‹ Précis de littérature françaiseChapitre 219 sur 276 · III. — Les Philosophes · texte numérisé non relu

III. — Les Philosophes

Victor Cousin (1792-1867). — Cousin entre à la Sorbonne en 1815, comme suppléant de Royer-GoUard. Jusqu'en 1820, il y professe, avbc un éclatant succès. Son cours est suspendu en 1820. Alors Cousin s'applique à des éditions et à des traductions (Descartes, Platon), et il voyage en Allemagne, où il est arrêté comme suspect, et incarcéré pendant six mois. En 1828, la parole lui est rendue, et son cours de Sorbonne attire de nouveau des auditeurs et des disciples enthousiastes. Après 1830, il est comme Villemain et Guizot, ses illustres collègues, détourné de son enseignement par la politique. Il devient directeur de l'École normale, pair de France et ministre, et il essaie d organiser et de discipliner l'enseignement de la philosophie dans l'Université. Comme la plupart de ceux que 1830 avait appelés à la vie politique, le coup d'Etat de 1851 le rejette dans la vie privée C'est pour Cousin une retraite fructueuse. Il écrt alors ses études sur les femmes illustres du xvii® siècle.

Le plus connu de ses ouvrages philosophiques, est intitulé: Du vrai, du beau et du bien (2). Parmi ses biographies des femmes du xvil® siècle, il faut signaler : Jacqueline Pascal^ M "« de Longueville (3), M"® de Cheureuse,

Cousin, philosophe, n'a pas de système propre. 11 pratique V éclectisme (choix), doctrine qui serait une synthèse ingénieuse de tout ce qu'il y a de meilleur dans les systèmes anciens et modernes. Cousin créait ainsi

(1) Morceaux choisi». S* cycle, p. 1094.

(S) Morceaux choisis, 1" cycle, p. 541 ; 2* cycle, p. 1100.

(3) Morceaux choisis, 2« cycle p. 1103.

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une philosophie firançaise, spiritualiste, tolérante, on peu vague, qui convenait à l'enseignement et au grand puUie. -

Jonflroy (1796-1842) est un des plus illustres disciples de V. Cousin. En 1828, il fut nommé professeur à la Faculté des lettres; puis, maître de conférences à l'Ëcole normale et professeur au Collège de France. Jouffroy avait subi, pendant qu'il était élève à l'École normale, une crise contraire à celle de Lacordaire ; de la foi, il était arrivé au scepticisme, et il avait conservé de cette évolution un douloureux souvenir, la philosophie n'ayant jamais pu remplacer pour lui la certitude perdup. Aussi apparaît- il comme un mélancolique, presque comme le Musset de la philosophie (1).

Jvles Simon (1814-1896), qui fut suppléait de Cousin à laSori)onne, se montre, dans ses livres essentiels {le Devoir, la Liberté de conscience^ la Liberté dvitè, etc), comme un moraliste et un spiritualiste. Il fut saisi de bonne heure par la politique, où il apporta toutes les ressources et toutes les subtilités d'un esprit à la fois très souple et très droit.

Signalons encore Paul Janet, professeur en Sorbonne (•f-1899), E. Caho ( f 1887), — et parmi les philosophes socialistes : Proudhon (1809-1865), surtout resté^ célèbre par une brochure intitulée : Qu'est-ce que la propriété? A cette question l'auteur répondait : « La propriété, c'est le vol. »

Le positivisme est représenté par Auguste Comte (1798-1857), qui invite le philosophe à délaisser la métaphysique, Vinoonnaissablcj pour s'appliquer à l'étude des phénomènes et des faits, au moyen de la science expérimentale,

A Auguste Comte se rattachent E. Littré (1801-1881), un des plus grands • philologues » et savants des temps modernes ; et Taioe (1818-1893), auteur de V Intelligence, et dont nous parlerons plus longuement au chapitre des historiens.

(1) Morceaux ckoitis, 2* cycle, p. 1107.

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