PORTUGAL
État de la musique en ce pays. — Cliants populaires. — Bibliothèque musicale de Lisbonne. Compositeurs portugais d'autrefois.
Toute la musique actuelle de ce pays se résume en chants populaires appelés ladunes moudhinas, et dans les œuvres des maîtres italiens qu'on représente au théâtre royal de Lisbonne.
Le Portugal possédait autrefois des compositeurs distingués ; la bibliothèque royale de Lisbonne, qui périt en 1756, lors du tremblement de terre de cette ville, renfermait un grand nombre de leurs ouvrages, et l'on en conserve encore dans quelques monastères du Portugal. Cette riche bibliothèque d'œuvres de musique des compositeurs de toutes les nations, depuis le milieu du XV^ siècle, fut rassemblée par les soins du roi Jean IV. Le catalogue en a été dressé en 1649, par le libraire Paul Crasbeeck, et publié à Lisbonne sous le titre de : Index de obras que se conservé na bibliotheca real de musica.
Voici la liste des compositeurs portugais les plus renommés des XVI«, XVIIe et XVIIIe siècles :
1° Héliodore de Paiva, moine augustin, qui vécut dans la première moitié du XVI^ siècle ; 2" Diégo-Dias de Vilhena, né vers le milieu de ce siècle, un des plus habiles conlrapuntistes de son pays ; 3° Edouard Lopcz
ou Lobo, appelé Lupus en latin, maîlie de-chapolle de l'église c^hédralc de Lisbonne vers 1600; son style a beaucoup d'analogie avec celui de Bonevoli. Il existe parmi les couipositions de cesavanî nuisicien un Salce rc(jina à onze voix et trois chœurs, et seize Magnificat dans les différents tons ; 4" Le P. Jean Pinhiero, religieux, un des meilleurs musiciens portugais de la [)reinière moitié du XVII" siècle; o° Manuel Rodriguez, excellent organi?te, harpiste et compositeur, attaché à la cliapc^lle du roi à Lisbonne au commencement du XVII'^ siècle ; 6" Philippe da Cruz , clcic régulier au monastère de Palmella, né au commencement du même siècle. Il faut croire que les ordonuances du Concile de Trente de 1563, concernant les abus de la musicjue de l'église, n'étaient pas rigoureusement observées alors en Portugal , car, parmi les ouvrages de Philii)pe da Cruz se trouvent deux messes : la première à dix voix , composée sur la chanson portugaise : Quel razon podels vos tener para 110 me qncrer, et l'autre a pour thème également une chanson profane : Solo régnas tu en ml; 7° Agostina da Cruz, chanoine régulier delà congrégation de Santa-Cruz, à Coïmbre, à la même époque; il était renommé comme compositeur, organiste et violoniste; 8° Nicolas de Fonseca, maître-de-chapelle et chanoine de l'église cathédrale de Lisbonne dans la première moitié du XVII^' siècle, connu par une messe à seize voix, fort remarquable; 9° Laurent Rebello, contemporain du précédent; 10" Antoine de Bellem, chanoine régulier, né en 1620, et dont les compositions consistaient en répons, psaumes, lamentations et Miserere à 4, 5 et 6 chœurs, et 4 voix chacun; 11° François da Costa, com[)ositeur de la seconde moitié du WII^ siècle; 12" le P, Gabriel de Jésus, religieux, né vers le milieu de ce siècle, à la fois bon organiste et contrapunliste; son principal ouvrage est un recueil de quinze motets qui a pour titre : Quinze motetes far as quinze estacons, etc.; 13" Christovan de Fonseca, jésuite portugais, né à Evora en 1682, l'un des meilleurs compositeurs de musique d'église qu'ait eu le Portugal ; 14" Antonio Lesbio Marquez, maître de-chapelle du roi de Portugal vers la liu du X\'ir'' siècle; 13" le P. François Jeronimo, jéronimile, né en 1692, maître-de-chapelle de son couvent, et qui se distingua par son habileté à traiter des compositions de musique d'église à un grand nombre de voix. Jeronimo a laissé en manuscrit : Répons des matines de St-Jérôme, à (juatre chœurs, avec inslrunuînls de plusieurs espèces; sa
messe à huit vois obligées est, dil on, une production de grand mérite; 16" Antoine-Charles Sexias, organiste de l'église St-Basile, à Lisbonne, dans la première moitié du XVIIIe siècle, auteur de plusieurs messes à quatre et huit voix, avec orchestre, et un Te Deum à quatre chœurs; 17° Antoine Texeira du même temps, et qui fit ses études en Italie. On remarque au nombre de ses ouvrages un Te Deum à 20 voix et instruments, qui fut exécuté en 1734. Il a laissé aussi quelques opéras; 18" Antoine-Joseph d'Alcanlara, Don Pedro, né en 1798, successivement empereur du Brésil et roi de Portugal, occupe aussi une place distinguée parmi les compositeurs de son pays; ce prince a écrit la musique d'un opéra en langue portugaise, plusieurs compositions pour l'église, une symphonie à grand orchestre et l'Hymne de la Constitution.