II. Procédés divers d'inoculation
t" InocithUions superficielles, endermiques. — Après avoir rasé les poils de la région où l'on veut effectuer l'inoculation, on fait au bistouri do petites plaies parallèles, en ayant soin de n'intéresser que la partie superficielle du derme. Lorsque l'hémorrhagie, presque nulle d'ailleurs, a cessé, on dépose à la surface des scarifications la substance vii^ulente, que l'on étale par frictions.
■i" Inoculations sous-cutanées. — EUes "sont très simples : Coupez les poils de la partie sur laquelle pointera rinoculalion; arrachez quelques plumes s'il s'figit d'un oiseau. Tout lavage avec la solution de sublimé de la partie ainsi dénudée nous paraît inutile; si l'on désirait réaliser une stérilisation parfaite de cette région, on y pratiquerait une cautérisation avec l'extrémité d'une baguette de verre fortement chauffée sur la flamme d'une lampe à alcool, d'un bec i5unson, etc.
I. 'animal él.nit liien maiiiliMiu par un aide, faites un |di à la [ie;iu et enfoncez raiguillc à la base de ce pli. Poussez alors doucement la quantité de li([uidc voulue, quantité qu'on aura mar([ii(;e d'avance au moyen du curseur sur la Uffc du pis- Ion, et assurez-vous que le liquide ;i iiiiui pi'in'l m'; dans rhypodcrmc.
Chez les cobayes, les lapins, nous clinisissons
EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX
tl'une façon générale comme lieu d"inoculation sousculanée, la face interne des cuisses, ou la paroi antérieure do l'abdomen; chez les souris, la base de la queue ou la face interne des cuisses; chez les pigeons et les poules, la région pectorale.
L'inoculation sous-cutanée exige chez la souris, particulièrement lorsqu'il s'agit d'injecter une assez forte quantité de liquide, un manuel opératoire un peu spécial. L'introduction d'une aiguille à pointe effilée, comme l'aiguille ordinaire, peut causer des lésions mortelles chez ce petit animal lorsque l'aiguille est poussée un peu profondément : on risque ainsi de faire pénétrer, par exemple, laiguilledans la cavité péritonéale, alors qu'on se proposait de faire l'injection dans le tissu cellulaire de la base de la cuisse.
Pour éviter tous ces accidents, opérez de la façon suivante :
Prenez une aiguille à extrémité mousse, pouvant, cela va sans dire, s'adapter sur le corps de pompe de la seringue de Pravaz. LUroduisez dans cette aiguille un petit trocart à extrémité pointue. Faites avec cet appareil une ponction dans le tissu cellulaire au lieu choisi. Retirez le trocart, laissez en place l'aiguille mousse ainsi transformée en canule; adaptez sur sa grosse extrémité la seringue de Pravaz i-emplie du liquide d'inoculation, et poussez Tinjection. L'aiguille mousse pourra cheminer aussi profondément qu'on le voudra dans riiypoderiue sans y causer de dégâts.
3" Inoculations intrapniloncalci^. — Coupez les poils ou arrachez les plumes sur une cerlainc étendue de la région abdominale; cautérisez, si vous le voulez, la surface dénudée avec l'extrémité d'une baguette de verre fortement chauffée.
Couliez l'animal à un aide (pii le maintiendra solidement; faites un pli qui couiprenne toute l'épais-
DES INOCULATIONS
seur de l;i jiaroi abdominale, ce qui est facile cliez les animaux de ijctite taille, lapins, cobayes, etc., dont muis traitons ici, et enfoncez laiguille à la base do ce pli. Abandonnez le pli et assurez-vous que l'aiguille est libre dans la cavité abdouiinale ; ajustez le corps de pompe sur l'aiguille et injectez la quantité voulue de liquide.
L'inoculation intrapéritonéale pratiquée comme nous venons de le dire est simple et n'oll're aucun danger le plus souvent, chez le cobaye et le lapin; il n'en serait pas de ^ même chez le pigeon et les animaux de très petite taille, chez lesquels on risquerait fort, par le procédé indiqué, de blesser l'intestin et d'amener une perforation.
Voici un procédé que nous devons à MM. Nocard et Moux, et qui met à l'abri de tout accident.
C'est sur le pigeon (jue nous le mettons en pratique ; il va sans dire qu'il réussirait de mémo sur tout autre animal.
Les ligures 21 , 21 bis et 21 ti;r représenlent le jeu d'aiguilles nécessaires à l'opération.
A est une aji^'iiilio «•eusc(|Ml s'adapte d'une Jjart sur la seringue de Pravaz et se terniin(> de I autre par une exti émité mousse. H cstune aiguille
21 trr.
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creuse terminée par vine extrémité ^Jomiue, et d'nn diamètre intérieur tel qu'elle peut recevoir A. Ajoutons, et c'est là le point essentiel, que la tige A estplus longue que la tige B, de telle sorte que Texlrémité mousse de A, lorsque cette aiguille est engagée dans Tintérieur de l'aiguille B, dépasse de un demi-centimèlre environ l'extrémité pointue de B.
Lorsqu'on veut pratiquer une inoculation intrapéritonéale sur un pigeon, on conlie l'animal à un aide qui le tient le ventre en Tair et les pattes ramenées en avant.
Avec une éponge imbibée d'une solution désinfectante on écarte le duvet entre la pointe du sternum et le cloaque. On saisit entre les mors d'.une petite pince anatomique la peau et la paroi musculaire abdominale sur la ligne médiane à 1 centimètre du sternum, et on soulève la pince.
On a d'autre part disposé une aiguille à coudre portant un fil trempé d'abord dans une solution désinfectante; on enfonce l'aiguille à la base de la partie soulevée pai- la pince, on passe le fil, qui traverse ainsi le péritoine et pénètre dans la cavité abdominale; on abandonne alors la pince.
Delà main gauche on saisit les deux extrémités du fil, qu'on attire en haut et en avant, et de la main droite on ponctionne avec l'aiguille B à la base du pli; l'aiguille B ne doit pénétrer que très peu dans la cavité péritonéale.
On prend alors la seringue de Pravaz chargée de la matière à inoculer et sur laquelle on a adapté l'aiguille mousse A; on engage A dans le canal de B et l'extrémité mousse de A vient saillir dans le péritoine en avant de U, dont la pointe est ainsi entièrement nias(iuée. Un abandonne le fil ; la partie soulevée retombe; on relire le fil et l'on jioussc l'injection : tout danger de perforation
DES INOCULATIONS
intestinale est écarté par cette petite manœurt-e.
4" Inoculations ihnis les reines. — Ces inociilalions précieuses dans rertains cas, que nous préciserons plus lard, se pratiquent aisémenl chez le lapin, la poule et le pii/eon.
Ici, plus que dans tout auUe mode d'inoculation, il ne faut employer que des matières soigneusement préparées, et filtrées : une embolie mortelle serait le résultat de la pénétration de tout fragment solide dans le système circulatoire.
Chez les lapins, on choisit la veine du bord jjostéro-externe de l'oreille, on fait saillir la veine par compression digitale; on introduit alors l'aiguille dans le vaisseau : une goutte de sang sourd, indiquant que l'aiguille est en bonne place; on pousse alors doucement l'injection.
I, Si le liquide se répand dans le tissu périvasculaire, l'inoculation est manquée; il faut la recommencer du côté opposé.
Chez la poule et le pigeon on pratique facilement l'inoculation intraveineuse sur la veine du bras : on arrache quelques plumes pour mettre à découvert le vaisseau, très saillaut d'ailleurs et très visible. On le fait gonflei' jiar une compression k la base du membre et on opère comme chez le lapin.
.-)" Inoculations dans la ckombre anlcrieure de Vœil. — Utilisées déjà par Conheim, par Baumgarlen pour ses ex[)ériences sur la tubei'culosc, ces inoculations sont devenues cuire les mains de MiVI. Nocard et Houx le moyeu simple le plus efficace de conférer la rage aux animaux.
La pratique de ces inoculations est sim])le : on i nsfnsi b il ise d'abord lasui'face oculaire en y versant quelques goulb's de cocaïne; on attend ([uebiues instants j)0ur <djh uir l'inscnsibilisalion com|dèle, yiuis on fait pi'néirer raiguille de la seringue dans la chambre antérieure et on pousse l'injection.
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60 Inoculations par voies digestivcs. — Mettant à piirt le procédé tout spécial de Koch pour l'inoculalion au cobaye du bacille-virgule, procédé dont il sera question plus tard, le moyen le plus simple est de faire pénétrer les substances virulentes avec les aliments.
Les animaux inoculés seront placés aussitôt dans des cages; mention sera faite sur une étiquette de la nature de la maladie inoculée, ainsi que de la date de l'opération.