TACHES PROVENANT DE TISSUS DU CORPS HUMAIN
de lait irréguliers, granuleux, déformés, souvent adhérentset comme fondus entre eux ; d'après Beauregard et Galippe, on y rencontrerait souvent aussi un grand nombre de fines aiguilles cristallines, isolées ou formant des masses épineuses et qui sont constituées par de la matière grasse. Ajoutons que dans les fèces des trois ou quatre premiers jours on rencontre encore les éléments du méconium.
S V. — Taches constituées par des frag^ments de tissus provenant du corps humain.
Quand des coups ont été portés avec une grande violence à Taide d'instruments contondants, ils divisent la peau, dilacèrent ou broient les parties sous-jacentes : tissu cellulaire sous-cutané, os, substance cérébrale, et des fragments plus ou moins volumineux de ces tissus restent quelquefois adhérents à Tarme ou sont même projetés à une distance assez grande.
Celles de ces taches qu'on observe le plus fréquemment sont formées par du tissu cellulo-adipeux. On les trouve sur les marteaux, cognées, haches, hachettes, etc. ; quand on est chargé d'examiner des instruments de cette nature, il imported'inspecter minutieusement le pointoù le manche pénètre dans la tête de l'instrument; des fragments du lissu cellulo-adipeux viennent se coller souvent dans l'interstice qui existe à ce niveau et ne sont pas enlevés facilement par un nettoyage même prolongé. Ces fragments se présentent sous la forme de petites masses rougeâtres ou brunes, parce qu'elles sont presque toujours recouvertes d'un peu de sang ; mais, si on les gratte légèrement, on trouve une substance jaunâtre ou jaune grisâtre qui, même lorsqu'elle est très desséchée, se laisse légèrement aplatir par le doigt, un peu comme de la cire d'abeille. Si Ton place cette substance dans l'eau, elle se gonfle, se ramollit et se laisse étirer en petits filaments. A ces caractères extérieurs, on peut déjà présumer la nature de la substance qu'on a sous les yeux, mais l'examen microscopique transforme facilement cette présomption en certitude, car le tissu cellulo-adipeux conserve sa composition histologiquc
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méine après une dessiecation 1res prolongée. Si, eh effet, on dissocie dans Teau les fragments que nous venons de décrire, on aperçoit nettement les faisceaux du tissu cellulaire, à stries parallèles, ondulées, se gonflant et devenant homogènes, avec disparition des stries sous Tinfluence de l'acide acétique, qui fait, au contraire, apparaître les fibres du tissu élastique. Ces faisceaux diffèrent cependant un peu de ce qu'ils sont sur des préparations fraîches, parce que, quand ils ont subi un commencement de putréfaction ils sont devenus plus pu moins granuleux. Â côté des faisceaux et entre eux, se trouvent les grosses cellules adipeuses d'un diamètre moyen de 5 centièmes de millimètre, sphériques, ovalaires ou polyédriques, à contours nets, à bords foncés et à centre clair; beaucoup des cellules se sont rompues ou se rompent sous Toeil de l'observateur, et Ton aperçoit leurs parois flasques ou ridées, tandis que leur contenu forme des gouttelettes graisseuses de dimensions variables.
Le professeur Robin * a indiqué les caractères qui permettent de distinguer le tissu adipeux de Thomme de celui du bœuf et du mouton ; chez ceux-ci les cellules adipeuses sont beaucoup .plus volumineuses et de dimensions plus uniformes ; leur contenu ne s'écoule pas en gouttes, ce qui tient au point de fusion plus élevé de la graisse qui le constitue.
1. Ch. Robin, Mémoire sur l'examen médico-légal d'une tache considérée comme de nature sanguine, et qui renfermait du tissu adipeux humain (Ann, d*hyg, publ, et de méd. lég., 2« série, t. X).