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C. Lait. — Bon milieu

B) — Coloration, caractères microscopiques

1° Coloration. — Se teinte très bien par les matières colorantes dérivées de l’aniline (bleu de méthylène, fuchsine phéniquée diluée). Ne reste pas coloré par la méthode de Gram.

Fig. 31t.

Bacille de l'avortement épizootique de la vache.

2° Mobilité. — Immobile.

3° Forme. — Bacille de 1 à 2 p de longueur et moins de 1 p d’épaisseur. Quelques éléments ont une forme ovalaire ; d'autres sont de véritables bâtonnets, quelques-unes présentent une ou deux zones non teintées. Souvent au milieu des cellules de la muqueuse utérine et des hématies les bacilles sont réunis en

BACILLE DE BANG

amas, les uns paraissant être intra-cellulaires, les autres rappelant l’aspect des microbes agglutinés.

G) — Caractères biologiques

1° Habitat. — L’exsudât utérin, les membranes fœtales, le fœtus, renferment l'agent de la maladie. On le retrouve dans le liquide qui s’écoule après le part. Le lait renferme le bacille (Schroeder et Cotton, Mohler et Traum).

2° Vitalité, virulence. — L’exsudât virulent, conservé à l’abri de la putréfaction, reste infectant plus de six mois et moins d’un an. La dessiccation détruit le virus assez rapidement.

3° Agglutination. — Le sérum des femelles infectées agglutine le bacille de l’avortement entre 1 p. 120 et 1 p. 16.000, tandis que le sérum des bovidés sains agglutine à 1 p. 32 ou 1 p. 64 (Halfdan Holth). Le procédé peut être utilisé pour le diagnostic de l’infection (Y. Diagnostic).

D) — Action pathogène

1° Action naturelle. — L’avortement infectieux ou épizootique, caractérisé par l’étude bactériologique de Bang, survient à toutes les périodes de la gestation surtout après le quatrième mois. La tuméfaction de la vulve s’accompagne d’un écoulement de coloration chocolat. Les enveloppes fœtales sont toujours épaissies, l’exsudât jaune brunâtre ou chocolat qui recouvre la muqueuse utérine renferme la bactérie spécifique. Le fœtus peut être normal, hydropique ou momifié. La maladie caractérisée par la présence du bacille de Bang, est spéciale aux femelles de l'espèce bovine.

L'infection sévit en permanence dans certaines régions et dans certaines étables. L’étude expérimentale confirme la fréquence de l’origine digestive de la maladie, mais celle-ci peut

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOLOGIQUE 811

résulter de la pénétration par le vagin, notamment au moment du coït.

Une infection à bacille de Bang peut sévir spontanément chez les cobayes dans les laboratoires où l’on étudie l'avortement épizootique (F. M. Surface).

2° Action expérimentale. — A. Bovidés. — ( Femelles en état cle gestation), a. Inoculation veineuse. — Méthode certaine d'infection.

b. Inoculation sous-cutanée. — Réussit avec des doses élevées.

c. Ingestion. — Reproduit la maladie, six jours après l’ingestion le bacille est retrouvé au niveau des cotylédons.

d. Vagin. — Celte voie qui, a priori , semble devoir jouer un rôle important lors de l’infection naturelle ne permet pas toujours de réaliser l'infection même quand le virus est introduit en grande quantité jusqu’à l’ouverture du col.

jB. Brebis. — L’infection est possible par la bouche, elle succède à 1 inoculation veineuse , tandis que Y inoculation vaginale reste sans résultat.

C. Gobaye. — L’avortement peut succéder àl’ inoculation péritonéale, les autres modes d’inoculation sont incertains dans leurs résultats. Chez les mâles et les femelles qui ne sont pas gravides l’inoculation du lait contenant le microbe provoque des lésions à évolution lente qui ne peuvent être distinguées des lésions de la tuberculose (notamment de I hyperthrophie de la rate) sans l’examen microscopique (Th. Smith et M. Fabyan) .

E) — Toxines

Le filtrat n’est pas véritablement toxique. Pourtant il peut provoquer une élévation de température, plus manifeste lors d’une seconde inoculation pratiquée dix jours plus tard. Les corps microbiens sont toxiques ; leur endotoxine résiste au chauffage à 100 degrés, elle provoque une réaction fébrile chez

BACILLE DE BANG

les animaux infectés et chez les animaux sains. La réaction a été préconisée pour le diagnostic (V. Diagnostic).

F) — Diagnostic bactériologique

1° Recherche du bacille. — Les amas de bacilles sont caractéristiques dans l’exsudât utérin recueilli soit avant, soit après 1 avortement. Pour l’envoi au laboratoire l’exsudât peut être recueilli sur des fragments de coton ou servir directement à faire des préparations qui seront examinées ultérieurement. On peut adresser pour le diagnostic bactériologique les membranes fœtales fraîches, les cotylédons placentaires, le contenu de l’estomac du fœtus : la disposition des microbes en amas permet de faire le diagnostic même avec des produits putréfiés.

2° Séro diagnostic . — A) Agglutination. — Le diagnostic au cours de la gestation peut être fait par la recherche du pouvoir agglutinant (Halfdan Holth).

Les microbes sont recueillis sur le milieu gélose-sérum, et émulsionnés dans la solution chlorurée sodique à 9 p. 1.000. La floculation est appréciable souvent après trois heures, toujours après huit à dix heures, rarement il faut attendre douze heures. Chez les vaches saines le taux de l’agglutination varie de 1 p. 22 à 1 p. 32, quelquefois il atteint 1 p. 64.

Le sérum des vaches infectées, sauf quelques rares exceptions agglutine à un taux qui varie entre 1 p. 120 et 1. p. 16.000. L’agglutination à 1 p. 64 est sans valeur diagnostique, il peut s’agir tout aussi bien de bovidés sains que d’animaux infectés. Le pouvoir agglutinant peut être recherché dès le premier mois de la gestation, il peut persister très longtemps, jusqu’à deux ans, après l'avortement.

En raison du petit nombre des résultats douteux (6 sur 190 observations) le séro diagnostic par l’agglutination peut être considéré comme un procédé dune réelle valeur pour la recherche de l'avortement épizootique.

B) Déviation du complément. — La méthode peut être utilisée

IMMUNISATION

pour le diagnostic, ses indications concordent avec celles fournies par l'agglutination (Halfdan Holth).

La présence d'une sensibilisatrice spécifique dans le sang des cobayes spontanément infectés peut troubler les indications de la méthode de déviation du complément quand on utilise le sérum de ces cobayes comme complément (F. M. Surface).

La valeur des procédés de séro-diagnostic est confirmée par de nombreuses recherches (Sven wall, Larson, IIadley et Beach. Fr. M. Surface, M’ Fadyean et Stockman).

3° Injection révélatrice. — Les cultures du bacille de l’avortement épizootique ont été utilisées pour préparer une substance Yabortine analogue à la tuberculine. L’injection sous cutanée ou veineuse détermine chez les animaux infectés une élévation de température plus grande que chez les animaux sains. Les résultats sont encore trop inconstants pour qu’il soit possible de recommander la méthode pour le diagnostic (Commission anglaise, Brull).

G) — Immunisation

Le^ femelles de l’espèce bovine avant la fécondation supportent sans dommage des doses élevées de cultures virulentes. Cette résistance peut être utilisée pour vacciner les animaux. On injecte six semaines ou deux mois avant le coït en une ou deux fois lOu à 200 centimètres cubes de culture; quelques expériences montrent que les animaux résistent ultérieurement à une épreuve par inoculation veineuse.

Bactériothcrapic . — La Commission anglaise a entrepris des essais pour éprouver la valeur des cultures tuées dans le traitement de la maladie.

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