Précis de microbie
Les ouvrages traitant des microbes et des maladies microbiennes commencent à devenir assez nombreux en France, et cependant il nous a paru qu'un Précis, du genre de celui-ci, avait sa place marquée parmi eux, et comblerait une lacune qui nous a souvent frappés au cours de nos études.
Plusieurs de ces ouvrages publiés en France ne sont que des traductions de livres étrangers, et ne réi)ondent qu'imparfaitement aux besoins du lecteur français; d'autre part, parmi les trop rares livres français, quel que soit d'ailleurs leur mérite, il n'en est pas un qui [misse être regardé comme un guide élémentaire, un manuel de laboraloire, initiant l'élève aux pratiques de la microbie, à sa tecbrii(pie, et à ses a[)plications à l'étude des maladies microbiennes.
C'est ce guide élémentaire et pratique que
PRÉFACE
nous avons voulu faire, et que nous présentons au public médical et vétérinaire.
Nous espérons aussi que les médecins et vétérinaires qui voudraient acquérir les notions aujourd'hui indispensables sur ces matières, sans s'astreindre à la longue pratique d'un laboratoire, trouveront dans notre Précis un exposé sommaire suffisant de ces notions.
Notre ouvrage se divise naturellement en deux parties : la première traite de la technique générale; la seconde est la technique appUquée, l'étude spéciale des diverses maladies microbiennes.
Un mot de chacune de ces parties, des tendances et du but dé notre Précis dans chacune d'elles.
C'est en France qu'est née la microbie, car c'est à M, Pasteur qu'elle doit son existence: c'est en France aussi qu'elle a trouvé son expression la plus complète et la plus achevée dans les travaux de cet illustre savant et de ses élèves; les Annales de l'Institut Pasteur sont le vivant témoignage qu'aujourd'hui encore notre école tient bien haut le drapeau de cette science éminemment française. Et cependant dans quels traités français ou étrangers la technique de l'école française se trouve-t-elle indiquée et exposée?
Que les ouvrages allemands passent sous silence les méthodes françaises et n'exposent
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que leri procédés allemands dont H. Ivdcli a été r initiateur, cola se conçoit assez; mais que dans les livres français la technique de l'école de Pasteur soit presque passée sous silence, ou considérée comme n'aj-ant plus qn"un intérêt historique, ou enfin exposée d'une façon incomplète ou dérisoire, cela no peut s'expliquer.
La technique française est toujours viA'ante, et bien vivante; elle fait partie intégrante de la science microbique au même titre que la technique plus récente de Koch.
Loin de nous la pensée de nier que celle-ci ait fait faire un grand progrés à la microbie; mais enseigner la technique de Koch et elle seule, la présenter comme en tous points snflisante, c'est commettre une injustice, une inexactitude grave, c'est enfin n'enseigner sciemment qu'une partie de la vérité. Les cultures en milieu Uquiiie, i)our prendre un exemple frappant, ont-elles nKhité de tomber en dijsuétude, et est-ce à l'école de Koch que nous devons les procédés si essentiels des cultures dans le vide que ses (Héves sont si [)eu aptes à pratiquer?
Élèves d'un maître qui a gardé précieusement les traditions du laboratoire dt; l'i'Icohî Normale, nous avons cluircluj à allier dans ce livre la l(;chnifpie fran(;aise aux [)ror(''(ir's allemands, en élaguani de ccuix-ci tout ce (pi'ils
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contiennent trop souvent de grossier et d'imparfait, en ne gardant que ce qui a constitué un véritable progrès; nous avons voulu faire en un mot dans ce Précis ce que nous faisons chaque jour au laboratoire.
Nous espérons qu'ainsi conçue et exposée, notre première partie trouvera un accueil favorable chez nos lecteurs.
La deuxième partie, c'est-à-dire l'étude spéciale de chaque maladie microbienne, se divise de la façon suivante :
Maladies communes à l'homme et aux animaux ;
Maladies spéciales aux animaux;
Maladies spéciales à l'homme.
Le lecteur ne rencontrera dans cette partie que de rares indications bibliographiques; il y trouvera au contraire, nous le croyons, tous les détails nécessaires à Tétude expérimentale et microbienne élémentaire de ces maladies. Nous espérons qu'en suivant notre exposé, en se conformant aux quelques indications pratiques qui y sont données, le lecteur pourra répéter facilement dans le laboratoire toute la série d'expériences et de manipulations qu'exige l'étude sommaire d'une maladie microbienne, et arrivera à la connaissance, élémentaire assurément, mais nette et précise de la maladie qu'il choisira pour élude.
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Nous n'avons passé en revue qu'un nombre très limité de maladies microbiennes; notre excuse est simple : ce précis n'est pas un exposé complet de la microbie, et seules les maladies dont la. preuve microbienne est absolument faite doivent y trouver place; seules aussi doivent s'y rencontrer celles qui peuvent être étudiées fructueusement, et à peu près complètement, dans le laboratoire, par l'élève.
Ainsi s'expliquent les nom])i'ouses lacunes de cette deuxième partie, lacunes, au reste, souvent plus apparentes que réelles.
Chaque jour voit éclore la découverte de miciobes pathogènes plus ou moins fantaisistes ou mal étudiés sur lesquels le silence ne tarde pas à se faire, et dont les lecteurs d'iui ouvrage élémentaire ne doivent avoir nul souci.
Les maladies microbiennes communes à l'homme et aux animaux, et les maladies exclusivement vétérinaires occupent dans ce Précis un ranj? beaucoup plus large que les maladies microbiennes exclusivement bumainfîs: c'(!st qu'en effet les premières se fuèti;iit mieux et plus complètement h Vrlnde de lal)oratoire que les secondes, la pnîuve expérimentale en étant toujours possible; peut-être aussi celte catégorie de maladies microbiennes nous est-oUc plus familière,
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ayant fait l'objet de préférence de nos études. Nous pensons d'ailleurs que le public médical ne nous saura pas mauvais gré d'avoir traité d'une façon plus détaillée ces maladies qu'il aura grand intérêt, croyons-nous, à connaître, même sommairement.
Un mot encore qui s'applique à tout ce Précis : nous avons pris comme règle absolue de ne parler que de ce que nous a"\dons pu étudier, répéter et contrôler nous-mêmes. Là oii force nous était d'énoncer le dire des auteurs sans avoir pu faire aucune expérience de vérification et de contrôle, nous avons eu soin de prévenir le lecteur.
Ce Précis a été conçu et exécuté à 1 "École d'Alfort, dans le laboratoire de notre cher maître M. Ed. Nocard, sous ses yeux, et tout ce qu'il peut contenir de bon, nous le lui devons certainement.
(Jiril nous permette de le remercier, et de lui donner publiquement ce témoignage de notre reconnaissance et de notre afïection.
Notre éditeur, M. G. Masson, a voulu faii'e de ce modeste Précis presqu'un Uvre de luxe où les ligures en couleur ont, pour la première fois, dans un volume de ce prix et de ce format, une large part. Ces ligures, ainsi d'ailleurs que toutes celles que renferme notre Précis, ont été dessinées sur nos préparations, h Alforf, avec
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le talent que le public médical et vétérinaire apprécie depuis longtemps, par notre ami M. Nicolet. Il n'est que juste de lui adresser ici nos remerciments.
Alfort, mars 1889.