‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 33 sur 251 · SIGNES CA4D1 VERIQUES GENERAUX DES APHYFXIES M£C1 NIQUES · texte numérisé non relu

SIGNES CA4D1 VERIQUES GENERAUX DES APHYFXIES M£C1 NIQUES

Il existe une grale analogie dins les signes Cadavériques, quelque soit la variété d'asphyxie que l’on observe, (es signes fort

nombreux doivent être examinés successivement à l'extérieur du cadavre et du côté des organes,

L Signes erternes, On observe souvent de l’écume à la bouche avec Projection au dehors de Ja langue, de l’exophtalmie, enfin de la (Yanose de la face. (Ce dernier signe Manque surtout dans les cas de Pendaison et de submersion, tandis qu'il peut se rencontrer dans les asphyxies qui ne Ont pas d'origine mécanique : épilepsie, certaines intoxications, ete. Des ecchymoses siègent au niveau des con jonctiv cou et thorax, etc : elles ont la forme de Petits points dont la coloration très-foncée tranche bettement sur les lividités e elles sont Particulièrement fr

réquentes dans ja Strangula.on et Je suffocation par Compression thoracique.

La théorie relative à la formation de ces ecchymoses ponctuées ra exposée plus loin, lorsque nous Jes étudierons sur les viscères ;

rappolons sunplement qu'elles ne sauraient être confondues avec les ecchymoses traumatiques qui, elies, sont toujours moins nombreuses, de forme moins nette et de dimeasion beaucoup plus grande,

On admet généralement aujourd’hui que l'hypostase est sUsCEptible d'agrandir les ecchyinoses; mais on admet plus difficilement qu'elle puisse les créer de toute pièce, Des expériences déjà anvienues faites par Engel (1854) et Plus tard par Haberda sembletaient démontrer la possibilité de la formation d'ecchymoses hy- Postatiques; mais Lesser, Maschka, Hofmann et }a plupart des auleurs modernes se déclarent tout à fait opposés à cette opinion,

De même que la CYanose de la face, les ecchymoses ponctuées des conjonctives et de la peau des parties supérieures du tronc peu- “ent se rencontrer dans différents états morbides, tels que, l’épilepsie, la coqueluche, ete.

Les lividités cadavériques sont en général précoces et très étendues dans les asphyxies d’origine quelconque (mécanique ou autre). La fluidité du Saig dans ces cas, convme d’ailleurs dans tous les cas de mort subite, suffit à expliquer ce fait.

8 IL. Signes profonds. Gn observe des modifications du côté dn sang ainsi que de la congestion et des ecchymoses des viscères.

a. Etat du sang. — ]a coloration noire du sang dans les as.

Phyxies aiguës — l’asphyxie oxycarbonée exceptée — à été signalée depuis longtemps. Elle est due à la disparition de l'oxygène pendant l'agonie et même après la mort qui ne fait pas cesser immédiatement les oxydations. (Ce caractère du sang n'est done Pas particulier aux asphyxies et d'ailleurs, la putréfaction finit toujours Par le déterminer chez tous les cadavres quelqu'ait été le genre de mort.

La fluidité du sang s'observe aussi chez tous les asphyxiés, mais ce caractère n'est Pas absolument constant, Puisque parfois, on rencontre dans le coeur des caillots lâches et noirâtres, fait qu'explique la plus où moins longue durée de l’agonie.

La fluidité du sang se retrouve, en outre, chez les sujets qui meurent subitement et même -— quoiqu'assez rarement — chez ceux qui succombent d’une façon lente à la suite de certains états morbides tels que, l'ictère grave, etc.

b. Congestion viscérale, __ La congestion pulmonaire est presque de règle chez les asphyxiés, et son intensité peut aller jusqu’à l’apoplexie, c'est-à-dire, à la formation de foyers hémorrha- &iques plus où moins volumineux.

Elle s'explique par le vide que produisent dans les poumons les vains efforts d'inspiration, vide qui est inrmédiatement comblé par le sang.

On retrouve encore de la congestion bien que d’une façon très inconstante, du côté du cerveau, des méninges, de la muqueuse

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de la gorge et du pharynx, enfin parfois du côté des viscères abdominaurx.

La congestion pulmonaire S'ACCOINPAYNE souvent l'owdéme qui est lui-même d'autant plus abondant que la mort à été plus lente, comme il arrive par exemple dans les cas d’obstruction incomplète des voies “eSpiratoires. On trouve alors de l'écume dans le larynx, la trachée, les bronches et les alvéoles,

L'emphysème interstitiel et partiel, qu'il ne faut pus confondre avec l'emphysème alvéolaire et plus ou moins généralisé qui accompagne la sclérose Pulmonaire, est un autre phénomène fréquent au cours des asphyxics et notainment des asphyxies mécaniques,

Les cloisons alvéolaires éclatent sous la violence des efforts ‘espiratoires, et l'air en pénétrant dans les espaces conjonctifs, for.

me sous la plèvre, des plaques incolores qui se déplacent sous une Pression légère, \

©. Ecchymoses viscérales, — Les ecchymoses viscérales d'ori. gine asphyxique se Présentent sous deux formes différentes: les unes, petites, arrondies, mises en lumière d’abord par Tardieu (1855) et que, pour cette raison, on désigne souvent sous le nom de taches le Tardieu: les autres de dimensions beaucoup plus grandes, sont

irrégulières, linéaires ou incurvées, et portent le nom de suffusions sanguines,

Le siège de Prédilection de ces ecchymoses est la plèvre pu!mo. naire sous laquelk elles apparaissent en nombre fort variable, no. tamment sur les bords internes des Poumons, à leur ba:e et entre les lobes. Le péricarde en est toutefois rarement exempt, et on re. Marque qu'ici, leur siège habituel est à la face antérieure du “oeur, Près de la racine des gros vaisseaux.

Dans l'asphyxie des nouveaux-nés, le ihymus est le plus sou. “ent couvert d'ecchymoses ponctuées,

Enfin ces ecchymoses peuvent encore se rencontrer sur la muaqueuse des voies respiratoires, sous le péricrâne, à la surface du foie et des intestins, sur les méninges cérébrales, etc. Leur fréquencæ est Plus grande dans l'en "ace et chez Ja femme que dans l'âge adulte

et chez le vicillard, sans doute à cause d’une plus grande fragilité des capillaires chez les premiers.

D'après des expériences faites sur les animaux par MM. Brouar. cel et Descout, l'apparition de ces ccchymoses se ferait instanta. nément et en une seule fois, durant le second style de Pasphyxie, P8T conséquent au moment où la gêne respiratoire atteint son maxi-

mum. Ce fait semble indiquer que cette &ène est la cause linmédiate de la formation des ecchymoses; i] n'en est rien cepen-

dant, puisque, comme nous le Vérronx peus join, nombreux sont les cas où ces inêmes ecchymoses apparaissent spontanément, sans qu'il soit possible d'invoquer une gêne quelconque de la respiration.

La théorie aujourd'hui admise et d'ail'eurs la seule qui s'applique à la majorité des cas, est celle de l'élévation de la pression artérielle: Toutes les fois qu'il se produit une excitation du centre Väso-moteur situé dans le bulbe, que cette excitation soit due au sang asphyxique: asphyxies mécaniques ou autres (tétanos, épilep. sie, éclnnmpsie, ete,.b qu'elle soit due à des poisons hypertensifs : ergot ti gitale, etc., ou à une action soit directe, soit indirecte: traumatis- Mes cérébraux, commotion cérébrale, etc., les petits vaisseaux se contractent et la pression sanguine s'élève jusqu’au point d'amener l'éclatement des capillaires et partant, la formation d'ecchymoses Ponctuées,

On admet que les ecchymoss viscérales sont de règle dans les asphyxies d'origine quelconque et particulièrement dans celles de Causes mécaniques, cependant il n’est Pas rare de les voir manquer complètement même dans les cas apparemment les plus favorables à leur production, tels entre autres: la strangulation, la suffocation par orclusion des orifices respiratoires, ja compression du. thorax et l'enfouissement.

On les à enfin observées dans un grand nombre d'états patho-. logiques qui excluent toute possibilité d'asphyxie comme, par exem- Pie, à la suite de grandes traumatismes, tels qu’écrasement, chute d'un Leu élevé, etc: dane les malailies hémorrhagiques telles que, scorbut, hémophilie, Purpura, ictère grave, etc; dans les infections générales comme la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, etc: dans certaines intoxications alimentaires; dans la plupart des poisons mi. béraux et végétaux; enfin dans les lésions en foyer du système Derveux central, dans les morts rapides par le froid, la chaleur, etc.

Les ecchymoses sous-pleurales sont difficiles à apercevoir lorsqu’il existe en même temps une congestion pulmonaire intense; l’insufflation des poumons Pourra être alors d’un bon secours. Il est inutile de les rechercher lorsque les plèvres sont complètement adhérentes. Elles résistent longtemps à la putréfaction.

Le diagnostic eutre les ecchymoses spontanées et celles d'origine asphyxique est impossible, car les unes et les autres sont tout À fait identiques. Quant aux ecchymoses traumatiques, leur large étendue, leur siège au voisinage immédiat de la région traumatisée,

leur nombre toujours très limité, empêcheront de les confondre avec les précédentes.

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