‹ Précis de l'histoire de l'Église réformée de Paris d'après des documents en grande partie inéditsChapitre 32 sur 120 · Un Synode 'provincial à Paris · texte numérisé non relu

Un Synode 'provincial à Paris

Les Synodes provinciaux tenus à Paris sont rares et peu connus. Nous signalons, d'après M. Lutteroth, qui en a trouvé l'indication dans VHistoire manuscrite de l'Eglise de Troyes, un Synode provincial qui s'assembla à Paris en octobre 1560.

25. Remonstrance en forme de Lettre missive à très illustre et débonnaire prince, Antoine de Bourbon , Roi de Navarre, par les fidèles de l'Eglise de Paris.

Au moment où Antoine de Bourbon avait échappé à l'assassinat tramé contre lui et où la mort de François sauva Condé du supplice auquel il avail été condamné, l'Église de Paris adressa une remontrance à Antoine, qui aurait dû prendre en main la tutelle de Charles IX enfant. Cette pièce ne doit pas être passée sous silence dans une Histoire de VEglise de Paris. Mais nous ne la donnerons pas in extenso , parce qu'on peut la lire au t. II des Mémoires de Condé, p. 320 etsuiv.

On y demande : 1° un édit dC abolition (une amnistie) pour tout ce qui concerne la religion; 2° la révocation de toutes les commissions données à certaines personnes pour en faire arrêter d'autres; 3" on recommande à Antoine d'entourer de bons guides l'enfance du petit roi.

«L'Eglise de Dieu, lui écrit-on en terminant, vous a non seulement tenu pour un membre de son corps , mais aussi recogneu comme suscité de Dieu pour estre son protecteur, ayans son recours et fiance en vous plus qu'en autre Prince et Seigneur de la terre : et vous suplie très humblement vouloir à ceste heure à son grpd besoing, ne la frustrer de son espoir, veu les grands moyens que Dieu vous a mis entre les mains, ains plustost comme un autre Zorobabel ou Esdras, vous employer à réedifier le Temple de Dieu, cl restablir les ruynes de son Eglise. Ce faisant nous obligerez à prier Dieu perpétuellement pour vostre grandeur et prospérité.»

Cette lettre contient des allusions à de ferventes prières que l'Église de Paris avait adressées à Dieu; en effet, avant l'ouverture des États généraux à Orléans, dans un moment où la cause protestante semblait perdue, un jeûne avait été célébré dans les Églises. A Paris, l'intervalle du 20 novembre au l*'"' décembre avait été consacré à des jours de prière et d'humiliation.

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