XII PRECIS DE L HISTOIRE
ignavus, iicque siio nostroque discrimine, quod in oculis est, expergiscitur, quid adhuc illi plura cuni periculo committeremus? Guisius a Régis morte haec omnia gessit. Mutuatus est a socero suo quadraginta millia coronatorum siio ipsius nomine. Familiam régis in sua verba adegit sacramento. sicutietiam duces germanicarum copiaruni et brevi adfutura dicuntur tria millia equitum pistolicorum. ut ex opporluna ipsius ebrietate qui stipendium militibus qusesitum venerat expiscati sumus. Ingentem armorum vim in suis tedibus aliisque opportunis in civitate loois conflavit. Senatus omnis vel mercede conductus. vel perterritus ab ejusfratribus, cardinalis nutu pendet. Cives nihil aliud quampertimescere norunt. Quae cum ita sint, qiio tandem ista pertinere putas, cum omnia circa pacata sint? Temere nihil augurari libet. Sed cum istorum ambitionem perpendo , non possum quin suspicer haec esse comparata ad regnum occupandum, extincta stirpe regia, reliquisque proceribus, si qui contrariarum partium fuerint.
Quum haec scriberem rediit a Navarreno iioster Rochieus quem ad S. Dyonisium vocaverat, refereiis ab ignavo etvanissimo illo comprobata fuisse quaccumque per ejus absentiam sub Régis nomine isti constituerant, praecipue quod Guisius duxregni exercitibusprofectus fuerat, cardinalis thesauris. Haec cum ita habeant, heu ! quantœ tempestates Ecclesiis Gallicis imminent ! Itaque fréquenter in eam senlenliani sumus, si tibi non improbatur consilium, advolandum esse mature in (Angliam) ad Reginam exorandam quo nostris exulibus, (juos necesse est multos fore, aliquot Ecclesias concédât ad quas se recipere possint, quoad Dominas meliora indulgeal.... — Augusti 22, i;)o9.
Tuus obsequentissimus lilius
F. MORELLANUS.
Traduction.
.... J'aurais exécuté sur-le-champ ce que tu m'écris louchant mon retour, si ces temps d'agitalion et d'attente fiévreuse ue m'avaient retardé jusqu'à présent. Nous avons appris que le roi de Aavarre n'a pas encore pris courage, mais que ses lenteurs peuvent èlre fiicilement réparées. La Rivière, dont je t'ai écrit précédemment que Hotman l'a envoyé avec les mêmes instructions que tu m'avais données, et avec quelques autres assez iujporlantes, La Rivière, dis-je, a reçu de nous le conseil d'attendre pour voir comment le Navarrais se comportera sous ce règne, et s'il donnera quelque preuve de bienveillance envers les Églises. S'il persévère dans sa lâcheté et qu'il ne veuille pas s'éveiller en présence du péril qui le menace lui et nous, pourquoi courrions-nous le danger de nous conlier encore à lui? Depuis la mort du roi, Cuise dirige tout. 11 a emprunté à son beau-père, sous son propre nom, quarante mille couronnes. 11 s'est attaché la maison du roi par un serment, ainsi que les chefs des troupes allemandes, et on attend sous peu l'ariivée de trois mille reîtres, comme nous l'avons appris grâce à l'ivresse de l'Iiounne venu pour chercher la solde des militaires. II concentre une quantité d'armes dans son hôtid et sur d'autres points de la ville. Le parlement tout entier est a la dévotion du cardinal, éiant en partie aciieté, en partie terrilié par les autres Guise. Les citoyens ne savent plus que trembler. Où penses-tu que doive aboutir un pareil état de choses, quand toute résistance aura cessé ? Il ne faut pas prédire a la légère; cependant, lorsque je songe à l'ambition de ces Guise , je ne puis m'empêcher de croire que tous ces préparatifs ont pour but de .s'emparer du royaume, après l'extinction de la famille royale et de ceux des grands qui s'y opposeraient.
Pendant que j'écris cette lettre, La Roche Chandieu revient d'auprès du roi de Navarre, qui l'avait appelé à Saint-Denis. II nous apprend que cet èlre lâche et frivole a approuvé tout ce que les Guise ont fait en son absence sous le nom du roi, no-