CHUTES D'UN LIEU ELEVE
Les chutes légères produisent en général des lésions peu graves et limitées à la région contuse : les chutes d'un lieu élevé produisent ordinairement des lésions multiples, graves et surtout disséminées, c'est-à-dire en des endroits éloignés des points contus.
Le grand caractère qui domine toutes ces lésions Par chute d’un lieu élevé, c'est le peu d'importance qu'elles ont ordinairement à la peau et leur intensité dans la profondeur. Comme l'explique si bien Vibert, un double mécanisme intervicut pour la production de ces lésions: c'est d'abord l'action directe contre le sol, déterminant des contusions, des fractures, ete. significatives du mode de chute; c'est en outre et surtout l'action iniirecte, c’est-à-dire Ja transmission de la secousse, de l'ébranlement à toutes les parties du corps. Ce dernier mécanisme expliquerait les fractures à distance, les ecchymo:es profondes, les hémorrhagies des membres et du trone, situées en dehors des points lésés directement, les ecchymores et les déchirures des différents organes, en particulier, du foie, de la rate, du cerveau, des reins, de l'utérus gravide, etc.
ETUDE GENERALE DES BLESSURES. 8 I. BLESSURES FAITES PENDANT LA VIE OU APRES LA MORT.
On comprend tout l’intérèt qu'il y a souvent de connaître si les blessures ont été faites pendant la vie ou après la mort, et parfois même si elles ont été faites assez longtemps avant la mort,
Les blessures post-mortem reconnaissent une origine eoit aceldentelle, soit intentionnelle.
Au nombre des blessures accidentelles, ii faut compter celles qui résultent des manipulations du clavre jusqu’à l'examen médical; celles que subissent les noyés pendant leur séjour dans l'eau:
celles produites par les animaux: les rats, les chiens, los oisaux, ete; celles enfin faites ü l'autopie et dues à | iles rionce où Linat. tention de l'opérateur,
Quant aux blessures intentionnelles, les urnes résultent de l'acharnement de l'agreseur contre une victime déjà morte, le: gutres sont faites dans le but de cacher le crime, tel le dépéçcage de nou- Deau-nés et plus rarement d'adult. * Où de simuler, soit un suici le, toit un accident, tel le transport sur la voie ferrée d'un individu assassiné,
Dans le cas de blessures faites immédiatement avant Ja mort, les Principaux signes sont: l'hémor-hagie, la coagulation du sang, l'écartement des lèvres de la plaie; dans le cas de blessures faites quelques temps avant la mort, ce sont en plus, pour les plaies: l’exsudation de sérosité lymphatique, le début de cicatrisation, la suppuration; pour les ecchymoses : la présence de colorations secondaires
L'hémorrhagie, la coagulation du sang et l'écartement des lèvres de la plaie sont les geule SITES Qui nécessitent quelques commentaires, Et disons tout de suite, que leur valeur n'est pas absolue, ur d'une part, ile peuvent être absents dans des blessures sûrement faites pendant la vie, d'autre part, ils peuvent — au moins dans une certaine mesure — se rencontrer dans des blessures post-mortem,
1° Hémorrhagie. -— En général, lorsqu'une blessure est faite pendant la vie, elle d ane lieu à une hémor-hagie qui peut être, soit interne, soit externe la blessure s'ouvre à l'extérieur, soit à Ja fo's interne et externe.
Dans le cas d’hémorrhagie externe, consquence d'une p'aie cutanée, le sang s'infiltre dans les bords et entre les lèvres, dans le tissu cellulaire, dans jes muscles, etc, de sorte qu'il ne disparaît Pas par le lavage, 1! tache les vêtements ou autres objets envi. TODnants; il peut même être projeté à distance sous forme de gouttelettes, ou encore se répandre sous forme de trainées, indiquant par cette disposition, dans le Premier cas, un jet artériel poussé par les Contractions du coeur, dans le second, le mouvement de Ja victime elle-même perdant son sang.
Cet aspect ensanglanté de la plaie peut cependant manquer, lors même que l’hémorrhagie s'est produite, quand, à la suite de la section du cou par exemple, le sang s'écoule en entier et librement au dehors.
L'hémorrhagie externe peut elle-même faire défaut. quoiqu'exceptionnellement, dans Jes circonstances suivantes :
1° Dans les blessures fuites Par armes à feu où par iistruments piquants très délicats, comme les aiguilles ;
2° Dans les blessures Par arr! hement, à cause de l’obturition simultanée des vaisseaux :
3° Dans les blessures produites alors que, par d'autres plaies, le “ang trouve une issue facile ;
4 Dans les blessures sccompagnant des déchirures du coeur ou de l'aorte ;
5 Lorsque le cho nerveux ou l'ébranlement cérébral à paralysé la circulation (Paltauf).
Par contre, l'émorrhagie externe peut parfois résulter d'une plaie cutanée faite sur le cmdavre, et elle à d'autant plus de chance de se produire que lu plaie a été faite à un moment plus rapproché de la mort. Elle s produit cependant quelquefois beaucoup plus tard, à savoir: au moment de la formation des hypostases et de l’appari- Uon «de la putréfuction:; l'écoulement est alors d'autant plus consiléruble que le sang est plus abondant et qu'il est resté plus fluide, C'est ainsi qu'on voit souvent saigner les plaies faites dans les parties déclives chez les noyés, les asphyxiés et, en général, chez tous les cas de mort subite,
Une plaie peut ne pas signer au moment de sa production postmortem, Une plais à pu saigner au moment de sa production antemortem, pour commencer où recommencer À saigner au moment de la lrmation des lividités, Mais, à moins de l'ouvr ture des gros troncs veineux, cette hémorrhagie des plaies post-mortem n'est jamais abondunte; elle est, en tous cas, toujours moindre que dans les plaies de même nature faites pendant la vie,
Les hémorrhagies internes se font dans les cavités sérouses, dans ie tissu interstitiel profond et dans le tissu cellu'aire sous-cutané,
Les hémorrhagies des séreuses résultent sur le vivant, «oit de lou. verture des gros vaisseaux, soit des plaies ou déchirures des organes eux--mêmes. Sur le calavre, un tel épanchement peut se produire, quoique d'une façon toujours plus discrète, à la suite de l'ouverture des gros troncs veineux seulement, jamais à la suite d’une blessure d'organe,
Les hémorrhagies interstitielles profondes, c'est-à-dire, celles qui se font dans les : les, près des os, ete, et qui résultent habituellement des blessures de ces organes, ne sont susceptibles de se produire chez le cadavre que d’une façon tout à fait exceptionnelle; il n’en est pas de même cenendant des épanchements sous-utanés,
IT est, en effet, bien établi que des taches d’une coloration tout à fait aralogue à celle des ecchymoses, peuvent se produire sur le cada- ‘re, soit spontanément, soit sous l'influence d'un traumatisme.
Les eccliymoses spontanées post-mortem ne se rencontrent qu'au niveau des lividités et résultent de la rupture de petites veinules, sous l'influence d’une hyperhémie intense.
Les ecchymosse dues À un traumatisme post-mortem sont loin d'être constantes. Elles ne se produiraient facilement que sur les parties modérément pourvues de graissse et reposant sur un plan os-
“ux; et le sang épanché serait Presque toujours liquide et nullement incorporé aux tissus,
chez que l'hémor.
tissus ou les
2" Coagulation du sang. En règle générale, le sang qui, le vivant, se répand au dehors des vaisseaux, se coagule,
rhagie se fase à l'extérieur ou qu'elle ait lieu dans les cavités,
Il existe cependant quelques exceptions à cette règle: le sang des menstrues normales, ne contenant pas de fibrine, ne se congule pas; le sang épanché dans le péritoine forme des eaillots peu abondants; dans la plèvre, il ne se coagule qu'à demi.
La même règle générale ci-dessus énoncée mais renversée, vaut chez le cadavre, c'est-à-dire que le sang épanvhé en dehors des vais. seaux après la mort ne se coagule paie.
Mais cette règle comporte aussi une restriction formulée par Vibert de la façon suivante: “Le sang qui s'écoule d’une plaie ne se coagule pas instantanément : en général, ce n'est guère qu'au bout de cinq minutes que la coagulation est complète, Une plaie qui sernit faite dans les cinq minutes qui suivent là mort où même dans un délai plus long pourrait donner du sang qui se coagulerait; mais ce caiilot serait peu volumineux, en raison de l'abondance moindre de l’hémor. rhagie; il serait plus mou, moins adhérent que si la blessure était faite pendant la vie.”
3° Evcartement des bords de la plaie.—Certains tissus comme la peau, les muscles, les artères, etc. possèdent sur le vivant la propriété de se rétracter, lorsqu'une plaie est faite à leur niveau. Cette propriété rétraitile varie suivant les tissus, mais pour le même tissu, elle varie aussi suivant les régions, etc. par exemple: l'évartement cutané atteint son maximum au niveau du con, il est au minimum au cuir chevelu et au dos,
Après la mort, la propriété rétractile des tissus cesse, mais cesse graduellement, après un temps variable, lequel ne dépasse guère quelques heures, Une plaie faite après la mort, peut donc présenter un certain écartement de ses bords, mais cet écartement sera toujours moindre que dans le cas d'une plaie faite pendant la vie.
Lorsqu'un c rps a été l’objet de grandes mütilations, que les membres ont été eéparés du tronc ou divisés eux-mêmes en plusieurs fragments, la présence ou l'absence de la rétraction au niveau des sections, nous aidera à établir que celles-ci ont été faites pendant la vie ou après la mort: une enetion uniforme, c'estä-dire sans rétraction, 1ndiquant une mutilation Post-mortem; une section dont les muscles, Ja peau, les artères, etc., sont inégalement rétractés, indiquant au co1taire, une blessure vitale.
SIL DItGNOST1IC MEDICOLEGAL DES BLESSURES :