III. Circonstances de 1 accouchement
Les magistrats ont souvent besoin de s’éclairer sur les circonstances qui ont accompagné l’accouchement ou sur les influences que celui-ci peut occasionner. C’est d’ailleurs un moyen de défense adopté par les femmes accusées d’infanticide. Ces questions sont ordinairement les suivantes :
L'accouchement a-t-il été facile ou difficile'! L’expert tient compte des conditions où se trouvait la femme au moment de l’accouchement. Rarement les femmes sont surprises par la sortie du fœtus. Les primipares peuvent méconnaître le début du travail. Quand le col est largement dilaté, l’expulsion du fœtus peut se faire brusquement. Aussi il faut se renseigner sur la conduite de la femme pendant le travail; celui-ci est d’autant plus difficile à cacher qu’il dure plus longtemps. On examine ensuite successivement la mère et l’enfant. Sur la première on recherche les causes de dystocie (bassin, etc.), les traces laissées ; sur l’enfant, on note ses dimensions, le siège et le développement de la tumeur œdémato-sanguine, qui fixe sur la présentation et la longueur du travail.
L’accouchement a-t-il été assez rapide pour amener la chute et la mort du fœtus? Cet accident est possible, mais, d’après tous les accoucheurs, il se produit bien rarement des accidents quand le fœtus glissant sur.les cuisses de la mère, retenu d’ailleurs par le cordon ombilical ou le placenta, tombe à terre. Souvent les femmes prétendent avoir été prises d’un pressant besoin d’aller à la garde-robe, et disent que c’est dans cette situation, alors qu’elles se trouvaient au-dessus d’une fosse d’aisances ou d’une chaise de nuit, que
l’enfant a été brusqnement expulsé. On ne peut nier la possibilité de pareils accidents, mais pour savoir si l’allégation est vraie dans le cas spécial, l’expert notera l’état des localités et procédera à l’examen de la femme et de l’enfant en spécifiant particulièrement la présentation : ces accidents ne pouvant guère se produire qu’avec une présentation du sommet. On se rappellera que c’est dans l’axe des parties génitales que l’expulsion s’opère, et que l’enfant tombe un peu avant et non directement en bas.