‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 29 sur 289 · Corpus inscr. Jjatin. 1 p · texte numérisé non relu

Corpus inscr. Jjatin. 1 p

5, (On lit (16ji\ dans Lucrèce, 4, 1041 : illam \ emicat in partem san^ guis, unde icimur ictu, — Tr.] — Lachmann, commentaire sur Lucrèce p. M).

n. [Lucrècn 1, 853: ignis, an umor, an aura? quid korumf sanguen, an ossa f — 800 : scire licet nobis venas et sanguen et ossa,... Nonius p. 221 cito d'autres exemples tirés d'Ennius, de Lucrèce, d'Attius, de

plupart du temps la nasale du thème tombe elle-même : c'est ce qu'on peut remarquer dans iermo S 'praedo, ynargo, 7iatio, Cicero ; et même dans les noms grecs, ^/jo//o, Agamemno; et en général au nominatif des thèmes en on. De plus, Vo long de ces thèmes s'abrégea de bonne heure : final, il s'abrégea dès le début dans les mots iambiques comme homOy et seulement vers la fin de la république dans les crétiques comme Pollio; médial, il reste long dans les plus anciens auteurs, mais les accusatifs homônem et heniônem ftirent remplacés après Ennius par homônem ou hàmînem ^. On a du nom propre Apollo le génitif Apolones ^ les datifs Ajoolenei et Apolinei ^; les contemporains de Fronton renouvelèrent la déclinaison de ce mot en rétablissant Vo du thème. — Il y a enfin un mot dans la déclinaison duquel Vo du thème disparut absolument : c'est caro, qui fait au génitif camis. — Parmi les noms masculins et féminins, un petit nombre seulement conserva la nasale au nominatif, comme tibicen^ génitif tibicinis, de la racine can. Mais dans les noms neutres la nasale subsista régulièrement; qu'il suflîse de mentionner germen et nomen ^. — Il y a divers exemples isolés d'élargissement des thèmes à nasale dans les nominatif coepulonus, camis, canes, seneœ ^.

Varron, de Cicéron. — Voir sanguem clans Orelli 5054, 22 (tab. frat. ArvaL). — Tr.]

1. Ennius, Annales 470 et 471, passages cités par Festus comme exemples du mot en question. — Tr.

2. [I>riscien 6, p. 683 P., p. 206, 23 Hertz : Ennius : « vulturus in silvis miserum mandebat homônem t (Annales 141.) Paulus diaconus: hemona kumana et hemonem hominem dicebant . On a cherché à restituer les formes en o long dans divers passages de Plaute (Bergk, dans le PhUologus, t. 17 p. 54 et suiv.). — Tr.J

3. Corpus inscr. Latin, 1 n* 187 [aidiles vicesma parti Apolones dederi, — Tr.]

4. [Corpus 1 no 167, cippe du Picénum; — n*> 562, amphithéâtre de Delphes : Apolinei {P)utio, — Tr.J

5. On doit comparer à cette classe de mots les noms élargis comme incrementum, cognomentum, et les noms grecs à thèmes en (lar, comme ôvo|iaT. [Ce rapprochement est légitime, mais je ne sais trop en quoi il peut éclairer, comme paraît Tinsinuer l'auteur, le phénomène de la conservation de la nasale dans les nominatifs neutres en men. — Tr.)

6. [Plaute Persa 100 : terréstris coepulonus te adpelldt tuus. Tite-Live écrit encore, 37, 3, quod Laurentibus camis, quae dari débet, data non fuerat, Ennius, Annales 518 : tantidem quasi fêta canes sine dentibus

NOMINATIF SINGULIER DES THEMES A UQUIDE.

29. — Un thème terminé par un / ou par un r ne prend pas de s au nominatif; on le voit dans sol, praesul, mater, doctor. C'est que les deux liquides f et r ont le pouvoir de s'assimiler le s qui les suit (ainsi velse est devenu velle, et ferse est devenu ferré) ^ ; après avoir subi cette transformation le 5 du nominatif a disparu. Si les thèmes par et soi avec un a bref donnent des nominatif par et sàl avec un a long« c'est que iâ/, par exemple, est pour une forme sali, à liquide redoublée, originairement identique au grec 5Xç. Fleckeisen a cherché à établir qu'il y a eu aussi une vieille forme patër^ avec allongement par compensation comme dans le nominatif grec T.7r:i^ç, tiré du thème xaxep «. — Aux autres cas que le nominatif, le thème pater perd la voyelle e : le génitif est ^a^m. Mais dans la déclinaison des noms où il entre en composition, la vieille langue laisse subsister cette voyelle, et dit au génitif Opiteris, Maspiteris, Diespiteris^. La langue de l'époque littéraire supprima Ye partout en dehors du nominatif. La métrique de Plante exige même dans bien des endroits un nominatif monosyllabique pair, correspondant exactement au génitif patris et à l'accusatif patrem. Il ne faut pas nous étonner de voir dans Plante pater compté tantôt pour deux syllabes et tantôt pour une seule : la métrique de Plante nous oblige bien souvent à reconnaître à côté l'une de l'autre

lairat, cité par Varron comme exemple de canes. (Voyez g 35 la note relative au thème can), — Sur senex voir § 5. — Tr.].

i . Le suffixe de Tinfinitif est se, plus anciennement set, et correspond aux infinitifs grecs comme >v<Tai et aux infinitifs sanskrits en se =. sai. Le s reste dans legisse ; dans légère il devient r, comme toujours entre deux voyelles. La désinence se est encore intacte dans deux infinitifs présents, esse = es + se, être, et esse ^ ed -{- se, manger. Enfin Paulus diaconus, Tabréviateur de Festus, nous donne la glosse dasi dan . — Tr.

1. Fleckeisen, Jahrhûcher de Jahn 61, 32. [M. Gorssen le combat vivement sur ce point, Aussprache^ 2 p. 502 note. — Tr.].

3. Priscien 6. p. 695 P. (J{ 39) [Inveniuntur iamen apud vetusiissimos haec ancipitis genetivi : hic acdpiter huius accipiteris et accipitris, Opiter Opiteris et Opitris, Maspiter Maspiteris et Maspitris^ Diespiter Diespiteris et Diespitris, sic etiam luppiter Tuppiteris et Iuppitr%s,ut Caesellio Vindici placet, dehuit declinari, — Tr.J

des formes différentes, que nous surprenons les unes à leur naissance et les autres à leur déclin. A cette époque le corps de la langue fut bouleversé tout entier par une influence nouvelle, celle du rhythme poétique ; et il ne devait pas subir de révolution plus considérable avant les événements qui, tout en introduisant de nouveaux éléments dans l'histoire générale du monde, firent tomber le latin lui-même en décomposition. On trouve d'ailleurs dans les inscriptions pair et la forme encore plus mutilée Diesptr *. Nous pourrions, il est vrai, supposer, pour expliquer les passages embarrassants de Plante, que pater était prononcé pâte, et que la lettre supprimée était le r de la fin, et non Ve qui le précède. Mais cette hypothèse est très-peu vraisemblable* : c'est en réalité Ye qui tombait. De même pour scander certains anapestes de Plante ^ on est obligé d'admettre une mutilation du premier mot soror, mutilation qui consiste non pas à retrancher la consonne finale comme dans maio pour maios^, mais à passer légèrement sur Yo qui précède cette consonne ^. — Les noms comme orator avaient d'abord Yo long au nominatif aussi bien qu'aux autres cas, et on disait oratôr comme oratôris. On en a des preuves d'une part dans le mètre des crètiques de Plante comme magister mihi eœercitàr animus nunc est, et dans les apices d'une inscription du temps d'Auguste : grammaticus léctàrque fui «.

1. Corpus inscr. J^tin, i n' 130 [inscr. d*un tombeau : L. Oppi L. f. Flacus patr. Et n^ 131 : L. Oppi L. f. Flacus filius, — n<» 1500 (une des cistes de Préneste citées § 6) : Diesptr. — Tr.J

2. C*est pourtant celle que fait Tauteur pour le mot color § 33. — Tr.

3. Stichus 3 : soror, suo éxanimo. [Ritschl 1 : credo ego fuisse miser àm^ soror, Penélopam ex animo. Voir sa discussion sur le rhythme. — Tr.]

4. [Voir Jî 33. Noter que dans soror la liquide finale est primitive (sanskrit svcisr), tandis que dans maios ou maior la finale primitive est une sifflante. — Tr.]

5. Comparer sobrinus, qui provient de sorrinus pour sororinus, [M. Corssen dit dans sa critique du présent ouvrage, Zeiischrift fur vergleichende Sprachforsckung 16 p. 292 : « L'auteur prétend sans hésiter que so'br-inu'S est sorti de sorr-inus (p. 7) ; c'est une grave erreur, car en latin pas plus que dans aucune des langues congénères rr n'a jamais pu donner par dissimilation br. Je renvoie là-dessus au passage où j'ai montré que dans cette forme -so-br- provient de -soror-bri^ , formation comparable à mulie-bri' pour mulier-bri- (Kritische Nachtraege p. 191 et suiv.) — Tr.]

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