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V. LA PROVENANCE DU SANG

a) Le sUng d'un individu diffère-t-il de celui d'un autre?, Noms savons bien qu'entre individus de la même espèce, le sang

est différent; toutefois, les différences que nous connaissons jusqu'ici ne sont pas essentielles, mais accessoires et surtout passagères, et d'ailleurs absentes dans les conditions où se fait habituellement l'examen médico-légal du. sang.

Il y a cependant certains cas où la provenance du sang peut être recherchée avec profit, c'est ce que nous allons étudier.

b) Taches de sang menstruel. — On sait que le sang menstruel contient peu de fibrine, ce qui explique son peu de tendance à former des caillots; qu'il est acide par suite de son mélange avec le mucus vaginal; qu'il contient un pins grand nombre de leucocytes que le sang normal; enfin qu'il montre de nombreuses cellules épithéliales. Il sera donc souvent possible d'établir qu'une tache de sang provient des menstrues et non pas d'une blessure quelconque, et notamment d'une blessure des voies génitales: vagin, hymen, etc. La présence de spermatozoïdes, de poils, etc., au milieu des éléments sanguins qui composent une tache, peut fournir des indications précieuses.

c) Epistaxis. — Le sang provenant du nez forme de petites taches arrondies et rosées avec concrétions noirâtres au centre; il con-

tient souvent des cellules épithéliales cylindriques à cils vibratiles. les gouttes en tombant du nez, glissent sur la partie antérieure du vêtement et prennent l'aspect de traînées dont la direction est de haut en bas.

d) Taches de puces, de punaises, de poux, etc. — L'aspect- des caches de sang que peut donner cette vermine sur le linge, est assez caractéristique. Au microscope, on trouve quelques globules rouges et des granulations amorphes noirâtres.

e) Taches provenant d'un accouchement et des lochies. — Leur abondance, leur répartition et surtout leur odeur, si elles sont fraîcnes, sont assez caractéristiques. On pourra trouver en outre des villosités placentaires, des débris de l'oeuf, de petits poils foetaux, de l'enduit sébacé, etc.

/) Hémoptysie. — Le sang provenant d'une hémorrhagie pulmonaire montre des éclaboussures généralement très fines, projetées par la toux.

g) Hématêmèse. — On trouve des débris alimentaires mélangés au sang qui provient de l'estomac.

VI. COMMENT RECONNAITRE QWIL S'AGIT DE SANG HUMAIN OU DE SANG D'UN ANIMAL.

Il n'est peut-être pas inutile de dire ici que tous les procédés que nous avons décrits pour reconnaître le sang ne nous indiquent nullement que ce sang provient d'une espèce animale plutôt que d'une autre.

Pour résoudre cette question très importante, nous di .posons de différents moyen- inégalement bons:

L'un est basé sur les différences dans la forme et dans le diamètre des globules du sang. On sait en effet, que les globules des oiseaux, des poissons et des reptiles ont une forme oblongue avec un noyau; les mammifères, au contraire, ont des globules en forme de disques et sans noyau.

Voilà donc une différence suffisamment nette et pratique entre deux grands groupes d'animaux. Mais quant à différencier les globules des mammifères entre eux, la chose devient pratiquement impi ssible par la seule mensuration micrométrique du diamètre des globules, attendu que cette variation dans la grosseur n'est pas assez prononcée d'une espèce à l'autre.

Enfin, ce procédé devient inutilisable dans tous les cas où les g^bules sont trop altérés ou détruits.

Le procédé basé sur la différence des cristaux d'hémoglobine, présente peut-être à un plus haut degré, les mêmes inconvénients que le précédent.

Le seul procédé employé aujourd'hui est la réaction dite des se-

rums précipitante, basée sur Le Bail suivant, établi ireraier

I ;,r les recherches de Bordel en l£

Lorsqu'on injecte à petites doses pro| Lu sang d'un

i. ;il .1 à une autn e anima e //. il se développe dans le

l'animal H. une substance nouvelL I entre autres propri<

trois suivantes :

J° d'agglutiner les globules de l'< A seulement;

2° de les bémolyser ensuite ;

3° il»' donner un précipité albumineux

De là son nom «le Bubstance agglutinative ou agglutinine,

— — de substance hémolytique ou hémolysine,

— — de substance précipitante ou précipitii

suivant qu'on la désigne par Tune ou l'autre -d< ropriéî

Ajoutons que cette substance est elle-même composée de deux éléments facilement séparables, parce qu'ils sont détruit- à des températures différentes. L'un appelé, complément, alexine ou c\ est détruit à 55° C. et existe dans tous les sérums; l'autre appelé, sensibilisatrice, ambocepteur, fixateur, est détruit à ?0° C et se rencontre seulement dans les sérums préparés. C'est sur ces données que repoe la méthode dite de déviation du complément dont l'une des principales applications est due à Wassermann (réaction de Wassermann).

A. REACTION DES SERUMS PRECIPITANTS

C'est en février 1901 qu'Uhlenhuth, médecin hollandais, fit la

I remière application de cette réaction aux recherches médico-légales.

II va sans dire qu'elle est aujourd'hui appliquée et admise devant les tribunaux de tous les pays.

L'animal de l'expérience est le lapin, mais ou aura soin de le choisir jeune, bien que parvenu à un complet développement. Corin a ^suggéré d'utiliser le chien, (parce que cet animal peut supporter s.ns grave inconvénient, une saignée de 200 à 300 ce, et se prêter de nouveau, après quelque temps, à la même opération, moyennant une oj deux injections nouvelles de sérum.

Le sérum humain qui doit servir à l'injection, provient soit d'une saignée chez, par exemple, un urémique, soit d'un placenta frais que l'on a broyé et fortement comprimé. Le sang obtenu par ce dernier moyen, doit être stérilisé avant son injection, par filtration à travers une bougie en porcelaine.

L'injection peut se faire, soit par la voie intraveineuse, soit par la voie sous-cutanée, soit par la voie péritonéale.

L'injection dans la veine marginale de l'oreille est de pratique facile, surtout si on a soin de rendre cette veine plus saillante en conipiimant l'oreille à sa base.

Les voies sous-cutanée et péritonéale exigent qu'on s'entoure de précautions antiseptiques rigoureuses. On évitera la formation d'abcès ou d'escarres fau niveau de la peau, en pratiquant les injections en des endroits suffisamment éloignés les uns des autres.

On recommande de faire cinq ou six injections de 3 à 4 ce, à deux ou trois jours d'intervalle; et de prendre soin que la dernière injection ait lieu en dedans de vingt jours après la première; on évite ainsi les accidents anaphylactiques généraux.

Quant aux accidents -anaphylactiques locaux, ils seraient évités, suivant Besredka, en faisant les premières injections sous la peau et les deux dernières dans le péritoine.

Le sérum précipitant atteint en général, son maximum d'action à partir du huitième jour après la dernière injection, mais il sera prudent d'en vérifier quand même l'activité dans une prise de sang h inime. Si l'épreuve est jugée satisfaisante, on sacrifie l'animal et on recueille le sang de façon aseptique. 'Celui-ci est ensuite déposé à la glacière durant quelques heures, afin de faciliter la formation du caillot; puis quelques minutes au centrifuge électrique achèvent la rétraction du caillot et fournissent un sérum absolument clair.

On a proposé différents procédés pour conserver ce sérum. Un premier procédé consiste à y ajouter quelques gouttes d'un antiseptique comme, le chloroforme, l'acide phénique, le thymol, la gyleérine, etc., un autre consiste à le dessécher dans le vide sur des plaques de verre ou sur du papier buvard; mais le procédé qui paraît affaiblir I: moins son pouvoir d'action, consiste à le placer dans de petites ampoules (1 ce. chacune) que l'on dépose à la glacière et à l'abri de la lumière.

Le pouvoir précipitant d'un sérum ainsi préparé n'a pas une spécificité absolue. Il est, en effet, bien établi que le sérum qui précipite le sang humain, précipite aussi, quoiqu'à un degré inférieur, celui des singes anthropoïdes; que le sérum précipitant le sang de cheval précipite également celui de l'âne ; que le sérum précipitant le sang de mouton précipite de même celui de la chèvre ; bien plus, des recherches précises ont montré qu'un sérum qui précipite le sang d'un mammifère quelconque, précipite dans une certaine mesure celui de tous les mammifères.

L'inconvénient qui résulte de l'insuffisance de spécificité d'un sérum précipitant, est toutefois amplement compensé par l'extrême sensibilité de la réaction, si bien que toute erreur est évitée en diluant considérablement (1 dans 500 à 1 dans 1000) le sang à examiner.

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