L1-: RAISONNKMKNT KT SICS ALXlfJAlKKS
Certaines planètes j)araissent être dans des conditions analogues à celles de la terre, au point de vue de la possibilité qu'elles soient habitées par des êtres plus ou moins semblables à ceux qui vivent sur la terre. Mais, comme on ne saurait s'en rendre compte expérimentalement, l'hypothèse analogique reste douteuse.
83. — Exemples de raisonnements analogiques relatifs à la science du langage :
I** En phonétique grecque, on considère comme établi que le groupe l (xç) peut, par un effet particulier d'assimilation régressive, se transformer en xT. On en conclura, par analogie, que tç peut se transformer en tt et tt; en tut. Ces hypothèses analogiques prendront un caractère voisin de la certitude si Ton considère que TcspiTToç est un dérivé de -Tcspi; par l'intermédiaire *'7C6piÇ, ozto;xai de o<j^, etc. *
2** Les parties de mots qu'on appelle radicales
ou racines dans les langues indo-européennes
• 1 Voir ma Grammaire comparée du grec et du latin^
t. I, p. 82 et 93.
LOIS. — possnnuTE. — analogie 127
apparaissent très souvent, les unes à Tégard des autres, comme les variantes d'un même antécédent*.
Il est très probable qu'il en est ainsi de toutes, et que Tensemble de ces racines peut êlre considéré comme une grande famille qui remonte à un antécédent commun.
3^ Le sanscrit, le grec et le latin ne nous offrent aucun exemple, dans tout le cours de leur développement historique, d'un suffixe issu d'un mot usité d'abord d'une manière indépendante.
L'hypothèse d'après laquelle les suffixes indoeuropéens auraient une telle origine est donc tout à fait gratuite, ainsi que celle de l'agglutination qui en découle.
4** La plupart des séries de changements phonétiques que Ton constate dans les langues d'origine indo-européenne de première formation, comme le sanscrit, le grec, le latin, les idiomes germaniques, etc., sont communes à toutes ces langues.
Il y a tout lieu de croire en bonne logique, que ces changements appartenaient déjà à la
* Voir, pour des exemples, le même ouvrage, t. II, p. 239.
128 LE UAISONNEMEM' KT SES ALXILIAllŒS
langue mère dont ces langues procèdent toutes, et l'on ne saurait prétendre qu'on n'en sait rien que si l'on révoque en doute a priori les conclusions les plus probables à tirer des raisonnements analogiques, étant donné surtout que, dans le cas particulier, on a le droit de dire que les mêmes causes n'ont cessé de produire les mêmes effets, puisqu'il n'y a pas eu de solution de continuité entre la langue mère et ses filles.
5<» Dans le phénomène de la dérivation linguistique des langues indo-européennes, les mots primitifs usuels s'accroissent par l'adjonction d'un suffixe ou d'une finale empruntée à telle ou telle série de formes grammaticales que cette finale caractérise, comme en latin les finales eu.?, a, eum; us^ a, um des adjectifs aux trois genres. Exemples :• sanguen d'où sangiiin'-eus ; dator d'où datur-us *.
Il est extrêmement vraisemblable que les plus anciennes formes dérivées de ces langues doivent leur Origine au même procédé.
A Cf. ce qui Bc passe en français pour la formation des mots comme constilutionn-el, auprès de constitution, et constilutionn-ell-ement auprès de constitutionnel, etc.