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Précis de l'histoire de la ville de Gap, suivi de notes et éclaircissements et de notices biographiques sur les évêques de cette ville

fastidieux ; il suûira de dire que , dès le XU* siède , son travail repose principalement sur

* Le Précis historique publié aujourd'hui est assez semblable dans quelques-unes de ses parties à un Abrégé de moindre étendue dont l'auteur s'était occupé en 183G, Abrégé qu'il communiqua alors à quelques personnes , et qu'il envoya l'année suivante à M. Augustin Thierry avec une copie de la grande charte du 7 mai 1378. L'illustre auteur des Epoques Mérovingiennes fera-l-il <|uelque usage de ce curieux document dans le grand ouvrage qu'il prépare sur niistoire de la bourgeoisie en France? On ose resi)érer. — On saisit cette occasion pour signaler une erreur commise dans le texte, pag. 40 et 41, sur la date de cette même charte de 1578, erreur qui s'est reproduite dans la note pag* 819 et au lieu de 7 mars iZlS, lisez 7 mai 1378.

écrits qu'il a consultes , ce serait

documents manuscrits

TI

AVANT-PKOPOS.

qui se trouvent dans nos archives, documents précieux sauvés de bien des naufrages^ , et dont une partie avait échappé aux recherches de nos infatigables chroniqueurs Raymond Juvenis et Joseph-Dominique de Rochas. Ceux de Tévèché n'étaient nullement à leur disposition , et même eussent-ils obtenu la permission de fees compulser , ils se seraient arrêtés peut-être devant les titres insignifiants que présentaient les dossiers des

* Lors (le l'occiipalionde la ville par les protestants, eu 1577, les vainqueurs livrèrent aux flammes, sur la place Saint-Anioux , plusieurs papiers d« la maison épiscupale ; mais les titres et documents de la maison oonsnlaire furent respectés. Ces mêmes documents échappèrent à llnooidie de 1695 par la sage prévoyance des consuls. Quelque temps nuùl Vittnàaa de Ymaée «Niée, ils lYaieni eu le soin d'en aivoyer une perlie à Aix et l'entie à Sisteron. Nos chailes numidinles cooniient de pins grands dingeis en 1795, slofs qoll fiit de modede rédoiie en cendres les papiers féodaux on prétendus tels. En compagnie du précieux livre nage, elles aonient servi d'aHment à nn snto-da-lé soi-disant patrietiqiiie, si les larmes du vénérable H» Panl, notaire et seerélaife de la ville, et ptee de H. Jean Paol, m* du nom, secrétaire actnel, n'eussent attendri les enécnteors de l'inepte sentence qui les avait condamnés an feu. Ils vonlurent bien se contenter de papiers insignifiants, et eeux-ci représentèrent les chartes municipales sur la place publique. Le plus grand nombre des documents de révêché échappés à la fureur des religionnaires, et alors déposés au district , furent oubliés dans le galetas où ils étaient relégués. En 1692, le palais épisoopal n'avait pas été atteint par les l|aninies.

Avm-PHOPOS. vn procès soutenus par la ville contre ses évêques , et par Tun de nos prélats contre un gouverneur et de mauvais cathoUqttes qu'il accusait de félonie et d*attentat sur sa personne; et pourtant c'est dans ces dossiers exactement feuilletés et décomposés que l'auteur a découvert les originaux ou les copies des vieux titres invoqués de part et d'autre, let, sur les guerres de religion, divers mémoires dont Artus de lionne lui-même, qui les avait sous la main , n'a fait aucune mention dans le BoUe des évesques de Gap qu'il composa pour les auteurs du Gallia ChHstUma, Du reste , on trouvera au bas de chaque page l'indication de la source où ont été puisés les faits rapportés dans cet essai sur notre histoire locale et dans les notes qui l'accompagnent.

Parvenu a ce Xir siècle où la féodalité s'appesantit sur nos ancêtres, à ce point de départ de nos dissensions intestines, l'auteur n'a eu malheureusement à présenter qu'une lutte incessante entre des prélats devenus

Vm AVANT-PROPOS.

seigneurs temporels et le pouvoir municipal défendant les libertés et les privilèges dont il avait joui sous la, lance romaine comme sous la Iraniéc des Baibares ; lutte dans laquelle la ville de Gap est constamment soutenue par les souverains pontifes : ce qui prouve Imjustice des prétentions comme la légalité de la résistance. Forcé alors, pour ne pas mentir à l'histoire, de signaler Tambition de nos seigneurs évèques , sera-t-il accusé d outrage envers la religion parce qu'il aura mis au jour les torts de quelques-uns de ses ministres? Alais les historiens les plus religieux lui en ont donné l'exemple. A Tappui de cette assertion il peut citer Sulpice Sévère, saint Bernard , Gerson , Baronius et spécialement saint Grégoire de Tours qui écrivit la vie cruelle et dissolue des deux évêques des Alpes Salonius et Sagittaire.

La crainte d un reproche non mérité n'a

pas du le retenir , et d'ailleurs ,

«. Un front que l'art déguise

c PfaAt moins au Cid qu'aocrtide franchise. 9

11 publie donc , sans les outrer ni les

AVATIT-PROPOS.' Vt

excuser , les violences d'Othon II et les guerr res cruelles qu'il siiscita à nos ancêtres ^ les vengeances d'Henri de Poitiers , les desseins ambitieux de Jacques Ai taud , les tracasseries de Léger d'Ëyrargues , les cruautés de Gaucher de Forcalquier, et les excès commis par quelcjues autres seignevrs temporels qui ont occupe le siège de Gap ; mais aussi , quelle que fut la légitimité des di'oits que la fière et turbulente jeunesse de la cité avait à défendre , il s'est gardé d atténuer les actes répréhensibles auxquels elle se livra » diverses époques. Loin de lui cette maxime impie que la fin sanctifie les moyens.

Que l'on consulte Juvenis et Rochas. Ontils hésité à s'élever hautement contre la vanité, l'orgueil ou 1 ambition de nos prélats, lorsque ces défauts leur sont apparus? Et cependant ( leurs écrits en iont foi) jamais la ville de Gap n a possédé des citoyens phis ' i*espectables , plus instruits, d'une piété plus solide et plus éclairée que Rochas et Juvenis. Ëntradné par la force de la vérité ,

X AYANT-PAOROS.

Fauteur a'a lait que répéter ce qu'on lit à toutes les pages de leurs chroniques et de

Salomon du Serre , le plus processif de nos seigneurs , ce que Ton reproche à BicheUeu qui, comme lui, (c'est Juvenis qui nous l'apprend), ne parvint à Tépiscopat qu'en trompant le souverain pontil'e sur son âge?

Les guerres de religion, pendant lesquelles il y eut suspension d hostilités entre la ville et ses évéques , virent se consommer la ruine de tous nos monuments. A cette époque les Calvinistes se livrèrent dans nos contrées aux excès les plus violents: l'auteur les a signalés également et peut-être avec trop d'amertume. Pour accorder la louange ou déverser le blâme , il n'a dissimulé aucun fait a l'avantage ou a la confusion des pix)testants comme des cathohques, et pour l'appréciation morale de leur conduite il n'a eu d'autre guide que la religion , la justice, l'humanité. S'il a reproché à Gabriel de Glermont son apostasie , il n'a applaudi ni

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