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V. Cultures du bacille du choléra des poules

Le microbe du choléra des poules est aérobie: il ne pousse qu'en présence de l'air.

Il pousse bien dans les bouillons, sur la gélatine et la gélose, mais non sur la pomme de terre.

La meilleure semence est le sang pris purement dans le cœur.

1. Culture dans les bouillons. — Lemicrobedu choléra des poules se développe bien dans les bouillons de poule et de veau, neutres ou un peu alcalins.

Les matras ensemencés sont placés à l'étuve, à une température voisine de 37°. Du jour au lendemain, le bouillon est trouble, d'aspect louche, ce qui indique que l'agent s'y est développé. Mais peu à peu, le bouillon redevient transparent et la culture se dépose au fond du ballon.

Les cultures de choléra des poules perdent leur virulence au contact de l'air : au bout de 60 jours elles sont absolument inolïensives pour les animaux. C'est d'ailleurs en exposant à l'air libre des cultures pendant un temps donné que M. Pasteur est parvenu à trouver le vaccin du choléra des poules.

Pour conserver des cultures virulentes, il est donc nécessaire de les soustraire à l'action de l'air.

On arrive aisément à ce résultat en recueillant ces cultures dans des pipettes que l'on ferme ensuite à la lampe à leurs deux extrémités. Ces pi-

MALADIIÎS MlCROhlENNES.

pettes contiennent toujours une ou deux bulles d'air à la faveur desquelles la culture continue à pousser; mais les microbes ne tardent pas à s'être emparés de l'oxy gène de ces bulles d'air. A ce moment la culture s'arrête, et comme alors il ne reste plus d'oxygène dans les tubes ainsi fermés, le microbe y conserve sa virulence pendant très longtemps.

2. Cultures sur gélatine. — Ces cultures se font par piqûre ou en strie. Par piqûre, l'ensemencement donne au bout de quelques jours une culture blanche s'étahmt et s'épai^sissant léçii'rement à la surface de la gélatine, et formant autour du trajet de l'aiguille une multitude de petites colonies, ovales, blanches, nettement séparées les unes des autres. La culture est d'autant moins abondante qu'elle atteint davantage les couches profondes de la gélatine.

En strie la culture donne une line ligne blanchâtre, légèrement bleue par transparence. Les cultures ne liquéTient pas la gélatine.

En 2 ou 3 semaines, la culture prend au contact de l'air une teinte grise, avec un rellet vert sale, qui va se fonçant graduellement.

3. ' Cultures sur la gélose. — Le microbe du choléra des poules pousse sur la gélose : on le sèmera en stries. La culture sera ensuite placée à l'étuve à 37°. Au bout de douze heures environ la culture a pris la même apparence que sur la gélatine. Si on sème dans la gélose une gouttelette provenant d'une culture dans un bouillon, on obtient un développement extrêmement riche, formé de colonies rondes ovoïdes ou allongées, opalescentes et bleuâtres par transparence.

L'examen des cultures sans coloration montrera le microbe sous la forme d'un micrococcus ou d'un diplococcus mobile ; ce microbe sera d'autant

ClIOLÉKA DES POULES.

plus fin que la culture sera plus ancienne. — Coloré, le microbe prendra nettement la forme d'un microcoque ou d'un diplocoque.

Résumé des caractères du bacille du choléra des poules.

Aérobie, mobile, le microbe du choléra des poules est d'une extrême finesse. Il apparaît sans colo-

Fig. ."il. — Choiera des poules.

A, Culture dans le lioiilllon. Leitz, or. 3, obj. 1/12.

B, Sang (le pigeon. Même grossissement.

ration sous la forme d'un diplocoque ou d'un microcoque.

Sa véritable forme, révélée par la coloration dans le sang, est celle d'un petitbàtonnetqui prend fortement la couleur aux deux extrémités, mais reste incolore au centre.

PB. DE iVUCROItlP,. i&

MALADIES MICROBIENNES

Il pousse bien dans les bouillons, la gélatine, lu gélose, mais non sur la pomme de terre.

Il se colore facilement par les couleurs d'aniline, mais ne prend pas le Gram ni le Weigert.

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CHOLÉRA DU PORC

Le docteur Salmon, chef du Bureau of Animal IndusLry du département de l'Agriculture aux Etats-Unis, a désigné sous le nom de Hog-choléra, c'est-à-dire choléra du porc, et étudié dans diverses publications, dont la plus récente est de 1883- 1886, une maladie porcine qui fait de grands ravages en Amérique (1).

Le Hog-choléra correspond à la maladie étudiée, il y a longtemps déjà, par Klein sous le nom de ■pneimo-enteritis infections of Ihe piij ; à la pneumoeniérite contagieuse des porcs, étudiée à Gentilly et à Marseille par MM. Cornil et Chantemesse (Académie des Sciences et Société de Biologie, 1887; ; à l'épidémie des porcs à Marseille de Rietsch et Jobert (1887); enfin à l'épizootie sévissant en Suède et en Danemark et désignée sous le nom de diphthérie du porc.

(1) Outre les Reporis of Ihe Commissioner of Agriculture 1S85- 1886. qui se trouvent difficilement en Fr:iui'0, on pourra ron?nlter pour les travaux île M. Salmon à ce sujet un article écrit par lui-même dans the journal of Comparative Ali'derine and Surf/ery. \\t\\ iSS8 (Analysé par E. Leclaiuclie in Itecxieil de médecine vétérinaire, octobre 1888) et rexcellonte revue critique de Duclaux in Annales Pasteur, juillet 1888, revue à laquelle nous avons fait plus d'un emprunt pour cet article. MM. ('(irnil et Chantemesse viennenl de publier récennnent dans le Journal de l'Anatomie une bonne éludr de cette maladie.

CHOLÉRA DU PORC

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