A)— CICATRICES
Pour qu'une blessure laisse une cicatrice, il faut qu'elle soit suffisamment profonde pour atteindre les tissus situés audessons de la. couche génératrice de 1'épiderme; si pourtant la blessure, quoique suff samment profonde, est assez petite pour permettre à la couche génératrice de se reconstituer, comme, par exemple, les blessures faites par une aiguille, une lancette, et?., elle peut guérir sans laisser aucune trace, après un laps de temps difficile à déterminer.
Les blessures à 'bords nets, sans perte de substance, avec juxtaposition parfaite des bords, dont la guérison s'effectue par première intention, laissant des cicatrices moins apparentes que dans les cas de mauvaises juxtapositions et de guérison par granulation. En principe, une cicatrice ne disparaît pas, mais elle peut être modifiée intentionnellement aux dépens d'une autre cicatrice, ce qui rend alors son appréciation -plus difficile.
La réparation se faisant aux dépens du tissu conjonctif et celuici étant rétraetile, la cicatrice est presque toujours plus petite que la plaie et entraîne souvent des déformations. Toutefois on remarque que chez l'enfant, des cicatrices peuvent s'élargir avec la croissance générale. La rétraction de larges plaies peut se poursuivre pendant deux ans et plus.
Une cicatrice se traduit soit par une élévation, soit par une dépression.
Une cicatrice récente garde une teinte rougeâtre tant que le processus lent de réparation se poursuit; après des semaines et parfois des mois- elle devient brunâtre, et enfin son caractère d'ancienneté se traduit par une coloration pâle qui persiste toute la vie.
Il est conséquemment difficile de dire à quelle époque remonte la plaie indiquée par la cicatrice; avec cela qu'un grand nombre d'autres causes viennent encore parfois ajouter à cette difficulté, tels: la situation de la cicatrice, son étendue, sa nature, l'âge et la santé de la personne, la façon dont la plaie a été traitée et dans laquelle s'est opérée la guérison.
Il y a avjantage à examiner une cicatrice à jour frisant et mémo parfois à la loupe. Elle ne contient aucun vaisseau, aucune glande
sébacée ni sudoriipare, aucun îpoil; aussi, lorsque sur le vivant, on vent: faire apparaître davantage une cicatrice, on y arrive par la friction,, par l'application de la chaleur sèche ou humide, enfin par tout procédé ayant pour effet d'activer la circulation dans les vaisseaux q"L entourent la cicatrice.
«On peut diviser les cicatrices en quatre classes :
1° ... .Cicatrices traumaliques. — Elles varient dans leur formesuivant l'instrument qui a déterminé la blessure, et en outre suivant le mode de guérison, l'endroit du corps, l'élasticité ou la tension de la <peau, l'abondance du tissu cellulaire, la convexité de la partie atteinte. Citons comme exemples : les cicatrices linéaires des instruments tranchants; les points cicatriciels des instruments piquants tels qu'aig'uilles, etc. ; les cicatrices en étoile des instruments piquants et à arêtes; celles extrêmement irrégulières des instruments contordants; les cicatrices rondes mais déprimées au centre, des plaies par armes à feu.
2° ....Cicatrices des brûlures. — Elles sont étendues, irrégulières et donnent lieu à une rétraction considérable des tissus voisins. Une brûlure du premier degré ne donne <pas lieu à une cicatrice; il en est de même de celle du second degré à condition que la phlyctène soit laisssée en place.
Les brûlures faites -par les caustiques sont circonscrites, profondes et déprimées au centre.
3° ... .Cicatrices chirurgicales. — A part celles dues à la grande chirurgie, on a celles de la saignée, des ventouses scarifiées, du cautère, etc.
4° ;. . . .Cicatrices inflammatoires. — iCe sont celles de toute suppuration qui aboutit <à une effraction de la peau, telles les cicatrices irrégulières des abcès tuberculeux ou scrofuleux du cou, les cicatrices d'abcès de l'aine d'origine vénérienne, celles des chancres, du furoncle, des affections cutanées pustuleuses comme la variole, etc.
Toute cicatrice devra donc être notée, établissant bien son siège, sa direction, sa forme et autant que possible son origine et son âge.
B ) —DEFORMA TIONS.
Les déformations de toutes sortes peuvent aussi servir à l'identification; on peut même ajouter que plus la déformation représente une anomalie rare, iplus elle devient précieuse pour l'identification.
Il est absolument impossible et d'ailleurs inutile, d'énumérer toutes les déformations qui peuvent être rencontrées. Toutefois, on peut les diviser en trois grandes classes :
1° Les déformations pathologiques, telles que, tumeurs, coxalgie, ankylose, hernie, etc.
2° Les déformations congénitales ou tératologiques {anomalies) telles que, menstruosités, bec de lièvre, naevi, etc.
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