IV. Cultures du bacille de la septicémie des souris
Le microbe est aéro-anaérobie, mais parait pousser de préférence dans le vide.
Pour semence, on prendra de préférence du sang, recueilli purement dans le cœur d'une souris récemment morte.
1° Culture dans le^; uouillons. — Elle réussit dans tous les bouillons, en présence de l'air et dans le vide, à 37°; la culture est rapide; elle n'a aucun aspect spécial.
2° Cl'lture d.^ns la gélatine par PIQURE. — Elle est fort importante, car elle donne un aspect caractéristique. La culture se fait le long du trajet de l'aiguille dans toute la hauteur du cylindre gélatineux, puis elle irradie en formant des prolongements nuageux dans la masse gélatineuse. Elle rappelle ainsi la culture en piqûre du ronget de Pasteur, avec cette difïérence que, dans ce dernier cas, les prolongements sont distinctement isolés les uns des autres, ce qui donne à la culture l'aspect d'une petite brosse à bouteilles, tandis que dans la septicémie les prolongements sont flous et nuageux.
La gélatine ne liquéfie pas.
3° Cl'LTiniE SUR (.ÉLOSE EN STRIE. — InOCuléc
strie sur la gélose et placée à l'étuve (37°), la culture s'accuse en vingt-quatre Iicuros par ses colonies rondes et blanch<itrcs.
4" Culture sur milieux opaques. — Le Jiacille de la septicémie des souris ne pousse jias sur pomme de terre, tout au moins à la surface.
MALADIES MICR0131ENNES.
Morphologie du bacille de la septicémie des souris provenanl des cultures. — Dans ces difTérenls milieux de cultures, et surtout dans le bouillon, le bacille est plus long que dans le sang des sujets morts. 11 prend quelquefois même la forme d'un long filament ondulé. Les préparations ou cultures seront colorées par les procédés connus.
Résumé.
Le microbe de la septicémie des souris est un bacille aéro-anaérobie, et plus anaérobie qu'aérobie. 11 tue la souris des maisons, non celle des champs ; il tue également les pigeons et les moineaux, et à haute dose les lapins.
Il pousse dans les bouillons, dans la gélatine, sans la liquéfier et en y prenant un aspect caractéristique, sur la gélose. Les cultures sur pomme de terre restent sans résultat. Il se colore dans les solutions hydro-alcooliques connues ainsi que par le procédé Lôflleret celui de Malassez. 11 prend bien le Gram.
B. - MICROCOCCUS TETRAGENUS
Le raicrococcus tetragenus, encore appelé telragonus, a été signalé et décrit pour la première fois par GalTIvv. Celui-ci inoculait des souris sous la peau avec le produit du raclage de la surface des cavernes tuberculeuses. Les animaux ainsi infectés ne tardaient pas à succomber, et leur sang contenait une grande quantité de microbes ronds, réunis quatre par quatre.
La souris contracte la maladie en série avec une
MICROCOCCUS TKTRAGENUS.
grande facilité. Une goutte de sang d'une souris contaminée et morte, inoculée à une seconde souris dans le tissu conjonctif de la région dorsale ou de la cuisse, suffit à tuer celle-ci en un temps relativement court, variant entre quinze et vingt heures. A l'autopsie on ne trouve aucune lésion macros-
Kif,'. :,9.
A, iMicrococcus tntragonus. Culture. I.nit7. ne ."î, nljj. 1 / 12.
B, Slaphylococcus pyngenes aiircus. Culture. I,eil/.. oc. 3, obj. 1,12.
copique spéciale, sauf pinit-ètre la congestion des viscères, mais à l'examen microbiologique du sang il en est tout autrement.
L'examen sans coloialion du sang, sur lamelles et à un grossissement moyen ( Vcrick : oc. 1 ; obj. 81 montre dans le plasma, et plus difficilement dans les globules blancs, une quantité de petits poini^ réfringents iinmniiiles, réunis (|ual rc par quatre en
MALADIES MICROUIENNES.
forme de losange, c'est-à-dire opposés deux à deux. La coloralion donne de meilleurs résultais. Elle se fait aisément dans les solutions liydroalcooliques des couleurs d'aniline, mais il est préférable d'employer les méthodes de double coloralion : celle de Grara et celle de M'eigerl. On obtient ainsi des préparations dans lesquelles apparaît nettement la disposition en tétrades des micrococcus. On peut également faire des préparations de pulpe de la rate ou du foie.
Les coupes d'organes se colorent par lesméthodcs de Gram et. de "Weigert. La méthode de Weigert est même préférable à celle de Gram.
En faisant des coupes fines dans l'épaisseur de la paroi d'une caverne provenant d'un poumon humain tubercnleiix, on peut parfois mettre en évidence le bacille de la tuberculose en même que le mici'ococcus tétragonus. Voici le procédé qvie nous conseillons pour cotte préparation :
Les coupes fines une fois déshydratées dans l'alcool absolu sont placées pendant vingt-quatre licures dans la liqueur rouge d'Ehrlich; elles sont ensuite décolorées dans l'alcool et l'acide azotique il 1/iO, et rincées à l'eau. On colore ensuite légèrement le tissu au brun de Rismarck puis on emploie la méthode de Gram ou celle de NVeigert. Si les manipulations ont été bien faites, on a ainsi une ju-éparation typique dans laquelle on voit le tissu en jaune clair, les bacilles de Koch en rouge et les micrococcus tétragonus eu violet.
Cultures du micrococcus tetragenus.
Le tetragenus est aérobie, mais aussi parfaitement anaérobie, ainsi que nous l'ont montré les divers essais de culture dans le vide ou en présence de gaz inertes qno nous en avons tontes.
MICROCOCGUS TETRAGENUS.
i° CULTCKE DANS LES MILIEUX LIQUIDES. — Le ITli-
crococcus tetrai^enus pousse abondamment en pi-ésence de Tair dans tous les bouillons simples ou peptonisés. On ensemence une goutte de sang recueilli purement. Les ballons une l'ois semés sont placés dans l'étuve à 37°. Au bout de quelques heures le bouillon se trouble; puis la culture se dépose au fond du matras où elle prend l'aspect d'une poudre blanche, très fine. En agitant légèrement, cette poudre se mélange de nouveau au liquide en formant d'abord des flocons que l'agitation disperse. Cette culture en bouillon a donc un aspect assez caractéristique.
La culture dans les bouillons à, l'abri de l'air ou en présence de gaz inertes est facile, et plus abondante que la culture en présence de l'air.
2" Culture sur gélatine. — En piqûre, on obtient en quatre ou cinq jours, à la température de la chambre, une culture blanche, nacrée, s'étalant sur la surface supérieure de la gélatine et simulant les contours d'une feuille de nénuphar. Le long de la piqûre il se forme de petites colonies blanches, ovoïdes, serrées d'abord les unes contre les autres, puis isolées, et cela d'autant plus qu'elles évoluent plus profondément dans l'épaisseur de la gélatine.
En strie, la cuUuro forme une ligne blanche, nacrée, luisante et granuleuse. Les cultures ne liquéfient pas la gélatine.
3" Culture sur hélose. — Elle oITre les mêmes caractères que celle faite sur gélatine.
4" Cultijre su-r i'Omme ue terre. — Le micrococcus tetragemis pousse très bien sur ce milieu opaffuc : il donne une cultun; blanche et d'aspect verni.
Examen des cullurrs. - Dans ces cultures liquides, e.xaminées .sans coloration, on voit le mi-
MALADIES MICROBIENNES
crococcus disposé en Iclrades. Celles-ci peuvent se réunir et former des sortes de zooglées, mais on distingue nellement la disposition en tétrades des microbes dans ces zooglées. C'est surtout ce dernier aspect que prend l'agent dans les milieux solides. Le microbe sans coloration parait immobile. On emploie pour colorer les cultures la même technique que celle que nous avons indiquée à propos du sang.
Pour les cultures nous conseillons surtout d'employer la méthode de Gram.
Résumé.
Le micrococcus telragenus est un micrococcus en tétrades, aéro-anaérobie, immobile, qui tue la souris et pousse dans les cultures liquides à l'air ou dans le vide, sur gélatine, sur gélose et sur la pomme de terre. Il se colore dans les solutions hydro-alcooliques légères de fuchsine, etc., et prend le Gram et le Weigert.