Les signes sont de deux sortes
naturels ou conventionnels.
On entend par signes naturels ceux qui sont en relation nécessaire et constante avec la chose signifiée, comme Tefifet avec la cause ou la cause avec Feffet. C'est ainsi que le bruit du tonnerre (effet) est le signe naturel dé l'éclair (cause), et qu'inversement la lueur de réclair (cause) est le signe naturel du bruit du tonnerre (effet).
iNOTlOiNS PRÉLIMINAIRES 3
Nous verrons que le langage , à son origine sous forme de cri, est le signe naturel d'un besoin ou d une émotion.
4. — Les signes conventionnels se subdivisent à leur tour en deux sortes : ceux qui le sont tacitement et ceux qui le sont expressément.
Appartiennent à la catégorie des signes tacitement conventionnels, les représentations ou images artificielles dues à la sculpture, au dessin ou à la peinture, ainsi que les gestes qui désignent les choses en les montrant.
L'écriture, sous la forme dite hiéroglyphique, a commencé par être la sculpture, le dessin ou la peinture des objets désignés par elle. Plus tard, elle est entrée dans la catégorie des signes expressément conventionnels en devenant phonétique, c'est-à-dire en représentant les sons des mots qui désignent les objets; comme telle, elle est en quelque sorte une méthode significative au second degré.
La substitution du système phonétique au système hiéroglyphique, ou directement imi-
tatif, s'est effectuée d^ailleurs par Temploi, à titre de signe du son donné, du hiéroglyphe utilisé d'abord pour représenter un objet dont le nom commençait par ce son, comme si^ par exemple, l'image d'un bœuf, de plus en plus altérée ou abrégée à mesure qu'elle devenait plus cursive, avait fini par servir de signe au son b.
5. — Les signes expressément conventionnels sont, à côté des lettres de nos alphabets actuels, tous ceux qui font l'objet d'une entente préalable entre les individus qui les emploient.
6. — La Logique est la science qui traite d'une manière générale de l'origine, de la valeur et de l'usage des signes vocaux ou du langage. Bien que les Grecs en aient eu une idée moins compréhensive, ou plutôt moins nette que celle sur laquelle cette définition s'appuie^, le nom qu'ils lui ont donné, loyvKri
1 Cette même définition suppose, bien entendu, que les opérations logiques de Tesprit ne se manifestent et