‹ Précis de littérature françaiseChapitre 188 sur 276 · II. — La Convention · texte numérisé non relu

II. — La Convention

Vergniaud (1753-1793) est le plus célèbre des Girondins, Il fut presque le Mirabeau de la Législative et delà Convention. Le 3 juillet 1792, sur la Patrie en danger, il prononce un de ses plus beaux discours. — A la Convention, Vergniaud combat Robespierre ; il soutient que roo doit faire appel au peuple pour juger Louis XVI (31 décembre ii92). Maïs le plus beau discours de Vergniaud est sa réponse aux accusations que Robespierre avait formulées contre le parti girondin. La dernière partie, celle où il se glorifie d'être un modéré^ est remarquable par la chaleur et la précision du style (10 avril 1793) (2).

Parmi les Girondins, il faut encore signaler Guadet, Gensonné, BuzoT, Brissot.

Danton (1759-1794) fit partie de la Législative et de la Convention. Le 2 septembre 1792, à la nouvelle du siègo de Verdun par les Prussiens, l'assemblée est frémissante ; c'est ce jour-là que Danton prononce la harangue qui se termine par la phrase célèbre, souvent mal comprise : « Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour tes vaincre. Messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée •. C'était plutôt un tribun qu'un orateur.

Robespierre (1759-1794). — Ses discours sont gâtés par la rhétorique la plus artificielle, un goût d'antiquité qui sent moins l'humaniste que le pédant, un jargon sentimental qui lui vient de Jean-Jacques, et sur tout je ne sais quoi de fuyant et de faux qui caractérise son hypocrisie jacobine. Il enveloppe ses adversaires et ses auditeurs dans un réseau de plus en plus serré, et finit par convaincre, sans persuader ; il Dst sonveni vif et nerveux, ftpre jusqu'à foire frissonner.

(1) MorcMiuE cAo<fi«, 2* cyclt. p. 87S. (f ) MofCMiue càoifit. S* croit, p. 8M.

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