SIGNES PARTICULIERS D*IDEX1ITÉ
en dehors et présentait dans ce sens une petite surface articulaire qui semblait indiquer une articulation surnuméraire. Â la main droite, le cinquième métacarpien, plus court et plus' large que. celui de Tautre main, avait son extrémité phalangienne . séparée en deux parties présentant chacune une surface articulaire. Il fut établi ainsi que le squelette provenait d'un ii;idividu qui avait disparu trois ans auparavant, et qui avait un sixième doigt à la main droite et au pied gauche.:
Dupuytren et Breschet, ayant examiné des portions de cadavre trouvées dans la Seine, reconnurent ce que les têtes des fémurs étaient rapetissées, raboteuses, inégales, dépouillées çà et là de cartilage, non par l'effet d'une section récente, mais par le fait d'une maladie ancienne et guérie depuis longtemps; que le col de chaque fémur était raccourci et que celui du côté droit offrait en avant une végétation osseuse encroûtée de cartilage ; que les ligaments de l'articulation étaient déformés, gonflés et adhérents aux parties molles. En outre, les cavités cotyloYdes étaient oblitérées ; à la place de celle du côté droit il existait une végétation moitié osseuse, moitié fibro-cartilagineuse, au centre de laquelle s'implantait le ligament rond ; de ce côté la tête du fémur était logée dans une cavité accidentelle, en arrière et au-dessus de la cavité naturelle ; une disposition analogue existait au membre gauche, mais la cavité nouvelle était située plus haut et plus en arrière que la droite. » Les experts conclurent que cet individu devait avoir dans la conformation des hanches une difformité remarquable, et dans la progression une claudication et certainement un balancement pénible et désagréable du corps sur chaque membre inférieur alternativement ; et que le membre inférieur droit était plus court, la pointe du pied droit devait porter presque seule sur le sol. Le cadavre était en effet celui d'un individu dont la conformation et la démarche étaient bien telles que les experts l'avaient indiqué.
Dans une autre expertise la conformation asymétrique du bassin, la courbure anormale des tibias et des péronés, bien plus accentuée sur la jambe gauche qui était aussi
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plus courte que la droite, permirent d'établir que le squelette provenait d'un individu qui boitait^.
Les ongles et les poils (cheveux, barbe) qui résistent très longtemps à la putréfaction fournissent aussi des indices importants d'identité. Les ongles peuvent indiquer si le sujet se livrait ou non à des travaux manuels grossiers. La présence de la barbe, la longueur de la chevelure peuvent suffire à établir le sexe ; la coloration des poils fournit aussi un indice dont Futilité est évidente ; il faut savoir toutefois que, sous l'influence de la putréfaction, les cheveux peuvent revêtir une teinte plus claire ou plus foncée que celle qu'ils avaient pendant la vie.
Les dents, qui se conservent presque indéfiniment, leur mode d'implantation, la conformation des mâchoires, peuvent aussi donner des signes d'identité qui ont été énumérés à -la page 537 (voir aussi un rapport à la fin de ce livre).
Il est en général très difficile de reconnaître sur un squelette si les fractures, perforations, ou autres lésions traumatiques des os, ont été produites pendant la vie ou après la mort. On ne peut guère compter sur la présence d'un épanchement sanguin que la putréfaction fait disparaître assez rapidement 2, et il ne faut pas oublier que les parties déclives des os, notamment de ceux du crâne, peuventôtre fortement imbibées par le sang qui s'est accumulé en ces points sous raciion de la pesanteur. Un commencement de cal, une altération morbide, telle que la carie ou la nécrose, peuvent montrer qu'il s'agit de lésions ayant précédé la mort d'un certain temps. Enfin, on reconnaîtra facilement les lésions produites par les manœuvres des ouvriers qui ont découvert le squelette, en ce que les solutions de continuité présenteront des bords à aspérités très nettes, très aiguës, non émoussées, et une surface d'une coloration différente de celle du reste de la superficie osseuse.
1. On trouvera dans la collection des Annales cThy g, pubi, et de méd, lég, la relation de plusieurs expertises de ce genre.
2. Cependant dans une affaire Guérin, les experts ont pu reconnaître, q^uatre ans après la mort, et grâce à la présence d'un épanchement sanguin, qu'une fracture du crâne avait été produite pendant la vie.