‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 27 sur 120 · Mûcar · texte numérisé non relu

Mûcar

Etienne Pasquier a connu personnellement le pasteur Macar. Il en parle dans un curieux passage de ses Recherches :

((....Et tout ainsi que Luther attira a sa cordelle une bonne partie d'Allemaigne dont il cstoit extraict, aussi Caluin s'estudia de faire le semblable en nostre France, lieu de sa natiuité. Il suruesquit longtemps Luther; chose qui luy donna plus de loisir d'espandre sa nouuelle doctrine au meillieu de nous et en plusieurs autres contrées. Car aussi estoil-il homme bien escriuant tant en latin que François et auquel nostre langue Françoise est grandement redeuable pour l'auoir enrichie d'une infinité de beaux traicts : et a la mienne volonté que ceust esté en meilleur suject : au demourant homme merueilleusement versé et nourry aux liures de la saincte Escriture, et tel que s'il eust tourné son esprit a la bonne voye, il pouuoit estre mis au parangon des plus signalez Docteurs de l'Eglise. D'ailleurs au meillieu de ses liures et de son estude il estoit d'vne nature remuante le possible pour l'aduancement de sa secte. Nous veimes quelquefois noz prisons regorger de panures gens abusez, lesquels sans entrecesse il exhortoit, consoloit, confirmoit par lettres, et ne manquoit de messagers auxquels les portes esloient

toujours ouuerles, nonobstant quelques diligences que les Geôliers apportassent au contraire. Voila les procédures qu'il tint du commencement, par lesquelles il gaigna pied a pied vue partie de nostre France.

«Tellement qu'après longue traicte de temps voyant les cœurs de plusieurs personnes disposez à sa suite, il voulut franchir le pas, et nous ejiuoyer des ministres, qui furent par nous appelez Prédicans, pour exercer sa religion en cachette , voire dans nostre ville de Paris , ou les feuz estoient allumez contr'eux. Le premier qu'il y employa fut Jean Macart, que i'auois autrefois veu disciple de Ramus au collège de Presle, ieune homme qui auoit bien estudié, et depuis s'estant retiré a Geneue en l'an 1548 , se trouua si agréable a Caluin qu'il luy fit espouser saniepce, et quelques années après fut enuoyé par luy en ceste France pour prêcher, lequel se vint placer dans Paris, ou portant l'espee et la cappe se faisoit appeler Rancau (Racam), preschant ses confrères de nuict en certaines maisons de la ville : et de là ne douta d'aller faire le semblable au camp d'Amiens. Vray que soudain que traictames la Paix auecq' l'Espagnol à Orcan , il reprit le chemin de Geneue , comblé d'or et d'argent, comme l'on disoit » (Recherches de la France, fol. SSS'» [1596]).

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que tous ces derniers détails sont inexacts,

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