes.

Le successeur d'Urbain, Pascal II, également un ancien religieux de Cluny, élu en 1099, eut les mêmes principes sans avoir la même fermeté. Au concile de Poitiers de 1100 ses légats excommunièrent une seconde fois le roi Philippe Ie', qui dut se séparer de sa maîtresse; quand il la reprit, le pape ne l'inquiéta plus. En Angleterre, afin de mettre un terme aux querelles entre Henri Ier et l'archevêque Anselme de Canterbury, il obtint du roi la renonciation à l'investiture des évêques, mais consentit à ce que ceux-ci prêtassent le serment d'hommage féodal. Il réservait toutes ses forces contre l'empereur. Celui-ci, contre lequel se révolta un de ses propres fils, abdiqua et mourut à Liège en 1106, sans être relevé de l'anathème. Henri V, le fils rebelle, devenu roi incontesté, ne songeait pas à renoncer aux privilèges qu'avait défendus son père. Il convoqua à Mayence une assemblée de princes, avec le consentement de laquelle il envoya à Pascal, qui se trouvait en France, des ambassadeurs pour lui notifier qu'il continuerait de donner, par la crosse et l'anneau, aux évêques nouvellement élus l'investiture de leurs domaines et des droits régaliens. Comme le pape maintint les

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