PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
Après avoir tracé les droits et les obligations du médecin dans la société et devant la justice, nous avons exposé, dans une première partie, les questions qui se rencontrent dans toute procédure et qui sont relatives à la personne vivante ou au cadavre. .
C’est pour ainsi dire la médecine judiciaire géné-
rslô»
Dans une seconde partie, nous avons étudié les attentats contre la personne. Ils forment trois chapitres distincts, les coups et blessures, les asphyxies et empoisonnements, les questions relatives à l’instinct sexuel et aux fonctions de reproduction.
Pour chaque question, nous avons d’abord défini le sujet dont nous avons montré l’importance ; nous avons rappelé les articles du Code, les arrêts de la Cour de Cassation, les ordonnances ou règlements de police, etc., qui s’y rapportent directement. Il nous a semblé qu’il était utile de mettre sous les yeux du médecin le texte même de la loi, pour lui faire apprécier l’importance et le but de la mission qu il remplit. Les magistrats, les avocats qui consulteront cet
ouvrage, trouveront peut-être aussi quelque avantage à ce rapprochement.
Les caractères scientifiques sont ensuite exposés Nous nous sommes attaché à n’introduire que des notions scientifiques précises, afin de fournir à l’expert des preuves à l’abri de toute interprétation erronée.
Des considérations précédentes découlent alors les conséquences médico-judiciaires et les règles de l'expertise.
L’emploi d’un petit texte pour distinguer les matières de législation des développements scientifiques permet au lecteur, selon ses connaissances spéciales, de les consulter séparément. Nous avons cherché à éviter le défaut de quelques traités qui ont négligé cette précaution. Le médecin s’embarrasse dans les interprétations juridiques, le juriste est arrêté par les discussions techniques ou par un langage scientifique spécial.
Cette séparation si nette entre les matériaux du droit et ceux de la médecine nous a permis de donner complètement les documents administratifs ou autres qu’il est nécessaire d’avoir toujours sous la main. Les officiers de police judiciaire trouveront ainsi répnis les renseignements scientifiques qui les intéressent, tels que la constatation des décès, la levée des corps, les règlements sur les inhumations, les soins à donner aux blessés, aux asphyxiés, etc., etc.
On nous saura gré, sans doute, d’avoir introduit dans cet ouvrage des chapitres nouveaux et qui n’ont pas encore trouvé place dans les livres clas-
siques. La mort par la chaleur et par le froid extérieur, par inanition, les accidents causés par les anesthésiques, etc., ont été particulièrement étudiés.
Nous nous sommes aussi fait un devoir de relever, dans les Comptes vendus de l' administration de la justice criminelle, les faits scientifiques qui nous ont paru de quelque importance, et on trouvera, à leur place, les statistiques qui méritent de fixer l’attention des médecins et des magistrats, celles, par exemple, qui concernent l’empoisonnement criminel, les suicides, les avortements, les altentats aux mœurs, les viols, les infanticides, etc.
Dans la rédaction de ce livre nous avons essayé de grouper toutes les connaissances médicales qui, à notre époque, peuvent être utilisées pour l’application de la loi. Le médecin, par ses études spéciales, permet souvent au magistrat d’arriver à la possession de la vérité. Les jurisconsultes, disait déjà Ambroise Paré, jugent selon qu’on leur rapporte. Nous serions récompensé de nos efforts, si nous avions pu mettre en lumière et faire ressortir l’importance du concours que la profession médicale apporte au fonctionnement de la justice, c’est-à-dire de la plus haute et delà plus indispensable institution du corps social.