MALADIES DE LA BOUCHE ET DES GLANDES SALIVAIRES
Dans les premiers mois de la vie, la bouche est dépourvue de dents, les muscles des lèvres, des joues, de la langue sont particulièrement développés : son rôle physiologique consiste presque exclusivement dans la succion. Dans les 2^ et 3^ mois, les gland-es salivaires, rudimentaires à la naissance, s'accroissent, la salive devient abondante et plus riche en diastase saccharifiante-E/ï/re 6 et 30 mois se fait la première dentition, dont le développement permet la substitution progressive daine alimentation solide à Talimentation liquide. De 6à 12 ans évolue la seconde dentition.
Chez le nourrisson, la salivation joue un rôle important dans la digestion. A partir de 8 ou 4 mois, la quantité de salive sécrétée pendant un repas atteint le dixième, le cinquième du lait ingéré et mèihe davantage (Allaria). Or, in vitro, la salive retarde la coagulation de la caséine par la présure et rend le caillot moins cohérent : la digestion du lait, du lait de vache principalement, est donc facilitée. Grâce à son pouvoir saccharifiant, d'autre part, elle contribue à la digestion des farines.
La minceur de la muqueuse buccale chez le nourrisson explique son ulcération facile, sous l'inlluence des frottements de la langue, au niveau des apophyses ptér^goïdes (aphtes de Bednur, ulcérations ptérygoïdiennes de Parrot). On peut voir également l'ulcération des kystes épidermiqaes (Guyon et Thierry) ou nodules (Eiohn), qui existent sur le raphé médian de la voûte palatine et disparaissent spontanément vers 2 mois. /
LA DEVriTlON, SES ACCIDEyTS, SES AXOMALIES 15
Dans les premières heures qui suivent la naissance la bouche est généralement stérile ; mais bientôt y apparaissent des espèces microbiennes multiples (Gampo, Bonnaire et Keim^ Lewkowicz). Plus lard la flore varie, comme je l'ai montré avec de Vicariis (1905) : pendant le premier mois, la bouche d'un enfant contient moins de germes que celle d'un enfant de 7 à U mois, au moment de l'éruption des dents ; d'autre part, les espèces trouvées sont moins variées chez celui-là que chez celui-ci. Parmi les microbes les plus constants on trouve : Micrococcus candicans, Bacillus lactis aerogenes, Bacillus coli eommanis, diverses variétés de Streptocoques, Micrococcus pyogenes aiireus, albus, citreus, Micrococcus meningococcoi<les,eic.
Ces dillérences dans la flore bactériologique normale de la bouche expliquent, pour une part, les différences qui existent dans la pathologie buccale chez l'enfant avant et après Vapparition des dents. Relativement rares et bénignes pendant les premiers mois, les infections buccales prennent plus tard une grande importance. Chez le nouveau-né cependant, le peu d'activité de la sécrétion des glandes salivaires facilite, en même temps que la pullulation du muguet et des microbes dans la bouche, l'infection ascendante de leurs canaux excréteurs.