DES PRINCIPAUX OUVRAGES RELATIFS A CETTE SCIENCE
♦ Ouvrages des anciens.
TRAITÉ de la République ; par Platon, —
Ce philosophe s’est proposé dans ce traité de tracer le plan d’one cité parfaite , mais il se laisse plutôt entraîner par sa riche imagination , que guider par les leçons de l’expérience, en recherchant une perfection sociale imaginaire; il a formé une utopie séduisante, mais impraticable.
TRAITÉ des Lois; par le même auteur. — Les douze livres des lois sont un ouvrage de la vieillesse dePlaton.Son ardente imagination attiédie par l’âge, lui permet d’examiner avec plus de froideur; il abandonne le champ delà spéculation pour suivre celui de l’examen. Après avoir analysé les diverses constitutions de la Grèce, et principalement celles des Crétois et des Lacédémoniens, il recherche le but de toute législation, l’indique et s’efforce d’enseigner les moyens d’y parvenir.
TRAITÉ des Devoirs ( de OJJiciis); par M. T.
Cicéron. — Dans cet excellent ouvrage, Cicéron établit qu’il faut regarder l’honnête comme le principal bien; qu’on ne peut parvenir à la félicité que par la voie de la vertu. Il démontre que le juste et l’utile sont inséparables, puisque la société est le grand but de la nature , et que tout ce qui tend à en troubler l’harmonie devient un élément de dommage pour chaque individu. Un style toujours harmonieux et l’intérêt qu’il a su donner à ce traité philosophique, en rendent la lecture agréable autant qu’utile.
TRAITÉ de la République ( de Repub lica ); par le même auteur. — Platon avait cherché à établir une république imaginaire en traçant le tableau des lois qui devraient gouverner les hommes, plutôt que celui des lois qui peuvent les régir. Cicéron, après avoir posé des principes, voulut en faire l’application, non pas à une nation idéale, mais à la plus grande république qui ait jamais existé. C’est le but qu’il se propose d’atteindre dans ce traité. Le plan général de l’ouvrage est incertain, car nous ne possédons que des fragmens plus ou moins incomplets des six livres qui composaient ce traité. Ces fragmens, enrichis des découvertes dues aux persévérantes investigations de M. Angelo Mal, ont été traduits par M. Villemain, qui a accompagné sa version de notes ingénieuses, et par M. Leclerc,
dans le recueil complet des traductions des œuvres de Cicéron, Paris, 18 26 et années suivantes. F. in-8°. Cet ouvrage complète le système des pensées de Cicéron sur le droit naturel et la politique.
Manuel ^’ÈricTÈTE. — Pensées de Marc- Aurèle. — Des Devoirs, par saint Ambroise.
— Les Confessions de saint Augustin. — Les Morales. d’EpicTÈTE, de Plutarque et de Sénèque. — Morale d’EncuRE. — Collection des Moralistes anciens. — Morale de Confucius:
Voyez, la Biographie de la Morale.
Ouvrages modernes.
ESSAI sur V Histoire du droit naturel ; pat* Hubner; Londres, 1757 et 1758, 2 vol. in-8°.
— Cette histoire, quoique fort incomplète, peut servir de guide à ceux qui veulent suivre les progrès si lents que cette science a faits parmi les hommes. Les pensées de l’auteur sont en général généreuses, et l’annonce critique que le pèreBertiera faite de cet ouvrage, dans le journal de Trévoux , avril 1759, prouve que ce jésuite n’entendait rien à cette matière.
HUGONIS GROTII, de Jure pacis et belli ; Parisiis, Buon, 163 5, in-4 0 , première édition. — Le Traité de la guerre et de la paix, qui fut publié en France, où Grotius, fuyant les persécutions qu’il éprouvait dans sa patrie, s’était retiré,
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a été réimprimé an grand nombre de fois. Il fit une vive sensation à l’époque où il parut , mais il ne répond plus aux besoins du siècle où nous vivons. Toutefois il peut encore être lu avec beaucoup de fruit. La meilleure traduction que nous ayons de ce traité est:
LE DROIT de la guerre et de la paix , de Grotius ( traduit avec des remarques, par J.
Barbeyrac); Amst. 17 2400-4°; 2 vol. id. Paris, sous le titre d’Amit. 1729, etc. — Les notes et observations de Barbeyrac sont généralement utiles, et prouvent que ce traducteur connaissait bien cette matière.
Grotius a étéaussi imprimé avec les notes des variorum, et Henricus Cocceius a fait sur cet ouvrage un commentaire qui a joui d’une assez grande réputation.
SAM. PUFFENDORFII Elemenlorum Jurisprudentiœ univer salis; Jenæ, Mayer, 1 669, in-4 0 . — Les élétnens de la jurisprudence de Puffen* dorf, qu’il dcdia à l’électeur palatin, sont les premiers essais de ce publiciste ; bientôt après il publia à Land, en Scanie, son grand ouvrage ayant pour titre :
SYSTEMA J uns natitrœ et gcntium; Lund.
Scan. 1672 ; id.auctius FraucofurtiadMœnuui, 1684; Amst. 1688. — Puffendorf est le premier qui ait donné un traité vraiment systématique des lois naturelles ; ses principes sont clairs et
bien posés, mais il n’est pas profond. Cet ouvrage a été également traduit par Barbeyraç, LE DROIT de la nature et des gens, de Samuel Puffendorf (traduit par J. Barbeyraç, avec des notes et une préface du traducteur); Arnst. 1734 » 2 vol. in-4 0 . — Le chancelier d’Aguesseau, comme nous l’avons déjà dit, ne faisait pas un très-grand cas de cet ouvrage de Puffeudorf; il lui préférait avec raison l’abrégé que l’auteur eu a fait lui-même sous le titre :
SAM. PUFFENDORFII de Officio hominis et civis; Lund. Scan. 1673. — Cet ouvrage a également été réimprimé un grand nombre de fois , et traduit par Barbeyraç. '
LES DEVOIRS de l’homme et du citoyen , tels (ju’ils sont prescrits par la loi naturelle , de Puffendorf ( traduit par Barbeyraç) ; Amst.
1707, 2 vol. in-4°. — Il y a une édition publiée dans la même ville, en 1741, qui est accompagné de deux discours sur la permission et le bénéfice des Lois et du jugement de Leibnitz sur l’ouvrage de Pnffcndorf.
DES DEVOIRS de l’homme et du citoyen ; par l’abbé Mably; 2 vol. in-18, 1758.
DE LA LÉGISLATION, ou Principes des Lois, par le même, 2 part, in-12; Paris, 1776. — Ces deux ouvrages se trouvent aussi dans la collection générale des œuvres de Mably.
TRAITE des Lois ; par Domat. — On le trouve
à la tête de toutes les éditions de ses oeuvres complètes. Ce traité a passé pour un chef- d’œuvre. Si Domat eût écrit dans le dix-neuvième siècle, ce chef-d’œuvre paraîtrait bien faible et bien mesquin. Mais il ne faut pas oublier que Domat est le premier qui ait introduit la méthode et la phiiosophie dans le droit. Il mourut à Paris en
DE LEGIBTJS Naturcv disquisitio philo sophica , etc. ; auctore R. Cumberland, T. S. Bac, apud Cantabrigienses Londini , Flescher, 1672, in- 4 °> id. 1675, in-4 0 . — Ce livre est une bonne réfutation des principes dangereux et mensongers de Hobbes. Cumberland établit que la bienveillance est aussi dans la nature de l’homme. L’ouvrage de l’évêque de Pétersboroug serait mieux goûté s’il était moins abstrait.il a été également traduit avec notes par l’infatigable Barblyrac.
TRAITÉ philosophique des lois naturelles , etc. ; par Richard Cumberland ( trad. par Barbeyrac, avec notes); Amst. i744;Leyde, 1757, in-4 d .
CHRIST. WOLFII Juris naturce methodo scientifica pertractum ; Lipsiæ et Francofarti , i74oûf. 1748,8 v.in-4°. — C’est l’ouvrage le plus volumineux que nous ayons sur le droit naturel. Wolff était très-savant ; le nombre de ses œuvres est prodigieux. Il a suivi la philosophie de Leibnitz en la développant. Son ouvrage, où il y a
pu DROIT NATUREL. n5 I
des erreurs assez nombreuses, est d’ailleurs écrit avec sécberesse.
CHRIST. WOLFII institut- puis naturœ et gentium ; Halæ, 1754, in-S°. — Cet ouvrage est un abrégé du précédent.
PRINCIPES du droit de la nature et des gens , extraits de Wolff ; par M. F ormey; Àmst. 1758, in-4 0 .
PRINCIPES du droit naturel et politique ; par J. J. Burlamaqui; Genève, 1768, in-4°j 1764, 3 vol. in-i2. — C’est, suivant nous, le meilleur ouvrage qui ait été écrit sur le droit naturel. Sa méthode est bonne, ses principes bien établis, son style satisfaisant; il y a beaucoup moins d’erreurs dans cet ouvrage que dans ceux que nous avons annoncés. Burlamaqui, en profitant des méditations de ceux qui l’avaient précédé dans la carrière, et en y joignant ses propres réflexions, a beaucoup contribué aux progrès de la science.
PRINCIPES du droit de la nature et des gens; par J. J. Burlamaqui , avec la suite du droit de la nature , qui n’avait pas meme paru , le tout considérablement augmenté, par de Félice.
Iverdun, 1766 et 1768,8 volumesin-8°. — C’est la meilleure édition des œuvres de Burlamaqui. Le professeur Félice l’a enrichie d’observations ' utiles , dictées par de bons sentimens.
INSTITUTION du droit de la nature et des
gens y avec un Appendice, contenant des idées sur la politique ; par Gérard de Rayneval ; Paris, i8o3, i vol. in-8°. — Cet ouvrage, généralement faible, contient des erreurs qu’on est ctonnc de voir dans un livre écrit au dix-neuvième siècle.
DE L’ESPRIT des Lois , ou du rapport que les Lois doivent avoir avec la constitution de chaque gouvernement , etc. ; par Montesquieu. • — Il y a un nombre prodigieux d’éditions de l’Esprit des Lois. Lorsqu’on lit avec l’attention qu’il mérite cet excellent ouvrage, on demeure convaincu que Montesquieu n’avait pas des idées bien arretées sur le droit naturel , quoiqu’il ait entrevu , suivant nous, les véritables fondemens de la science.
LÉGISLATION primitive j considérée dans ces derniers temps , d’après les lumières de la raison ; par L. G. A. vicomte deBonald; Paris, in-8°. — L’auteur a refondu dans cet ouvrage son j Essai analytique des Lois naturelles , qu’il avait publié précédemment.
LE DROIT des gens; par Vattel ; Londres, 1708 , a vol. ; Paris , 1760, 3 vol. in- 12. — Vattel, qui fut disciple de Wolff, a rectifié un grand nombre d’erreurs échappées à son maître. Ses principes sont exposés avec clarté. C’est l’ouvrage Je moins imparfait que nous ayons sur ce sujet.
CODEX J u ris gentium diplomaticus , in qno tabula: actoruin publicorum , aliaruruque rerurn per Earopaui gestarum , ex recensione Godef.
Guill. Leibnitz ; Hanovræ, 1693, 1 vol. in*f°.
MANTISSA ejusdem ; ibid., 1700, 1 vol.
in-P Cet ouvrage n’est qu’nne compilation des
traités les plus remarquables qui ont été faits entre les puissances européennes; mais la préface de cet ouvrage, dans laquelle Leibnitz remonte aux principes du droit , est digne d’être lue avec attention.
CORPS UNIVERSEL diplomatique du droit des gens, ou Recueil des traités de paix, d'alliance, de trêves, faits en Europe depuis Charlemagne jusqu’ à présent , avec les capitulations impériales et royales et autres actes , publiés par Jean Dumont; Amsterdam et La Haye, 1726, 8 vol. in-f°. — Cet ouvrage, avec les trois suivans, forme le recueil le plus complet des traités et doenmens diplomatiques qui ait été fait jusqu’à ce jour. -
SUPPLÉMENT au Corps universel diplomatique du droit des gens, avec le Cérémonial diplomatique des cours de l’Europe ; par J. Dumont et J. Rousset; Amsterdam , 1739, 3 vol.
in-f°.
WENCKII ( Fréd.-Aug.-Guil. ) Codex juris gentium recentissimi ; Lipsiæ, 1781,3 vol . in-8°. — En 1781, de Wenck avait publié la suite des
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iraités , à partir de l’époque où s’arrête J. Dumont, et conduisait le lecteur jusqu’en 1753. Il a depuis publié un nouveau volume , qui comprend les traités jusqu’en 1772. Dans l’intervalle , Martens mit au jour un traité, sous le titre suivant: • ,
RECUEIL des principaux traités d’ alliance , de paix , de trêves , etc. , conclus par les puissances de l’Europe , depuis 1761 jusqu’à présent ; par Guill. -Franc, de Martens ; Goettingue, Dietrich. 1791, 1800; 7 vol. in-f°.
SUPPLÉMENT. Goettingue, 1802 à 1808; 4 vol. iu-8°. — Ces collections réunies forment ensemble un recueil complet de tons les traités.
L’AMBASSADEUR et ses fonctions ; par WrcQüEvoRT ; Cologne, Marteau , 17 r 5, 2 vol. in-4 0 . — Abraham de Wicquefort, né à Amsterdam en x 5 qS, est mort en 1682. Ses ouvrages sont estimés.
SELDENI (Joan.) Mare clausum , seu de Do minio maris; Lngd. Batav. EIzev. i636, in-8 rt . — Selden , jurisconsulte anglais, était très-savant. Il avaitpublié cet ouvrage pour combattre celui de Grotius, Marc liberum. Personne, jusqu’à M. Gérard de Rayneval, n’avait osé attaquer les sophismes dp savant anglais. Ce publiciste a combattu victorieusement ses erreurs.
CODE de l'humanité , ou Législation universelle , naturelle, civile et politique, avec l’his-
DU DROIT MATUREL.
toire littéraire des pins grands hommes qui ont contribué à la perfection de ce code ; revu et rais en ordre par de Félice. Yverdun, imprimerie de Félice, 1778. — L’astronome Lalande a contribué à ce recueil , qui n’offre d’ailleurs que fort peu d’intérêt.
AN INQUIRY upon merit or virtue. By the Earl of Shaftesbury. ( Essai sur le mérite et la 'vertu. ) — Antoine Ashley Cooper, comte de Schaftesbury, fut un des philosophes les plus hardis de l’Angleterre. Il considère , dans ce traité, la vertu eu elle-même et dans ses rapports avec la religion. Il établit avec une grande force de logique que la vertu est le premier des biens, et le vice le plus grand des maux.
WÀRBURTON’S divine légation of M oses.
r — Cet ouvrage fut l’objet des plus violentes attaques, que l’auteur repoussa avec âpreté. Ses idées sont assez conformes, pour le fond à celles de Selden.
ESSAI sur le gouvernement civil; par Locke ; Londres, 1C90, in-8°. — Cet ouvrage est trèsremarquable; l’auteur fait reposer ses principes de politique sur des notions de morale naturelle.
RECHERCHES sur les idées de la beauté et de la 'vertu; par Hutchesow, 1725, iu-8° (traduit de l’anglais par Eidons); Amst., 1 7 49, in- 1 2 . — - La philosophie de Hutcbeson se rapproche
beaucoup de celle de Schaftesbury ; cependant il ne fait pas autant entrer l’intérêt personnel dans les motifs qui portent à la vertu.
ESSAI sur l’histoire de la société civile; par Adam Fergusson ( trad. par Bergier); Paris, 1783, 2 volumes in- 12.
INSTITUTIONS de philosophie morale ; par les mêmes, in-8°, 1769.
Ces deux ouvrages placent leur auteur au rang des plus profonds penseurs ; il prouve que la bienveillance est un sentiment naturel à l’homme, et le fondement de la société.
ELEMENTORUM philosophies , sectio tertia, de cive; Parisiis, 1642, 1 voloroe in-8". — Cet ouvrage, imprimé sans nom d’auteur, est le premier de ceux qui ont été publiés par Hobbes. Il y fit des additions insérées dans les éditions postérieures.
LEVIATHAN, sive de Republias ; par le même. — Il y en a plusieurs éditions. Il a été traduit par l’auteur lui-même, plus un appendix. Amsterdam, 1670, in- 4 ° : ibidem , 1778, in-4 0 .
Ce sont les plus remarquables de tous les ouvrages de Hobbes. Les principes qu'il y professe sont faux et dangereux : c’est l’apologiste du despotisme.
FR. BACONII , Exemplum tractatus de justifia urjiversali sive de fontibus juris : extractum ex ejusdem autoris opéré de Dignitate et âvg-
DU DROIT NATUREL. a 5 ^
mentis scientiarum ,* Parisiis typis.Vincent, 1 7 5 », in-18. — Il contient des aphorismes qni sont frappans par la vérité et l’expression.
LA SCIENZA délia legislatione del cit. Gaet.
Filawoieri. Genoa, Gravier, 1798, in-8°.
Cet ouvrage , qui est un traité complet de législation, dans lequel on trouve un grand nombre d’idées ntiles, a été traduit sous le titre de la Science de la législation , par Gaetano Filangieri (trad. de l’italien). Paris , Cuchet, 1786, 7 vol. in-8°. — lien existe une édition récente, avec des notes de M. Benjamin Constant.
TRAITÉ de la législation , ou Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospèrent , dépérissent ou restent stationnaires ; par M. Charles Comte. Sautelet, 1826, 4 vol.
in-8°. — Ce traité , qui a été couronné par l’Académie comme un des ouvrages les plus ntiles qui aient été publiés à l’époque actuelle , place l’auteur au premier rang des publicistes modernes. Des vues nouvelles, des aperçus ingénieux et de nobles sentimens, rendent la lecture de cet ouvrage utile et intéressante. On peut reprocher à l’auteur un peu de diffusion. Nous pensons qu’il eût été plus laconique s’il avait été maître de retarder la publication de son ouvrage.
Nous pourrions alonger beaucoup cette notice bibliographique. Nous avons élagué à dessein
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un assez grand nombre d’ouvrages recommandables, quoique secondaires : ceux que nous avons cités seront snfiisans pour étudier et approfondir la science du droit naturel et du droit des gens.
ET