DE L EGLISE REFORMEE DE PARIS. LXXVII
que mon hôte, par lequel je vous ai écrit tout au long, est tombé malade à Lyon, Ces jours derniers j'ai donné un autre paquet de lettres à un homme qui voulait aller directement vers vous, mais ayant changé de plan , à cause de l'arrivée du baron d'Aubeterre: il vient de me rapporter les lettres. Et cependant il eut été fort avantageux que ces lettres vous fussent parvenues le plus tôt possible. Mais il faut faire comme on peut, alors qu'on ne peut pas comme ou veut. Dès que j'avais expédié ce paquet, nous avons reçu une lettre de M. de Verace, à laquelle Lestrée répondra pour nous tous en excusant tout le Consistoire. Celui dont je vous ai parlé dans ma première lettre est de retour du roi de iNavarre , et il va se mettre en route pour se rendre auprès des princes allemands, dans l'inlérèl de notre cause. 11 nous a annoncé que votre lettre a causé un vif plaisir au roi, qui l'a montrée a la reine et a ses autres serviteurs. Il a apporté la réponse que je vous envoie. Le roi est attendu ici depuis quatre jours. S'il voit qu'on le reçoit avec plaisir, après qu'il aura fait connaître ses sentiments par rapport à la religion (car il a résolu de déclarer ses opinions au itoi), il restera quelques jours à la cour; sinon, il retournera chez lui aussi vite que possible. Le roi partira aujourd'hui pour Fontainebleau; car il a célébré avec trop de magniiicence les bacchanales. Si les récils de celui dont je vous ai écrit sont vrais, nous avons a attendre ici de grands changements. Quoi qu'il arrive, nous combattrons courageusement, car Dieu sera avec nous. Une grande partie des captifs se montre très-faible , pour ne pas dire perlide. Quelques-uns ont succombé, mais la vérité n'a pas succombé encore. 11 en reste treize. Gemmes se maintient, grâce à Dieu, avec cinq autres , sur le sort desquels je ne puis rien vous promettre ; car la rage des ennemis n'est point encore éteinte ; mais Dieu les empêche et les relient , de sorte qu'ils n'osent pas entreprendre ce qu'ils désirent tant. Vous avez entendu que D'Andelot est mort; c'est un vain bruit, sans quoi je vous en aurais parlé dans ma lettre; ces jours derniers encore je lui ai parlé. Il va se mettre en roule pour la Bretagne pour ses propres affaires, et comme il nous a demandé un compagnon de voyage, nous avons engagé Gaspar à se joindre à lui , ce à quoi il a bien voulu consentir. Je n'ai point d'autres nouvelles à vous donner. C'est pourquoi , en vous présentant mes salulalions , je termine en priant le Seigneur notre Père de vous conserver le plus longtemps possible à l'Eglise. Je sens que vous vous souvenez de moi dans vos prières. Continuez ainsi, Irès-chers frères, que je ne puis assez vénérer. Paris , 26 février.
Votre tout dévoué Jo. Rachamds.