CHAPITRE III
Notion du raisonnement.
118. Raisonner c'est conclure une chose d'une autre, on inférer un jugement cTun autre jugement.
Dans le sens logique , le raisonnement est un ensemble de jugements dont l'un est tiré de l'autre ou des autres.
i 19. Dans tout raisonnement il y a matière et forme.
La matière du raisonnement se constitue des jugements dont on conclut l'un de l'autre. Celui ou ceux de ces jugements dont on infère l'autre se nomment antécédent ou les prémisses ; celui que l'on conclut de l'antécédent s'appelle conséqtient ou conclusion.
La forme du raisonnement consiste dans la conséquence^ la liaison ou le rapport qui se trouve entre l'antécédent et le conséquent, et en vertu de laquelle l'un suit de l'autre.
120. D'après cela un raisonnement est matériellement vrai ou faux, selon que les jugements qui en constituent la matière sont vrais ou faux en eux-mêmes; il est formellement vrai ou faux, suivant qu'il y a ou qu'il n'y a pas de conséquence.
421. Cependant} à parler exactement, a) un raisonnement sans conséquence , ou plutôt un assemblage de jugements dont l'un n'est pas une conséquence de l'autre, ne mérite pas le nom de raisonnement. 6) Dès qu'il y a conséquence , il y a raisonnement, lors même que tous les jugements dont il se compose sont faux en eux-mêmes. Néanmoins c) un raisonnement ne peut prouver aucune vérité réelle que lorsque le conséquent est vrai et matériellement et formellement, c'est-à-dire, que le conséquent est une véritable conséquence d'un antécédent incontestablement vrai.