‹ Précis de la déclinaison latineChapitre 59 sur 289 · FÉMININ · texte numérisé non relu

FÉMININ

63. Sapsa, tova, etc, — De même que dans beaucoup de pronoms le nominatif masculin est semblable à celui des thèmes nominaux en o, le nominatif féminin est souvent pareil à celui des thèmes nominaux en a ; ex. illa^ ista, ipsa. J'ai parlé au n** 61 de eapse. Pacuvius emploie dans le sens du grec •}; au-d) une torme sapsa qui provient d'une racine pronominale sa, la même dont Ennius avait tiré l'accusatif féminin sam et l'accusatif masculin sum ^ — La racine pronominale i fait au nominatif féminin ea, sans doute par assimilation pour ia. C'est ainsi que la racine verbale i donne naissance à des formes comme eamus^ eant; et que, soit dans le latin archaïque, soit dans certains dialectes particuliers du latin, oukcvii filea pour filia^ Feroneae pour Feroniae, precaream pour precariam. On peut dire que ea est à is ce que alia est à alis *. — Altéra, uti^a, sont des formes régulières, ainsi que tova dont sortit plus récemment tua,

64. Quae et haec. — Il y a pour le nominatif smgulier féminin des pronoms un mode de formation tout exceptionnel ; il a donné naissance aux deux nominatife qua£ (osque pal) et hae-c ; sans parler de illaec et de istaec, qui ont été formés après coup et par imitation. On a dû d'abord écrire quai et haie : l'affixe i, qui, remarquons-le, manque dans les locutions aliqun, numqua, siqua (ombrien svepu), était un ancien signe du locatif. Cet affixe remontait à la période gréco-italique. Il avait complètement perdu son sens primitif, et ne servait plus dans la déclinaison de qui et de hic qu'à distinguer des formes pareilles. Le langage peut aussi employer un procédé inverse. Ainsi, dans la déclinaison du pronom hic, il fut d'abord impossible de distinguer le nominatif pluriel féminin et le nominatif pluriel neutre; plus tard la réflexion, pour éviter les confusions, ôta le sufiSxe ce au fre^

ipse parensve suos filiusve suos hères siet, — Cf. Taccusatif ^ouor/i n" 588, l'ablatif 50U0 n- 1007, l'ablatif pluriel soueis n-» 198, 1258. — Tr.

1. Ennius, Annales 102 astu, non ri, sum summam servare decet rem, 227 nec quisquam sophiarn sapientia quae perhibetur \ in somnis vidit priusquam sam dùcere coepit. Et sum 135; 5o« 22, 152, 261, 358; sas 103. — Pacuvius d'après Festus, v. 324 Ribbeck, sapsa res,

2. Corp, inscr. Latin, 1 n* 54 : Dindia Macolnia fiîea dedU, 1307 : colomnas III de suo dat Feroneae. 1464 precaream, — Tr.

mîer et le laissa au second : le féminin fut alors hae, tandis cpie le neutre était haec *.

65. La diphthongue ai ou ae. — L'épel quai y haie a probablement été seul employé avant Tépoque de Plante : jusque-là les diphthongues ae et oe étaient inconnues au latin, et il n'avait que ai et oi ; cela est vrai tout au moins de la langue des Romains proprement dits. A la vérité, dans les régions où le latin était en contact avec l'ombrien ou le volsque, les diphthongues pures oi et ai paraissent avoir été altérées un peu plus tôt, dàs l'an de Rome 500 ou à peu près. A Rome, ces deux diphthongues sont encore intactes dans le sénatus-consulte sur les Bacclianales, qui date de Tan 568; il n'y a pas de différence à cet égard entre les syllabes qui composent le corps des mots et les syllabes de terminaison ; on y lit aîÇMom, f aider alei, tabelai; la seule exception est aedem pour aide m {apicd aedem Duelonai), I^e décret d'Aemilius Paulus publié pour la première fois par M. Renier, et qui date de Tan 565, écrit L, Aimilius, et pourtant le langage de Yimperator en 565 est en général plus moderne et plus avancé que le langage du sénat en 568 ; malheureusement il ne contient aucun autre mot dans lequel se présente une des diphthongues en question*. Celui qui composa la fausse inscription de Duellius, laquelle était censée remonter à Tan 494 de Rome, aurait pu trouver son profit à étudier sur ce point les documents ; il aurait pu apprendre dans quantité d'anciens textes, et par exemple dans quelque vieux manuscrit de l'épopée de Névius, que pour Tan 494 son praeda et son Poenicas était encore plus mal choisis que son navebtis, corrigé après coup en navebos ^,

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