QUELQUES CÉLÈBRES MUSICIENS FLAMANDS D'AUTREFOIS
Okeghem, de Termonde, fui premier chapelain du roi do France Louis XI. Il occupait encore ce poste en 1461, d'après un compte des officiers de la maison du roi, concernant les obsèques de Charles VIII.
Obrecht, célèbre contrapunliste hollandais, était en 1467 maitrede- chapelle à l'église cathédrale d'Utrecht. Il abandonna celle place pour entrer en 1488 comme simple chantre au chœur de la cathédrale d'Anvers ('), composé alors des plus grands musiciens du XV^ siècle.
Jeax le Telnturier, appelé Tinctor ou Tinctoris, de Nivelles, l'un des musiciens les plus érudits de son temps , fut le fondateur de l'école de Naples, vers 1476.
Adrien Wii.laert, de Bruges, maître-de-chapelle de l'église de Sl-iMarc, à Venise, depuis 1523 jusqu'en 1368, prit part à la fondalion de la célèbre école de cette ville.
Sur JosQLiN Desprez ou Deprez , qu'on suppose né dans le Hainaut vers 1430 ou 1455, Ronsard s'exprime ainsi dans la préface d'un recueil de chansons à plusieurs voix, qu'il adresse à Charles IX : « Et pour » ce, sire, quand il se manifeste quelqu'excellent ouvrier en cet an (la » musique), vous le devez soigneusement garder comme chose d'autant » excellente, que rarement elle apparaît, entre lesquels se sont depuis six » ou sept vingt ans, élevez Josquin Deprez, Bennuier de nation, el ses » disciples Mouton, Vuillard, Richefort, Jannequin, etc. »
Josquin Deprez fut chantre de la chapelle pontificale sous le Pape Sixte IV, et puis premier chanteur du roi de France Louis XII.
LoLis Compère el Guillaume Crespel, tous deux élèves d'Okeghem et condisciples de .losquin Deprez, n'ont pas émigré à l'élranger; ils étaient, ainsi que Brumel de la Rue et Agricola, fixés à la cour de Marguerite d'Autriche.
La cour d(î Marguerite d'Autriche était le rendez-vous des artistes et gens de lettres les plus fameux. Celle princesse s'est distinguée comme poète par quelques ballades et rondeaux, que l'on trouve en manuscrit dans la
(i) D'apri's les dccouvoiU's ilo ^I. Loou ilo Biirhurc dans les archives de la calhûdralc H'Anv(U's.
bibliolhèque de Bourgogne, et que M. Van Hasselt a fail imprimer en partie à la suite de son Essai sur la poésie française en Belgique (1838).
On conserve dans les archives de la chapelle pontificale, un motet de Louis Compère, dans lequel chaque partie est composée sur des paroles différentes. Pendant que le ténor et le second dessus chantent ce texte : Fera pessima devoravit filium meum, le soprano, le contralto et la basse débitent des vers qui ont pour sujet les grandes querelles du Pape Jules II et de Louis XII. — Guillaume Crespel est également connu par quelques motets.
Alexandre Agricola fut nommé en 1500 chapelain et cbanlre de Philippe-le-Beau, et lorsque ce prince et Jeanne allèrent en lh06 piendre possession de leur royaume de Caslille, Agricola les suivit comme faisant partie de leur maison.
Pierre de la Rue fut maitre-de-chapelle à Anvers au commencement du XYI" siècle.
Cyprien de Rore, de Malines, fut successeur d'Adrien Willaert, dans l'emploi de maitre-de-chapelle à Venise.
Jacques Arcadelt naquit dans les Pajs-Bas vers la fin du ^\^ siècle. En 1539 il devint maître des enfants de chœur de St-Pierre du Vatican, à Rome.
Clément non papa fut le premier des maîtres-de-chapelle de Charles- Quint. Il se nommait Jacques Clément, mais le sobriquet de Clc'ment non papa lui fut donné parce qu'il était contemporain de Clément VII, élu Pape le 19 novembre 1523.
INicoLAS GoMBERT, de Courtrai , élève de Josquin Desprez, fut maître des enfants de chœur de la chapelle de Charles-Quint à Madrid.
Jacques de Kerle, né à Ypres, fut maître-de-chapelle de l'empereur Rodolphe II.
Créquillon, né aux environs de Gand en 1505, était attaché à la chapelle de Charles-Quint à Madrid. Ce compositeur a écrit beaucoup de messes, motels et chansons françaises à 4, 5 et 6 voix.
Hubert Waelrant, né à Anvers en 1517, se rendit à Venise pour y suivre les leçons de Willaert, et vint ensuite se fixer dans sa ville natale, où il créa une école de musique. On possède de Waelrant un livre de motets à 5 et 6 voix, publié à Louvain en 1557; des madrigaux, des chansons françaises à 5 voix.
Andué Pévernage, né à Courlrai en IbU, Ail d'abord mailie-decbapelle à la collégiale de sa ville nalale, où il dirigea une école de musique dès 15G0; ensuite il passa comme musicien à la cathédrale d'Anvers, dont il obtint la maîtrise plus tard. 11 fut le prédécesseur de Matthieu Poltier. On connail de ce musicien des chansons et des motets à 5, 6, 7 et 8 voix, des messes à 5, 6 el 7 voix.
Philippe de Mons, dont le nom de famille est resté inconnu, a laissé beaucoup de messes, de chants sacrés et de madrigaux, qui parurent à Ingolstadt et à Venise, depuis 1557 jusqu'en 1592.
Roland de Lattre ou Orlando Lassus, de Mons, est considéré comme le musicien belge le plus célèbre du XVI" siècle. A l'âge de vingt-et~un ans, il obtint la place de maître-de-chapelle à l'église de Saint Jean de Latran, à Rome, et fut appelé en 1557 à Munich, par l'électeur de Bavière Albert V, dit le Généreux ou le Magnanime, (jui le nomma en 1562 directeur de .sa chapelle. Le 7 décemhre 1570, l'empereur Maximilien II, lors de la diète de Spire, lui décerna des lettres de noblesse, et le Pape Grégoire XIH le créa chevalier de St-Pierre à l'éperon d'or, le 6 avril 1574.
Jean Dorai et Isaac Bullaerl ont écrit l'éloge de Roland de Lattre, et le célèbre Vondel, dans ses Méditations sur Dieu et la Relifjion {Bespiegelingen van God en GodsdlenstJ, liv. III d(i la Providence, el dans des vers sur la mort de Zoeling, célèbre organiste d'Amsterdam, le cite comme un des princes de l'art :
Indien een wildeman noch hoorde op luchte sprongen
En vingerdans, wat geest door 't orgel quam gedrongen,
Wat goddelyke galm zich spreide in ideis oor
En rolde in 't hoogh gewelf, door kerck, kapel , koor;
Zoo veele mengels van rcgistreren en klancken
Waer voor onze eeuwen noch Orlandus zanglust danken.
Zou hy gelooven dal geval die loouen mengl ,
Als verwen ondereen met kunst en geest gespringt (^)?
(i) Trvducïiox. — Si (iuol(|iie homme sauvage entei)(lail les sons liarmonieuv (]ireiifaiilenl les tuyaux (1(> l'orgue, aniuié par un(! main savante, s'il enlemlail le.s chants divins retentir sous les voiites élevées du sanctuaire el se nuilliplier avec des combinaisons inlinics, telles que notre sicclc en doit a la création d<\s Orlaudo,
Les compositions religiouses de Lassus sont au nombre de seize cents, savoir : 1209 motets ou cantioncs sacrœ, 180 magnificat, 34 hymnes, 51 messes entières, 19 litanies, 13 lamentations, des psaumes, des offices propres et beaucoup d'autres chants d'église. Les morceaux de musique profane forment un total de 765, divisés en 371 chansons françaises, 233 madrigaux, 61 canzonette, 7 cantates ou dialogues. En tout près de 2,400 pièces.
A l'exemple de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la Hollande, le gouvernement belge, sur la proposition de M. Félis, a pris la résolution de faire publier à ses frais les œuvres des compositeurs belges qui ont illustré les XV^ et XYI^ siècles (^).
Pour l'école flamande d'autrefois, consultez l'intéressant ouvrage de Kiesewetter : Geschichte der europdisch-abendlandischen oder unserer heutigen Musik f Histoire de la musique de l'Europe occidentale, etc.), Leipsig, 1834. L'auteur y divise V Histoire de la musique en dix-sept époques, et c'est un moine de notre pays qui donne son nom à la première de ces époques :
V^ époque, de Hucbald, années 901-1000.
20 » » Guido, 1001-1100.
Z^ » sans nom, 1101-1200.
4° » de Francon de Cologne, 1201-1300.
5« » » Marchelto de Padoue et J. de Mûris, 1300-1380.
6« » » Dufay, 1380-1450.
T » » Okeghem, 1450-1480.
8" » » Josquin Desprez, 1480-1520.
9« » » AVillaert, 1520-1560.
10« » >> Palestrina, 1560-1600.
11° » » Monteverde, 1600-1640.
12e „ „ Carissimi, 1640-1680.
pourrait-il croire que c'est le hasard tout seul , qui produit ce mélange heureux de tons variés, pleins d'arliûce, et mêlés comme des couleurs combinées par le génie?
Voir Roland de Lattre, sa vie, ses ouvrages, par M. Adolphe Mathieu (dans les Annales de la Société rotj aie des Beaux- Arts et de Littérature de Gand, 1857-1858 . 2""= livraison). Voyez aussi Notice sur Roland de Lattre, etc., par M. II. Dclmotle.
(i) Voyez le rapport hi par M. Félis à la classe des beau\-arls, le 25 septembre
13'- époque de Scarlalli , 1680-1723.
14^ » » Durante, 1723-1760 (nouvelle école napolitaine).
15° » » Gluck, 1760-1780.
16« » » Ilavdn et Mozart, 1780-1800.
17« » » Beethoven et Rossini , 1800-1832.
Le soulèvement contre Philippe II, les guerres d'Allemagne, la guerre de trente ans , plus tard l'invasion de Louis XIV et la guerre de succession éteignirent insensiblement le goût de l'art musical parmi nous. C'est seulement vers le milieu du XYIII^ siècle, que l'on voit surgir quelques noms dignes d'être cités.
Voici à partir de cette é[)oque jusqu'à nos jours , une liste de la plupart des compositeurs belges (artistes et amateurs); parmi eux il en est plusieurs dont la réputation est devenue euiopéonne :
MM. Kennis , de Lierre ; François Krafft , de Bruxelles; Blavier, de Liège; Van der BorgI et Van Ham, de Louvain; Mathias van den Gheyn , de Tirlemonl; le chanoine Raick, de Louvain; Pierre van Maldere, de Bruxelles; Penneman et Pierre de Prins, de Louvain; Adrien-Joseph van Helmont, de Bruxelles; François-Joseph Gossec, de A'ergnies (Hainaul): André-Ernest Grèlry, de Liège; KIop et Henri Barlh, de Gand ; Henri- Jacques Croes et son fils Henri, de Bruxelles; Deleplanque, de Liège; Neveu, de Bruxelles; Pierre Verheyen, de Gand; Chartrain et Piellain, de Liège; le prince Charles de Ligne, de Belœil; Eugène et Lambert Godecharle, de Bruxelles; Antoine-Frédéric Gresnich, de Liège; Gehot, né en Belgique; Am. Vanderbagen, d'Anvers; les frères Slas, de Bruxelles; Othon-Joseph van den Broeck, d'Ypres; Thomas Thollé, de Liège; Pierre-Jean de Volder, d'Anvers; Jean- Engelbert Paiiwels, de Bruxelles; Redein et les frères Adrien, de Liège; Joseph Borremans, de Bruxelles; Georges-Jacques Aelsters, de Gand; Jacques Bauwens, de Bruges; P.-J. Suremont, d'Anvers; Jean Ancol, de Bruges; Charles- Joseph-Liévin Hanssens, de Gand; H. Simon, d'Anvers; François van Campenhout, de Bruxelles; Jean-Hubert-Joseph Ansiaux , de Huy ; les frères Adolphe et Ulysse Claes, de Ilasselt (amaleuis); François- Joseph Fèlis, de Mons; Martin-Joseph Mengal, de Gand; Chai les Ois, de Bruxelles; Joseph de Blumenthal, de Bruxelles;
Charles-Auguste Lis, d'Anvers; Jean-Baplisle d'HoIIander, de Gand ; J. Callewaert, de CourUai; le baron Edouard de Lannoy, de Bruxelles; Nicolas-Lambert Wéry, de Huy; Charles Gildemyn , de Bruges; François-Liévin Reylof, de Gand; François Snel, de Bruxelles; Louis Decortis, de Liège; Auguste-Philippe de Peellaert, de Bruges (amateur); Vanderghinste , de Courtrai; Charles Warot , de Bruxelles; Henri Liefmans, d'Audenarde (amateur); Dieudonné Goffin , de Verviers (amateur); Dieudonné Duguet, de Liège; P.-J. Schelfhout, d'Alosl; Louis Lambillolte (de la Compagnie de Jésus), né à Charleroi ; Buchet , de Limbourg (amateur); Jean-Simon Eyckens , d'Anvers; Devroye et Henrotte, chanoines à la cathédrale de Liège; Jules de Glimes, de Bruxelles; Charles-François Angelet, de Gand; André Robberechts, de Bruxelles; Louis-Constant Ermel, Ed. de Somere, Guillaume de Windt et Joseph Ghys, de Gand; Janssens, d'Anvers; Henri-Jacques Croes, de Bruxelles; le chevalier Ch.-L. de Maere, de St-Nicolas (amateur); Charles-Auguste De Bériot, de Louvain; François Isenbaert, d'Anvers; Lambert Meerts, de Bruxelles; Pierre-Joseph Hespel de Tournai ; Charles-Louis Hanssens, Joseph Kerchove, Ferdinand Van den Heuvel, de Gand; Jules Bovery, de Liège; Antoine et J.-J. Bessems, d'Anvers; Adrien-François Servais, de Hal (Brabant); François Lintermans, de Bruxelles; Alphonse Lemaire, deNamur; Frédéric Steenackers, né en Belgique; Jules Godefroid, de Namur; Eugène Brassine, de Liège; Jules Busschop, de Bruges (amateur); Théophile Vercken, de Liège; l'abbé le Normand, de Quaregnon (Hainaut); Fauconnier, de Fontaine-I'Évêque; Jean-François Dumont, de Bruges; Prume, de Stavelot; Jean Pollet, d'Everghem; Charles de Smet, de Gand (amateur); Hippolyte Hero, de Mons; Van Calck, né dans le Brabant; J.-B. Heimburger, de Liège; Albert Grisar, d'Anvers; le chevalier Léon de Burbure, de Termonde (amateur); J. van Voixem et Auguste Bouillon, de Bruxelles; Gustave de Burbure, de Termonde (amateur); François- Ant.- Alph. Wanson et Toussaint Radoux, de Liège; Hasselmans, d'Anvers; Joseph Fischer, de Bruxelles; Jean-Baptiste Stevens et Edmond Duval , d'Enghien; Jules Berleur, de Huy; Jaspar, de Liège; Léon de Jaegher, de Bruges; Louis -A. Raoux, de Courtrai; le vicomte Charles de Clerque-Wissocq , de Gand (amateur) ; Cooremans, prêtre né en Belgique; Jean Baptiste Singelée, de Bruxelles; Bernard van Loo, de Gand ; Jahn,
de Lioge; Scbepens-Agnolli, de Berlaere; Hubert Léonard, de Liège; Armand Limnander de Nieuwenhove, de Gand; Lambert Massart, de Liège; Jules de Nefve, de Cbimay; Josepb Artot, de Bruxelles; D. Duguet, de Liège; Storms, d'Anvers; Godefroid Camaiier, de Huv; le comte Camille Durutte, d'Ypres (amateur); François de Coninck, de Lebbeke; Romain Xiboul , de Tongres ; Alphonse Mailly, de Bruxelles; César-Auguste et Joseph Frank, de Liège; Louis Messemaekers, de Bruxelles; Bosret, de Namur; Ed. van Buggenhout, à Arlon ; François Lebeau, de Huy; Regibo et Van den Hende, de Renaix; Max. Herndrickx, de Gand; ïilborghs et Dubois, nés en Belgique; Fr.- Charles Dupont, de Liège; Auguste Dupont, d'Ensival; Camille de Vos, deNinove; Aloys Kellenus, de Verviers; Edmond Yanderstraeten, d'Audenarde (amateur); Camille-Charles- Auguste de Maere -Limnander, de St-Nicolas (amateur); Royer-De Behr, de Namur (amateur); Jacques Rumes et Alphonse Duclos (amateur), de Gand; Alphonse Herman, de Tournai; Léonard Terry, de Liège; Joseph Grégoir, d'Anvers; Henri Vieuxtemps, de Verviers; J. Steveniers, de Liège; le chevalier Van Elewyck, d'Ixelles (amateur); Edouard Grégoir, de ïurnhout; Charles Miry, de Gand ; Norbert Soetaert, d'Oostkerke; Philippe van den Berghe, de Menin (amateur); Guillaume Meynne, de Nieuport ; Edouard de Vos, de Gand; Ch. Simar, de Bruxelles; François Dunkler, de Namur; Van Acker, de Menin (amateur); Chrétien Verdyen et Richard Servranckx (amateur), de Louvain; Stoumont (amateur) et Adolphe Samuel, de Liège; Jacques-Nicolas Lemmens, de Zoerleparwys (province d'Anvers); Et.-J. Soubre, de Liège; Amédée Dubois, de Tournai; Clément Wytsman, de Termonde (amateur); Robert-Julien et Evariste van Maldcgbem, deDentergbem; François-Auguste Gevaert, de Huysse; Souweine, de Gand; J.-E.-M.-M. Henskens et François Callaerts, d'Anvers; Léon Jouret, d'Ath; Jean de Stoop, de Bruges; Rauis, de Namur; François Schermers, d'Anvers; Emmanuel Desmet-Loehr, d'Ostende; Edouard Bauwens, de Bruges; Egide Aerts , de Boom (province d'Anvers); François van den Bogaerde, de Gand; P. -L.-L. Benoit, d'Harlebeke; François van Herzeele, de Gand; Agniez-Scribe (Agnesi), d'Erpent-lez- Naniur; Jean van Acker, d'Anvers; Alexis Ermel, de Bruxelles; François et Jean Riga, de Liège; Ch.-L. de Wulf, de Staden ; Alphonse Mailly, de Bruxelles; D. van Reysschoot, Jules de Vulder, Ferdinand Brondeel ,
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de Gand; L. van Gheluwe, de WanneghemLedc; Ferdinand van dcn Heuvel, Florimond van Duyse, J. van den Heede, de Gand, elc.
Aux Xye et XVI^ siècles, la poésie flamande et latine ('), la peinture, rarchilccfure et la sculpture(*) n'étaient pas moins en honneur dans notre pays; de leur côté, les chambres de rhétorique (^), ces illustres
(i) Noms des poètes les plus renommés qui vécurent dans les Pays-Bas, aux XV'' et XVI' siècles :
XV* siècle. — Jacques de Vilt, de Bruges; Gérard Roelants, de Louvain ; Dirk van Munster, Jean van Daele, Antoine de Roovere , de Bruges.
XVr siècle. — Anna Beyns, d'Anvers, femme-poète vouée à la vie dévote; Mathieu Castelyn, d'Audenarde; Corneille van Ghistele, d'Anvers; Colin de Lille (Colin van Ryssele) ; Jean Fruytiers, maître des requêtes du prince d'Orange; Jean-Baptiste Homvaert , de Bruxelles ; Pierre Heyns , d'Anvers ; Philippe de Marnix de Sainte Aldegonde, de Bruxelles; Karel van Mander, de Meulebeek, en Flandre, peintre et poète; Philippe Naman, de Bruxelles. Mais les poètes les plus illustres de cette époque, nés tous les trois à Amsterdam, sont : Volkertszoon Coornhert. Roemer-Visscher et surtout Henri Laurenszoon Spiegel, à qui l'on doit la renaissance de la langue et de la littérature néerlandaises.
(-2) Le XV^ siècle nous rappelle avec un légitime orgueil les noms d'Hubert et de Jean van Eyck, inventeurs de la peinture à l'huile et fondateurs de la plus célèbre des écoles qui aient fleuri dans le nord de l'Europe à cette époque.
Déjà en 1419, les frères Van Eyck habitèrent la ville de Gand. Hubert y commença l'admirable tableau de Y Agneau mystique, qui fut achevé en 145:2 par Jean van Eyck, pour la chapelle de Josse Vydt, dans l'église paroissiale de St-Jean (la cathédrale de St-Bavon). [Recherches sur les peintres gantois des XIV" etXV^ siècles, par M. Edmond de Busscher.]
Ce fut particulièrement auxXV^-XVP siècles que l'on vit s'élever en Belgique ces monuments d'un style gothique si admirable, tels que l'hôtel-de-ville de Louvain, celui de Bruxelles, la tour de l'église Notre-Dame à Anvers, l'hôlel-de-ville d'Audenarde, ainsi que la magnifique aile gothique de l'hôtel-de ville de Gand, bâtie dans les premières années du XVP siècle.
Le tombeau de Philippc-le-Hardi à Dijon, exécuté au commencement du XV* siècle par des sculpteurs flamands, est considéré comme un chef-d'œuvre.
(3) L'origine des chambres de rhétorique dans les provinces flamandes remonte au XiV* siècle; il est déjà fait mention de la chambre de Diest (Brabant) Christus oogen, sive coronaria lychnis, dès l'année 1302. Celle d'Ypres, Alpha en Oméga, dont on n'indique pas au juste la date d'origine, est néanmoins reconnue comme la plus ancienne des Flandres ; la chambre de Dixmude (Flandre occidentale) den Heiligen Geest (le Saint Esprit) fut instituée vers 1394 , et puis celle de Bruxelles het Boek [le Livre), qui comptait au nombre de ses membres le duc Jean IV, existait en 1401, et fut bientôt suivie par plusieurs autres. (Histoire de la ville de Bruxelles, par A. Henné et Alp. ^Vauters.) La chambre de Violier (le Fiolier) , d'Anvers, sans être comptée parmi les plus anciennes, fut une des plus impor-
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inslilulions, eurent une large part dans le jnogiès inlollocluci, on accélérant le mouvement des esprits vers les sciences, les lettres et les arts.
laiitos (lu pays; elle se trouvait, ainsi que beaucoup d'autres corporations, sous la (h'pendancc de la confrérie de St Luc , institution créée pour la culture des arts, cl qui concourut à la fondation de l'académie d'Anvers, devenue si célèbre.
Il est fait mention de cette académie dès les premières années du XYP siècle; mais elle ne fut dédnilivement constituée qu'en 1663, sur la requête adressée au roi d'Espagne, Philippe IV, par David Tenicrs et consors, alors doyens et chefs (oudermans) de la confrérie de St-Luc.
Les registres de St-Lnc nous donnent les noms des ditférents doyens de la confrérie de l'année 1454 à 1794 , et parmi les artistes appelés à cette dignité figurent plusieurs peintres renommés.
Une particularité constatée sur ces mêmes registres, et qui intéresse surtout l'art musical, est l'admission en 1357 comme merabrc^s de St-Luc, des facteurs de clavecins d'Anvers ; ce qui fait supposer que ce genre d'industrie y était déjà trèsdéveloppé, et l'usage du clavecin généralement répandu.
A la fin du XVI^ siècle et dans le cours du XVII^, Ilans ou Jean Ruckers et son fils André, nés tous les deux à Anvers, figuraient parmi les plus célèbres facteurs de clavecin de l'Europe. Les instruments d'André étaient pour la plupart ornés de belles peintures par les peintres les plus renommés, ses compatriotes.
La facture d'orgues était une branche d'industrie encore plus ancienne alors en Belgique; car Adrien Pielerez, né à Bruges, dans les premières années du XY" siècle, construisit à Delft en 1455 pour l'église neuve un instrument qui s'y trouvait encore, il y a une vingtaine d'années. Ensuite un certain Josse de Bus, établi à Audcnarde, lit en 1505 un orgue pour l'hôpital Not7-e Dame de cette ville, et l'instrument que celui-ci remplaça, avait été fait en 1458, par Jean van Geeraerdsberghe.
Pour connaître le nombre exact des chambres de rhétorique qui fiorissaient autrefois dans les Pays-Bas, on peut consulter : Schets cener geschiedenîs der Rederykeren {Esquisse d'une histoire des Chambres de rhétorique) , par M. Kops, et le mémoire de P. Van Duyse, couronné par l'Académie de Belgique en 1860.
Dans la seconde moitié du XV' siècle, cinq chambres de rhétorique furent successivement instituées à Gand, savoir : celle de la Fontaine d'Hippocrène ('f Geselschip van der Fontane) , en 1448 ; Sinte-Agnète (Ste-Àgncs) , dite de Boomlooze mande [h: Panier percé) en 1471 ; la société de Sainte-Barbe, mentionnée dans les comptes de la ville pour l'année 1468; celle de Maria t'eeren ou ter cercn [Pour honorer Marie), vers 1478; de Balscmblocm [la Fleur de baume), instituée en 1495 par Philippe-le-Beau, qui l'érigea en Chambre suprême du pays. « Le » règlement de cette confrérie, assez curieux h connaître, dit M. Cornelissen, dans » son Opusrulc sur les Chambres de Rhétorique en Flatidre, portait en substance : « Que la Chambre sera composée de quinze rhéloriciens et d'un nombre égal de » jeunes hommes, qui seront tenus d'apprendre l'art de la poésie; que lorsque » cette Chambre et les quinze jeunes hommes y agréés se rendront aux concours, » ils pourront , en vertu de la suprématie de la Chambre, représenter leur drame
Grâce à la sollicitude éclairée d'un monarque, juste appréciateur des arts, et qui considère la musique comme un des principes les plus féconds
» ou jeu de moralité, sans élre obligés de tirer au sort; qu'enfin pour honorer » dans cette Chambre d'une manière phis particulière Notre Seigneur et la Vierge » Marie (c'était l'usage du temps de mêler ainsi le sacré et le profane), on y admet- » tra quinze jeunes femmes, en mémoire des quinze joies de la Vierge. La tradition » nous apprend, ajoute M. Cornelissen, que plus de cinquante rhétoriciennes se » mirent sur les rangs, et ce qui ne doit pas surprendre, toutes celles qui mérilè- » rent la préférence, étaient aussi sages que belles. »
A Gand, dès l'année 1451, les annales urbaines constatent l'existence d'une corporation dramatique sous la dénomination de : Gezellen van den Esbattemcnte {les Compagnons de l'ebattemcnt) et les comptes communaux de l'année 1441- 1442 font mention d'une autre confrérie connue sous le nom de : Gezellen van dcn Konste [les Compagnons de l'art) [dramatique ou poétique].
On sait aussi qu'aux Eshatlemcnts de Gand, en l'année 1439, il y avait deux prix à remporter, l'un pour la langue flamande et l'autre pour la langue française, et que ce fut la ville d'Audenarde qui obtint le premier de ces prix et celle de Tournai le second.
Les chambres de rhétorique donnèrent une heureuse impulsion à l'art dramatique, en instituant des concours entre les diverses sociétés des provinces flamandes et hollandaises. Le premier de ces concours eut lieu à Anvers au mois de mai 1490, et 28 chambres de rhétorique des Flandres, du Brabant et de la Hollande prirent part à la lutte. La Société de Lierre : de Omjelccrden (les Ignorants) obtint le premier prix; celle de la Fontaine, de Gand, le second, et la Société de Sainte Barbe, de la même ville, le troisième.
La plus ancienne chambre de rhétorique, connue en Hollande, est celle nommée : Het bloemken Jesse {La petite fleur de Jessé) , de Middelbourg, instituée en 1450; ensuite celle de Vlaerdingen, qui remonte à 1455, et la société de Gouda, à 1437.
Voyez Lanibrechtsen , Beknopte gcschiedenis van de Middelhurgsche rhetorijkkamer het Bloemken Jesse. — Ferhandelingen van de Hlaatsc/uippij der Nederlandsche Letfcrknnde te Leyden { Précis historiqxie de la, Chambre de rhétorique la Petite fleur de Jessé, de Middelbourg, publié dans les Dissertations de la Société de Littérature néerlandaise, à Ijuyde) ,1819, III, p. 128.
De toutes les chambres de rhétorique hollandaises, celle d'Amsterdam, connue sous la devise : In liefde bloeijende, a rendu le plus de services à la langue et à la littérature nationale; vers la fin du XVI^ siècle elle comptait au nombre de ses membres les littérateurs les plus renommés, tels que les Spiegcl , les Coornhert, les Visscher, et peut être considérée comme l'école où se formèrent les Hooft et les Vondel. Cette société célébra en 1609, à la demande du magistrat de la ville, par neuf représentations théâtrales différentes, dues au génie du célèbre Hooft, l'armistice conclu entre la république et le roi d'Espagne.
Dans les concours des sociétés de rhélorique du XV*' et du XVI^ siècle, le grand prix se nommait par excellence het Landjuioeel {le joyau du pays).
de la oivilisalion , l'école belge, longtemps slalionnaire, a repris sous lo règne de Léopold I" une extension prodigieuse; déjà nos conservatoires
En 15G1, la (lliambre du f'iulicr, d'Anvers, avant rcniporlé le joyau du pays au concours de Gand , proposa à son tour un jeu de moralité sur la (juestion : Par quels iiioyais les homnii's sont-ils lu plus efficacement excites aux arts et aux sciences? et la Rose, de Louvain, obtint le prix en répondant : « Que ce » qui excitait le plus les hommes aux arts et aux sciences, c'était l'tionneur, » la gloire et la louange. »
MM. Willenis etSerrurc citent comme la coniposiliun dramatique la plus ancienne que l'on ait conservée des rhétoriciens, un mystère intitulé : De ecrstc bliscap van Maria (La première joie de Marie); il fut représent(' par ordre des magistrats en 1444 , à l'occasion de la kermesse, sur la Grande Place à Bruxelles. Cette composition inédite se trouve dans un manuscrit ayant appartenu dans le temps à M. Lammens, bibliothécaire de l'université de Gand. (Voyez le Bclgisch Muséum de 184S et le Messager des Sciences de 1855.)
Parmi les ouvrages dramatiques du théâtre flamand de la fin du XV* siècle, se trouve celui intitulé : Het zevejarig heleg van Ghcndt door den koning van Vrankryk, Engeland en Scotland, onder Arnoldus V, grave van Vlaenderen, treurspel in vyf hedryvcn (Les sept années de siège de la ville de Gand, par les rois de France , d'Angleterre et d'Ecosse réunis, sous Arnold V , comte de Flandre, tragédie en cinq actes). A Gand, chez P. Kimpe, imprimeur, près des Capucins. Celte pièce fut encore jouée par quelques sociétés de rhétorique jusqu'au commencement du XIX* siècle.
Lors de l'entrée du prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, à Gand, le 29 décembre 1577, les Chambres de rhétorique réunies donnèrent plusieurs représentations théâtrales devant l'hôlel-de-ville et sur un théâtre élevé au Poêle (Place du Marais) , devant l'hôtel de Wacken (het Ilofvan ff'acken) , où le prince était logé. ,
Au XVI"= siècle, le nombre de pièces de théâtre augmenta d'une manière considérable, principalement les jeux allégoriques dans le goût français, appelés sinne-spelen ou spelen van .simien, parce qu'on y voyait paraître des personnages allégoriques sous le nom de sinnckens (les sens). C'étaient des drames composés le plus souvent en réponse à une question proposée dans les concours poétiques, ouverts par les chandjres de ihétorique de la Flandre, du Brabant ou des autres j)rovinces. Les réponses écrites sous celte forme pour le Landjuweel ou concours donné en 1539 par la chambre de la Fontaine, ont été publiées la même année, accompagnées de gravures sur bois, figurant les blasons des dix-neuf chambres concurrantes , chez Joos Lambrcchls , imprimeur à Gand. Quebpiefois les pièces allégoriques revêtaient une forme historique, et même enqtrunlaicnt leurs sujets à la Bible el aux vieilles chroniques de notre pays.
Dans la seconde moitié du XVI" siècle, on rencontre des drames allégoriques remplis d'allusions aux événements du temps, et d'attaques directes contre la tyrannie espagnole.
Pour bien connaître l'état du théâtre flamand au XVII" siècle et ses prin-
oui jjioduil (les compositeurs dislingués, et un nombre considérable de virtuoses inslrumenlistes, répandus aujourd'hui dans toutes les parties
cipaux (k-rivaius à celte époque, voyez : Hct vlacmsch foonecl in de XFII^ ccviu (Le Ihdùtrc flamand au, XTII'' siècle) , par le docteur Snellaert. [Bvhjiscli muséum. année iHio.)
Jusqu'au commencement du XVtlI* siècle, les chambres de rhétorique, qui jouaient en flamand , avaient seules le privilège de donner des représentations théâtrales, les troupes françaises n'étaient qu'ambulantes. C'est ainsi qu'à Gand, lors de l'inauguration de l'évèque Van den Bosch, en 1G61, on fit venir de Paris la troupe de comédiens de Mademoiselle d'Orléans, pour jouer devant le prélat et son clergé, à la grande salle de l'hôtel-de-ville. Cette particularité est consignée dans les comptes de la ville de Gand.
Il est encore fait mention de comédiens français dans ces mêmes comptes pour les années 4663, lG6i et 1672.
L'établissement définitif du théâtre français dans les provinces flamandes date d'une époque peu éloignée; le premier, celui de Bruxelles, n'existe que depuis 1700, et l'origine du théâtre français de Gand remonte seulement à 1700. Cette année, l'ancienne salle du spectacle, sur l'emplacement de laquelle a été élevé le magnifique théâtre actuel, fut exploitée pour la première fois par privilège de la confrérie diiSl-Sébaslien (qui l'avait érigée), par une troupe française, sous la direction de MM. Leclerc et Langlois. Néanmoins les différents corps de métiers, surtout celui des bouchers, continuèrent d'y donner de temps à autre des représentations dramatiques. La société de St-Sébastien a été instituée sous Louis de Crécy, entre les années 15''22 à 1346. Vers li25. les membres de cette corporation établirent leur cour sur un terrain situé hors de la porte aux Vaches, le long des fortifications du fossé dit l'Etang des Échevins (Sehepencn Vivere) ; ils y continuèrent leurs exercices du tir à l'arc jusqu'en 1548 ; alors l'administration communale, par acte du 19 novembre, leur céda à cet usage un endroit spacieux sur le rempart du Cautre (Cauter-veste) , et ce ne fut qu'en 1757 que la confrérie, sur les plans de l'architecte Bernard de Wilde, de Gand. y fit élever sa salle de spectacle. En 1776 on reconstruisit l'intérieur de cette salle, en y ajoutant un 5™^ rang de loges; ce changement se fit d'après les dessins de M. Van Gelder, architecte de Bruxelles.
Le premier théâtre, mentionné dans les annales de Gand, fut érigé en cette ville sur le rempart du Cautre, à côté de l'ancien parc de Sl-Sébastien , vers la fin du XVII* siècle, à ce qu'on suppose, car un certain Bonibardi , directeur d'une troupe d'acteurs, qui se trouvaU en 1698 à Bruxelles, sollicita du magistrat de Gand, la faveur de pouvoir donn(;r sur le nouveau théâtre, dit la requête, douze représentations pendant le mois d'août de cette année.
Ce ihéàlre devint la proie des flammes le 16 .septembre 1715.
Pour en revenir aux chambres de rhétorique, il ne sera pas sans intérêt de rappeler quelques circonstances qui concernent la Chambre de la Fotitaine, la plus ancienne et la seule de ces institutions que poss(''dait autrefois la ville de Gand, qui se soit maintenue.
Au milieu des calamités publiques de la fin du XVP siècle, plusieurs chambres
do l'Europe. L'ccolo d'orgue, insliluée au Conservaloire de Bruxelles par les soins de son savant directeur, M. Fr. Félis, s'est élevée en peu
(le ilR'lorique de la Flandre cl dii Brabant se réi'ugièrent en Hollande. Celle du lîrabant : De Lavoinli Ihloent (La fleur ilc Lavande) se lixa à Amsterdam et devint une des plus célèbres : elle encouragea les premiers essais dramatiques de Yondel. D'autres chambres de rhétorique furent supprimées ou fermées; du moins ne donnèrent-elles de longtemps signe de vie. La Chambre de la Fontaine, seule parmi celles de notre ville, reprit ses séances littéraires et dramatiques vers la fin du règne d'Albert et d'Isabelle, mais sans pompe et sans éclat, et ce fut seulement au siècle suivant qu'elle vit renaître un peu son ancienne splendeur.
En 170G, cette société fut entièrement reconstituée, et Jacques Heye, l'un de ses membres, composa pour la circonstance une pièce de vers qui a été reproduite par M'' Ph. Blommaert dans son histoire de la chambre de rhétorique la Fontaine.
Trois ans après, lors de l'installation de M. Leduc à la dignité de président, la société prit pour titre : De nicinuc verivekte Phcnix-gilde van rhetorica onder de besvhcrminge van de Jldcrhciliyste Drievnldigheid (la confrérie de rhétorique Le ■nouveau Phénix qui renait de ses cendres, sous la protection de la très-sainteTrinité).
Depuis sa réorganisation, la société de la Fontaine tint ses réunions Aux Armes d'Espagne, rue Haute-Porte (IN'' 2-i actuel). Elle conserva ce local jusqu'en 1716; alors, M. Van Branteghem, seigneur de Reybrouc, président de la société, fit construire dans la rueMagelein un théâtre et une salle de réunion dans l'enclos appelé het Gankske (le Couloir) , ancienne chapelle des tisserands de coutil (tykvvevers) , et qui avait encore servi de salle de spectacle ; on y entrait par la maison portant aujourd'hui le numéro 13. La premièrepièce représentée sur ce théâtre en 1717par les Foidainistcs avait pour titre : De zegcpraelvan keiser Karcl VIopAchmet III, den turkschen sultan (Le triomphe de l'empereur Charles VI sur le sultan Achmct III). L'auteur de ce drame était Cornelis de Meyer.
Dans la seconde moitié du XVIII* siècle, on vit des sociétés dramatiques se former dans chaque paroisse de la ville; celle de St-Bavon avait son théâtre dans la salle du JFilten Lccinv (le Lion Blanc), vis-à-vis les Riches Claires, rue St-Liévin, et d'après un programme de l'année 1776, nous voyons qu'elle y jouait les 1, 8, 15, 22 septembre, les 6, 15 et 20 octobre, une pièce intitulée -.Hetblyendig treurspcl van het II. Bloed van onzen Zaligmaker Jesus-Christus, overgebracht van Jérusalem naer de stad Brnggc, in f'iaendcren (La tragi-conaklie du Saint-Sang de Notre Sauveur Jésus-Christ , transféré de Jérusalem à Bruges, en Flandre).
A la campagne, des jeux scéniques eurent lieu également les dimanches dans les villages d'Assenede, Caprycke, Eecke, St-Martens-Leerue, îiFoerbeke, Oostacker, Puyvelde (pays de Waes), Sleydinge, Somergem, Velsique, Vurste, Wacken, Waerschooi, Zèle, Berlaere. Zeveneeckcn, Saffelaere, Heusden et Lovendeghem. M. Pli. Blommaert possède les programmes de tous ces spectacles pour les années 1764 à 1777.
La société de la Fontaine donna dans le local rue Magelein ses séances dramatiques et littéraires jusqu'à la suppression de toutes les confréries en 179i; alors elle fut transférée quai aux Bois, N" 50.
— So — d'années au rang des premières de l'époque ('). Nos cercles ljri(juos ,
Le 20 avril 1812, eut lieu avec grand éclat la réiiislallalion de la Chambre de la Fontaine. Indépendamment des concours de poésie française et (laniande, de déclamation dans ces doux langues, de calligraphie, la chambre, fidèle à son ancienne devise : Mente, calanio et voce (Avec l'esprit, la plume et la voix) , ce qui indique le triple but de ses exercices, eut l'heureuse idée, pour rehausser encore cette solennité d'y associer la musique, en ajoutant au progranune un concours pour harmonie militaire. Parmi les sociétés musicales qni répondirent à l'appel , celle de Courtrai (corps de musique de la garde nationale) remporta le 1" prix ; celle de Bruges (corps de musique attaché à la garde nationale) le second, et la société d'Harmonie Musicale de St-Nicolas obtint la mention honorable. Le jury de ce concours était composé comme suit : MM, De Meulemeester, banquier; Ermel, Charles Hanssens, J. Kafka, Charles Lagye, Mengal père, Charles Ois et Yastensavondt, professeurs de musique.
Dans la poésie française ont remporté les prix : le premier, M. Blanfort, de Termonde, professeur de belles lettres; le second, M. Tinel , de Montpellier; le troisième, M. Dehoon, de Bassevelde, ofiicier de santé.
Dans la poésie flamande : le premier prix, M. J.-F. Willems; le second, M. Eug. van Damme, de Bruges; le troisième, M. Jacques Lambin, dYpres.
(Voyez Verzameling van aile de nederduitsche dichtstukken, die medcgedunycn hebbcn naer de lauwerkroonen, uitgegeven door de Maetschappy van RJietorica binnen Gend [Recueil de tous les poèmes flamands qui ont concouru pour les prix décernés par la Société de Rhétorique à Gand, le 27 juillet 1812]. Gand, chez J. Begyn.)
Lors de la distribution des prix , le 27 juillet suivant, plusieurs discours furent prononcés, et M. Cornelissen, dont le souvenir sera toujours cher aux Gantois, y lut son intéressant opuscule (déjà cité) sur l'origine, les progrès et la décadence des chambres de rhétorique établies en Flandre (avec une notice historique sur Jacques van Artevclde); ensuite la section chorale, attachée à la chambre de rhétori(]ue, fit entendre plusieurs chœurs consacrés à la gloire des muses, et doni la musique était composée par M. Charles Hanssens.
Le 9 décembre 1848, la Chambre de la Fontaine a célébré son jubilé quadriséculaire; à cette occasion, elle a fait frapper une médaille, dont un exemplaire a été remis à toutes les sociétés littéraires, artistiques et musicales , qui ont concouru à rehausser par leur présence, l'éclat de cette fête toute flamande, toute nationale. D'un côté de la médaille on a représenté l'emblème séculaire de la Fontaine, avec la devise : Als 'l past bi apetitc ; de l'autre, une lampe allumée, avec les mots : Vicrhonderdjarig jabelfeesl (jubilé de 400 ans), 1848. L'exécution de celte jolie médaille a été confiée aux frères Wiener, de Bruxelles.
La société la Fontaine et celle de Broedermin et Taelyver donnent alternative ment leurs représentations dramatiques sur le nouveau théâtre élevé en 1845 dans la rue du Pont Madou. Cet édifice fut construit aux frais, sur les plans et sous la direction de M. l'architecte Minard, dont il porte le nom.
(i) C'est au professeur M. Lcmmens que le cours d'orgue de cet établissement doit sa renommée. Le gouvernement belge, sur les instances de M. Félis, a lait don
— SG — (lignes émules de ceux de rAllemagne(') , ont vu [)ar leur influence
au Conscrvaloinulc Bruxelles d'un grantl orgue tlt; 83 regisU'es; cet inslruiiieiit sort d(ïs ateliers de Merklin-Seliiit/.e.
(i) La première mention d'une société de chant pour voix d'Iionimes, n-guli ('■renient constituée en Allemagne, remonte à l'année 1675; on sait positivement qu'il existait à cette époque dans la ville de Greiffenbcrg, en Poméranie, une réunion chorale composite de seize personnes, appartenant les unes à la bourgeoisie, les autres à la noblesse, d'autres au clergé. Les membres de celte petite société, que dirigeait un jeune étudiant en théologie, composaient eux-mêmes les chœurs qu'ils exécutaient. (Voyez Georges Kastner, Les chants du la vie, l'introduction historique.)
Le nombre de chœurs ou morceaux à plusieurs voix composés en Allemagne pour les sociétés chorales, s'élève maintenant, dit-on, à plus de quinze mille.
Dans ces derniers temps, les publications musicales de chants à 1, 2, 5 ou 4 voix, destinées aux écoles primaires des deux sexes (enfants et adultes) , y sont devenues également fort considérables ; on remarque surtout celles de M. Erk, professeur de musique au séminaire des instituteurs à Berlin, et de son collaborateur M. Guillaume Greef , professeur et organiste à Meurs. Ces productions se distinguent par le naturel et la simplicité des mélodies (écrites dans le médium du diapason de la voix) , la régularité du rhytbme et l'élégance de l'harmonie.
On doit aussi à M. Erk, des recueils de chants très-eslimés , à l'usage des gymnases, des écoles scientifiques et secondaires.
Parmi les institutions d'une origine moins ancienne, dont s'honore ajuste titre la ville de Gand , il faut citer la Société royale des Beaux- Arts et de Littérature, la première de ce genre qui ait été établie en Belgique. Le 21 septembre 1808, M. Faipoult, alors préfet du département de l'Escaut, et M. Pycke, maire de Gand, approuvèrent l'acte constitutif de cette société, et elh; fut définitivement installée le 27 du même mois, par les membres-fondateurs, dont voici les noms : MM. Louis Roelandt, architecte; Pierre Goetghebuer, architecte; Charles Cruysmans, sculpteur ; Joachim de Vogelaere, architecte; Liévin de Bast, graveur et orfèvre-ciseleur; Emmanuel Quaelfaslem, architecte; Pierre de Broe, architecte, et Joseph de Bast, praticien. (Voyez : Précis historique de la Société royale des Beaux- Arts et de Liiléralure de Gand [Annales de la société, années 1844-1843], par 31. Edmond de Busscher.)
Ce fut à la requête de la Société des Beaux- Arts, que la régence institua en 1835 le Conservatoire de musique. « Déjà en 1818, dit M. Edmond de Busscher, une » proposition analogue avait été soumise à la compagnie par le secrétaire de la » section musicale, M. Antoine Devigne, qui demandait subsidiairement, et en cas » de décision négative, le rétahlisscment des anciennes maîtrises des cathédrales. « La commission chargée de l'examen des motifs sur lesquels était basée cette » double motion, se prononça formelleuKïnt en faveur de la création d'un conser- » vatoire de musique. En se rendant en 1835 au vœu exprimé pour la seconde fois » par la Société des Beaux- Arts , l'autorité communale de Gand montra qu'elle » appn'ciait la bonne direction que cette école pouvait inq)rimer à l'éducation » musicale. Les voix fraîches et exercées (]ui font maintenant les délices de nos
— bl — le goùl du chant d'ensemble se répandre dans les masses, et des sociélés
» concerts, aussi bion que les jeunes exécutunls qui peuplent nos orchestres, piou- » vent que ces prévisions favorables étaient fondées. Si donc les résultats ont » répondu à l'attente, c'est à l'institut gantois que l'on doit l'impulsion vers ce » nouveau progrès. »
C'est particulièrement pour ses concours de composition musicale, que la Soninlt! roijale des Beaux-Arts doit occuper une place toute spéciale dans cet ouvrage. Le premier de ces concours eut lieu en 1816 pour la mise en musique d'une cantate en langues française et flamande" sur la bataille de AYaterloo. Sept concurrents se disputèrent les prix. Le jury adjugea unanimement les médailles d'or à M. Pierre Yerheyen, de Gand, pour la cantate française, et .i M. P.-.I. Suremimt, d'Anvers, qui s'était exercé sur la cantate flamande. Une médaille d'argent fut accordée comme accessit à M. Ch. Gildemyn. de Bruges. Au deuxième concours (1820) , la classe de musique offrait une médaille et une gratification de cent florins, pour la composition d'une symphonie à grand orchestre : M. J. Wilms, d'Amsterdam, remporta le prix. Deux secondes médailles furent décernées aux symphonies de M. Ch. Angelet, de Gand, et de M. Janssens, d'Anvers Le troisième concours (1840) eut pour sujet la composition d'un Stahat mater clolor osa. Huit partitions furent envoyées à la société, et celle de M. Louis Ermel, de Gand, mérita la médaille d'or. Un quatrième concours (18i2) n'eut pas de résultat; le sujet était un motet ou cantique à la Sainte Vierge, à choisir dans le rituel. Le jury déclara qu'il n'y avait pas lieu de décerner le prix, ni même d'accorder quelque autre distinction. Le sujet à mettre en musique pour le cinquième concours (1847) , était la cantate nationale couronnée, BeUjic, de feu notre illustre poète M. Prudent van Duyse. M. F.-Aug. Gevaert fut proclamé lauréat. Au sixième concours (1849). la section de musique proposa pour sujet une ouverture à grand orchestre, suivie d'un chant guerrier. Le prix ne fut pas décerné, mais le jury adjugea une gratification et une médaille en vermeil à deux concurrents : MM. Jules Denefve, de Cliimay. et Charles Miry, de Gand. Le programme du septième concours (1852-1855) portait un prix (médaille de; 400 fr.) pour la meilleure symphonie à grand orchestre; mais il n'y a pas eu lieu d'accorder aucune distinction. Enlin un huitième concours fut proposé en 1858, à l'occasion des fêtes jubilaires du cinquantième anniversaire de la fondation de la société; le poème couronné (De ScJioone Kiinstcn inBelrjië) était de M"' Van Ackere-Doolaeghe, de Dixmude. Sur les huit partitions concurrentes, celle de M. Frans van Herzeele, de Gand, a été jugée digne du prix. MM. Charles Duyck, de Thielt, et Jules de Vulder, de Gand, ont obtenu une mention honorable. (Voyez les Annales de la Société royale des Beaux Arts et de Littérature de Gand, 1857-1858, 5' et 4" livr.)
Au mois d'octobre de la même année 1808, la Société de Botanique et d Horticulture s'établit également dans notre ville; elle ouvrit son S'o/w« de F/oz-c (exposition d'arbustes et de plantes en (leurs) le 7 février 1809. Cette société, la première de toutes celles qui furent créées en Europe, en est encore la plus florissante et la plus en réputation. (Ibid )
M. Van Damme-Sellier, horticulteur et architecte de jardins, a publié en 1861, une Uialoirc de lu Sueiclé roijulc d'Atjrirulturc et de Bdt.'iiiitjue de Gand.
chorales se former jusque dans les plus humbles villages('). En même lemps, la musique vocale est devenue pour ainsi dire une partie inhérente, inséparable de l'enseignement scolaire, non seulement dans nos écoles communales, mais encore dans les établissements d'instruction de l'Élat.
Maintenant nous pouvons répéter avec le célèbre chansonnier français :
La musique, source féconde Répandant ses flots jusqu'en bas.
Nous verrons ivre de son onde Artisans, laboureurs, soldats.
Ce concert puisse-tu l'étendre A tout un monde divisé, Les cœurs sont bien près de s'entendre Quand les voix ont fraternisé (■).
(i) La slatisliqiie faite en 1831 constatait l'existence en Belgique de 250 cercles chantants, ayant plus de 12,000 choristes; au dernier recensement (1859) le nombre en avait considérablement augmenté. (Voyez Historique des Sociétés Chorales en Belgique, par M. Aug. Thys [2"* édition] , et Nomenclature des Sociétés Musicales de la Belgique, par M. E. Jacops, d'Anvers.)
(2) Couplet d'une chanson de Déranger, intitulée L'Orphéon, écrite par ce poète après la dernière séance de f Orphéon de 1851 et adressée à M. Bocquillon-Wilhem, fondateur de cette institution.
En 1855 , M. Wilheni imagina les réunions périodiques des élèves de toutes les écoles primaires de Paris en un seul chœur, qu'il désigna sous le nom d'Orphéon. Le premier essai de cette institution fut fait au mois d'octobre de la même année, et des écoles d'adultes furent également instituées pour fournir à l'ensemble la réunion de tous les genres de voix.
En 1855, M. Wilhem fut nommé à la place de directeur-général de renseignement musical de toutes les écoles primaires de Paris.