Les Placards
Un jeune garçon apothicaire, nommé Féret, fut envoyé àNeuchâtel, pour faire imprimer ces affiches ou Placards. Pierre de Vingle, dit Pirot Picard, avait une imprimerie qui fut jdus lard transportée à Neuchûtel, mais qui alors était cachée dans l'étroit vallon de Serrières, petit village à un quart de lieue de la ville. C'est là qu'avait été imprimée l'année précédente (1533) la pre-
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mière liturgie protestante, dont Farel fut probablement l'auteur {Manière et fasson qu'on tient es lieux que Dieu de sa grâce a visités, rééditée en 1859 par M. Baum. — Voir l'Avant-propos, p. 9).
C'est là encore que fut publiée , l'année suivante (1535), la première Bible protestante qui ait paru en français : c'était la version de Lefèvre d'Etaples (Anvers), revue par Pierre-Robert Olivetan , cousin de Calvin. — On sait que Farel avait été saisi d'admiration en trouvant chez les Vaudois du Piémont des copies manuscrites de l'Ancien et du Nouveau Testament en langue vulgaire. Il leur proposa de faire imprimer la Bible, et ces pauvres agriculteurs, si souvent persécutés, avaient collecté entre eux une somme de 1500 écus d'or pour cette grande œuvre.
Ce fut des presses de Pierre de Vingle que sortirent les Placards. On ne sait comment Féret réussit à faire entrer l'édition en France et dans Paris.
Du reste, l'effet moral de ce violent pamphlet fut très-mauvais et devait l'être. Courault avait énergiquement blâmé cette folle et coupable mesure.
MM. Haag ont publié le texte des Placards dans les Pièces justificatives de la France protestante , n° 2.