CHAPITRE I
SIGNES QUI PEUVENT SERVIR À L'IDEN TIFICATION D'UN VIVANT OU D'UN CADAVRE.
Art. I. —- LA TAILLE.
La détermination de la taille constitue La base du système d’identification, dit “anthropométrique”, de Bertillon. Nous verrons plus tard quelle place elle tient encore parmi les autres procédés d’identification sur le vivant. .
La taille se mesure en ligne droite du sommet de la tête au cen- ‘re de la voûte de la face interne du pied celui-ci étant fléchi à angle droit par rapport au plan sur lequel le corps repose. On peut se servir d'une règle assez longue, d’un ruban métallique; mais si l’où
n'a pas de mesure graduée sous la main, une corde où un ruban quelconque, peut être utilisée, quitte à mesurer celle«i ensuite,
Il est souvent utile de mesurer la cirvonférence de la tête et des épaules, parce qu'on peut être placé dans l'obligation de dire si tel chapeau, tel habit, ete., appartenaient à la victime ou à l'accusé,
La taille ne s'accroit pas sensiblement après vingt ans. Elle commence à diminuer vers cinquante ans pour atteintre parfois % ou 3 cm. en moins, chez les septuagénaires.
Lorsqu'on dispose d'un squelette complet, 1! faut ajouter à !a mensuration totale des os mis bien en place, environ 4 6m (lle pouce à ? pouces) qui représentent l'épaisseur des cartillages et des parties molles disparus. Ce travail de mise en place des est facilité par l'usage d'une bouillie de terre glaise.
Lorsqu'on est en face d'un certain nombre d'ossements seule
ment, les questions suivantes doivent être résolues dans l'ordre auifant:
1° S'agit4! d'ossements? — Le microscope permettra d'établir hors de tous doutes, grâce à la présence des astéoplastes et des canaux de Havers, que des restes supposés d'ossements qui auraient été soumis, par exemple, à l’action du feu ou d'agents chimiques, sont en réalité des ossements ; mais il ne permettra pas de dire s'il s’agit d'ossements humains, car le tissu oweux à la même structure histologique chez l'homme et chez les animaux.
2° S'agit-il d'ossements humains ou d'animaux? -— Cette question se pose assez souvent, et, en généréal, elle peut être facilement résolue par Le meclecin qui connait son osafication humaine. Cour ei devra cependant être prudent dans l'examen d'osements pouvant apparteni: à certains an maux «domestiques, tels que, mouton, poulet, lapin, ete.
Voie sur le sujet, quelques données utiles d'anatomie comparée :
Si l'os à conservé se éprphyres, il ne peut appartenir à un fectus. Si l’on ne dispose que d’esquilles, le microscope montrera que chez le foetus, les canaux de Havers sont plus larges et les ostéoplastes moins bien arrangé que chez l'anrmal,
Chez les animaux, le trou œxipital est situé plus en arrière du crâne et son bord postérieur plus renversé en haut; la face conrporte deux os de plus que chez l'homme: les deux os inter où pré-maxillaires. Aucun animal n’a de tulérosté au menton; le nombre des vertèbres dorsales est chez lui plus grand que chez l'homme ; son bassin est plus étroit, plus allongé, Les animaux n'ont pas de elavicules, sauf les singes et certaius nageurs. La fosse sous-épineuse est plis
marquée, l'humérus plus long chez l'animal que chez l'homme, Le Péroné est imparfaitement dé: eloppé chez les animaux. Le fémur de l'ours est semblable à celu: de l’homme.
4" Si les ossements sont humains, quel äge avait la personne? — On arrivera à déterminer l'âge avec une certaine approximité en étudiant les soudures et les points d'ossifications (voir âge, article IT),
4 A quel sere appartient ces ossements humains? — Après la puberté, la différence des sexes est aswez marquée dans les ossements (voir article “sexe” ).
5 A quelle race appartiennent-ils? — Comme notre pays devient de plus en plus cosmopolite, cette question a son intérêt.
Au nombre des particularités les plus caractéristiques des races, se trouve l’angle facial qui, chez les races les plus eivilistes, est en moyenne de 80°, tandis qu'il est de 70°, et moins, chez, par exemple, les esquimaux, les nègres, ete. Le Prognatieme, la proéminence des arcades zigomatiques, la capacité du crâne, la forme générale de la tête, cie, peuvent aussi fournir des indications utiles. A noter que le nègre a les pieds plats et larges.
6° Combien de temps ces ossements ont-ils été enfouis? — I] est évident que ja réponse ne peut être qu'approximative, puisqu'elle dépend des conditions dans lesquelles ils ont été placés Dans un sol sec, ils se conservent plus longtemps que dans un s0l humide. Les conditions chimiques du s0l entrent aussi en jeu, de même que certains états pathologiques du sujet au moment de sa mort, la présence d'agents de conservation ou de destruction autour des ossements, ele.
Dans les conditions ordinaires cependant, les os se dénudent dans une période de dix ans. Les parties molles (moëlle et périoste) dis- Paraissent d’abord, en général en dedans de deux ans; l'os devient alors plus léger, il noircit et s'effrite enfin, pour devenir poussière,
1 (es ossements appartiennent-ils tous à la même personne Ÿ
Cette question se résoud d'elle-même si l'on trouve deux ou plusieurs ossements qui ne peuvent appartenir au même squelette.
8° Ces ossements représentent un individu de quelle taillef— Si on ne dispose que de quelques ossements où même d'un seu}, pour- “4 que ce soit un os long, on peut encore arriver à détermiaer d’une facon très approximative la taille du sujet, en se rapportant aux tables dressées à cet effet. Celles d'Orfila, de Manouvrier et de Rollet sont les plus connues,