DE LA SUFFOCATION
Diagnostique différentiel et caractères spéciaux des
divers modes de suffocation et règles de l’expertise.
1° Dans la mort par occlusion directe des voies aériennes : la mort est très rapide ; les poumons sont pâles et exsangues, présentant de nombreuses taches petites et noirâtres d’un aspect granité; l’emphysème, l’écume dans la trachée, les épanchements péricardiques et péricrâniens sont rares; comme lésions externes : aplatissement du nez et des lèvres, empreinte des doigts, coups d’ongles, débris de tampon ou de matières agglutinatives ;
2° Dans la mort par compression des parois de la poitrine et du ventre : il y a très rarement des signes extérieurs. Cependant, parfois, infiltrations sanguines de la conjonctive et des paupières, ecchymoses ponctuées h la face, au cou, à la poitrine.
Les poumons sont marbrés et emphysémateux. Ecume bronchique rosée. Il y a beaucoup détachés ponctuées dans le tissu cellulaire péricrànien ;
5° Dans la mort par enfouissement du corps vivant : les ecchymoses en nappe sont disséminées en très grand nombre sous la plèvre, à la surface des poumons et sur le crâne; l’emphysème est très prononcé; il y a de l’écume sanguinolente dans les voies respiratoires congestionnées; le sang est fluide; la face est tuméfiée et violacée, présentant un piqueté rouge qui s’étend parfois jusque sur les épaules. Dans la bouche, l’œsophage, l’estoinac, on rencontre les matières dans lesquels le corps a été enfoui pendant la vie;
4° Dans la mort par séjour forcé dans un espace con-
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finé et privé d'air : les poumons sont très congestionnes, d’un rouge-cerise avec des noyaux d apoplexie a la surface ou dans la profondeur; peu d emphysème, le sang a eu le temps de se coaguler en partie dans le cœur; il n’y a pas de lésions externes.
Voici les questions que les magistrats posent à l’expert : La mort a-t-elle été la conséquence de la surlocation? Comment celle-ci a-t-eile eu lieu? Est-ce un accidenL, un crime ou un suicide? Les corps étrangers trouvés dans les voies aériennes ont-ils été introduits pendant la vie ou après la mort? La victime a-t-elle longtemps résisté? Y a-t-il eu d’autres violences et, dans ce cas, quel est l’ordre de succession de ces violences? Peut-il y avoir simulation?
En résumé, l’expert doit rechercher les signes de la suffocation, le genre de suffocation, le caractère spécial de l'événement (crime, suicide, accident, simulation).