FORCES MILIT AIRES DE LA TURQUIE
/ Infanterie.
■\ régimens de la garde
20 régimens de ligfle
Bataillons répartis dafts les provinces.
TROUPES RÉGU- LIÈRES
Cavalerie.
1 3 régimens de la garde. . .
I 2 régimens de ligne
f Artillerie.
Batteries, de la garde
Idem de la ligne
1 ,5oo )
\ i,5oo
TROUPES IRRE- OULIÈRES. . .
Total des troupes régulières 5o,ooo
\ Infanterie et artillerie 120,000 (
I Cavalerie , 5o,ooo j
vaisseaux. —
Rf-vrmis PII f rmic:
î:.5o,ooo,ooo.
Tolal de l'année tiir([ue 220,000
Marine.
24 f régates. — 90 bàtimens , inférieurs.
'■ inil)li(|iu! on IVarics.
Dr-
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SriiTF. de la Description de l'Europe. —-Description du royaume de Grèce et de la repidiliquc; des îles Ioniennes.
Après trois siècles d'ignorance et d'esclavage, la patrie du génie, la terre de la liberté, impatiente du joug humi liant sous lequel elle gémissait , et qu'elle avait déjà tent de secouer, souleva de nouveau ses chaînes, et, à défau d'autres armes, s'en servit contre ses oppresseurs. Le musul man méprisa le désespoir d'un peuple de rdias ou d'esclave infidèles; la flamme et le fer dévastèrent la Grèce; l'Europe, insensible au généreux élan d'une nation chrétienne, vit avec indifférence préparer le martyre auquel celle-ci paraissait être inévitablement réservée; mais ce que les froids calculs de la politique n'osaient tenter, le sentiment religieux, la compassion qu'inspire le malheur, l'essayèrent et l'accomplirent. Le cri de liberté qui retentit dans toutes les âmes généreuses fut le signal d'ui^ croisade nouvelle; les peuples chrétiens envoyèrent des secours pécuniaires à leurs frères opprimés ; des guerriers habitués à verser leur sang pour Tindépendance de leur pays, se firent une patrie de la Grèce et volèrent à sa défense , tandis que des hommes guidés par une utile philanthropie organisèrent sur le sol classique des lettres, des beaux-arts et de la philosophie, les moyens propres à y répandre et à y perpétuer les lumières; contribuant ainsi à rendre à l'Orient les bienfaits de la civilisation que l'Occident en a jadis reçus.
Cependant au milieu des traits de courage et d'héroïsme dignes des temps anciens; au milieu des actes de cruauté auxquels se livraient les Grecs à fimitation de leurs enne-
EUROPE : Royaume He Grèce. 847
mis; au milieu des dissensions qui régnaient parmi leurs chefs, ils organisèrent un gouvernement régulier. Après avoir fatigué les Turcs par une résistance opiniâtre où la valeur suppléait le nombre, ils allaient peut-êire succomber : une armée d'Arabes et d'Egyptiens , aussi fanatiques, mais plus aguerris que les Turcs, incendiait les villes, et se proposait d'emmener en esclavage tout ce qui échapperait au fer et à la flamme, lorsque, fatiguées de ces longs carnages, la Russie, l'Angleterre et la France conclurent un traité ayant pour but d'obliger la Porte Ottomane à ^cesser une guerre d'extermination. Mais que pouvaient les négociations sur un gouvernement habitué à ne reconnaître que le droit de la force? 11 fallut la célèbre journée de Navarin, où la marine des trois puissances détruisit la flotte turque, pour lui prouver que le temps d'éluder les traités était passé; il fallut la présence des troupes françaises pour forcer l'armée égyptienne à évacuer la Morée.
D'après les limites fixées par les trois puissances protectrices de la Grèce, cet État est circonscrit du sud-ouest au nord-est par une ligne qui suit le cours de l'Aspro-Potamos, depuis son embouchure jusqu'aux lacs d'Angelo- Castro et de Vrachori, qu'elle traverse près de leurs rives septentrionales, jusqu'au mont Artolina, à 8 lieues de Lé~ pante, d'où elle suit la crête du mont Axos, la vallée de Calouri et la cime du mont Oeta jusqu'au golfe de Zeitouni, près de l'embouchure de l'Hellada ou du Sperchius. La Grèce ainsi hmitée occupe du nord au sud, depuis les bords de l'Hellada jusqu'au cap Matapan, une longueur d'environ 60 lieues, et de l'est à l'ouest, depuis le cap de Marathon jusqu'à celui de Tanese , en traversant l'isthme de Corinthe, ime largeur de 56 lieues.
Les îles accordées à la Grèce dans l'Archipel sont Nègrepont, et celles qui s'élèvent à l'est, telles que Skiaios Sco-
S/jB LlVlirf CENT VINGTIEME.
pelo, Chelidromia, Sarakino, Pelagnissi, Joura-Nisi et Skyro, ainsi que toutes les Cyclades.
Le nouvel Etat de la Grèce se compose de trois parties distinctes : au nord , l'antique Hellade^ aujourd'hui Z«Vrt<://<?; au sud le Péîoponèse des anciens, la Marée des modernes; enfin à l'est de celle-ci les îles de l'Archipel.
Cl En franchissant les Thermopyles pour entrer dans la Grèce proprement dite, le ciel devient plus ardent, les eaux abondent moins, mais le sol serait encore riche s'il était cultivé. L'huile est la production la plus importante des provinces méridionales. Celle de l'Attique passe pour la plus fine. Les Athéniens connaissent la taille des oliviers, mais ils ne la prodiguent pas. L'olivier de l'Attique est alterne, comme la taille qu'on lui fait subir; mais il n'alterne pas de même dans tous les cantons de la Morée. Une brume épaisse qui s'élève de l'Archipel nuit quelquefois aux oliviers ; en retombant sous la forme de rosée, elle pénètre paxtout et infecte jusqu'aux racines et jusqu'à la sève; les feuilles jaunissent, les fleurs tombent, et celles qui nouent donnent une olive avortée (i).
« L'Attique exporte pour 3oo,ooo piastres et la Morée pour 4oO)00o. Corinthe peut toujours vanter ses petits raisins, et l'Arcadie ses fromages. Les plantes aromatiques dont le sol de l'Attique est couvert, donnent au miel de ses abeilles les bonnes qualités qui l'ont rendu célèbre. Plus doux et doué d'un parfum plus exquis que tous les autres miels connus, il est en même temps de la plus belle transparence, quoique d'une couleur rousse.
Lu Grèce peut devenir l'émule de l'Espagne pour la beauté de ses laines; ses pâturages sont très-favorables pour les brebis. Les terrains les plus incultes produisent en abondance le thym , le serpolet, la marjolaine, et toutes les plantes aroma-
(') Thcopkraste y Hisr. plant., \. VI, c. ii.
EUROPE : Royaume de Grèce. 849
tiques. Ici, comme en Espagne, on fait voyager les troupeaux. Les bergers albanais mènent leurs bestiaux paître en Grèce pendant l'été. Sous le règne des empereurs byzantins, le mélange des brebis africaines et asiatiques avait embelli les races grecques; elles ont dégénéré depuis qu'on ne suit plus la méthode des croisemens. Le mouton de Livadie et d'Arcadie est le plus beau; celui de TAttique a le plus perdu. »
Le sol de la Grèce continentale est en général très-montagneux; mais aucune de ses montagnes n'atteint la région des neiges éternelles : le Taygète est la plus élevée (i). La plupart de ces montagnes sont couvertes de forêts ou de pâturages; mais les forêts diminuent chaque jour par l'habitude qu'ont les bergers d'y mettre le feu pour faire place aux herbages, et offrir une pâture à leurs troupeaux : il est à espérer que le gouvernement grec, plus éclairé que le gouvernement turc, mettra des entraves à une coutume qui, depuis qu'elle s'est introduite, a déjà répandu la stérilité sur plusieurs cantons autrefois ombragés et fertiles. Au milieu de ces montagnes, s'étendent de vertes et fraîches vallées arrosées par des rivières ou des ruisseaux.
Les nombreuses montagnes de la Grèce se divisent en •plusieurs chaînes : celle qui borde au nord le golfe de Lépan te , dominée par le Lakoura ou le Parnasse , et le Zagora ou VHélîcon, chantés par les poètes, dépend de la chaîne du Pinde. Les monts Helléniques disparaissent dans l'isthme de Gorinlhe, et ceux de la Morée, dont le principal som-
(0 Voici, d'après les travaux de MM. les officiers d'état-major Puillon de Boblaye, Peytrier et Servier, les hauteurs des principales montagnes
de la Grèce : mètres.
Le Saint-Elias du Taygète 2408
Le mont Ziria , l'ancien Cyllène 2874
Le Khclmos, à l'extrémité septentrionale du Magne 2355
Le Liakoura , l'âncien Parnasse 2240
L'Olonos , au sud de la Kaminitza îaaS
f.c Saint Elias de Levidi , au nord-ouest de Tripolit7.tT. . 1980
VU. Si
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met est le Pentadaktylon ou le Taygete ^ forment des groupes différens. Celui du Taygète , qui court à l'occident et se termine au cap Matapan, autrefois le célèbre Ténare^ est indépendant des monts Malevo ou Dzakona, l'ancien Olympe du Péloponèse, chaîne parallèle et orientale qui finit au cap Maléa ou Saint- Ange.
Malgré la grande élévation qu'atteignent quelques uns de leurs sommets, les montagnes de la Grèce ne donnent naissance à aucun cours d'eau considérable. L'Aspro-Potamos, qui forme une de ses limites, est le plus important : il n'a pas plus de 1\^ô lieues d'étendue. Dans la Morée, les deux principaux sont le Rouphia ou XAlphée et l'Iri ou XEurotas , qui ne parcourent pas un espace de plus de 20 à 25 lieues. Ce dernier a été confondu sur toutes les cartes avec le Vasili-Potamos, que le colonel Bory de Saint-Yincent a reconnu pour une rivière plus considérable que l'Eurotas, quant au volume de ses eau^c, mais qui n'a qu'une lieue et demie de cours, et qui, coulant parallèlement à ce dernier, n'en est éloignée que d'une lieue.
Des roches granitiques et schisteuses constituent les principales chaînes de^ la Grèce. Au Taygète elles supportent ce beau porphyre vert antique dont le gisement a été reconmi par la commission scientifique française, et que M. Puillon de Boblaye a nommé prasophjre (i). Ce porphyre et différentes roches de la formation houillère sont recouverts par une énorme masse de calcaire compacte, très-dur, que l'on observe dans la plus grande partie de la Morée , et qui renferme des marbres blancs. Ces marbres forment les cimes du Taygète j des schistes remplis de filons de fer oligiste, et quelques bancs porphyriques renfermant le vert antique , constituent sa base. Des calcaires qui se rapportent à la craie par leur position géognostique,
(0 Voyez lifixpédition scientifique de Morée, t. II, deuxième partie.
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plutôt que par leur texture, occupent la partie occidentale de la Grèce. Le terrain supercrétacé inférieur constitue les montagnes qui bordent au sud le golfe de Patras. Les dépôts de sédiment supérieurs se montrent dans toute l'étendue de l'isthme de Corinlhe, sur les côtes du golfe d'Athènes, dans les plaines de la fertile Elide , et dans les profondes vallées de l'Alphée , de l'Eurotas et du Pamisus. La petite presqu'île de Méthana est formée de dépôts volcaniques. Au mont Trélovouno, l'ancien Hjmele, on pourrait encore exploiter le marbre blanc grisâtre, célèbre du temps de Xénophon. La plupart des îles telles que Milo , Cimolo, Santorin, Egine, etc., sont en grande partie formées de la roche ignée appelée trachyte. L'île de Paros possède ces marbres auxquels le ciseau des Phidias et des Praxitèle donnait le mouvement et la vie. Un jour, le génie des arts, se relevant au sein de la Grèce moderne, utilisera ces beaux marbres blancs ou ornés des plus vives couleurs, ces cipolins, ce pentélique exploité par les anciens au mont Pentelès , et toutes ces roches que le goût et le luxe disposaient avec tant d'art dans leurs somptueux édifices.
Le sol du royaume de Grèce recèle des mines de fer, de plomb , de zinc, de cuivre, de mercure et de cobalt ; mais , à l'exception des deux premiers métaux, ces substances paraissent être peu abondantes. On y trouve aussi de l'alun, du salpêtre, de la magnésite, et des argiles dont plusieurs sont estimées.
Nous commencerons notre course près de l'embouchure de l'Hellada, par les Thermopyles, cet étroit défilé, ce célèbre rempart de l'indépendance des Grecs anciens et modernes. Sur le versant méridional de la chaîne du mont Oeta , le ciel devient plus ardent; les chaleurs de l'été, qui dessèchent les rivières, sont souvent insupportables; I hiver est la saison des pluies et des orages; mais l'automne et le
printemps rivalisent par les dons qu'ils répandent jusqu'aux extrémités de la Morée. Près des rives du Topolias ou Copaïs^ grand lac alimenté par le Mavro-Potamos ou le Cèphise et d'autres rivières, et remarquable par le gouffre appelé Katavotron, qui sert d'écoulement à ses eaux , la garance est une des plantes qui réussissent le mieux. Les terrains qui s'inclinent vers le golfe de Lépante et celui d'Eglne sont favorables à la culture de l'orge, et produisent des oliviers qui fournissent la meilleure huile de la Grèce; mais quelquefois ces arbres souffrent des brumes épaisses qui s'élèvent de l'Archipel. La Corinthie et l'Arcalldie se couvrent de pâturages et de champs d'orge ; la première de ces deux petites contrées peut toujours vanter ses raisins sans pépins ; la seconde, ses troupeaux ; Athènes , son huile et ses olives; Argos, ses cotons estimés. Le mont Hymète est toujours habité par ces précieux essaims' qui distillent un miel d'un parfum exquis et d'une transparence admirable.
Le climat de la Grèce, de tout temps si vanté, offre, comme dans le midi de l'Europe, la variété de nos saisons, mais avec des nuances différentes. L'approche du printemps s'annonce dès le mois de janvier, par la floraison des amandiers; en février il tombe beaucoup de pluie, quelquefois de la neige, mais le soleil a beaucoup de force, et la chaleur commence à se faire sentir; c'est en mars que le printemps est dans toute sa beauté, et que les prairies se parent de mille fleurs , qui durent ou se succèdent jusqu'à la fin d'avril. Le mois de mai voit paraître l'été : c'est alors que les vergers sont dans toute leur beauté ; en juin , on s'occupe de la récolte des céréales ; en juillet les épis sont mis sous les pieds des chevaux et des buffles pour en faire sortir le graih : vers cette époque commence une longue sécheresse qui tarit les sources et les ruisseaux, et qui dessèche toutes les plantes; ce mois est le plus chaud de toute l'année. Vers la
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moitié de septembre commencent lés vendanges. C'est en octobre que tombent les premières pluies, mais avec quelques interruptions^ les derniers beaux jours de l'année sont en novembre ; en décembre les pluies deviennent presque continuelles, les rivières et les ruisseaux débordent, et les travaux des champs cessent complètement. Cet état dure quatre à six semaines, pendant lesquelles les orages se succèdent continuellement : c'est le fort de l'hiver. La neige tombe aussi quelquefois en abondance , mais elle ne persiste que sur le sommet des monts; le froid est rarement rigoureux.
Les chaleurs de l'été sont quelquefois assez fortes pour faire monter le thermomètre centigrade à 34 et même à 4o degrés.
Malgré la douceur et la beauté du climat, la Grèce n'est pas une contrée généralement saine. Il faut en excepter l'Attique dont la salubrité est attestée par la longévité des habitans, et dont les marais situés dans les champs de Marathon ont été récemment défrichés par les soins du gouvernement. Plusieurs cantons attendent le même bienfait. C'est à l'influence des terrains humides que certaines provinces doivent leur insalubrité : la Béotie, les environs de Corinthe et les plaines voisines de la mer en fournissent la preuve.
Du haut du Parnasse, antique séjour d'Apollon et des Muses, nous pouvons contempler la fertile Livadie et les côtes septentrionales de la Morée. Au fond d'une baie, à l'entrée du golfe de Lépante , qui prend d'abord le nom de Patras, jetons un regard sur les tristes remparts de Missolonglii^ que le courage de ses habitans rendit si funestes à l'armée turco-égyptienne qui s'en empara en 1826, après un siège de près d'une année qui lui coûta une perte de 1 3,000 hommes. Plus près, Lépante.^ l'antique Naupactiis ^ occupe sur le bord du golfe le penchant d'une colline. C'est le siège d'un archevêché. Elle est petite, mais fortifiée. A
la base septentrionale de l'Hélicon , près de l'antre de Trophonius , célèbre par l'oracle qui s'y rendait , l'industrieuse ville de Lwadie donne son nom à la contrée. Ses environs se ressentent des exhalaisons malsaines du lac Copaïs. Cette cité, naguère importante par son commerce, n'a point encore réparé les ravages causés par la dernière guerre.
Quittons ce pays si riche en souvenirs antiques , où des voyageuvs modernes ont cru retrouver les eaux de Léthé et celles de Mnémos/ne , et traversons la Béotie et i'Attique.
Thèbes ou Thwa ne se compose que de quelques centaines de maisons et de chaumières; les ruines de la ville antique qui ne consistent plus qu'en rares inscriptions, garnissent les flancs d'une petite colline.
Athènes^ dont les derniers désastres ont achevé de ruiner les précieux monumens, a changé complètement depuis la régénération de la Grèce. L'Acropolis frappe toujours les regards; mais sur le rocher qui domine l'ancienne et la nouvelle ville, il ne reste que des débris de ce célèbre Parthénon, noble temple consacré à Minerve, belle conception de Périclès, chef-d'œuvre de Phidias, que le barbare amour de lord Elgin pour les arts a plus endommagé que l'aveugle ignorance des Turcs. Sur le roc que dominent les restes de i'Acropolis, Cécrops et Thésée réunirent les premiers habitans de I'Attique; ces vieilles murailles furent relevées par Thémistocle après la victoire qu'il remporta à Salamine.
C'est aujourd'hui qu'Athènes n'est plus reconnaissabîe : non loin de I'Acropolis et du Parthénon s'est élevée une ville toute moderne , dont les principales rues sont décorées d'édifices qui portent l'empreinte de la civilisation européenne. Déjà des voitures omnibus y circulent. L'une de ces rues, celle qui porte le nom de Mac-Adam, conduit au Plrée^ port qui perdra probablement son nom moderne de PortO'Leone, et qui acquerra une nouvelle im-
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portance par sa communication avec Athènes au moyen d'un chemin de fer que l'on construit et qui permettra de parcourir en un quart d'heure les 2 lieues qui séparent ces deux villes.
Les monumens antiques de cette célèbre citéont bea ucoup souffert dans la dernière lutte des Grecs contre leurs oppresseurs : cependant , outre les deux édifices que nous venons de nommer, on voit encore le temple de Thésée, dont on. admire l'étonnante solidité, le monument de Lysicrate, plus connu sous le nom de Lanterne de Démosthène; les restes du temple de Jupiter Olympien , de celui de la Victoire, de rOdéon, du théâtre de Bacchus, du Prytanée, de l'Aréopage, et de plusieurs autres constructions qu'il serait trop long de nommer. Athènes est aujourd'hui une ville de 40,000 âmes. Dans ses environs on a consacré, le 3 mai i835 , au pied du mont Phalère , un monument à la mémoire du général Karaïskaki , l'un des héros morts dans la campagne de 1837.
A l'extrémité de l'isthme qui forme le fond des deux golfes de Lépante et d'Égine, Corinthe^ ruinée pendant l'insurrection, renferme environ i5,ooo habitans. Peu de villes offrent une position aussi belle et aussi favorable au commerce; sa vaste et forte citadelle s'élève majestueuseraent et commande toujours l'entrée du Péloponèse ou de la Morée ^ c'est-à-dire le pays maritime^ nom qui fut donné à la Péninsule grecque par les peuples slaves qui y pénétrèrent au temps de l'empire de Byzance. Plusieurs portions de murailles de la vieille forteresse de Corinthe sont de construction cyclopéenne.
Le village de Colonna est tout ce qui reste de l'ancienne ville de JSémée, Sur la côte orientale de l'isthme de Corinthe, Mégare peuplée de 12,000 âmes, avant qu'elle ait été détruite par les Grecs eux-mêmes pendant la dernière guerre, n'en compte pas plus de 2000 aujourdhui.
Si nous suivons la côte de l'Achaïe vers l'ouest, nous verrons d'abord la petite ville de F^ôstitza, l'antique Mgiam^ avec un port assez commerçant; puis Patras qui fut entièrement détruite dans la dernière guerre, et qui, grâce à Tinfluence des Français, rebâtie sur un nouveau plan , est déjà une jolie ville de 7000 habitans. Sa position avantageuse pour le commerce doit en faire un jour une place importante.
Sur le bord d'un golfe auquel elle donne son nom , l'ancienne Nauplia aujourd'hui Nauplie ou Napoli de Romanie, peuplée de 10,000 âmes, est la capitale de la Grèce et possède maintenant un port assez important, quoiqu'il n'offre aux gros vaisseaux qu'un mouillage éloigné de plus d'une lieue de ses remparts. Le fort d'Isckkaléet celui de Palamède, dont la construction date de la plus haute antiquité , forment sa principale défense. Ce dernier, qui fut reconstruit par les Vénitiens, a reçu le surnom de Gibraltar de la Grèce. Il cou-' ronne le rocher de Palamède, et l'on y monte par 5oo marches sous un chemin couvert taillé dans le roc. On a dans ces dernières années bâti dans cette ville une belle caserne, un palais pour le chef du gouvernement, plusieurs habitations élégantes, et fondé une école militaire. À huit lieues à l'est, Damalajiprès d'une baie qui dépend du golfe d'Egîne ou d'Athènes, est un village voisin des ruines de l'antique Trézène.
Au fond du golfe de Nauplie, on voit .^rgo ou Ârgos, qui n'a conservé de son antique splendeur qu'un théâtre et une forteresse construite sur un pic tellement escarpé que , dans le système actuel de défense j il ne peut être utilisé. Avant Tinsurrection, elle formait un énorme village de 6000 âmes : aujourd'hui elle n'a plus que 2000 habitans. Ses jardins sont remarquables par leur fertilité. A quelques lieues au nord-est d'Argos, le petit village de Kari^athy est intéressant par les ruines de l'antique Mycènes que l'on voit dans son voisinage, et qui offrent encore des constructions
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antérieures au siège de Troie. Près de remplacement de cette ville qui fut détruite 5 à 6 siècles avant notre ère, il existe un monument remarquable qui porte le nom de tombeau d'Agamemnon : c'est une vaste grotte dont l'entrée est ornée d'une imposante architrave. A 11 lieues au sud d'Argos, Monembasie ou Napoli de Malvoisie^ qui fait le commerce de vins, est défendue par une forteresse qui domine sa grande rade : cette ville est bâtie sur une petite île appelée par les anciens Minoa qui est unie au continent par un pont de 12 arches.
Armjros , le seul mouillage un peu tenable sur la côte du Magne ou Maina^ P^^Ji» q'ji occupe l'étroite presqu'île comprise entrele golfe àiQ,^ovoxi{SinusMesseniacus)^<à\Q,e\\\\ de Kolokythia (Sinus Laconicus^j^ est célèbre par la courageuse résistance des Maïnotes , qui arrêtèrent en 1827 toutes les forces d'Ibrahim-Pacha. Sa prospérité croissante était attestée, au commencement de i83o, par un grand nombre d'habitations élégantes et plus commodes que celles du reste de la Morée. Au fond du golfe de Laconie, Marathonisi est l'antique Gythiiun^ le port des flottes Spartiates. Les Turcs n'y pénétrèrent jamais ; et sous le gouvernement despotique et paternel de l'illustre famille des Dzanettaki, ce bourg est devenu florissant. Il possède un port commode. Son sol montueux, mais entrecoupé de belles plaines , produit tout ce qui est nécessaire à la vie : on y cultive en grand le coton et le chêne velani, dont la cupule ou l'enveloppe du gland, connue sous le nom de velanede^ remplace la noix de galle dans le commerce.
Après avoir doublé le cap Matapan qui forme l'extrémité du Magne, on aperçoit Coron, qui donne son nom à un golfe vaste et profond, et dont le port n'offre aux navires qu'un incommode abri contre les vents du sud. Sur la côte occidentale de la Morée , Modon a vu les Grecs incendier en 1825 une flotte turque retirée dans sa rade, comme
Navarin^ le seul port militaire de la Morée, vit brûler, le 19 octobre 1827, par les puis^an^es alliées, les vaisseaux turco-égyptiens. Cette place, qui est l'antique Coryphasium ou Pjlos^ venait d'acquérir une nouvelle importance par la construction d'une forteresse imposante, lorsque ce monument de la protection de la France fut détruit par la foudre dans la nuit du 18 au 19 novembre 1829. La poudrière sauta et fît périr une partie de la garnison française. Calaniata^ au fond du golfe de Messénie ou de Coron, dominée par les ruines d'un vieux château vénitien,- est située au pied de coteaux fleuris, et entourée de champs couverts d'oliviers. Bourg d'environ 3ooo âmes, il fut totalement détruit pendant les longs désastres de l'insurrection 5 mais vers la fin de 1829, sa position favorable y avait dt^à rappelé plus de i5oo habilans. Nysi^ à deux lieues à l'ouest sur le Pamlsus, au centre d'une plaine magnifique mais malsaine, avait été anéantie : la fertilité de son sol en a fait le séjour de plus de 800 familles. Arcadia^ l'antique Cyparissa^, située sur le bord d'un golfe, est le chef-lieu d'un nome ou d'une préfecture. Ruinée par la guerre, ses 1200 feux ont été réduits à 000.
Dans l'intérieur du Péloponèse, Mistm ou Misitra, à deux lieues de l'Eurotas ou du Vasili-Potamos ^ et à une heure de marche de l'antique Sparte, est aujourd'hui le chef-lieu du département de Laconie. Non loin de son enceinte, s'élève le mont Pentadaktylon ou l'ancien Taygète. Détruite pendant la dernière guerre, sa population se trouva réduite de 20,000 à i5oo âmes; aujourd'hui elle a plus de 3ooo habitans. Cariûne^ presque au centre de la Péninsule, mérite d'être citée comme le lieu où commença la révolution de Morée. Colocotroni en avait fait une forteresse redoutable; mais brûlée trois fois par Ibrahim-Pacha, elle n'a plus que 7 à 800 habitans. Tripolitza occupe un des plateaux les plus élevés de la Morée : les restes de
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ses édifices modernes s'élèvent comme des ruines antiques au milieu des cabanes que sa population décimée par la guerre a récemment construites. Elle avait plus de i5,ooo babitans lorsqu'elle étaif la résidence du pacha de Morée. On voit dans ses environs les ruines de Tégée. Le village de Miraca est situé près des reslesMe l'antique Olympie. Celui de Pœlœopoli, non loin de Tripolitza, possède quelques restes de Mantinée , célèbre par la victoire d'Epaminondas. Mavromathi occupe la place de Messène que fonda ce héros. Enfin le Méga-Spîléon , couvent taillé en partie dans un rocher, le sombre lac de Stymphale ^ et bien d'autres objets mémorables, que le plan de ce Précis ne nous permet pas de citer, remplissent l'intérieur de cette superbe péninsule, dont les produits en blé, en orge, en raisin de Corinthe, en figues, en vin, en huile, en coton, en sole, et vingt autres articles, étaient évalués i5 millions de piastres (0 avant la dernière guerre.
Ne quittons point la Grèce continentale sans dire un mot de ses babitans, dont les vertus ont été trop vantées par d'aveugles enthousiastes, et les vices exagérés par d'injustes détracteurs. Un peuple abruti par l'ignorance et l'esclavage ne se régénère pas en quelques années.
« Les Grecs ont malheureusement conservé de leurs pères la vanité , l'inconstance, et peut-être aussi la mauvaise foi : mais la nature ne leur refuse pas les dons de l'esprit; ils naissent encore orateurs et poètes ; le défaut seul d'instruction étouffe leurs talens. Le sarcasme et la raillerie sont encore, comme chez les anciens Grecs, les principaux ornemens du discours. Au milieu des objets les plus sérieux, un geste, une parole, une frivolité, suffisent pour leur faire oublier les affaires les plus importantes. Les Mordîtes paraissent moins frivoles que les citadins de la Romélie,
; (') De Pouqueville , t. V, 23, 48; etc.
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et plus faits pour devenir un peuple libre sous une bonne discipline. Les Athéniens ont conserve quelques traces de leur ancienne politesse. L'idiome y est plus doux que partout ailleurs: il y a quelque chose de ptus animé dans les sons, de plus précis dans l'expression. Les Athéniennes d'aujourd'hui ne le cèdent en rien à celles d'autrefois : la forme ovale de leur figure ; la ligne droite et régulière qui en dessine le profil, la pureté du contour, les yeux à fleur de tête, grands, noirs et vifs, le front petit, les lèvres vermeilles et l'inférîeure un peu renflée , les sourcis fins et bien arqués, la gorge ronde, la taille légère, les mains petites ainsi que les pieds; enfin un ensemble qui plaît, intéresse et enchante, soit qu'elles se meuvent languissamment dans la mélancolique danse cV Ariadne^ soit que la volupté les entraîne dans les tourbillons de la Romeïka. Leur costume a conservé quelques traces de l'antique. La tunique blanche et transparente qui caresse leur taille, à partir de leur gorge jusqu'en bas, le manteau de drap d'or ou de soie qui couvre leurs bras et tombe avec grâce sur leurs épaules, un mouchoir fin dont elles entourent leur tête négligemment, et sur lequel s'entrelacent en petites tresses leurs beaux cheveux noirs, tout cela fait un effet charmant et admirable. Mais une ceinture grossière et mal placée, mais .des culottes d'étoffes rouges, mais un lourd manteau turc, désenchantent notre imagination et nous rappellent l'empire de la barbarie.
« Les Grecs conservent, avec leur foi, leur Eglise et leur clergé. Mais leur Eglise est opprimée à Constantinople , et les dignités qui en dépendent sont ouvertement vendues par les Turcs. Les ecclésiastiques séculiers occupent les places de lecteur, de chantre, de diacre, de prêtre et d'archiprêtre ; ils ne dépassent jamais ce dernier grade. C'est parmi les moines que s'élisent les évêques , les métropolitains, les archevêques et les patriarches. Les prêtres et autres desservans
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peuvent se marier, mais seulement avant leur ordination , une seule fois , et à une vierge. Le clergé grec a fourni pendant la dernière guerre des martyrs à la cause de la religion et de la liberté; puisse-t-il se mettre à la tête de la partie de la nation qui désire des connaissances !
« Les Grecs font cinq carêmes tous les ans, pendant lesquels ils ne peuvent prendre d'autre nourriture que des poissons secs ou salés, assaisonnés seulement avec de l'huile d'olive; c'est ainsi qu'ils observent tous les vendredis de Tannée, et avec tant de rigueur, qu'ils pardonnent plus volontiers à celui qui vole ou qui assassine, qu'à celui qui enfreint le carême ou îe vendredi. Une faible partie des Grecs s'est laissé entraîner à une sorte de réunion avec l'Église romaine 5 en conséquence, ils reconnaissent le pape pour chef spirituel, en retenant néanmoins le mariage des prêtres et les rites de l'Église d'Orient : cette dissidence , soigneusement entretenue par la vanité des rois catholiques, a révolté l'esprit national de la Grèce, presque sans fruit pour l'Église romaine.
« Une tribu des paysans de Laconie, réfugiés dans les monts Taygètes , a toujours conservé sous le joug des Turcs une ombre de la liberté si chère à leurs ancêtres. Les Maïnotes^ accoutumés dès l'enfance à manier les armes , étaient toujours prêts à s'aller mesurer avec les Turcs, dont le nom seul les met en fureur : leur courage, qui dégénère souvent en témérité, prend encore de la force d'une connaissance parfaite des positions avantageuses de leurs défilés. Souvent des dissensions ensanglantent leurs chaumières : implacables dans leurs haines et dans leurs vengeances, ils n'abjurent les unes et les autres qu'à la voix des vieillards les plus, respectables du canton. Les avis de ces vieillards sont des oracles. C'est devant eux que l'on règle dans des synodes les dépenses communes, et que l'on détermine les mesures de sûreté et de conservation pour le pays. Ces me-
sures, concertées dans les réunions des capitaines, sont adressées à un chef qui les met à exécution. Ce chef ou bey, simulacre de puissance, recevait autrefois une investiture du gouvernement turc, lorsque les Maïnoteslui avaient déféré le commandement.Ce peuple, qui a bravé si long-temps les forces ottomanes, est peu nombreux. On n'estime la population du pays qu'à 60,000 âmes, dans lesquelles on ne compte que i5,ooo hoinmes faits. Les productions de co petit pays et les principaux objets de son commerce, sont rhuile, la vallonée, le seigle, le miel, la cire, la noix de galle, le^ coton, le kermès, les cuirs bruts et les laines. L'agriculture a fait depuis quelque temps de très-grands progrès. Les cantons du nord se fertilisent insensiblement; les ports du Magne, capables de recevoir les plus gros vaisseaux, sont destinés à acquérir uu jour un haut degré de splendeur. »
Sobres, courageux et amis de la liberté, comme les Spartiates dont ils descendent (0, ils ont puissamment contribué à la conquête de l'indépendance de la Grèce. Les Turcs n'ont jamais pénétré dans leurs montagnes.
« Les Caco^>ouniotes ^ pirates sanguinaires, qui demeurent vers le cap Matapan, ne doivent pas être confondus avec les Maïnotes. Ennemis du genre humain, ils ne respirent que le pillage et le meurtre. On en dit autant des Baniotes qui demeurent dans l'intérieur.
«Nous allons nous lancer sur cette mer semée d'îles, où mille canaux resplendissans réfléchissent l'image des rochers blanchâtres, des coteaux verdoyans, des noirs écueils, et des vignobles qui s'élèvent en terrasses. C'est encore le riant coup d'œil chanté par Virgile; mais Horace
(0 La commission scientifique de Morée a reconnu que les Maïnotes sont les descendans des Spartiates. Nous devons au président de cette commission plusieurs des renseignemens que nous donnoîis sur la Grèce
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aujourd'hui avertirait son vaisseau de craindre plutôt les pirates que les vents ou les écueils. »
Ces îles étaient divisées par les anciens en Cyclades et en Sporacles. La plus septentrionale des premières est Andros , la plus méridionale Santorin , la plus occidentale Milo, et la plus orientale Naxia. Quant aux Sporades, les principales sont Egine, Paros,, Psara, Skyro et Skopelo.
Les Cyclades, comme l'indique leur nom, se groupent en cercle autour de Paros. La plus considérable est Naxia ^ l'antique Naxos , parsemée de montagnes dont la base, granitique et schisteuse, supporte de beaux marbres blancs, et qui donnent naissance à des sources nombreuses, rafraîchissant un sol fertile (i). Un bon port faciliterait l'exportation de ses produits. Ell.e renferme environ 10,000 habitans, et Naxia, .sa seule ville, en compte /{ooo. «Les produits de l'île sont les vins, le blé, l'orge, l'huile, les oranges, citrons, pêches et figues, le fromage, qu'elle exporte à Constantinople, le coton, le miel et la cire. La récolte des vins fut si abondante une année, qu'on fut obligé d'en verser dans la citerne des Capucines (2). «
En voguant au sud-est de Naxos, Amorgo ^ dépourvue de bois, nous montre ses vignobles, et son monastère, auquel on ne parvient qu'au moyen d'échelles; Stampalia déploie ses riches vergers. -Le cèdre, le genévrier et le pistachier lentisque couvrent les rochers de ces deux îks, qui manquent de ports. Namphi ou Anaphi abonde en ognons et en perdrix. On y voit encore les restes d'un temple d'Apollon.
Plus à l'ouest, nous retrouvons Santorin., dont le volcan nous a déjà occupé. Loin d'être un amas de pierres ponces, l'ancienne Théra est une île fertile en orge, en vin
') y'ourncfort , t. I, p. 21.^. Olivier, t. I, p. Si 3. n/loi'on, MS. Voyez Annales des Voyages , II, p.
fort spiritueux, qui a la couleur de celui du Pihin; en coton que l'on ne replante pas tous les ans comme dans les autres îles : il y croît aussi quelque peu de froment. Les liabitans, au nombre de 10,000, sont tous Grecs.
Une excursion au nord nous mène à Paros^ célèbre par ses marbres; elle a 2000 habitans, un sol aride que la rosée fertilise, mais le meilleur port de l'Archipel. Le marbre sert maintenant à faire des mortiers et des salières. C'est parmi les antiques ruines que renferme cette île qu'ont été découvertes les célèbres inscriptions dites marbres (V Arundel que l'on conserve aujourd'hui à Oxford, en Angleterre. JSio, l'antique los^ possède des ports commodes et des pilotes habiles. On croit que c'est sur son sol qu'Homère expira. Skino donne le meilleur froment de l'Archipel. Son ancien nom de Sicinos lui vient de ses excellentes figues qu'on y cultive encore.
Nous avons parlé des grottes trop vantées Antiparos^ de Polycandro, dont les rochers ont un aspect effrayant, ainsi que des volcans de Milo ^ dont un est encore en activité, et qui entourent la base calcaire du mont Saint-Elie. Cette île malsaine abonde en froment, coton, melons et coloquintes; elle a im excellent port, qui offre à son entrée des rochers basaltiques. Les galeries souterraines de Milo paraissent être,, suivant un voyageur, les restes d'un ancien labyrinthe (i). Cependant d'autres les regardent comme des catacombes. Cette île est d'ailleurs remplie d'antiquités: on y voit des murailles cyclopéennes , un amphithéâtre qui ne fut jamais achevé, et les restes d'un temple. C'est sur son sol que l'on découvrit la Vénus dite de Milo que l'on voit à Paris dans les galeries du Louvre. Milo, dont les bains chauds étaient autrefois fréquentés, renferme 7 à 8000 habitans; la ville du même nom, située
(0 ///<?, Nouvelles A nî.a]cs des Voyages, t. XWII, p. 1^5.
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dans sa partie orientale, en a près de 5ooo. Kimoli^ ou l'antique Cftnolos^ qui doit le nom de ï Argentih^e à ses mines d'argent, ne produit guère qu'une argile particulière appelée cimolithe.
En tournant vers l'Attique, nous laisserons à la droite la salubre Siphno ou Siphanto, qui, riche de ses fruits , néglige ses mines, mais qui fabrique des chapeaux de paille; Seripho, où la tête de Méduse, disait -on, avait pétrifié tout, jusqu'aux liabitans, et qui ne dément pas la mythologie (i), puisqu'elle est hérissée de rochers, et que les minerais de fer s'y montrent à la surfaçe du sol. Elle est célèbre aussi dans la fable pour avoir été la prison de Danaé. Thermîa, l'ancienne Cythnos, ne manque ni de sources chaudes, ni de figues, ni d'orge; elle renferme 6000 liabitans, 3 villages et i bourg où réside un évêque, grec. Enfin, Zéa^ que les anciens nommaient Cea ou Ceos ^ diminuée par des tremblemens de terre, a encore un port excellent. Elle a 34 églises, 5 couvens et 5ooo habitans. Son chef-lieu , du même nom , est bâti sur d'énormes murailles, et compte 3ooo âmes. Cette île, qui déjà avait fourni à l'histoire la chronicpie de Paros^ a encore offert à un voyageur danois une ample récolte de monumens intéressans (2). »
C'est sur les côtes mêmes de la Grèce que nous trouvons Colouri, que l'histoire appellera éternellement Salamine. Cette Enghia ou Egine, aujourd'hui peuplée de pigeons, et qui jadis faisait ombrage aux Athéniens, est garnie de rochers inaccessibles, dépourvue de bois et de ruisseaux; mais elle a 3 ou ^000 habitans, une petite ville du même nom, avec un bon port, un grand nombre d'antiquités , et plusieurs établissemens philanthropiques
0 Tacit., Annales, IV, c. xxi. Tourne/on , I, p. 179. Brondsted , Voyage on Grèce , i'^ liyr. VIÏ.
et littéraires qui y furent fondés pendant la dernière guerre, lorsque le gouvernement grec y était établi.
Hydra^ XAristera des anciens, et le Tchamlidjah des Turcs, est la demeure d'une peuplade industrieuse, commerçante et libre, qui a souvent fait trembler Constantinople, et qui a combattu au premier rang contre la tyrannie musulmane. Elle compte environ 3o,ooo habitans, la plupart réunis dans la ville du même nom, l'une des plus jolies de la Grèce. On trouve dans cette cité des rues propres et pavées, de beaux quais, des égUses bien bâties, une belle bourse, un y)llége, des écoles de commerce et de navigation. iSjpe^z/a, l'antique Tipareiius, ejt voisine d'Hydra, dont elle n'est qu'un diminutif. La ville qu'elle renferme est petite et compte environ 3ooo âmes.
Si nous partons de Naxos pour aller au nord, nous découvrons M/coni, jadis M/conos, peuplée de 4^oo navigateurs ou pirates. L'humide et froide S/ra ne laisse pas d'être fertile en blé, en orge, en figues et en coton. Pendant l'insurrection des Grecs, la stricte neutralité qu'elle observa, porta sa population de 5ooo âmes à 4^,000, Her^ mopolis ou la Nouvelle-Syra^ sa principale ville, renferme encore, suivant des renseignemens récens, 3o,ooo habitans. Entre ces îles , Délos élance son stérile sommet , couronné du mont Cynthus, qui n'est qu'un bloc de granité. Cette île rassemblait jadis la Grèce aux fêtes brillantes d'Apollon; elle n'est aujourd'hui habitée que par des lapins et quelques bergers. On y voit encore quelques débris de son temple de Diane et d'Apollon , et du portique de Philippe le Macédonien. Tme, l'antique Tenos ^ une des îles les plus agréables, produit de la soie, des figues, des oranges, du vin, mais pas assez de blé pour ses habitans, dont on a prétendu estimer le nombre à 29,000, tandis qu'on n'en donne que 12,000 à l'île ^Andros^ singulièrement fertile en soie et en fruits, et dont les
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montasrnes riches en sources sont couvertes d'arbousiers, « Le détroit nommé Bocca Silota, où périt la flotte des Grecs en retournant de Troie, sépare les Cyclades de la grande île de Negroponte ou à'Egripo. C'est l'ancienne Eubée. Elle abonde encore en bétail, blé, vin et fruits; l'olivier y réussit, et ses forêts, riches en bois de construction, embrassent encore de charmantes et solitaires vallées, comme du temps de Dion Chrysostome(i). Nous avons parlé des mouvemens irréguliers de \Euripe, détroit qui sépare l'île du continent voisin; un pont les a rejoints. C'est à ce même endroit qu'est située la ville de Negroponte ou d^Egripo^ place forte, une des clefs de la Grèce, et peuplée de 16,000 habitans.
« Dans la partie septentrionale de l'Archipel, les îles sont plus éparses. C'est Scyros ou Skyra, riche en marbre; Scopélo^ qui donne des vins estimés; Skiatho^ avec une vaste et bonne rade (2), et une petite ville du même nom, située sur un rocher où l'on ne peut arriver que par un pont de bois, position que les habitans ont choisie pour se mettre à l'abri des pirates. Sarakina^ l'ancienne Peparethos, où les moines d'Athos font encore exploiter cet excellent vin que vantait l'antiquité P).»
Dès le mois de décembre 1821, un congrès national s'assembla à Argos et rédigea une constitution pour la Morée , une partie de l'Epire et les îles qui venaient de secouer le joug des Turcs. D'après cet acte le gouvernement grec se composait d'un conseil exécutif de 5 membres et d'un sénat. En 1827, un nouvelle constitution, promulguée à Trézène, déclara la souveraineté du peuple, l'égalité de tous les Grecs devant la loi et la liberté des cultes. Le gouvernement se composa d'un président élu pour 7 ans, et d'un
(')Z)ic» Chrysost. , Inorat. Eub. — (*) Annales des Voyages , X, p. 219, 0) f^illoison, Annales des Voyages, II, iS-^.
sénat dont les membres étaient choisis pour 3 ans par le peuple. Malgré le caractère démocratique de ces deux constitutions, la France, l'Angleterre et la Russie arrêtèrent, en i83o, que la Grèce formerait une monarchie héréditaire, et le choix du nouveau roi tomba sur un prince catholique, le prince Frédéric-Othon de Bavière, qui fut placé sous la direction d'une régence, jusqu'au i^^ juin i834} époque à laquelle il atteignit sa 20^ année, âge fixé pour sa majorité. L'ordre de succession au trône fut déterminé par les représentans des trois grandes puissances, le 3o avril i833 (0.
D'après une ordonnance du 7 avril de la même année, le royaume de Grèce est divisé en 10 nomes ou départemens, lesquels sont subdivisés en éparchies ou districts, et ceux-ci en demen ou communes. Chacune de ces divisions est administrée par un conseil que préside un magistrat appelé nomarque i^oxxT les nomes, éparque pour les éparchies, et démogéî'onte ^ouT les demen. La justice est rendue par des justices de paix , des tribunaux d'éparchies et des
(0 « La succession à la couronne et la dignité royale en Grèce, dans « la branche du prince Othon de Bavière , roi de la Grèce , comme dans <( les branches de ses frères puinés les princes Luispold et Adalbert de <( Bavière , lesquelles ont été éventuellement substituées à la branche dutlit '( Othon de Bavière, par l'art. 8 de la convention de Londres, du in mai « 1882 , aura lieu de mâle en mâle , par ordre de primogéniture.
(f Les femmes ne sont habiles à succéder à la couronne grecque que dans <f le cas d'extinction totale des héritiers légitimes mâles dans toutes les (c trois branches de la maison de Bavière ci-dessus désignées ; et il est <f entendu qiie, dans ce cas, la couronne et la dignité royale, en Grèce, « passeront à la princesse et aux descendans légitimes de la princesse « qui, dans Tordre de sa succession, se trouvera être la plus rapprochée « du dernier roi de la Grèce.
ff Si la couronne grecque vient à passer sur la tête d'une femme, les « descendans légitimes mâles de celle-ci obtiendront, à leur tour, la « préférence sur les femmes, et monteront sur le tiône de la Grèce par « ordre de primogéniture. Dans aucun cas la couronne grecque ne pourra « être réunie sur la même têîe avec la couronne d'un pays étranger.
EUROPE : lies Ioniennes, 869 \
cours d'appel. Une cour suprême siège à Nauplie. Trois ^
cours criminelles résident à Thèbes pour la Hellade et l'île '
de Salamine , à Missolonghi pour l'Achaïe et l'Élide , et à 1
Nauplie pour le reste du royaume. ^
La population du nouvel État grec , bien qu'imparfaite- \
ment connue, se compose de plus de 600,000 à 700,000 j
individus; mais son sol peut en nourrir environ 3,ooo,ooo. •
Le revenu ne s'élevait, en i836, qu'à la valeur de 1 1,000,000 \
de francs , et les dépenses excèdent cette somme de près j
de 3,000,000 : aussi l'Etat a-t-il eu déjà recours à la voie '\
des emprunts. L'armée de terre se compose de 10,000 |
hommes de troupes régulières, et la marine de i3i voiles. !
« Nous avons parcouru l'Archipel; quelques autres îles i se rattachent encore au continent de la Grèce; ce sont celles qu'on a réunies dans un Etat particulier protégé par ! l'Angleterre, sous le nom République des îles Ioniennes. ] Dût la statistique allemande nous foudroyer de ses censu- j res pédantesques, nous décrirons ici, comme à la place la i plus naturelle, cette partie de la Grèce, depuis long-temps | soustraite au joug ottoman par les Vénitiens, et passée ensuite par les mains des Français et des Russes. \
« Placées à l'ouest de la Grèce, sous l'influence des zé- |
phyrs doux et pluvieux , ces îles jouissent d'un long prin- I temps et d'étés modérés. Les vents y amènent des clian«
gemens subits. Le sol est généralement rocailleux et aride ; I
mais où il se trouve un peu de terre , les oliviers , les \
citronniers, les orangers, les figuiers y étalent, sans in- j
terruption, leurs fruits, leurs fleurs et leur feuillage. On I
fait dans plusieurs endroits la vendange quatre fois l'année, |
et on cueille des roses et des giroflées en abondance au :
cœur de l'hiver. i
« Corfou est la principale et la plus importante de ces j
îles : elle est traversée par une chaîne de montagnes qui i
S étend du nord au midi, et dont le sommet nommé San- Stéphano, ne dépasse guère i4oo pieds. Elle a environ 70 milles de long sur 3o milles de large, et renferme au-delà de 70,000 habitans. Nulle part l'olivier ne devient plus beau , mais l'huile est acre. Cette île fut long-temps considérée comme le boulevard de l'Italie contre les musulmans. Sa capitale, Corfou^ présente encore un système formidable de fortifications, dû presque en totalité aux Français : c'est le seul point important de ces îles. » Cette ville a 16,000 habitans; elle se compose de trois parties distinctes : la ville, la citadelle et les faubourgs. Ses principaux édifices sont le palais du gouverneur, et les églises de Saint-Spiridion et de Marie Spiliotissa. Elle possède plusieurs établissemens utiles , tels qu'une université , un collège , une bibliothèque publique et une société d'agriculture. L'île de Corfou n'est séparée de l'Épire que par un canal de 2 milles, dont une partie forme un port sûr et commode. Toute la' campagne de Corfou est habitée par des Grecs; il y a des familles italiennes dans la ville.
« La petite île de Paxo^ dépourvue d'eau de source, n'ayant ni blé ni pâturages , mais fertile en huile et vin , contient 6 à 7000 habitans grecs.
« L'île de Sainte-Maure^ appelée aussi du nom ancien de Leucade^ a 3o milles de long, 16 milles de large, et 22,000 habitans grecs. Cette île produit du sel en abondance. On prétend qu'elle a été liée au continent par un isthme que les Corinthiens coupèrent. Elle n'y communique plus aujourd'hui que par un banc de sable et des ponts de bois. Sa capitale, Amaxichi, contient, dit-on, environ 6000 âmes. On y remarque un aqueduc de 870 arches, construit à la façon des Romains, qui traverse la mer et s'appuie d'un côté sur la forteresse de Santa-Maura^ bâtie sur le banc de sable qui attache 1 île au continent, et de l'autre sur la
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ville d'Amaxichi; mais le tremblement de terre du 19 janvier 1825 l'a détruit. «
On a découvert dans cette île les débris de son célèbre temple d'Apollon , et Ton y remarque encore le rocher de Leucade, aujourd'hui Ducato, d'où les amans malheureux s'élançaient dans la mer.
« Céphalonie, quoique, pohtiquement parlant, moins importante que Corfou, est d'une étendue plus considérable. Sa circonférence est d'environ 170 milles. Le nombre de ses habitans est évahié de 60 à 70,000. C'est une peuplade bien courageuse, bien intelligente, mais vindicative et peu scrupuleuse sur les moyens de gagner; elle a produit plus d'un Ulysse.
« 11 y a un port excellent qui s'étend entre les deux petites villes Argostoli et Lixouri^ qui contient quelquefois jusqu'à i5o voiles marchandes. Céphalonie a un sol trèsmontueux , mais fertile en raisins , huile et vins. Le sommet du mont Ainos s'élève à 4ooo pieds. Argostoli est la résidence d'un évêque grec; elle a 5ooo habitans et un collège.
« Près de là est l'île de Theaki^ qu'on présume être l'ancienne Ithaque; elle est nommée aussi petite Céphalonie : elle a 5o milles de tour,* une petite ville appelée Vathi^ quelques villages, et 7 à 8000 habitans.» Dans le voisinage de Vathi, remarquable par le beau port de Squinosa.^ on découvre au pied d'une montagne et sous le château d'Ulysse près de 200 tombeaux, d'où l'on a retiré un grand nombre de figurines antiques et de bijoux en or.
« Zante., la plus grande de ces îles, après Corfou et Céphalonie, et qui n'est éloignée que de 12 milles de cette dernière, a environ 24 milles de long sur 19 de large, et renferme presque 4o,ooo Grecs, qui, plus que dans les au 1res, ont conservé les mœurs et costumes antiques de leurs célèbres ancêtres ; mais que na-t-on pas dit de leur jalousie ^
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de leurs vengeances perfides, de leur corruption profonde! Zante^ la capitale, est la plus grande ville de toutes les îles Ioniennes ; elle a 20,000 habitans , dont un douzième de Juifs. Une cathédrale, levêchë, la douane, la bourse et un théâtre, sont ses principaux édifices. L'île, sujette aux tremblemens de terre, produit beaucoup de raisins de Corinthe, de l'huile, du coton et du vin; c'^st la fior di Lwante^ disaient les Vénitiens.
« Cerigo^ l'ancienne Gythère, au sud de la Morée, séparée de toutes les îles précédentes, appartenait aussi aux Vénitiens, et fait partie de la nouvelle république. On y recueille du raisin de Corinthe, du vin et de l'huile. C'est une île pierreuse, d'un aspect romantique, et derrière son enceinte de rochers, elle renferme des vallées bien arrosées, des champs fertiles en blé, de gras pâturages , et une population rustique , heureuse , toute grecque , de 9 à 10,000 individus. La flore de l'île offre des plantes rares et se rattache à celle de Candie. »
Le chef-lieu de Cerigo est Capsali^ petite ville épiscopale près de laquelle on voit d'anciens tombeaux et les ruines du temple de Vénus, qui donna tant de célébrité à l'antique cité de Cythère,
* La république des îles Ioniennes avec 200,000 habitans, un revenu public de 2 millions de francs, et une milice nationale de 4 â 5ooo hommes , ne pourrait maintenir son indépendance; mais l'Angleterre y entretient environ 2400 hommes de troupes , et quelques frégates y viennent souvent montrer le pavillon britannique.
« On assure que le gouvernement anglais dépense jusqu'à 5o,ooo livres sterling à l'entretien des fortifications, et à la partie de la solde des troupes qui n'est pas à la charge des insulaires. A ce prix il tient les clefs de la mer Adriatique et surveille l'Archipel. Les Ioniens , partagés en noblesse, en bourgeoisie et en cultivateurs, se gouvernent par
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des institutions où prédomine l'aristocratie. La religion grecque est maintenant celle de l'État, mais le clergé se ressent de l'ignorance où les Vénitiens le retenaient. Les généreux soins de lord Guildford ont créé à Corfou une bonne université grecque. »
TABLEAU des divisions de la Morde y résumé dap M. Pououeville(î).