CHINE
Hoai-nan-tsée, auteur chinois d'une théorie de la musique, écrivait vers l'année 105 avant J.-C. On ne possède plus que des fragments de son livre ; mais l'un des morceaux, rapporté et traduit par le P. Amiot (De la musique des Chinois tant anciens que modernes), est assez étendu pour nous donner une connaissance suffisante de la plus ancienne exposition parvenue jusqu'à nous de la progression triple 1, 3, 9, 27, 8J, comme génératrice des sons d'une gamme musicale. Cette génération n'est poussée par Hoai-nan-tsée que jusqu'au cinquième terme, parce qu'elle suffit dans ces limites pour la formation de la gamme chinoise des cinq tons, sans demi-tons. Fa étant représenté par 1, on a par la progression
triple : , ' ' ', ,' , ' d'où se lire la gamme incomplète fa, sol, la, ut,
ré, sur laquelle sont établies beaucoup de mélodies populaires de la Chine.
Hodang-tchin-tchouang vécut à Péking, vers le milieu du XVIIe siècle de l'ère vulgaire. Il s'est fait connaître par un livre sur la harpe chinoise, intitulé : Khin pouta tching (Traité complet sur le Khin). Cet ouvrage, publié en 1662, réimprimé en 1724, puis en 1746, renferme les instructions les plus étendues sur la variété des formes de l'instrument, sur sa construction , les règles du doigté et l'exposé d'un système de notation pour la musique destinée au Khin, qui paraît être une tablature d'instrument à cordes pincées. Un exemplaire de la dernière édition du livre de Houang-tchin-tchouang, appartenant à Klaproth, a été communiqué par lui à M. Félis.
Ly-koang-ti, ministre d'Etat et membre du premier Tribunal des Lettres, a laissé un traité sur la musique intitulé : Kou-yo-kingtchouen,
(i) Les autres manuscrits orientaux cités dans l'ouvrage de M. Jones et qui ont la musique des Hindous pour objet, sont : 1° Sangita narayana; 2° Raga darpana, traduit du sanscrit en persan ; 5° Pariataka, en sanscrit; 4° Hdzar dhurpad, traité de la musique vocale; Shams-al-asivat (La mère des tons); 5° Ratnacara, livre sur la théorie de la musique par Sa'rnga de' va.
c'est-à-dire commentaire sur le livre classique touchant la musique dos anciens; cet ouvrage a été traduit par le jésuite Amiot, missionnaire en Chine.
Ma-Tocanlin, auteur d'une encyclopédie littéraire de la Chine, intitulée : Wen-hian-thoug-hhas, et dans laquelle il traite aussi de la musique.
Parmi les autres savants de la Chine qui s'occupèrent de musique, on compte Lang-lun, King-fang, Lin-Scheou-Rieou, contemporain de Confucius, Sou-Sieou-sun-T'chang-ouen-Cheou, le prince Tsai-yn, de la dynastie des Ming.