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C. Arrêt fonctionnel de la respiration , de la chaleur

11 n’v a plus de respiration, le thorax est immobile. D'où les expériences du miroir, du duvet, de la flamme dune bouïï apppochie do, lèvres, .1» «erre d'eau .P(l. J» » ■ l’anDendice xiphoïde. L’auscultation est difficile, a cause des troubles pathologiques fréquents. Un de mes malades

UE LA MORT ET DU CADAYRE

est mort, alors que je l’auscultais, pendant un moment d'inspiration. La respiration cesse un moment avant la circulation.

Les échanges moléculaires venant ainsi à se supprimer, il se produit ordinairement un abaissement de la température. Le thermomètre baisse plus vite dans l'aisselle que dans l’anus. Les différentes parties se refroidissent plus ou moins vite : la face d’abord, puis les extrémités, les membres, le tronc. Le corps s'équilibre avec les objets extérieurs, après 10 ou 24 heures. Quand le thermomètre est descendu à 25 ou 22 degrés dans l'aisselle ou dans l'anus, la mort est certaine, et on peut procéder à l'inhumation.

La rigidité cadavérique a aussi une importance qui a frappé depuis longtemps tous les observateurs. D’après les expériences de Nysten, les muscles restent contractiles au moins une heure après la mort, le maximum a été de 50 heures, en moyenne de 5 à 6 heures. Cette moyenne est d'ailleurs en rapport avec l’état du sujet et le genre de mort. La contractilité du ventricule gauche du cœur s’éteint d'abord, puis viennent les intestins, l’estomac, l’utérus, l’iris, les muscles du tronc, ceux de la face, ceux des membres abdominaux, puis les muscles des membres thoraciques, et enfin l’oreillette droite du cœur. Les recherches doivent donc porter sur les membres dont l’examen est le plus facile : elles peuvent se faire avec un petit appareil d'induction (bobine de Ruhmkorff ou le bioscope électrique du docteur Grimotel).

Quand la contractilité musculaire a cessé, la rigidité cadavérique se montre dans les libres lisses et dans les fibres striées, quels que soient l’âge et le genre de mort. C’est le muscle qui, étant devenu acide, a coagulé la myosine. La rigidité apparaît en moyenne au bout de G à 12 heures. Elle s’étend à tout le corps après 24 heures, en frappant d’une manière assez régulière la mâchoire inferieure, la nuque, le visage, le tronc, le membre supérieur, le membre inférieur ; puis elle diminue et cesse après 36 ou 48 heures.

Enfin se présente la putréfaction. C’est là le signe de la mort le moins discutable. Il en est la caractéristique essentielle.

Ses signes généraux sont un changement de coloration de la peau, les tissus se ramollissent, des gaz odorants se développent, il y a fonte putride du sang des muscles avec production d’organismes inférieurs.

Deschamps (Mémoire dans les Annales d'hygiène, tomeXXX, page 218) a parfaitement indiqué les circonstances qui montrent que la putréfaction est un des meilleurs signes de la mort.- Tant que le corps conserve sa chaleur naturelle, le ventre ne se colore pas. La coloration veite abdomi nale coïncide très souvent avec la rigidité cadavérique. Les parois du ventre restent à l’état normal tant que les muscles sont sensibles aux stimulants galvaniques et électriques; à 0 degré les cadavres se conservent, pendant 12 à 15 jours, sans offrir aucune trace de coloration, et ils exhalent à peine une odeur. Si le dégel arrive et que la température s’élève à 4 ou 5 degrés, souvent en quelques heures l’odeur ammoniacale et cadavéreuse se manifeste, et le ventre se colore. Un cadavre qui de 0 degré passe suintement à 20 ou 25 degrés présente souvent, à la fin de la journée, la couleur caractéristique de la putréfaction.

De nombreuses conditions l’accélèrent ou la retardent. Ordinairement, la coloration verdâtre commence par le flanc droit, puis se généralise à l’abdomen, s’étend au thorax et gagne les autres parties, qui passent successivement au vert, à la teinte rouge et brune.

Il y a des états pathologiques, tels que la gangrène, qui simulent la putréfaction; mais la confusion n’est pas possible. Chez les noyés, la putréfaction commence par la face, la partie supérieure de la poitrine, c’est-à-dire par les parties à vascularisation très marquée. Nous insistons sur la rapidité de la putréfaction chez les individus qui succombent à des fatigues excessives ou au surmenage aigu- (l'est d’une grande importance médico-légale, soit pour préciser la date de la mort, soit pour différencier cette putréfaction de celle qui se montre dans certains empoisonnements.

La coloration verdâtre de l'abdomen est le signe du début de la putréfaction. C’est une imbibition qui passe dans les tissus et que les lavages ne peuvent détruire. El e se produit d’ailleurs chez les nègres ou les hommes de couleur.

DE LA MORT ET DU CADAVRE

En résumé, la mort est bien certaine quand il y a eu un délai de quarante-huit heures , que des examens, répétés ont montré T absence des bruits du cœur , et que l’on a constaté la rigidité cadavérique , le thermomètre dans II aisselle à 25 degrés et la tache verdâtre des parois abdominales.

3° BATE DE LA MORT

Les signes de la mort bien connus, il sera plus facile di’en fixer la date.

Il y a des signes de la mort récente et de la mort ancienne. On peut donc admettre deux périodes distinctes. La mort récente s'étend du moment de la mort au début des phénomènes de putréfaction; c’est alors que commencent les signes de la mort ancienne, et ils se continuent jusqu’à la fin de la putréfaction.

Dès que la vie a cessé, l’organisme achève de mourir, et ses solides et ses fluides obéissent aux lois physiques et chimiques qui commandent à tout le corps. « Notre chair, dit Bossuet dans l’oraison funèbre d'Henriette d’Angleterre, change bientôt de nature, notre corps prend un autre nom, même celui de cadavre, parce qu’il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps. Il devient un je ne sais quoi qui n’a plus de nom dans aucune langue. »

C’est ainsi que le cadavre se refroidit progressivement, et sa température s’équilibre avec celle du milieu ambiant.

Il se réchauffera plus tard avec le début des phénomènes chimiques de la putréfaction. Nous avons indiqué précédemment dans quelles limites variait ce refroidissement et à quels moments survenaient et disparaissaient la rigidité cadavérique, la contractilité musculaire, les symptômes oculaires, les hvpostases ou lividités, la coloration verdâtre de l’abdomen.

11 ne faut pas vouloir chercher un signe, mais un ensemble, et tenir compte surtout d'une foule de circonstances extérieures ou autres qui peuvent beaucoup influencer la marche et la durée de ces différents phénomènes.

Les signes de la mort ancienne se retrouvent dans l'ensemble des phénomènes présentés par la putréfaction.

188 questions générales

Celle-ci commence en moyenne vers le 2“ jour en été et

le 8° jour en hiver. , ...

Elle est pour ainsi dire sous l’influence absolue du milieu

dans lequel elle se produit.

Fourcroy, dans son système des connaissances chimiques, a très bien décrit la Putréfaction a l’air libre : « La substance animale se ramollit; si elle était solide, elle devient plus ténue ; si c’est un liquide, sa couleur change, et tire plus ou moins sur le rouge brun ou sur le vert (once ; son odeur s'altère, et après avoir été d’abord fade et desagréable, elle devient fétide et insupportable. Une odeur ammoniacale se mêle bientôt à la première, et lui ôte une partie de sa fétidité. Celle-ci n’est que temporaire, tandis que l’odeur putride existant avant, elle reste encore apres, et subsiste pendant toutes les phases de la putréfaction ; les liquides se troublent et se remplissent de flocons, les parties molles se fondent en une espèce de gelée ou de putrilage, on observe encore un mouvement lent, un bourMuflemcn léger qui soulève la masse, et qui est du a des bulles de fluides élastiques, dégagées lentement et en petite quantité a la fois. Outre le ramollissement général de la partie animale solide, il s’en écoule une sérosité de diverses cou leurs et qui va en augmentant. Peu à peu, toute la matieie fond , ce léger boursouflement s’affaisse, la couleur se fonce a la fin l’odeur devient comme aromatique, et se rapproche même de celle que l’on nomme ambrosiaque , enfin la m tière animale diminue de masse les éiéments s evaporen et se dissolvent, et il ne reste qu une sorte de terre Diasse,

visqueuse, encore fétide. » , , nntréfar-

C’est ainsi que les différentes colorations de la pu relac , ion se généralisent à tout le corps ; il survient ensuite une putréfaction gazeuse qui se passe dans le sa”S> lusflu truclion de ce liquide ; puis toutes les part es tombent en putrilage qui s’écoule, elles os sont a nu. Su le sol reste un détritus noir, d’odeur spéciale, ressemblant a bonis. Puis les os blanchissent de plus en plus, ils s altèrent

et tombent en poussière. remar-

D’après Devergie1, qui a étudié d une façon très tem

* Médecine légale, t. U, P- A® el su'v-

DE LA MOUT ET DU CADAVRE

quable tout ce qui se rapporte à cette question, l'atmosphère la plus favorable au développement de la putréfaction doit être celle qui se compose d'oxygène, d’azote, d'acide carbonique dans les proportions de l'air, d’une somme d’électricité très grande, d'une quantité considérable de vapeur d’eau et d’une température de 18 à 25°. Dans son développement successif, la putréfaction produit d’abord des substances qui, pour la plupart, sont acides ; ensuite elle dégage de l'ammoniaque, les composés sont alcalins et il se forme des savons. Ces corps gras sont aussi un des termes des dédoublements successifs qu’éprouvent les substances protéiques. Le dernier terme est la production d’une sorte de cambouis ou d’une substance analogue à de l'amidon, ultime transformation du savon cadavérique.

« La saponification est très prompte : 1° chez les sujets très jeunes ; 2“ chez ceux qui sont très gras ; 5“ dans l’eau des fosses d’aisances; 4° un peu moins prompte dans l’eau stagnante que dans l’eau courante ; 5° facile dans les terrains humides et gras ; très rare dans les terrains secs ; 6° d'autant plus prompte que les cadavres sont plus amoncelés les uns avec les autres, et, dans ce cas, ceux qui sont le plus profondément situés sont plus tôt saponifiés. Les dilférences dans la durée du temps nécessaire pour amener la saponification, suivant, ces diverses circonstances, sont très grandes. Un enfant nouveau-né peut être presque entièrement saponifié en six semaines ou deux mois dans l’eau d’une fosse d’aisances. Il faut, un an environ pour obtenir la transformation en gras de la totalité d’un noyé, et trois ans à peu près dans la terre pour arriver à ce résultat. » (Devergie.)

La rcTRÉF action dans la TEnnn a été l'objet de travaux importants de la part d’Orfila et Lcsueur 1 et de Devergie. On peut, avec ce dernier savant, distinguer cinq périodes distinctes. Dans la première, les tissus se ramollissent ; ils se colorent en vert ou rouge brun ; des gaz se développent en plus ou moins grande quantité, d’après la saison; les tissus deviennent plus humides.

1 Traité des exhumations juridiques, etc. Paris. 1831.

Après la fonte putride, les organes se saponifient. C’est |a deuxième période. Il se développe une matière gluante plus ou moins épaisse, qui donne à la peau, ainsi qu’aux autres organes, un toucher gras. Les tissus sont moins humides. Les gaz ont disparu. Une coloration bistrée a remplacé la couleur verte ou brune.

Dans la troisième période, la saponification est plus accusée. Dans la quatrième, les organes et les tissus se dessèchent et s'amincissent ; dans la cinquième, les parties molles ou dures se détruisent et se transforment en poussière ou cambouis qui s’infiltre peu à peu dans la terre.

En desséchant un cadavre de 60 kilogrammes, Chaussier l’a réduit à un poids de 6 kilogrammes. On sait, en effet, que les nombreux débris humains enfouis depuis de longues années dans les cimetières n’en ont jamais exhaussé le sol.

Orfila a montré que plus un cadavre est enterré profondément, plus de temps il met à se putréfier. Dans un terrain sablonneux et sec, la putréfaction est lente. Le cadavre de Napoléon I*1, qui avait été enterré dans un terrain semblable, était très bien conservé. Elle est plus prompte, s’il est argileux et humide, plus rapide encore, si la terre est très végétale, humide, et a une douce température. Le Campo Santo de Dise, qui détruisait rapidement les corps, devait, disait-on, cette propriété à la nature alcaline de son sol. Dans les pays chauds, les cadavres se momifient, se dessèchent et se conservent indéfiniment dans le sable, ainsi que

l'a constaté Volney. . .

D’après Orfila, les causes les plus importantes qui influencent la putréfaction des cadavres inhumés sont les suivantes : l’âge, la constitution de l’individu, le sexe, 1 état de maigreur ou d’obésité, de mutilation ou d’integrité du sujet, le genre et la durée de la maladie à laquelle il a succombé, l’époque où l’inhumation a eu lieu, la ponte de certains insectes à la surface du corps, la nature des terrains, la profondeur de la fosse, l’état nu ou enveloppe du cadavre, la présence ou l’absence d’une bière, la nature et l’épaisseur de celle-ci, les influences atmosphériques. De savant a encore étudié les changements physiques éprouves par les tissus. C’est ainsi qu’il a noté la destruction rapide

DE LA MORT ET DI! CADAVRE

de l’épiderme, de la peau du tissu musculaire ; les tendons, les cheveux et poils résistent longtemps, la putréfaction du cerveau, des poumons, de l’utérus, est assez lente; les os s’altèrent à peine, même après des siècles, quand ils ne sont pas en contact avec l’air. On a trouvé, à Saint-Denis, les os du roi Dagobert, mort depuis plus de douze cents ans. Les dents résistent très bien, l’émail est presque indestructible.

La putréfaction dans l’eau donne lieu à une série de phénomènes que Devergie a classés dans l’ordre suivant :

1° Putréfaction en vert (débutant par la peau du sternum et celle de la face vers le 5° jour en été, vers le 12° ou le 45‘; en hiver].

2° Le développement de gaz dans les cavités du cœur, l’estomac, les intestins, les poumons, le tissu cellulaire. Le sang reflue aussi dans les vaisseaux, surtout dans ceux qui sont superliciels, d’où l’injection des capillaires du tissu cellulaire et des muqueuses. Cette production gazeuse n’est complète, en hiver, qu’au bout d’un mois et demi ou deux mois; en été, elle a lieu du 4e au 6e jour. C’est elle qui. augmentant le volume du corps qu’elle insuffle pour ainsi dire, diminue en même temps sa densité, d’ou la surnatalion des noyés.

5° La putréfaction en brun suit la même marche que la putréfaction verte, mais est, en général, arrêtée par la saponification.

Son début peut se rattacher à un mois d’eau en hiver et dix ou douze jours en été.

4° La réduction en putrilage se montre du 2» au 3° mois. Les parties qui ont été atteintes par la putréfaction verte ou brune tombent en putrilage et sont entraînées par l’eau. De là l'absence de la peau du front, des paupières, la fonte du nez, des lèvres, de la peau des clavicules et du sternum, etc.

5° La saponification commence vers le 5“ ou 4“ mois. La peau augmente de densité et devient grasse au toucher. La fonte putride s’an-ête, et les bords déchiquetés des foyers de destruction prennent de la consistance et apparaissent jaunâtres et volumineux. Les parties saponifiées augmentent

-j Q2 QUESTIONS GÉNÉRALES.

ainsi de volume, tandis que les organes extérieurs perdent tous leurs fluides, deviennent, au contraire, plus petits et

comme déssôchés.

go ia dessiccation a envahi tous les organes, sauf le tissu musculaire ambiant.

7» Des corrosions se montrent constamment sur la peau saponifiée. C’est comme si le tissu cutané avait été erode. Celte période est très prononcée à quatre mois et demi.

8» Incrustations. Le savon ammoniacal se transforme en savon calcaire. Sous cette influence, il semble qu une moitié de l’épaisseur du derme ait été dissoute, laissant a nu les bulbes des poils. La peau devient alors très solide, elle

est sonore à la percussion.

9» Il i/ a destruction des parties. Même celles qui étaient saponifiées disparaissent peu à peu ; les os restent a nu, puis se disjoignent, se perdent dans la rivière, tombent en noussière ou s’incrustent de sels calcaires.

Dcvergie fait remarquer que tous les cadavres ne passent pas nécessairement dans toutes leurs part! es par es périodes que nous venons de décrire. Ceitaines ci constances accessoires viennent

l'évolution de ces phénomènes. C est ainsi qu une partie putréfie moins vite, si elle est garantie du conta^e le^’ Les bottes chez les hommes, les corsets chez la femme, pré servent les parties enveloppées.

' La putréfaction serait d'autant plus rapide "ns stagnante ou que la température est plus elevee. C est ainsi nue Devero-ie se demande si la production de gaz est un phénomène constant. Certainement

en hiver • aussi -la putréfaction est complètement dillerente

pendant les deux saisons opposées. Il y “ ^^f^fféSce l’été et l’hiver, un mois en plus ou en moins de “?nc dans le développement d’une meme période de putr .lac

lT'-èS rarement, en été, les cadavres se saponifient dans les rivières, parce que les gaz se développent très vite,

Ips coros ne tardent pas à surnagei .

Dans une rivière un corps s’y trouve sur e dos ou sut le ventre, d’après le volume de l’abdomen et la quantité de

DE LA MORT ET DU CADAVRE

.rraisse située en avant ou en arrière. Aussi les femmes occupent-elles en général la première situation, et les hommes

la seconde. , „ ,

Devergie a fourni dns données générales sur époque de la mort dans cette circonstance. C’est ainsi qu il a décrit les caractères propres à déterminer depuis combien de temps un noyé est resté dans l'eau, eu supposant que la submersion

ait eu lieu en hiver. . ... r ■

« 1° De trois à cinq jours. Rigidité cadavérique; refroi dissement du corps; pas de contractions musculaires sous l’influence du fluide électrique, l’épiderme des mains commençant â blanchir.

« 2° De quatre à huit jours. Souplesse de toutes les partics; pas de contractions musculaires sous l’influence du lluide électrique; couleur naturelle de la peau; épiderme de la peaume des mains très blanc.

« 5° De huit à douze jours. Flaccidité de toutes les p arties ; épiderme de la face dorsale des mains commençant à blanchir: face ramollie et présentant une teinte blafarde, différente de celle de la peau du reste du corps,

« 4* Quinze jours environ. Face légèrement bouffie, rouge par places; teinte verdâtre de la partie moyenne du sternum; épiderme des mains et des pieds totalement blanc et commençant à se plisser.

« 5» Un mois environ. Face rouge brunâtre, paupière et lèvres vertes; plaque rouge brune, environnée d’une teinte verdâtre à la partie antérieure de la poitrine; épiderme des pieds et des mains blanc, et plissé comme par des cataplasmes.

« 6° Deux mois environ. Face généralement brunâtre, tuméfiée, cheveux peu adhérents ; épiderme des pieds détaché; ongles encore adhérents.

« 7° Trois mois et demi. Destruction d’une partie du cuir chevelu, des paupières, du nez; saponification partielle de la face, de la partie supérieure du cou et des aines; corrosion et destruction de peau sur diverses parties du corps; épiderme des mains et des pieds complètement enlevé ; ongles tombés,

« 8° Quatre mois et demi. Saponification presque totale de

la graisse de la face, du cou, des aines et delà partie antérieure des cuisses ; commencement d’incrustation calcaire sur les cuisses; commencement de saponification de la partie antérieure du cerveau; état opalin de la plus grande partie de la peau; décollement et destruction de la presque totalité du cuir chevelu ; calotte osseuse dénudée, commençant à être très friable. »

Pour les époques plus reculées, on ne peut môme pas donner des approximations.

En clé. les phénomènes marchent avec beaucoup plus de rapidité qu’en hiver. Il y a entre ces deux saisons extrêmes une différence de ‘20 à 22 jours. C’est ainsi que les quatre premières périodes dont nous venons de parler se montrent successivement après 5 heures, 24 heures, 48 heures, 4 jours. En général, lorsque, par une cause quelconque, un noyé n’est pas retenu au fond de l’eau, il surnage du 8° au 12° jour.

C’est d’ailleurs en cette saison qu’il faut tenir le plus grand compte des changements que les cadavres éprouvent à l’air, après leur sortie de l’eau. En quelques heures, les parties doublent de volume. La tète surtout parait très grosse; « la ligure est celle d’un nègre b; les saillies s’effacent, les veines sous-cutanées se dessinent ; des phlyctènes se montrent; les orifices laissentsortir un liquide rougeâtre- L’état seul des mains et des pieds est peu modifié, et c’est lui qui doit fixer l’attention. C’est qu’en effet l’époque de la submersion se reconnaît mieux par l’examen de certaines parties que par l’ensemble du cadavre.

La putréfaction dans les rosses d’aisances a été étudiée par Orfila. Elle se présente surtout dans les questions d’infanticide. Elle est moins rapide dans les fosses d’aisances que dans l’eau, parce que les ferments putrides sont tués dans ces fosses.

D’après Devergie, c’est un des milieux qui favorisent le plus le développement de la saponification. Cette transformation en gras de cadavre est très rapide, et il faut tenir compte de cette particularité pour fixer la date de la mort.

La putréfaction dans le fumier se fait tr ès rapidement.

DE LA MORT ET DE CADAVRE

Dans une expérience d’Orlila, le corps d’un enfant nouveau né était placé, en été, dans du fumier, dont la température marquait 45°; au bout de 24 heures, la peau était comme cuite; vingt-quatre heures après, on enlevait le corps par morceaux.

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