SVI DIAGNOSTIC DE LA PENDAISON
En face d'un eas de pendaison, l'expert a à résoudre les trois points suivants :
1° y a-t-il eu réellement pendaison ?
2° la pendaison a-t-elle été effectuée sur un vivant ou sur un cadavre ?
3° s'agit-il d’un suicide, d'un homicide ou d'un accident ?
La solution du premier point repose sur la constatation d'un sillon, sur la distinction d’un vrai sillon avec les faux sillons, enfin sur les caractères différentiels des sillons de pendaison et de stran- Zulation.
Le signe pathognomonique de la pendaison est le sillon, c’est-à. dire sans sillon—il à pu ne pas se former ou il a pu disparaître -— il est impossible d'affirmer qu’il y a eu réellement pendaison.
Mais ce sillon peut être vrai ou faux, c'est-à-dire que dans certaines circonstances, les cadavres peuvent présenter des sillons qui ne sont nullement dus à la pendaison.
Les faux sillons sont les uns naturels et dus à l'abondance de tissu graisseux. Jls se rencontrent chez les enfants, en particulier les rouveau-nés, et chez les adultes gras. La flexion de la tête pendant un certain temps, en avant et quelquefois en arrière ensuite, détermine un pli plus où moins profond, mou et pâle qui s'efface et se reproduit mécaniquement, ce qui n’est jamais Je cas pour un vrai sillon.
D’autres faux sillons sont artificiels, tels œux qui résultent d’une cravate, d’un col, du cordon ombilicel, serrant fortement le cou pendant la vie et laissant leur trace sur le cadavre. Leur empreinte reste cependant molle ct non desséchée : l'épiderme est intact. fs se rencontrent souvent chez les cadavres putréfiés et notamment chez les noyés dont le développement gaseux est excessif.
Les caractères du sillon vrai étant établis, il s'agit ensuite de faire la distinction entre un sillon de pendaison et un sillon de strangulation au lien. Elle sera donnée plus loin à l'article “Strangulation”,
Le second Point du diagnostic consiste à établir si Ja pendaison s'est effectuée sur Un vivant ou sur un cadavre,
Le problème est toujours très-délicat et le plus souvent impossible, d’abord Parce que les signes locaux, superficiels et profonds, indiquent seulement ja suspension et se produisent aussi bien chez le pendu mort que chez le pendu vivant ; ensuite Parce que les ]é. “ions asphyxiques sont Je plus souvent absentes et d’ailleurs nulle. ment caractéristiques, de sorte qu'il n'y faut guère compter,
La seule constatation Caractéristique, et partant la seule pouvant Permettre d’élucider ce Point du diagnostic, est la présecne de quelque ecchymose ou suffusion sanguine au foyer des ruptures, déchirures, fractures, etc. des Organes du cou; par malheur, ce signe vital est tout à fait inconstant.
Le troisième point du diagnostic consiste À établir si la pendaifon est le résultat d’un suicide, d’un homicide ou d’un accident,
La pendaison accidentelle ne Pouvant avoir qu'un intérêt exceptionnel doit être placée immédiatement hors de discussion : Je véritable problème existe entre le sdicide et l'homicide,
Certaines bizarreries d'exécution, telles que, la pendaison avec les Mains liées, ete, certaines particularités comme, par exemple, la pendaison incomplète, ete, portent en elles-mêmes un cachet spécial qui milite en faveur du suicide,
S'il n'existe pas de violences autres que celles résultant de la pendaison elle-même et si la victime est un adulte vigoureux, on peut encore supposer un suicide: au contraire, la pendaison chez un enfant éveille toujours l’idée de crime.
S1 le pendu porte des violences étrangères à la pendaison, elles “oivent être étudiées avec soin. Les unes consistent dans des blessures légère:: érosions, excoriations, petites ecchymoses, siégeant sur + dos, sur ie cou, sur les pieds et à la face dorsale des mains, et résultent le plus souvent des convulsions agoniques: les autres plus sTAves peuvent être accidentelles et tout à fait indépendantes de la Pundaison, tel le cas d’un ivrogne qui, deux jours avant de se pendre, avait subi une contusion orbitaire au cours d'une chute (T'hoinot; : elles peuvent avoir Pour origine des tentatives diverses de suicide #Yant précédé la pendaison-suicide terminale ; elles peuvent enfin être la canséquence de la latte et traduire un homicide.
La situation de ces blessures et lour gravité plaideront suivant les ‘35, eu faveur du suicide ou de l’homicide,