‹ Précis de l'histoire des doctrines économiques, dans leurs rapports avec les faits et avec les institutionsChapitre 52 sur 59 · TRANSFORMATIONS DU COMMERCE EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DU COMMERCE EXTÉRIEUR

Corps des marchands de Paris conlre l'élévation des taxes résultant notamment d'une Déclaration de 1651 (1).

Ce document énumère : le blé, les vins, « les toiles, serges et élamines de Reims, celles de Châlons, les futaines de Troyes et de Lyon, les bas de soie et bas de laine, bas d'estame, de fil, de colon et poil de chèvre qui se font au pays de Beauce et Picardie, à Paris, Dourdan et Beauvais ; toutes sortes de marchandises dépendantes de la bonneterie qui se débitent en Espagne, en Italie et jusqu'aux Indes ; toutes sortes de pelleteries et quincailleries, de couteaux et de ciseaux, toutes sortes de merceries comme rubans et dentelles de soie, or et argent tant fin que faux, épingles, aiguilles, gants et une infinité d'autres menues merceries dont le détail serait ennuyeux ; les draps de soie, d'or et d'argent de Lyon et Tours ; les chapeaux qui se font à Paris et à Rouen dont presque tous les peuples de l'Europe, même des Indes occidentales, se servent».

2° D'après les Mémoires de Jean de Witt (2) : exportations en Angleterre et en Hollande :

1) « Une grande quantité de velours et peluches, satins, étoffes d'or et d'argent, taffetas et autres étoffes de soie qui se fabriquent à Tours et à Lyon qui montent à plus de six millions;

2) « Les rubans, galons de soie, dentelles de soie, boutons, houppes qui se fabriquent à Paris et à Rouen et aux environs, pour la valeur de 2 millions ;

3) « Chapeaux de castor, de vigognes de laine et de poil, qui se font à Paris et à Rouen, pour la valeur de 1.500.000 livres ;

4) « Plumets, ceinturons, éventails, masques, coiffures pour les dames, miroirs, bordures dorées, montres et autres merceries, pour plus de 2 millions ;

(1) Dans Foi'fjonnais, Recherches et considérations sur les finances de France, année 1661, octobre, édit. Liège, 17.^8, t. II, p. 134-13.'j.

(2) Mémoires de Jean de Witt, II" partie, eh. vi, trad. fr., 3" édit. Ratisbonne, 1709, p. 187-188. — L'auteur déclare avoir consulté les i?emontrances des marchands de Paris. Ce document est reproduit dans Le Commerce de la Hollande ou tableau du Commerce des Hollandais dans les quatre parties du Monde, 3 vol. Amsterdam, 1768, t. II, p. 82 et suiv., et par Clément, Hist. du système protecteur, Paris, 18:)4, Pièces justificatives, n» 1, p. 2.o7.

APl'ENDICE AU I.n RE III

5) (( (ianl> (iLii se Ibnl à l'aris, ("Jcrmoiil, A'endôme et Rouen, pour plus de 1.500.000 livres ;

(>) « Laines filées qui se filent par toute la Picardie, pour :)00.000 livres ;

7) « Papier de toutes les sortes qui se fait en Poitou, Limousin, Auvergne, Champagne ef Normandie, pour plus de 2 millions ;

8) « Aiguilles, épingles qui se t'oni à l^aris et en Normandie, pour plus de cin(| millions ;

D) (1 Ouincaillerie, ouvrages de Nuremberg qui se font en Auvergne, pour plus de 600.000 livres ;

10) « Grosses toiles pour faire des voiles qui se font en Bretagne el en Normandie, pour plus de 5 millions ;

11) « Ameublements, lits, matelas, tapisseries, courtes-pointes, pour la valeur de 9 millions ;

12) « Vins de Gascogne, Nantais, Saintonge et autres places, pour la valeur de 9 millions ;

13) « Eau-de-vie, vinaigre, cidre, pour plus de 2 millions ;

14) « Safran, pastel, savon, miel, amandes, olives, marrons, câpres, prunes, brignolles, pour plus de 2 millions ;

15) « Sel, tous les ans plus de 5 à 600 vaisseaux que Ion va prendre à La Rochelle, Marans, Brouage et les lies d'Oléron et de Ré .) (1).

IV. — liiipoi'tatious de la France vers le milieu du xviie siècle.

Les Remontrances des Six-Gorps de marchands ne citent que : les laines fines ; les laines de vigogne importées du Pérou ; les laines de Pologne, d'Autriche, d'Angleterre ; les laines en suint ou agnelins d'Espagne ; les drogues, é[)ireries, sucres, savons

(1) D'après ce document, la valeur totale des exportations en Angleterre et en Hollande aurait donc été de 4:3 millions 600.000 livres dont 26.600.000 pour les produits manufacturés, 13 millions pour les denrées et produits de l'agriculture et de la viticulture, 6.000.000 pour le sel (chiffre donné par Le Commerce de la Hollande, cité suprà,p. 33.3, note 2i. Il ne faut tenir compte des chifTros portés dans les tableaux ci-dessus qu'à titre d'indications générales.

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