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VI. Expérimentation sur les animaux

Gaffky fit le premier des tentatives d'infection des animaux par le microbe typhique : il échoua constamment sur le singe, le lapin, le cobaye, le rat blanc, la souris, le pigeon, la poule et le veau : il expérimentait par ingestion, injection intraveineuse et inoculation intra-péritonéale.

En 1886 E. Frânkel et Simmonds, opérant par injection intra-veineuse ou intra-péritonale, réussirent à infecter quelques lapins et souris et un cobaye, qui moururent avec l'hypertrophie de la rate, des ganglions mésentériques, des plaques de Peyer. Le bacille d'Eberth fut toujours retrouvé dans la rate.

MM. Chantemesse et Widal ont à leur tour fait une série d'expériences avec le bacille typhique, fraîchement retiré du corps humain soit sur le vivant, soit sur le cudavre.

FIÈVRE TYPHOÏDE. 361

Voici le résumé somiiuiire de ces expériences que nous empruntons à leurs auteurs.

Il L'inoculation dans le péritoine des souris, de 1 centimètre cube de bacilles typhiques cultivés à la température ordinaire, détermine chez ces animaux une septicémie qui les tue le plus souvent en 24 heures.

" Les inoculations faites dans le tissu cellulaire, avec des cultures prises à la surface de la gélatine, déterminent une septicémie qui évolue beaucoup plus lentement, qui tue le plus souvent en 10 ou 12 jours. Les microbes trouvés à l'autopsie sont alors moins nombreux.

« Les inoculations faites dans le péritoine des cobayes réussissent à peu près dans la moitié des cas, et la mort survient en général après un ou deux jours.

« A l'autopsie de tous les animaux mentionnés, on retrouve des cultures de bacille typhique dans les ganglions raésentériques, dans le foie, la rate, souvent dans les poumons, quelquefois dans le cerveau.

<< Les inoculations faites chez les lapins, dans le péritoine ou les veines de l'oreille, déterminent des symptômes tels que fièvre, diarrhée, amaigrissement rapide survenant après une période d'incubation de quelques jours ; souventl'animal résiste et guérit; la mort, du moins immédiate, est exceptionnelle.

'< Quatorze jours après l'inoculation, nous avons trouvé des lésions rappelant celles de la fièvre typhoïde, et le bacille persistait vivant dans les organes. »

De ces expériences on j)eut conclure que le bacille d'Eberth peut sur quelques animaux, et tout particulièrement la souris, provoquer une septicémie mortelle.

MALA.D1ES MICROBIENNES

LÈPRE

C'est à A. Hansen que l'on doit la démonstration de la nature bactérienne de la lèpre.

La lèpre (1) qui n'existe plus guère en Europe, si ce n'est dans les contrées du littoral de l'Espagne, de la Grèce et de la Norvège, est une affection caractérisée par le développement de nèoplasies bacillaires au niveau des téguments cutanés et muqueux, des nerfs, dans les ganglions lymphatiques et dans quelques viscères.

Localisée a la peau, aux muqueuses ainsi qu'aux vaisseaux ganglionnaires lymphatiques correspondants, l'affection prend une forme spéciale : c'est la lèpre tuberculeuse, caractérisée par le développement sur le tégument externe (et surtout la face et les mains) et sur les muqueuses biicco-pharyngienne et laryngée, de tubercules saillants qui s'ulcèrent, et mutilent le malade, détruisant les narines, ampulant les phalanges, etc.

Localisée aux nerfs l'affeclion est connue sous le nom de lèpre aneslhésique ; elle se caractérise par l'apparition de plaques cutanées plus ou moins

(I) Nous n'avons eu que rarement l'oecasioa de faire l'examen de tissus lépreux ; nos connaissances personnelles sur le bacille de la lèpre sont donc très bornées. Nous avons surtout emprunté la substance de c<:l article au livre de MM. Cornil et Babès, et à la très intéressante communication de M. Besnier à l'Académie de Médecine (11 octobre IS87) à laquelle nous renvoyons nos lecteurs ponr tous les détails sur la contagion de cette afl'ection, etc., etc.

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larges, rappelant colle du vitiligo : ces plaques sontauesthésiques. Aleur niveau la peau s'atrophie, se rétracte, et la lèpre aneslhésique mutile ainsi les extrémités des doigts et orteils, dont une ou plusieurs ])halanges se trouvent spontanément amputées.

Les deux fornu^s de la lèpre (tuberculeuse et anesthésique) sont le plus souvent associées : la la lèpre est alors mixte.

La lèpre est une maladie exclusive à l'iiomme; il n'existe chez l'animal aucune aflfection analogue, et tous les essais expérimentaux tentés sur l'animal (chien, porc, lapin, etc.) pour lui transmettre la lèpre ont absolument échoué.

Les quelques essais d'inoculation pratiqués d'homme à homme n'ont pas non plus donné de résultats.

La lèpre est cependant transmissible, ainsi qu'en témoignent quelques laits positifs, irrécusables, contre lesquels ne saurait prévaloir la série des faits négatifs invof[ués par les anticontagionnistes.

L'hérédo-contagion delà lèpre est certaine.

La lèpre peut être transmise par la vaccination, si le vaccinifère auquel on emprunte le liquide vaccinal est lépreux^

III. Le bacille de Hansen. Sa localisation dans l'organisme lépreux.

Le bacille de la lèpre, ou bacille de Hansen, est un fin bacille, de 4 à 6 |/. de long et de moins de 1 p.delargc, très voisin comme forme, dimensiou, aspect et réactions de coloi'ution, du l)arille de la tuberculose.

Il se trouve par myriades dans les lésions

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lépreuses, et c'est là un caractère important qui déjà le différencie du bacille de Koch, dans la plupart des cas.

Sa forme est plus régulière, il est aussi plus droit que le bacille de la tuberculose.

11 se colore bien par la méthode d'Ehrlich et présente ainsi traité, comme le bacille de Koch, un aspect granuleux tout spécial résultant de la succession de zones claires et de zones colorées ; mais il se colore beaucoup plus rapidement que le bacille de la tuberculose dans la liqueur d'Ehrlich, et résiste plus longtemps à la décoloration par l'acide azotique.

Baumgarten a proposé d'utiliser celte propriété du bacille de Hansen pour le difTérencier du bacille de Koch dans les cas douteux : un séjour de cinq minutes danslaliqueur d'Ehrlich, avecdécoloration consécutive par l'acide azoticiue à un dixième, suffit pour colorer le bacille de Hansen, tandis (jue le bacille de Koch i-esle incolore, traité par ce procédé rapide.

Le bacille de la lèpre peut encore être coloré par les couleurs d'aniline simples, avec décoloration par un acide ou l'alcool, procédé qui ne convient pas au bacille de la tuberculose, mais la méthode par excellence pour les lamelles chargées de produits lépreux ou pour les coupes est la méthode d'Ehrlich, telle qu'elle se pratique pour colorer le bacille de Koch.

Les diverses localisations du bacille de Hansen dans les lésions lépreuses ont été parfaitement résumées par M. Besnier, à qui nous emprunterons la substance des quelques lignes suivantes.

1° Liquides de l'organisme. — A. Le sang. — « A aucune épo(|ue de la lèpre le sang ne contient le bacille en permanence. » Peut-être, dans la période des éruptions intermittentes et fébriles, le

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bacille apparait-il dans le sang, mais des observateurs de la valeur d'Arning n'ont jamais pu l'y déceler : la règle est donc rabscnce du bacille dans le satuj. »

B. La lymphe. — C'est certainement « dans les points où elle peut être stagnante — réseau étoilé du derme, lacunes de la trame lamineuse, gaines lymphatiques des nerfs et des ganglions — le liquide de culture par excellence des microphytes de la lèpre. »

C. Les sécrélions normales et pathologiques et les excrétions.

L'urine ne contient jamais de bacilles.

» Les larmes, lemucus nasal, la Aw/ive pullulent de bactéi'ies lépreuses dans tous les cas où les surfaces oculaire, nasale, bucco-pharyngienne sont lépromaleuses.

Dans les cas de lèpre du côlon et du rectum les mulicres intestinales contiennent le bacille.

Le mucus utérin et les sécrétions vaginales ne contiennent jamais le bacille lépreux.

« Les liquides pathologiques exsudés au niveau des léprides buUeuses directes ou bacillaires (pemphigus lépreux des auteurs), ou ceux qui s'écoulent de la surface des léprides ulcéreuses, gangréneuses, contiennent des bacilles en plus ou moins grande abondance.

L'A lymphe et les croates vaccinales chez les sujets lépreux ne contiennent jamais le bacille. 2" Tissus, oiiGANEs ET APPAREILS. — A. Tégumcnl. — « Sur le tégument, on trouve le bacille partout, mais particulièrement dans la partie succulente du chorion, le réseau lymphatique cloisonné, les espaces lymphatiques étoiles, l'atmosjjhère conjonctive des capillaires dermi({ucs et hypodermi(|ues et des dernières ramifications nerveuses. Sauf violation mécanique, l'épidcrme proprement dit reste

MALADIES MICROBIENNES

indemne. » Il en csL de nième dos glandes sudoripares, des follicules pileux et sébacés pilaires.

B. Muqueuses. — « Les muqueuses de rapport, oculaire, nasale, Iniccopharyngienne, laryngée, foisonnent de bacilles dans les cas de lèpre Icgumentaire, ou de lèpre mixte. » A l'exception des muqueuses du rectum et du côlon, les muqueuses viscérales ne sont guère atteintes, et les muqueuses utérine, vaginale et vésicale restent indemnes.

C. Vaisseaux sanguins. — « Les capillaires des régions envahies sont entourés ou encombrés de l)acilles emboliques. »

I). Vaisseaux lympJiatiques. — Vaisseaux et ganglions sont le siège constant et essentiel du bacille.

E. Système nerveux. — Le système nerveux central est généralement indemne; c'est dans les cordons nerveux au delà des plexus ou dans les ramifications terminales de deuxième rang que siège le bacille.

F. Viscères. — Les lésions lépreuses viscérales sont moins connues, mais tout aussi réelles que les autres lésions : le foie, le poumon, le testicule, le rectum, le côlon sont les principaux organes atteints par le bacille lépreux. Mais c'est surtout dans la: moelle osseuse et dans la rate que le microbe trouve le milieu le plus favorable à son développement. Il y existe, à l'état de culture pure, en quantité prodigieuse (Nocard et. Roux).

L'appareil génito-urinaire de la femme reste toujours indemne.

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