SPERME, MATIÈRES FÉCALES, MÉCONIUM
Charles Robin et Tardieu ont montré qu'au microscope les pellicules apparaissent constituées par des cellules épithéliales pavimenteuses de l'épiderme infiltrées de substance sébacée. Ces cellules minces, aplaties, polygonales, lorsque l'enduit sébacé est examiné à l'état frais, sont au contraire globuleuses, s'il a été nécessaire de faire macérer dans l'eau la tache desséchée. Elles sont imbriquées et renferment de nombreuses granulations très fines ; il est en général impossible de distinguer le noyau (fig. 94).
Il n'est pas rare d'apercevoir l'orifice des glandes sébacées ou des follicules pileux, reconnaissables surtout à limbrication concentrique des cellules épithéliales. Enfin on trouve souvent des poils de duvet provenant du fœtus, dépourvus de canal médullaire, avec une pointe nettement effilée.
CHAI>1TRE m POILS
Nous nous proposons dans ce chapitre d'étudier les circonstances dans lesquelles l'intervention de l'expert micrographe peut apporter des renseignements utiles à la justice, grâce à l'examen des poils.
.jusqu'à ce jour, lexamen des poils, au cours des expertises médicolégales, a surtout porté sur le système pileux humain. L'usage de |(lus en plus répandu des fourrures d'une part, le contact de l'homme avec les animaux domestiques, d'autre part, font intervenir souvent dans les expertises des poils d'animaux, dont il faut savoir reconnaître la nature et interpréter l'origine.
H - — Expertises dans les homicides.
Poils trouvés dans les mains des victimes. — Au cours de la lutte qui précède presque toujours les meurtres, la victime cherchant à se défendre contre son agresseur, il n'est pas rare que ce dernier soit saisi par les cheveux ou par la barbe ; le médecin légiste doit donc toujours porter son attention sur les mains du cadavre, avant même que celui-ci ait été déplacé.
On note avec soin la position qu'occupent, par rapport aux doigts, les poils qui y adhèrent, puis on les recueille séparément pour chaque main, en leur attribuant un numéro d'ordre. La première difliculté qui se présente est la suivante : les poils proviennent-ils bien de l'assassin ou n'appartiennent-ils pas à la victime elle-même? Il importe donc tout d'abord de les comparer aux poils de cette dernière, dès que l'on aura établi qu'il s'agit bien de poils, et même de poils de provenance humaine.
Si les poils ne proviennent pas de la victime, on est en droit de présumer qu'ils ont été arrachés à son agresseur; on en dédui
alors de précieuses indications signalétiques sur ce dernier, avec la possibilité d'une identilication lorsque le meurtrier est arrêté.
Lors du crime du boulevard Voltaire (meurtre de la lille G. [iichon), la découverte dans les mains de la victime de cheveux féminins contribua à orienter les recherches de la police vers les personnes féminines de son entourage, et lorsque la femme B... fut soupçonnée, la comparaison de ses cheveux avec les cheveux soumis à l'expertise constitua une des preuves matérielles de sa culpabilité ; dans cette même alfaire, l'expertise des cheveux permit de mettre hors de cause une autre femme également suspectée.
Poils trouvés sur les vctemeuts ou les lieux du crime. — Grâce aux saillies des écailles de la cuticule, les poils s'accrochent facilement aux divers objets dont la surface n'est pas entièrement lisse, leur adhérence est même assez considérable, si bien que Ion retrouve constamment des poils sur les vêtements, draps de lit, etc. Il est toujours important de recueillir et d'examiner tous ces poils : certains d'entre eux peuvent'provenir du meurtrier et servir à le retrouver ou à prouver sa culpabilité; d'autres appartiennent à la victime ou viennent de fourrures ou d'animaux et, par leur présence insolite en certains endroits, éclairent les circonstances du crime.
Il est donc nécessaire, pour rendre possibles les comparaisons, de toujours prélever sur le cadavre, au moment de l'autopsie, un certain nombre de poils : cheveux, poils de barbe et même poils du pubis, si l'on suspecte l'existence du viol. Faute de cette précaution indispensable, l'expertise des poils serait infructueuse dans bien des cas, (ju imposerait une exhumation.
On a surtout chance de trouver des poils du meurtrier sur l'oreiller d'un lit où celui-ci aurait passé une partie de la nuit avec la victime, par exemple.
11 est souvent indispensable de rechercher les poils à la loupe et même de poursuivre les investigations au laboratoire sur les objets placés correctement sous scellés (c'est-à-dire de telle façon que la pièce à conviction soit à l'abri de toute souillure).
On remarquera d'ailleurs qu'il n'est pas toujours dépourvu d'intérêt d'établir que des poils trouvés sur les lieux du crime proviennent de la victime ; il devient, en effet, possible d'indiquer la place exacte occupée par la victime ; dans les cas, par exemple, où le cadavre aurait été ultérieurement transporté dans un autre endroit.
C'est ainsi que, lors du meurtre de Mme G... dans un compartiment de chemin de fer, la découverte d'un seul cheveu de la
vicliine dans la housse du dossier nous a suffi pour connaître la place qu'elle occupait avant le crime ; l'existence d'un grand nombre des mêmes cheveux au milieu d'une Ilaque de sang sur le plancher permettait de dire que la tète do la victime avait reposé en cet endroit.
Si les poils trouvés sur les vêtements ou sur les lieux du crime ne sont pas de provenance humaine, on détermine aussi exactement que possible à quel animal ils appartenaient et s'ils ont été détachés sur un animal vivant, en général domestique, ou sur une fouirure.
Tantôt il s'agit de poils de cheval, de bœuf, etc., qui conduiront à donner des indications sur la profession du meurtrier ; tantôt on se trouve en présence de poils de chiens ou de chats, et l'on obtiendra, par suite, des indications sur les animaux que possède le propriétaire des vêtements. Cette dernière circonstance se réalise fréquemment, surtout pour les poils de chats.
Les poilsde fourrure peuvent égarer les recherches si leur nature et leur provenance ne sont pas établies d'une façon précise et si, par exemple, ils ont été regardés comme des poils humains par les magistrats enquêteurs ; mais, dès que le diagnostic est posé, les indications obtenues conduisent à conclure que l'une des personnes en cause, victime ou meurtrier, possède une fourrure dont on établit le nom et la variété. Ainsi, lors du meurtre de M»® G..., il existait sur le plancher et le rideau-store du compartiment de nombreux poils de renard silka (renard de l'Alaska lustré et teint) ; or la victime possédait une étole et un manchon confectionnés avec cette fourrure, qui furent retrouvés sur la voie du chemin de fer,
Poils sur les armes. — Dans plusieurs cas, l'examen de poils trouvés sur des armes a permis décarter les soupçons qui pesaient sur un prévenu; d'autres fois, l'identification de poils trouvés sur des armes, avec ceux de la victime, a conduit à conclure que l'assassin s'était bien servi de ces armes pour perpétrer son crime.
Examen des poils du cadavre. — La résistance offerte à la putréfaction par les poils du cadavre fait que leur examen i-end les plus grands services au pointdevue del'identification (identification du cadavre de GoufTé par Lacassagne).
Sur les cadavres défigurés et parfois dépecés, les poils fournissent souvent des indications précieuses. Chez une femme, dont la tête fut trouvée récemment dans un terrain vague de la rue Botzaris, la présence de longs cheveux, décolorés par l'eau oxygénée, a i enseigné sur le sexe de la victime et facilité sa reconnaissance.
En 1892, une tète, séparée du tronc, fut découverte rue Botzaris avec quelques fragments des membres et du tronc ; comme chez la
fille dont nous avons parlé plus haut, le nez et les oreilles avaient été coupés, et, de plus, le meurtrier avait pris soin de scalper le cuir chevelu. Les médecins légistes ne purent diatcnostiquer le sexe et conclurent que la tète devait appartenir soit à une femme de vingt à quarante-cinq ans, soit à un adolescent, étant donné qu'il existait une très légère moustache sur la lèvre supérieure.
11 neût cependant pas été impossible de déterminer le sexe. L'un des caractères sexuels du système pileux réside dans la différence
r?ufiiW.
Homme.
Fis
Kemme.