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Fig. 180. — Tuberculose. Réaction au sérum artificiel (Bertherand)
thermique (fig. 181) ; elles nécessitent également l'apyrexie préalable.
c) Le séro-diagnostic (Arloing et Courmont) a plutôt une
importance pour le pronostic que pour le diagnostic.
d) La cuti-réaction et l'intradermo-réaction à la tuberculine (Von Pirket, Mantoux) ont une grande valeur chez le nourrisson ; pendant la première année, une réaction positive décèle presque to uj ours une tuberculose rapidement mortelle (Hutinel), chez les enfants plus grands, elle indique l'existence d'un foyer tuberculeux, dans l'espèce d'une tuberculose des ganglions trachéo-bronchiques. Les réactions négatives n'ont qu'une signification relative; elles peuvent se rencontrer dans des tuberculoses avancées ou chez des tuberculeux légers dans certaines conditions, à la suite de la rougeole [lar exemple.
L'oculo-réaction ne doit pas être utilisée à cause de ses dangers.
D. 'Recherche du bacille de Koch. — Elle se fait par la bacilloscopie, la culture en milieux appropriés, ïinoculatioii au cobaye.
1° Sang.— Il est prélevé par ponction veineuse ou par le procédé de la sansgue (E. Weill, Lesueur et Mouriquand). La bacilloscopie, notamment par le procédé de Vinoscopie (Jousset) est exceptionnellement positive.
V inoculation au cobaye, faite dans le péritoine, le tuberculise 4 fois sur 40 et seulement dans des tuberculoses aiguës; chez une fille de 14 ans, la bacillémie s'est terminée par guérison (Nobécourt et Darré).
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Fig. 181. — Tuberculose. Réaction à l'injection de tuberculine.
2° Urines. — La bacdloscopie expose à des erreurs dues à la présence de bacilles acido-résistants.
Uinociilation sous-cutanée au cobaye du culot de centrifu- <?ation est généralement positive dans la tuberculose des reins et des voies urinaires ; elle l'est exceptionnellement dans les tuberculoses diverses; sur 35 malades, la bacillurie a été constatée 2 fois, dans une tuberculose pulmonaire subaiguë fébrile avec cavernes et dans une granulie avec réaction méningée (Nobécourt).
3° Expectoration, matières fécales tp. 419 et 241). — La bacilloscopie sert au diagnostic de la tuberculose pulmonaire et parfois de la tuberculose intestinale.
4" Liquide céphalo-rachidien, épanchements de la plèvre, du péritoine, des articulations, lésions des os, de la peau, des muqueuses. — La recherche du bacille de Koch par des techniques appropriées permet, quand elle est positive, d'affirmer la nature tuberculeuse d'une affection locale.
Pronostic. — La tuberculose est curable ou tout au moins peut ne pas évoluer, comme le montre la fréquence aux autopsies des tubercules des poumons et des ganglions trachéobronchiques fibreux ou crétacés.
Quand elle est décelable cliniquemeut, les /ormes localisées osseuses, ganglionnaires, articulaires, pleurales, péritonéales, guérissent plus souvent que les formes localisées pulmonaires.
Les formes généralisées chroniques et aiguës sont presque toujours incurables.
La typho-bacillose, qui est souvent liée à une poussée aiguë d'adénopathie trachéo-bronchique, se termine généralement par guérison. Celle-ci peut même survenir quand il y a bacilléraie, comme dans le cas que j'ai observé avec Darré.
D'une façon générale, la tuberculose est d'autant plus grave que r enfant est plus jeune. Chez le nourrisson, la tuberculose est presque toujours mortelle.
Prophylaxie. — Le pronostic et l'évolution dépendent, dans une certaine 'mesure, des associations morbides et du terrain. Elle découle des conditions étiologiques.
1" Il faut placer des enfants dans de bonnes conditions hygiéniques : logements aérés, vie au grand air, exercice convenable, pas de surmenage, alimentation réglée d'après l'âge. Chez ceux qui sont prédisposés à la tuberculose du fait de l'hérédité ou des autres facteurs indiqués plus haut
on augmente les précautions : vie à la campagne, séjour au bord de la mer, hydrothérapie, frictions, huile de foie de morue, alimentation forte raisonnée (œufs crus, viande crue, etc.). Une mère tuberculeuse ne doit pas allaiter son enfant, dans l'intérêt des deux.
2° Il faut éviter les contagions. D'une part, on doit éloigner soigneusement de l'entourage de l'enfant les parents, les domestiques tuberculeux, et le faire vivre (^ans les conditions nécessaires pour éviter l'inhalation des bacilles; le nouveau-né doit être sorti aussitôt que possible du milieu familial tuberculeux. Les enfants tuberculeux doivent être hospitalisés à part, car, malgré l'absence d'expectoration, ils sont contagieux dès qu'ils ont des lésions pulmonaires ouvertes; les nourrissons eux-mêmes peuvent être dangereux (Nobécourt et Paraf).
D'autre part, on doit veiller à l'alimentation et ne donner que du lait bouilli ou stérilisé", si la vache laitière n'est pas tuberculinée préalablement.
A ce, double but de prophylaxie répondent, au point de vue social, le placement familial à la campagne, les écoles de plein air, les colonies de vacances, etc.
Traitement. — Le traitement est surtout efficace dans les formes localisées; il a été étudié à part pour chacune d'elles, notamment à propos de la tuberculose pulmonaire (p. 419). 11 comprend comme éléments essentiels : 1" le repos, Vaération et Vhygiène; 2<* une alimentation abondante fournissant une ration supplémentaire convenablement choisie ; 3° des médications diverses visanf le bacille de Koch ou agissant sur l'organisme ; 4" des médications symptomatiques.
Les formes généralisées sont beaucoup plus rebelles.
Dans les formes chroniques, rencontrées surtout chez les nourrissons, on prescrit la campagne, le grand air, l'allaitement par une bonne nourrice, et, si l'enfant a dépassé 6 ou 8 mois, l'usage de la viande crue (mouton ou cheval) pulpée, à doses variables suivant l'âge, ou mieux du plasma musculaire suivant la méthode de Richet.
Dans les formes aiguës, le traitement est surtout symptomatique ; cependant dans l'espoir de voir la maladie tourner court ou se ralentir dans son évolution, on prescrit l'aérothérapie, la viande crue, une alimentation forte autant que l'état fébrile et les fonctions digestives le permettent. Contre la fièvre, on emploie l'hydrothérapie (lotions, bains tièdes,
enveloppements humides et frais), l'aspirine, rantypirine, le pyramidon, la cryogénine, etc.
La tuberculinothérapie, dans certaines formes chroniques, torpides, et la sérothérapie, dans les formes aiguës fébriles, sont encore à l'étude.
La syphilis de l'enfant est habituellement héréditaire, quelquefois acquise. Je ne l'envisage ici qu'en tant que maladie générale, les différentes localisations viscérales ayant été étudiées à propos de chaque organe.
A. Syphilis héréditaire. — Les enfants nés de parents syphilitiques peuvent présenter soit des accidents spécifiques (hérédo^contagion), soit des troubles non spécifiques, porasyphilitiques, suivant que la syphilis de ces derniers est en période contagieuse ou atténuée soit par l'âge soit par le traitement (hérédité dystrophique). Tous les enfants des syphilitiques ne sont pas forcément atteints de manifestations syphilitiques ; cependant, dans nombre de cas, ils sont porteurs d'une syphilis latente, décelable par la réaction de Bordet-Wassermann : sur 103 réactions pratiquées avec le sang du cordon recueilli avant la ligature, 87 étaient négatives, 16 positives ; dans le premier cas, la syphilis a toujours pu être éliminée ; dans le second cas, 8 fois elle n'a pu être décelée ni chez les ascendents ni chez les enfants (Calmette, Breton et Couvreur, 1911).
Étiologie. — La syphilis héréditaire est due, suivant les cas, à la syphilis du père, à celle de la mère ou, le plus souvent, à celle des deux générateurs.
1° La syphilis paternelle agit au moment même de la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde, la mère étant indemne; le cas est rare et le plus souvent la mère infectée sert d'intermédiaire entre le père et l'enfant ; suivant la période de sa syphilis, le père transmet des accidents spécifiques ou des stigmates dystrophiques. Quand la mère ne présente pas de manifestations syphilitiques, elle a le plus souvent, dans 78 p. 100 des cas (Knœpfelmacher et Lehndorffj une réaction de Wassermann positive.
"2° La syphilis maternelle peut :
a) Exister avant la fécondation. Suivant son ancienneté, la
mère transmet des accidents spécifiques ou des stigmates dystrophiques.
b) Être due à In fécondation (syphilis conceptionnelle). Elle est transmise à la mère par l'enfant, vers le 2^ mois, parinfection sanguiiie transplacentaire.
c) Être postérieure à la fécondation. Elle est contractée pendant la grossesse. Son action sur l'enfant varie avec le moment où la mère a contracté la maladie: suivant qu'elle l'a contractée du 2« au 5« mois, ou du 5*^ au 7« mois, ou du 7« au 9« mois, l'enfant prend fatalement la syphilis, ou y échappe quelquefois, ou naît sain.
3° La syphilis du père et de la mère rend presque certaine celle de l'enfant, qui présentera toutes les formes de l'hérédocontagion et de l'hérédité dystrophique.
Enfin, on peut observer la syphilis héréditaire à la deuxième génération, le père ou la mère, nés de syphilitiques, étant indemnes de syphilis acquise; elle consiste uniquement en stigmates dystrophiques.
Symptômes. — Quand la syphilis héréditaire se manifeste pendant la vie intra-utérine, elle entraîne des symptômes étudiés à propos de la syphilis hépalique (p. 281), provoque fréquemment l'avor/emenf du 4^ au 7« mois, ou, à une période plus tardive, V accouchement prématuré. Tantôt le fœtus n'offre aucune lésion appréciable, tantôt il est mort et macéré ; les organes (foie, poumons, reins, etc.) peuvent contenir des lésions spécifiques. Le placenta présente des caractères spéciaux.
Si l'enfant naît vivant, plusieurs éventualités peuvent se produire : 1° les lésions syphilitiques existent à la naissance [syphilis du nouveau-né) ; 2° elles apparaissent dans les 3 prepremiers mois (syphilis infantile héréditaire précoce); H** elles apparaissent à un âge plus ou moins avancé (syphilis infantile héréditaire tardive).
1° Syphilis du nouveau-né. — L'enfant peut mourir dans les miers jours par asphyxie foudroyante ou par hémorragie : hémorragies de l'ombilic, de la bouche, du nez, de l'estomac, de l'intestin (p. 172), etc. Souvent il est atteint de pemphigus, qui existe à la naissance ou apparaît pendant la première semaine au plus tard : les bulles, du diamètre de 2 à 15 millimètres, remplies par un liquide sanguinolent,; louche ou purulent, siègent à \b. paume des mains et à la plante des pieds; leur rupture laisse une exulcération saignante recouverte
d'une croûte brunâtre, ou seulement un épiderme plissé. . 2° Syphilis infa^stile héréditaire précocr. — Les symptômes se montrent pendant les 3 premiers mois.
Les enfants sont petits, chétifs, d'aspect vieillot; leur peau est terne, bistrée, flasque, ridée; leurs cheveux sont rares, lanugineux; il y a des îlots d'a/opeV/e, généralement en bandes, dans les régions postéro-latérales et fronto-pariétales; les veines de la face et du crâne sont très apparentes, atteintes de dilatations variqueuses (A. Fournier) ; le crâne, plus ou moins asymétrique, présente du craniotabes (p. 709) et des bosselures au niveau des pariétaux, des frontaux, de l'occipital (front olympien, front en carène, crâne natiforme). Le poids reste stationnaire ou diminue. Il exMste, en outre, toute une série d'accidents plus au moins caractéristiques.
Accidents muqueux et cutanés (fig. 182).— Il y a un coryza sanieux, verdàtre, purulent, qui entraîne la formation de croûtes (p. 58).
Les lèvres (fig. 8)présentent des fissures, qui siègent aux commissures, dans les parties médianes, ou sont irrégulièrement réparties. Elles sont plus ou moins profondes,
croûteuses (p. 38;. Des fissures analogues se rencontrent à Tanus.
La peau est le siège d'éruptions de types divers. Parfois c'est du peniphigus palmo-plantaire, qui peut apparaître encore jusqu'à 6 semaines (Parrot). Le plus souvent, ce sont des plaques couleur chair de jambon ou de saumon, arrondies, sans saillie, grandes d'un centimètre et plus, disséminées sur les membres, le tronc et la face, apparaissant par poussées,
NoBÉcouRT. — Précis de médecine des enfants 60
Fig. i82. — Nourrisson hérédo-sypliilitique.
pouvant persister plusieurs semaines et susceptibles de se transformer dans les types suivants (syphilides maculeuses de, Sevestre), ou bien des plaques de même aspect, mais légèrement saillantes (syphilides papuleuses). Ces papules desquament, ce qui produit une petite collerette épidermique, la collerette de Biett (syphilides papiilo-squameiises), ou présentent des érosions (syphilides papulo-érosives). Les éruptions siègent le plus souvent dans les régions périanales, périnéales, fessières, au pourtour des narines, des lèvres, à la paume des mains et à la plante des pieds, à l'extrémité supérieure du pavillon de l'oreille.
L'examen histologiqiie de la papule syphilitique montre un derme très épaissi par une infiltration cellulaire (lymphocytes et surtout plasmazellen) dense, à disposition périvasculaire; il y a endopériartérite et endopériphlébite (M. Ferrand).
Par suite des infections secondaires, les éléments éruptifs peuvent se recouvrir de croûtes épaisses (impétigo syphilitique), s'ulcérer (syphilides ulcéreuses de types divers).
Les syphilides tuberculeuses ne sont que de petits abcès cutanés (Jacquet) ; les syphilides gommeuses sont exceptionnelles.
Assez souvent, les ongîes sont opaques, striés longitudinalement et tombent (onyxis) ; le bourrelet périunguéal est rouge, ulcéré ipéri-onyixis ). Ces lésions ne sont pas absolument pathognomoniques.
Parfois une ulcération om- Fig. 183. - Ulcère syphilitique de bUicale (fig. 183) se creuse l'ombilic chez un nourrisson de , ^c .• • «
dm, semaines. ^"^^ ^"6 tuméfaction inflam-
matoire, véritable ulcère gommeux (Hutinel, Prosper Merklen et Bertherand, Nobécourt et Parafj.
Manifestations viscérales. — Uanémie syphilitique se traduit par une diminution du nombre des globules rouges et de l'hémoglobine. La rate est grosse (p. 317). Parfois se réalise le tableau de Vanéiniesplénique infantile pseudo-leacémique{p.Q'2,9)»
Le /oie est souvent hypertrophié (p. :281).
Les ganglions ont généralement un volume normal ; on peut voir cependant de la polyadénopathie (p. 637), l'adénopathie médiastine i p. 4oo>
Parfois ily a delà syphilis laryngée provoquant de la laryngite stridiileiise et de Vredème glottiqiie, qui peuvent entraîner la mort par sufïocation (p. 357). Il existe rarement delà syphilis pulmonaire (p. 4"21), plus souvent de la broncho-pneumonie due à une infection banale, qui a tendance à évoluer vers la sclérose (p. 383).
Les testicules sont parfois durs et scléreux.
Les troubles digestifs sont fréquents; ils relèvent en partie des conditions défavorables pour l'allaitement réalisées par la syphilis (p. 152).
Manifestations osseuses. — En dehors des altérations des os du crâne décrites plus haut ip. 943), une affection intéressante est la pseudo-paralysie syphilitique des nouveau-nés ou maladie de Parrot. Elle est due à la production d'un syphilome juxla-épiphysaire, qui détermine une transformation gélatiniforme de l'os et du cartilage et même une fracture juxtaépiphysaire. La lésion siège généralement à l'extrémité inférieure de l'humérus et peut être bilatérale. Le membre est immobile, bien que les muscles se contractent; les mouvements arrachent des cris à l'enfant; il y a, au voisinage de l'articulation, une tuméfaction adhérente à l'os, plus ou moins diffuse, douloureuse à la pression, et parfois de la crépitation. Quelquefois se forme une suppuration péri-épiphysaire, péri-articulaire et même intra-articulaire (p. 923), due soit à la syphilis elle-même (Parrot, Marfan), soit à des infections secondaires à streptocoques, à staphylocoques, à pneumocoques, à gonocoques. Le pronostic est grave, car la pseudoparalysie est généralement associée à des lésions spécifiques étendues; la guérison est possible grâce au traitement spécifique.
Les altérations des os sont douloureuses et provoquent des cris. Aussi les cris sont-ils plus fréquents et plus persistants chez les hérédo-syphilitiques que chez les autres enfants (Sisto).
La syphilis peut entin faire apparaître un rachitisme précoce (p. 703) prédominant au niveau du crâne (craniotabes, crâne natiforme, etc.).
3° Syphilis infantile héréditaire tarpive. — Elle se mani-
feste dans la moyenne et dans la grande enfance et même plus tard. Elle est constituée par des stigmates dystrophiques et par des accidents spécifiques.
Les principaux stigmates sont les suivants (A. Fournier et E. Fournier) :
Habitus extérieur : les hérédo-syphilitiques sont débiles, maigres, ont un teint pâle, terreux; leur croissance est retardée (nanisme, infantilisme).
Cicatrices tégumentaires : cicatrices du nez, de la bouche, etc.
Lésions du squelette : dé formations du crâne (crâne natiforme, front olympien, etc.), du nez (nez camard, nez en pied de marmite, nez en lorgnette, nez en selle (p. 59; fig. 9 et 10), des os des membres et surtout du tibia (épaississement et inégalités de la crête, tibia en lame de sabre, etc.) (1).
Testicules : ils sont atrophiés, scléreux, déformés ou rudimentaires.
Triade d'Hutchinson : troubles de la vue, conséquence de la kératite parenchymateuse diffuse, caractérisée par une cornée trouble et dépolie, par le défaut de transparence de la pupille (fréquente), de l'iritis et de la choroïdite (rares), — altérations des oreilles, causes de surdité complète ou incomplète, — altérations des dents (p. 21 et fig. 7).
Enfin on peut observer des affections du système nerveux, considérées autrefois comme para-syphilitiques : tabès, paralysie générale, hydrocéphalie, hémiplégie, maladie de Little, idiotie, épilepsie, etc.
Les accidents spécifiques sont des ostéo-périostites, des lésions cutanées (ulcérations tertiaires, gommes), des lésions muqueuses : rhinite (p. 58), syphilis du pharynx (p. 113) et du larynx (p. 357), syphilis hépatique (p. 281), rénale (p. 599), testiculaire, pulmonaire (p. 421), etc.
Anatomie pathologique. Bactériologie. — Les Lésions des viscères sont étudiées à propos de chacun d'eux : foie, rate, poumons, etc.
Les lésions des os sont très importantes.
Dans Thérédo-syphilis précoce (Parrot, Hochsinger, etc.), les os du crâne présentent des saillies ostéophy tiques, surtout au niveau des frontaux et des pariétaux, parfois des ramollisse-
1. En Abyssinie, où rhêrédo-syphilis est fréquente, le rachitisme, la voûte palatine ogivale, le tibia en lame de sabre, les déformations crâniennes (front olympien, craniotabes) sont exceptionnels (Méral).
ments [craniotabes) et même des iilcé^^ations ; les os des membres présentent des épnississcments du périoste au niveau de la diaphyse, Vépaississement et le ramollissement de la zone diaphysoépiphysaire, qui peut aboutir au décollement.
Dans l'hérédo-syphilis tardive (Fournier, Lannelongue) existent, au niveau du crâne et des os longs, des lésions d'ostéo-périostite simple ou gommease, entraînant secondairement des hyperostoses.
Dans les lésions syphilitiques on trouve le Spirochœte pallida de Schaudinn {Treponema pallidum). Il est surtout fréquent dans les formes à évolution rapide observées chez le nouveau-né; les organes les plus riches en parasites sont, par ordre décroissant, le foie (fig. 51) (hépatite interstitielle diffuse s le pancréas, le poumon (pneumonie blanche), les capsules surrénales hypertrophiées, la peau (pemphigus). Chez les nourrissons, ils sont plus rares et localisés dans le foie.
Les Spirochœte envahissent r(»rganisme fœtal et se disséminent par la voie sanguine. Mais ils ne se développent pas dans le sang ; ils le quittent rapidement pour envahir la paroi des vaisseaux, le tissu conjonctif et les cellules parenchymateuses; oo les trouve en effet à l'intérieur des cellules du foie, des reins, des capsules surrénales et probablement des glandes sudoripares (Levaditij.
Pronostic. — L'hérédo-syphilis a un pronostic immédiat très grave. Sur 100 enfants issus de parents syphilitiques, 70 à 83, suivant les statistiques, meurent soit avant la naissance, soit dans les premiers temps de la vie (A. Fournier). Parmi les survivants, beaucoup sont atteints ultérieurement de manifestations syphilitiques.
La mort survient soit du fait de la syphilis, soit du fait des nombreuses complications, notamment des affections gastrointestinales et respiratoires, auxquelles les petits hérédosyphilitiques sont particulièrement exposés.
Les hérédo-syphilitiques ne sont pas indéfiniment immunisés; ils peuvent contracter la syphilis dans la jeunesse ou à làge adulte. On appelle syphilis binaire la syphilis contractée par un hérédo-syphilitique; elle est en général moins grave que la syphilis contractée par un sujet neuf.
Diagnostic. — Le diagnostic de la syphilis héréditaire est particulièrement délicat. L'existence des antécédents héréditaires constitue une forte présomption, mais rien de plus, car
tous les enfants de syphilitiques ne le sont pas eux-mêmes ; d'ailleurs ces antécédents sont souvent ignorés.
Aucun des accidents de la syphilis héréditaire n'est absolument pathognomoniqiie ; c'est surtout leur ensemble qui acquiert de la valeur.
i° Syphilis héréditaire précoce. — L'aspect de l'enfant, son faciès doivent mettre en éveil ; le diagnostic se confirme s'il existe du coryza purulent, des fissures péribuccales et périanales, du pemphigas, des syp'hilides catanées. Mais cette association de symptômes est loin d'être constante.
Le même aspect général peut s'observer chez des nouveaunés et des nourrissons cachectiques (p. 699).
Le coryza peut être un coryza simple ou blennorragique (p. 60).
Le pemphigus est caractéristique par son début précoce, son siège initial à la paume des mains et à la plante des pieds, sa purulence. Le pemphigus simple, en effet, ne débute pas avant 20 jours, n'a pas la même localisation initiale, siège au tronc; les bulles ont un contenu clair.
Les syphilides cutanées présentent beaucoup de ressemblance avec certaines éruptions non spécifiques (syphiloïdes post-érosives de Jacquet), que l'on observe au cours des affections gastro-intestinales (p. 144). Ces éruptions ont une même localisation (régions fessières, crurales, jambières postérieures, etc.), mais n'envahissent pas le tronc et la face ; elles passent par les stades suivants : 1** érythème vésiculeux ; S'' érosion post-vésiculeuse arrondie, à fond rouge vif saignant; 3° pseudo-papule. A V examen histologique, celle-ci se distingue nettement de la papule syphilitique (p. 946) par une infiltration cellulaire plus diffuse, non prédominante autour des vaisseaux, par le peu d'altération de ceux-ci (M. Ferrand).
D'ailleurs chacune des manifestations syphilitiques viscérales ou cutanées peut simuler d'autres affections de ces vicèresou de la peau, dont le diagnostic différentiel est fait dans divers chapitres.
"2° Syphilis héréditaire tardive. — Les stigmates conduisent au diagnostic de la syphilis, si l'un d'eux ou le groupement de plusieurs sont caractéristiques. Les lésions cutanées simulent souvent le lupus ; les lésions viscérales comportent chacune un diagnostic spécial.
La recherche du spirochœte, quand elle peut être faite, la
séro-réaction Bordet-Wassermann, dans tous les cas, ont une grande valeur diagnostique.
B. ■— Syphilis acquise. — Etiologie. — La syphilis acquise de l'enfant, comme celle de l'adulte, est due à la contagion directe ou indirecte par des accidents spécifiques contagieux (chancre, plaques muqueuses).
L'enfant peut être contagionné par Yallaitement (nourrice ayant un chancre ou une plaque muqueuse du sein, ou venant de donner le sein à un enfant spécifique, sans être elle* même malade), — par les objets servant à des syphilitiques (objets de toilette servant à la mère ou à une gardienne sy]bhilitique, biberon), — par le baiser, — par des attentats vénériens, — par la vaccine, la circoncision.
Symptômes. — Le chancre est rarement génital (attentats vénériens, plus souvent usagé d'objets de toilette contaminés), presque toujours extra-génital : bouche, lèvres, face, cou, périnée, abdomen. Ses caractères sont identiques à ceux qu'il revêt chez l'adulte. Il est suivi d'accidents secondaires (roséole, plaques muqueuses), et, '2 ou 3 ans après, de manifestations tertiaires.
Chez le nourrisson, la syphilis acquise évolue souvent d'une façon rapide vers la mort ; celle-ci est due à la cachexie qui s'installe sans symptômes apparents, à l'intensité des lésions buccales, qui empêchent l'alimentation ; elle détermine des dystrophies identiques à celles de l'hérédosyphilis : lésions oculaires, auriculaires, malformations dentaires.
Chez l'enfant plus grand, elle se comporte comme chez l'adulte; son pronostic beaucoup moins sérieux que chez le nourrisson.
Diagnostic. — La syphilis acquise se distingue de la syphilis héréditaire par l'existence du chancre et de l'adénopathie caractéristique; par l'apparition de lésions secondaires (roséole et plaques muqueuses) et non de lésions d'apparence tertiaire ; par l'absence de stigmates dystrophiques dans la plupart des cas.
Dans tous les cas, la séro-réaction permet, quand elle est positive, d'affirmer l'existence de la syphilis.
Prophylaxie et traitement de la syphilis infantile. — A. Prophylaxie. — 1'^ Hérédo syphilis. — Il convient de réaliser la prophylaxie avant la naissance.
Il ne faut permettre le mariage d'un syphilitique que s'il
s'est traité régulièrement au moins pendant 3 ans, s'il n'a pas eu d'accident spécifique au moins depuis 2 ans (A. Fournier) et s'il a une réaction de Wassermann négative.
Le syphilitique qui paraît guéri doit subir un traitement de 6 mois avant de procréer.
La mère même, si elle paraît saine, doit être soumise au traitement pendant la durée de la grossesse.
2^ Syphilis infantile acquise. — On l'évite par le choix judicieux de la nourrice, par la surveillance de celle-ci, pour empêcher qu'elle se contamine pendant la période d'allaitement, et d'une façon générale par l'ensemble des précautions habituelles.
B. Alimentation et hygiène. — Que l'enfant soit simplement suspect ou manifestement atteint de syphilis, on conseille l'allaitement maternel. En effet : 1* une mère syphilitique n'infecte pas son nourrison sain en apparence (loi de Projeta), à moins qu'elle n'ait contracté sa syphilis après le 5« mois de la gestation ; en pratique il vaut mieux l'interdire quand la syphilis a été contractée pendant la grossesse (Gaucher) ; 2« une mère non syphilitique en apparence n'est pas infectée par l'enfant syphilitique procréé par elle [loi de Baumes-Colles). Les exceptions à ces lois ne sont pas rares.
A défaut, on institue l'allaitement artificiel.
L'allaitement mercenaire n'est autorisé, dans des circonstances spéciales, que si, jusqu'à 6 mois, l'enfant n'a pas eu de manifestations syphilitiques ; ou que si, la mère étant indemne, la syphilis paternelle est muette depuis 8 ou 9 ans, et le père s'est traité méthodiquement (Fournier, Marfan). La réaction de Wassermann donne des indications utiles.
Si un enfant, né sain en apparence et dont on ignore l'hérédité spécifique, présente des accidents suspects, il faut, au cas d'allaitement mercenaire, le supprimer immédiatement et mettre la nourrice en observation.
C. Traitement. — Il consiste essentiellement dans l'emploi du mercure, de Varsenic, de Viodure de potassium.
a) Mercure. — On utilise le mercure :
1° En frictions avec l'onguent napolitain, faciles à faire; en bains de bichlorure de mercure peu utilisés ; en emplâtres de calomel ;
2° En ingestion de bichlorure de mercure (liqueur de Van Svvieten), de lactate neutre de mercure, de mercure avec craie, etc. ;
S** En injections soas-ciitanées de sels soliibles (biiodure ou benzoate de mercure) ou insolubles (calomelj, .d'huile grise.
Le traitement est poursuivi, avec des intervalles de repos de 10 jours (!«'■ semestre), de 15 jours d^ semestre) par mois dans la première année, de 20 jours par mois dans la deuxième année. Plus tard on fait des cures de 2 semaines séparées par des repos de 6 semaines (3® année), de 3 mois (4« année) et ensuite chaque année (jusque vers 10 ansj deux cures de 15 jours par an.
Quand il existe des accidents spécifiques on institue un traitement intensif.
b) Arsenic. — On utilise Vnrsénobenzol et surtout le novarsénobenzol qui donnent d'excellents résultats et sont .en général bien tolérés.
On l'emploie en injections intra-veineuses, à doses progressives, pour éviter les accidents. En général on fait des séries de 8 injections séparées par des intervalles de 8 jours.
La dose initiale, quel que soit Tàge, est de 0 gr. 002 milligrammes par kilogramme. On augmente chaque fois de 1 milligramme par kilogramme ou un peu plus pour les dernières.
Les séries sont renouvelées en tenant compte des symptômes et de la réaction de Wassermann.
On peut alterner ou associer le mercure et l'arsenic.
c) lodure de potassium. — Il est indiqué, comme adjuvant, après la disparition des accidents aigus, contre les manifestations parasyphilitiques, les gommes, les lésions osseuses, etc.
Pendant la 3^ ou la 4« année, et ultérieurement, on peut donner le sirop de Gibert, ou faire suivre chaque cure mercurielle d'un traitement ioduré de 15 ou 20 jours.
A côté du traitement général, il faut faire le traitement local des diverses localisations : lavages au bichlorure de mercure à 1/5 000, pansements à la pommade au calomel à 1/20, etc.