‹ Précis de l'histoire de l'église d'occident pendant le moyen ageChapitre 97 sur 215 · CHAPITRE TV · texte numérisé non relu

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LA THÉOLOGIE

S 40. Caractère général.

Pendant que le système hiérarchique, aidé du monachisme, arrive à son développement le plus complet et crée l'unité extérieure de l'église catholique, celle-ci poursuit dans une autre direction un travail analogue, destiné à réaliser l'unité dans la doctrine par le système de la théologie dite scolastique. On sait que la période des Pères et des premiers siècles a été l'âge de l'élaboration et de la fixation des dogmes les plus essentiels; qu'ensuite est venue une époque peu originale où, à l'exception de Scot Érigène, la théologie n'a vécu pour - ainsi dire que de

48 Ce qu'on appela plus tard ordre des célestins, fut d'abord une congrégation d'ermites, fondée vers 1251 en Italie sous le nom d'ordre de Sainl- Damien ; en 1300 ces célestins furent introduits en France.

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compilation; qu'enfin, vers le milieu du onzième siècle, dans la querelle sur la transsubstantiation, on a commencé à taire intervenir la dialectique dans la tractation des questions religieuses.

Cette querelle fut le prélude de la période scolastique proprement dite. La théologie, qui se forme dès lors, devient, il est vrai, l'auxiliaire de l'autorité ecclésiastique en matière de foi, mais en elle-même elle est un effort spontané de la pensée, une phase de la science qui cherche à se rendre compte des problèmes soulevés par le christianisme. Depuis son origine jusqu'au moment où s'annonce son déclin, elle atteste une puissante activité intellectuelle, elle poursuit un intérêt sérieux, elle tend à satisfaire au besoin des penseurs de s'assimiler par la raison les données de la tradition dogmatique.

Enseignée d'abord dans les écoles des chapitres et des monastères, elle prit naturellement le nom de théologie des écoles, théologie scolastique. Son premier berceau fut le couvent du Bec en Normandie, où se sont formés plusieurs des hommes les plus éminents du onzième siècle, le canoniste Yves de Chartres, le pape Alexandre II, le théologien Anselme de Canterbury. Un peu plus tard ce fut Paris qui devint le principal foyer des éludes. La plus fréquentée des écoles de cette ville était celle de l'évêché, établie alors dans le cloître de Notre-Dame; parmi les autres, il faut mentionner surtout celles de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor. D'abord on n'avait enseigné dans ces écoles que les arts libéraux ; plus tard on y professa aussi la théologie, le droit canonique et la médecine. Jusque vers 1200 elles étaient placées sous l'autorité du chancelier de l'évèque; pour se soustraire à cette tutelle, les maîtres se constituèrent en corporation et formèrent ainsi la première université, que les papes et les rois dotèrent de grands privilèges. L'établissement des ordres mendiants dans la capitale donna à l'enseignement un

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