TACHES DE LIQUIDE AMNIOTIQUE
dâtre, et devient souvent trouble ; ce dernier aspect est dû en grande partie à ce qu'il renferme alors des cellules épi- Ihéliales, de l'enduit sébacé qui recouvre le corps du fœtus, et aussi quelques poils du duvet. La présence de ces éléments accessoires, constatée au microscope, aide beaucoup à reconnaître la nature des taches que forme le liquide amniotique. Ces taches occupent généralement une assez grande étendue ; elles sont d'une couleur grise, légèrement jaunâtre, à bords nettement dessinés et relativement foncés ; elles empèsent légèrement l'étoffe *.
Taches de colostrum. — Le colostrum est d'une couleur blanc jaunâtre, légèrement visqueux ; il contient en suspension des globules dégraisse, quelques leucocytes et, comme élément spécial, des corps arrondis, irréguliers relativement volumineux (de 1 à 5 centièmes de millimètre) et granuleux. Après Taccouchement. les leucocytes disparaissent en 2 ou 3 jours ; les corps granuleux persistent en général pendant 5 ou 6 jours et quelquefois beaucoup plus longtemps.
Les taches que forme le colostrum empèsent assez fortement le linge ; elles sont d*une couleur jaunâtre, à bords irréguliers, nettement dessinés et plus foncés que la partie centrale ; quelquefois, la tache jaunâtre est entourée d'une zone grise dont les bords sont également bien limités. L'examen microscopique de ces taches montre les éléments qui ont été signalés plus haut. D'après Gosse, l'eau de macération devient légèrement glutineuse quand on y ajoute une petite quantité d'ammoniaque. L'ammoniaque transforme en effet le colostrum pur en une masse glaireuse et épaisse.
Taches de lait. — Les taches de lait sont grises ou très légèrement jaunâtres; elles raidissent un peu l'étoffe, leurs contours sont sinueux, bien indiqués. Au microscope, le lait montre les globules laiteux, petites sphères de volume variable, dont le diamètre peut dépasser 9 ;*, ou ne pas atteindre 1 fA ; bien que formés d'une substance graisseuse,
1. Voir sur ce point, et sur l'histoire des taches en général : Gosse (H.), Des taches au point de vue médico-légal. Thèse de Paris, 1863.
TACHES PROVENANT d'uN ECOULEMENT GÉNITAL 649
c«s globules ne disparaissent pas sous racliori des dissolvants des corps gras, ce qui indique qu'ils sont probablement enveloppés d'une mince pellicule résistante. Ces glo* bu\es peuvent être retrouvés assez facilement sur les taches qui ne sont pas trop vieilles. Le lait renferme du sucre (environ 4 0/0) qui réduit la liqueur cupro-potassique, et qui peut être mis ainsi facilement en évidence dans le liquide provenant de la macération de la tache.
I III. — Taches provenant don écoulement des parties g^énitales de l'homme ou de la femme.
Taches formées par un écoulement des parties génitales de la femme. — Ces taches peuvent présenter quelquefois un aspect analogue à celui des taches de sperme ; le plus souvent, cependant, on finit par apercevoir en un ou plusieurs points de leur étendue de petites croûtelles blanches, jaunes ou vertes, qui sont caractéristiques.
Pig. 87. — Cellules de l'épitbélium vaginal.
Fig. 88. — Cellules provenant d'un écoulement vaginal.
En général, ces croûtes sont beaucoup plus abondantes, épaisses, et constituent, avec la couleur jaunâtre ou verdâtre des taches, des caractères qui indiquent immédiatement Torigine de celles-ci. Examinées au microscope, ces taches se montrent constituées presque exclusivement par des cellules épilhéliales pavimenteuses (fig. 87 et 88), munies de granulations et d'un noyau se colorant en rouge par le
650 TACHES DE LIQUIDEE AMNIOTIQUE
picro-carmin, tandis que le corps de la cellule prend sous rinfluence du môme réactif une légère teinte jaune. Cescellules peuvent se présenter sous des formes et des dimensions différentes ; on aperçoit quelquefois leur noyau incomplè* tement divisé en deux par un étranglement, première phase de leur prolifération. Avec elles, on rencontre quelques leucocytes, ordinairement peu abondants, mais quiconsti* tuent quelquefois, au contraire, la plus grande partie de la substance de la tache.
Tacbea produites par un écoulement blennorrbagique. — L'aspect de ces taches varie suivant la période de Técoulement ; elles sont jaunes, vertes ou d'un blanc grisâtre ; elles empèsent plus ou moins fortement les tissus, elles sont quelquefois épaisses et recouvertes de croûtes. Examinées au microscope, elles montrent, outre du mucus et des cellules pavimenteuses provenant du canal de l'urètre, des leucocytes en quantité extrêmement variable, dans quelques-uns desquels on peut déceler parfois la présence de microbes analogues au gonocoque. Mais, il nous paraît douteux, d'après nos propres recherches et celles d'autres observateurs *, que celui-ci puisse être caractérisé avec certitude sur des taches anciennes.
g IV. — Taches des matières fécales.
Il n'est pas très rare que ces taches soient soumises à l'examen des experts, soit parce qu'elles se trouvent sur des chemises ou d'autres vêtements, mélangées de taches de sperme ou d'écoulement des parties , génitales, soit parce qu'elles sont prises pour des taches de méconium ou d'autre nature. Ces taches se reconnaissent en général facilement à l'œil nu ; elles forment des macules à. contours irréguliers, de couleur ordinairement jaune ou brun foncé; elles sont souvent recouvertes de croûtes. Cependant, quand les taches résultent du contact de matières liquides.
1. P. Aubert, Le Gonococeus en médecine légale (Archives (T anthropologie criminelle, mai 1888). — Bosc, Le Gonocoque (thèse de MoDtpellier, 1893).
TAGH&â DE MATIjBAfiS FECALES 651
elles peuvent être d'un jaune clair, dépourvues de croûtes et traverser complètement Tétoffe sans changer la consis* tance de celle-ci. On sait que les matières fécales sont constituées par la bile et d'autres humeurs versées dans rintestin, et par les résidus de la digestion et des fragments d'aliments ayant traversé le tube digestif en restant plus ou moins intacts. Ces derniers éléments sont faciles à reconnaître au microscope et établissent nettement la nature des taches. Ils sont constitués surtout par des débris végétaux très variables : trachées plus ou moins complètement déroulées ; cellules isolées ou réunies en fragments de tissu, souvent polygonales et à parois épaisses ; on aperçoit fréquemment aussi des poils végétaux unicellulaires. Presque toujours un grand nombre de ces débris sont assez bien conservés pour que, dans le cas où cela aurait de Tim* portahce, un botaniste puisse déterminer de quelle plante ils proviennent. Les éléments animaux sont représentés par des fragments de fibres musculaires, souvent colorés eu jaune et nettement reconnaissables à leur double striation, par des faisceaux de tissu conjonclif, par des cellules adipeuses ou des gouttelettes de graisse à Tétat libre, par des parcelles de tissu élastique et quelquefois par de rares cellules épithéliales pavimenteuses provenant des premières voies digestives (fig. 89). Parfois on rencontre des œufs de vers intestinaux. — Ces éléments sont disséminés dans la préparation au milieu d'un grand nombre de granulations irrégulières (les plus petites animées du mouvement brownien) d'une substance jaune grisâtre, formant des amas irréguliers, ne donnant que très incomplètement, et non constamment, les réactions de la matière colorante biliaire, sous l'influence de l'acide azotique — enfin de divers cristaux parmi lesquels ceux de phosphate ammoniaco magnésien sont les plus fréquents. Les taches dépourvues de croûtes et constituées par l'imbibition de la partie liquide des matières fécales ne montrent à l'examen microscopique ^u'un très petit nombre des éléments qui viennent d'être mentionnés.
Les matières fécales des enfants à la mamelle se distinguent nettement de celles des adultes par leur aspect et