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PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

Dans quelques cas la plaie est un peu plus petite que Tarme qui Ta produite, parce que la peau, en raison de son élasticité, se laisse en partie distendre, et revient ensuite à ses dimensions premières ; mais pour qu'il en soit ainsi, il faut que Tarme soit à bords mousses ou n'ait qu'un seul tranchant, et qu'elle ait été enfoncée perpendiculairement à la surface cutanée. Avec des couteaux dont le tranchant est tout à fait émoussé, la différence entre la longueur de la plaie et la largeur de l'arme peut être considérable : Hofmann dit avoir vu des plaies produites par une baïonnette émoussée, et qui étaient d'un centimètre moins longues que le diamètre de l'arme.

Beaucoup plus souvent la plaie est plus longue que le diamètre de l'arme, et cela résulte, soit de ce que celle-ci a été enfoncée obliquement, soit surtout de ce que la plaie a été agrandie par les mouvements de Tarme. C'est ce qu'on voit se produire principalement avec les instruments à la fois piquants et tranchants, comme les couteaux ; en môme temps que la lame s'enfonce ou se retire, son tranchant sectionne la peau sur une étendue souvent beaucoup plus grande que celle qui est néressairç au passage de l'arme. On comprend, du reste, que la façon dont est tenu le couteau exerce une grande influence sur les dimensions de la plaie ; si, par exemple, l'abdomen est atteint par un coup porté d'avant en arrière et de bas en haut, la plaie pourra être très grande, si le tranchant du couteau est dirigé en haut, tandis que si celui-ci regarde en bas, la plaie ne pourra être agrandie qu'au moment où Farme est retirée, et en général dans de faibles proportions.

On voit par ce qui précède qu'il n'est pas toujours facile de reconnaître d'après la forme et les dimensions d'une plaie si celle-ci est produite par une arme qu'on représente à l'expert. C'est là un problème souvent délicat, et qui ne permet une affirmation absolue que dans certains cas. Quelquefois, les dimensions relativement beaucoup trop petites de la plaie, sa forme incompatible avec celle de l'instrument incriminé, établissent avec évidence que celui-ci n'a pas servi à faire la blessure. Dans beaucoup de cas, on doit se bornera dire qu'une blessure a pu être pro-

duite avec tel instrument donné ; cette réserve est surtout nécessaire, quand il s'agit de couteaux ou d'armes analogues, car une lame un peu plus large ou un peu plus épaisse peut occasionner des blessures tout à fait semblables.

Profondeur des plaies. — Il est important de savoir qu'un couteau, un poignard, etc., peuvent faire des blessures dont la profondeur est plus grande que la longueur de la lame. Cela résulte de ce que, au moment oii le coup est porté, le manche de l'instrument déprime fortement les parties molles ; la longueur du trajet de la blessure, mesuré sur les parties revenues en place, se trouve ainsi très notablement augmentée. Chez un homme atteint d'une blessure transversale du cou, dont nous avons fait l'autopsie, le trajet de la plaie était de 2 centim. plus long que la lame du couteau qui avait été employé. Il peut arriver aussi que la blessure paraisse plus profonde que la longueur de l'arme, quand elle intéresse des viscères mobiles qui, après la mort, occupent une situation plus profonde qu'au moment où ils ont été frappés, ou qui s'affaissent en partie. Enfin, il faut se rappeler que quand le thorax est ouvert, il s'élargit un peu, et une blessure pénétrante de cette cavité parait ainsi plus profonde.

Il est d'ailleurs souvent difficile de mesurer la profondeur d'une blessure, parce qu'on ne peut déterminer exactement le point où elle s'arrête. Pour faire cette mensuration, il faut remettre en place les parties disséquées ou enlevées, et se servir, soit de la sonde, soit du compas d'épaisseur.

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