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côte déserte de Libye y et y meurt en aventurier, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans , 36^.
VU Mori d'^rtaœerxès ^ Ochus Im ^ueeèeU, 36^. - Artaxerxès meurt avant fe reiumvellement des révoltes récemment comprimées. A peine il a prononcé la condamnation de son fils ainé^ Darius, conjuré contre son autorité et contre sa vie, qu'il voit Ochos se fray^ un chemin au trône par l^assassinat de deux de se& frères. Le roi succombe à ce dernier chagrin , 36â. Ochus lui siMscède^ et les moyens employés par lui pour affermir la couronne sur sa tète sont dignes de ceux dont il a usé pour se la procurer : ii ordoane de massacrer les membi^s de la faimlk royale, au nomlure de plus de cent cinquante.
YIIL RévoUe i'Artahaze, deVUe de Cgpre, delà Phènkie, de l'É^ifpk. — Le règne d'Ochus i»résente absolument les mêmes caractères que celui d'A^ taxerxès : au dedans, des révoltes ; au dehors, la suprématie sur les Grecs » qui ^^ à peine sortis de la rivafité entre Thèbes et Sparte, se jettent dans la gu^nre Sociale , dans la guerre Sacrée; sur les Grecs , d<Nit uae poignée fait trembler la Perse entière, quand ils peuvent poser un momeqt les armes dont ils se frappent les uns les autres!
358. La quatrième année du règne d'Ochus , Artabaze, satrape d'Ionie, se révolte contre lui, tandis que Chio,.Cos, Uhodes, Byaumce, imlig«^e& do» e^ae-
iuEtoltbs contre les pbrsrs. \\i
tions des Athéniens^ se soulèTent de leur c6té contre ces maîtres impérieux. Artabaze obtient successivement Tappui du général athénien Gharès , et nn secours de cinq mille Thébains. Il remporte trois victoires sur les lieutenants d'Ochus , et dans Tune de ces actions il taille en pièces jusqu'à soixante-dix mille ennemis. Dès qu'il est abandonné par les Athéniens et par les Thébains5 il succombe et se sauve en Macédoine. Ocbus avait acheté la retraite des Thébains. Il obtint celle des Athéniens : il obtint encore la renonciation à kur souveraineté surChio, Cos, Rhodes et Byzance^ en les menaçant d'unir ses flottes à celles des alliés. Mais quelle valeur auraient eue ces nienaces, si ces mêmes alliés n'avaient été armés contre Athènes?
L'an 354, la rapacité des satrapes^ le mépris pour Tautorité d'Ochus , poussent à la révolte la Phénicie et les neuf petits rois de l'ile de Cypre. Tous ensemble s'unissent avec les Égyptiens, et renouvellent le soulèvement des provinces maritimes , arrivé la dernière année du règne d'Artaxerxès. Ochus somme les Grecs de lui fournir des auxiliaires j ils obéissent : huit mille d'entre eux , commandés par Phocion , réduisent File de Cypre. Dix mille autres viennent joindre Ochus sur les frontières de la E*hénicie ; ils sont partis presque tous d'Argos et de Thèbes. Les Athéniens et les Spartiate» ê'exeusent sur leur épuisement
de ne pas prendre part à ce dernier secours fourni a Ochus. La trahison de Mentor amène la prise et la destruction de Sidon ; la ruine de Sidon épouvante la Phénicie et amène sa soumission. En Egypte , les Grecs donnent la victoire à Ochus , dans la bataille livrée à Nectanébis II près de Péluse. Leur valeur rend aux Perses l'importante province d'Egypte : leurs dissensions et leurs folies , qui les ont conduits en Orient , rétablissent dans son intégrité et ses limites un empire ennemi. Ochus passe les seize dernières années de son règne ^ 354-338, dans un repos forcé. Mentor et Bagoas le tiennent dans une dépendance iK)mplète, ne lui laissent que le nom et le faste d'un roi, se partagent son autorité et Tempire. Mentor commande dans l'Asie Mineure, Bagoas dans la hauta Asie. Cet état dure jusqu'à ce qu'il plaise à Bagoas d'empoisonner son maître, soit qu'il vît son crédit décliner, soit qu'il voulût venger les Égyptiens , ses compatriotes^ des cruautés ^ des exactions , des insultes à leur culte, qu'Ochus leur avait prodiguées à l'exemple de Gambyse.
IX. Règne d'Arsès ,• avènement de Darius Codoman. — Bagoas tue tous les enfants d' Ochus , 338, à l'exception du plus jeune , Arsès , sous le nom duquel il espère continuer son règne. Mais s'apercevant que ce jeune prince cherche à sortir de tutelle, il le massacre avec le reste de sa famille, et place sur le trône DarÎHS
RÉYOLTES CONTRE LES PERSES. il 3
Codoman, 336 , la même année qu'Alexandre succède h son père Philippe.
X. État respectif de la Perse et de la Grèce. — Vaincus à Marathon, à Salamine, à Platée et à Mycale; vaincus à TEurymédon et en Cilicie ; vaincus par les Dix mille et par Agésilas; vaincus en dernier lieu par les Athéniens et par les Thébains ; les Perses, auxquels les Grecs avaient prouvé si souvent qu'ils étaient faits pour leur obéir ; les Perses, plus faibles que Sparte, qu'Athènes et que Thèbes , chacune en particulier, commandaient pourtant à Sparte , à Athènes, à Thèbes, à la fois.
Cette monstruosité politique avait sa cause dans les dissensions et les guerres civiles des Grecs. Les Grecs ne pouvaient se soustraire au joug des Perses , et plus tard éviter celui de tout autre voisin ambitieux et puissant , tant que dureraient les principes de leur désunion , dont il importe de se rendre compte.
On peut les réduire à quatre principaux : V la haine antique et réciproque des deux races dorique et ionique, la différence de leur caractère , de leur génie , de leurs mœurs, de leur gouvernement démocratique et aristocratique ; 2** la prétention de trente petites républiques et d'une foule d'autres cités secondaires dont la Grèce était couverte, de rester entièrementlibresdansleursdécisions et dans l'emploi de leurs forces militaires , entièrement indépendantes de tout chef et de toute direction suprême : de cette prétention étaient nées les révoltes continuelles des villes du second ordre contre leurs capitales. L'A-
i 14 PRÉCIS DR l'histoire ANCIENNIS.
chaïe seule avait connu et pratiqué le gouvernement fédératif. Cet excellent gouvernement n'avait jamais été propagé dans les cités voisines : l'on n'avait tenté qu'un moment de l'étendre à la Grèce entière; le conseil amphictyonique, demeuré sans autorité , avait trompé les espérances des amis sincères de leur pays. 3° L'ambition, la rivalité , l'insuffisance de forces des trois républiques principales , Sparte, Athènes, Thèbes, dont aucune ne réunissant ou ne retenant les finances, la puissance maritime et continentale, n'avait pu garder non plus le commandement qu'elle avait acquis momentanément û" Le despotisme de Sparte et d'Athènes , qui , arrachant à leurs alliés leurs gouvernements, leurs terres , leurs trésors, violant leur liberté politique et leur liberté civile , n'avaient jamais obtenu de la masse des Grecs, par l'affection et le sentiment du bien-être, l'obéissance qu'elles étaient incapables d'exiger longtemps par la force.
Il fallait qu'une main , à la fois plus puissante et moins despotique que la leur, les privât elles-mêmes et privât toutes les républiques de l'excès de leur indépendance, en leur laissant une juste liberté ; les réunît dans une grande confédération hellénique , renversât ensuite avec leurs forces concentrées et réunies la monarchie de ces Perses , leurs ennemis de tout temps , maintenant leurs maîtres, Philippe fit la première partie de ce grand ouvrage , Alexandre la seconde.
SICILE; R^GNÏ nVS WVX USNYS. It^S
§ lU^^ Histoire de la Sicile (1), depuis V expédition des Athéniens jusqu'à Vuiwrpatitm d^ÀgathocleSy HZ-MI,
I. ^grigente. — Agrigente n*avait pris aucune part à la guerre contre les Athéniens;, ^15413. Dans 'invasion que les Carthaginois firent en Sicile Tan 40G^ elle fut prise et détruite. Elle se releva lentement de ce désastre^ et jamais entièrement. Vers Tan 340^ Tinaoléon lui rendit une partie de son ancienne pros* périté. Elle recouvra alors assez de forces pour se mettre à la tête des villes liguées contre Agathocles : mais elle fut vaincue.
II. Syracuse^ les autres villes siciliennes^ les Carthaginois, depuis l'expédition des Mhéniens jusqu'au règne de Denys l'Ancien, — Après la destruction de la flotte de l'armée athénienne, Syracuse s'élève au plus haut degré de puissance, 413. L'année suivante, 412 , Dioclès reforme la constitution de cette république; il promulgue des lois, la plupart relatives aux délits, et protectrices de la liberté civile : ces lois sont adoptées par un grand nombre d'autres villes siciliennes.
Les démêlés de Sélinonte et d'Égeste, 410, changent
(1) Pour ce paragraphe II, Diodore, 1. XIU ; 1. XIV, c. 7-10, 14-17, 18,40-79, 87-92, 100-113; 1. XV, c. 6-8, 13-18, 73-75; 1. XVI, C.6, 9-14, 16-21, 65-74, 77-84, éd. Wess. Plutarch., In Dione et Timol. Cornélius, in Dione et Timol.
IIG PRECIS DE l'histoire ANCIENNE.
la face des affaires de la Sicile j parce que les Égestaius implorent l'assistance des Carthaginois , et ouvrent une large carrière à l'ambition de ces étrangers. Sous la conduite d'Annibal, fils de Giscon, les Carthaginois s'emparent d'Himère et de Sélinonte , en 409; d'Agrigente, qu'ils détruisent en 406. Leurs rapides progrès excitent, à Syracuse, de nouvelles discordes et des dissensions, dont se prévaut l'artificieux Denys pour s'élever d'abord au commandement de l'armée, et ensuite au pouvoir absolu , après la ruine de ses collègues , 405.
111. Règne de Denys V Ancien. — Denys s'occupe simultanément de s'affermir à Syracuse , sans cesse révoltée contre son autorité; de chasser les Carthaginois de la Sicile , et d'étendre la domination de Syracuse sur toute l'île, enfin, de conquérir les villes .grecques de l'Italie méridionale, et de les annexer à son empire. Toutes ses actions se rapportent à ces trois projets.
Première guerre contre les Carthaginois. Premier et second soulèvement des Syracusains , 404 — Denys marche au secours de Gela , assiégée par Imilcon et les Carthaginois. Il est vaincu : Syracuse se révolte. Il entre dans la ville , égorge une partie des habitants, en exile d'autres, se crée des partisans parmi les affranchis et les étrangers. Imilcon, quoique vainqueur , recherche la paix , parce que la peste désole
SICILE; ràGNB DES DEUX DENTS. 147
son armée : elle est conclue à condition que Carthage, outre le territoire qu'elle possédait^ les conquêtes qu'elle y a ajoutées, obtiendra Gela et Camarîne. Denys partage les terres et les maisons de Syracuse à ses créatures. Une nouvelle sédition a lieu ; elle est comprimée comme la première : le tyran affermit son autorité.
Conquêtes de Denys en Sicile. Seconde guerre contre Carthagey 4^3. — Denys, par la force des armes et par les traités , soumet Enna, Catane, Naxos, Léontium. Messine, 403-40^. D forme le dessein de chasser les Carthaginois de la Sicile , fait d'immenses préparatifs, recherche inutilement l'alliance deRhégium, et obtient celle des Locriens. Pendant ce temps, Platon visite sa cour, encourt sa haine et échappe avec peine à la mort, 399-397. Denys déclare la guerre aux Carthaginois , et leur enlève toutes les villes siciliennes qui ont contracté alliance avec eux. Vaincu bientôt après sur terre et sur mer, il perd toutes ses conquêtes , et est assiégé par Imilcon dans Syracuse. La peste , et une sortie faite à propos , le débarrasse de l'armée ennemie, 396. Les Carthaginois perdent cent cinquante mille hommes; ils continuent cependant la guerre jusqu'en 392 , et par le traité abandonnent seulement à Denys Tauroménium et son territoire, 392.
Guerre contre les villes de la Grande-Grèce ^ 394n. 7.
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118 PR1^€]S DE l'histoire ANCIEHNI.
388. — La paix conclue avec les Carthaginois, 393, pennet à Denys de tourner ses forces contre les Grecs de l'Italie ^ qu'il avait attaqués dès l'an 394. Il s'empare de Locres , d'Hipponium , de Caulonia, en 389; fait alliance avec les Gaulois qui avaient brûlé Rome, et en obtient des secours. Les Crotoniates lui opposent une vigoureuse résistance; mais après avoir exigé des habitants de Bhégium trois cents talents et soixantedix vaisseaux , il assiège et prend leur ville en 387 : deux ans plus tard, il envoie diverses colonies dans la partie de Fltalie située sur la mer Adriatique, désole rÉtrurie par une subite irruption , et pille les richesses du temple d'Agyla,
Troisième et quatrième gmrre contre les Carthaginoi$. — Denys veut profiter de ses succès en Italie, des richesses qu'il a rapportées de ce pays, pour expulser les Carthaginois de la Sicile. Dans sa troisième guerre contre eux, 383 , il éprouve une grande défaite , après avoir remporté une éclatante victoire, et n'obtient aucun résultat décisif; mais dans la quatrième, 368, il leur enlève SéUnonte, Entelle , Éryx. Quoique forcé de lever le §iége de Lilybée, il touchait peut-être au moment de les chasser entièrement, quand il est empoisonné par son fils , 368 ^ Sa mort, et les troubles qui la suivent , laissent un libre cours aux progrès des Carthaginois. Le nom de Denys et celui de tyran sont devenus justement synonymes,
aiGILB; RàGNI DIS DEUX DINTS. 419
mais on n'a pas rendu justice à son génio politique et militaire, A travers de perpétuelles révoltes , il suivit avec une admirable constance le projet dVxpulser les Carthaginois 9 les étrangers, de la Sicile; de faire de Syracuse la capitale d'un grand empire sicilien; de lui donner la force nécessaire pour résister à toutes les attaques du dehors ; de mettre son indépendance à l'abri derrière une grande puissance. Au milieu des occupations innombrables dont il était surchargé , il trouva du temps pour cultiver la poésie ^ et ses vers OQ furent pas toujours mauvais , puisque Tune de ses tragédies mérita d'être couronnée par les Athéniens.
ÏV, Régna de DenyslejBunej Dion, Callipe, Hippmnua. — 368. Denys le Jeune succède à son père, sous la tutelle de Dion. Les conseils de Dion et du philosophe Platon, son ami^ qui est appelé trois fols à Syracuse, ne peuvent ohanger le caractère de Denya^ corrompu par son éducation. L'an 360 , Denys exile Dion dans le Péloponèse , et peu après lui enlève sa femme Arête. Pion repasse du Péloponèse en Sicile, pendant le séjour de Denys en Italie , se rend maître de la ville de Syracuse , et ne lui laisse que la cita-^ délie. Denys , de retour, sème la discorde entre les Syracusains et Dion^ soulève Héradide contre lui, et se retire à liocres avec ses trésors , 357 : il tyrannise cette ville pendant six ans. Dion est forcé de sortir de
i^O PRÉCIS DE l'histoire ANCIENNE.
Syracuse. Les habitants, massacrés et pillés par les soldats de la citadelle, toujours au pouvoir de Denys, rappellent Dion , qui s'empare de la citadelle et rétablit la liberté. Mais convaincu, par des exemples récents et nombreux , que, sans de salutaires restrictions, la liberté dégénérera en licence, et que , de la liœnce, Syracuse retombera dans la tyrannie , Dion prétend modeler la constitution de sa patrie sur le gouvernement mixte de Lacédémone et de Crète, et créer un pouvoir capable de contraindre tous les citoyens à respecter les lois. Il voit ses projets traversés par Héraclide , qui songe à donner au peuple une plus large part dans les affaires publiques. Dion se débarrasse de ses contradictions et de cette rivalité par un lâche assassinat. Il devient odieux à la populace, au moment où elle s'aperçoit qu'il veut la déshériter de la toute-puissance , et à la soldatesque dès qu'il ne peut plus satisfaire son avidité : bientôt il est assassiné par TAthénien Gallipe , comblé de ses bienfaits et investi de toute sa confiance, 354. Callipe exerce le pouvoir pendant un an. Hipparinns, frère de Denys , chasse Callipe , règne à son tour pendant deux ans , 353-351 , et est remplacé lui-même par Nypsius, l'un des généraux du tyran. Denys profite des troubles dont Syracuse est agitée, met en fuite Nypsius avec quelques soldats étrangers, et ressaisit l'autorité , dix ans après quMl a été contraint de l'a-
SICILE; RÈGNE DES DEUX DENTS. lâi
bandonner, 347. En proie aux cruautés de Denys, trahis par Icétas^ tyran de Léontium , dont ils ont imploré l'assistance , menacés par les Carthaginois , les Syracusains s'adressent à Gorinthe, leur mère patrie. Les Corinthiens leur envoient Timoléon avec une faible armée, 345.
V. Exploits et adminislration de Timoléon. Ce général donne promptement une nouvelle face aux affaires. Il défait Icétas et les Carthaginois; il contraint bientôt après Denys à livrer la citadelle^ h abandonner la Sicile et à se retirer à Corinthe , où il mène une vie privée, 343. Timoléon rétablit le gouvernement républicain à Syracuse , détruit les tyrannies dans toutes les villes grecques de la Sicile, remet en vigueur les lois de Dioclès, en les réformant; affermit le gouvernement par une victoire remportée près de la Ci'imèse avec six mille soldats sur soixante-dix n)ille Carthaginois, 340; repeuple la Sicile , rebâtit plusieurs de ses villes, et se démet ensuite de Tautorité. Il meurt en 337 , au milieu du nouvel ordre de choses établi par lui et les bénédictions d'un peuple entier , dont il a été le libérateur et le législateur. Dans un espace de vingt ans, 337-317, la tranquillité est troublée par les guerres de Syracuse avec Agrigente et par l'usurpation de Sosistrate. A ce despote succède, en 347, un autre despote, Agathocles. La corruption profonde des Syracusains, leur
I2!2 PHscis D« i^'histoies anciinnk.
haine pour toute magistratuve répressive des déaerdres et des ambitions partioulières^ les ramènent invinciblanient à la tyrannie. A. P.