Xylol, huile de cèdre
Telle est la méthode fondamentale; mais elle est susceptible d'une infinité de variantes, suivant la nature des éléments qu'on désire mettre en évidence.
Le point important est de bien effectuer la différenciation. Pour cela, quelques explications complémentaires sont indispensables.
Ether glycérique, Glycerinaether ou Glycerinaetherniischung de Unna. — Cet important it'actif est quelquefois interprété d'une manière très fantaisiste. Ce n'est point, comme on le croit trop souvent, un mélange de glycérine et d'éther sulfurique, mais bien un produit très complexe, dans lequel des éthers de la glycérine sont
dissous clans un mélange convenablement dosé d'alcool absolu et de glycérine.
Ce produit est préparé par Grdbler et Schucbardt depuis 1S92; on ne connaît pas au juste sa composition centésimale, mais on sait que sa partie active est un éther ou mieux un anbydride de la glycérine. Pour l'obtenir, on soumet la glycérine à la distillation sècbe fractionnée avec 2 p. 100 de cblorure d'ammonium i ; on recueille les produits, on les mélange de nouveau, on les additione du tiers de leur poids d'alcool absolu et on ajoute assez de glycérine pour donner une consistance convenable.
Je crois qu'on peut appeler ce mélange clher glycérique : je propose cette dénomination, pour qu'enfin on puisse désigner en français un produit important, d'usage journalier dans les laboratoires. En tous cas, c'est le terme que j'adopte pour cet ouvrage.
On emploie très rarement l'étber glycérique pur, parce que son pouvoir décolorant est très grand. Unna conseille généralement de l'étendre de trois volumes d'eau. Je préfère une dilution encore plus grande, par exemple V gouttes pour 10 centimètres cubes d'eau distillée. Le mélange est toujours trouble : on peut l'employer tel quel ou le filtrer.
Ce ditférenciateur agit d'une façon très spéciale : en etTet, ii décolore la chromatine avant le cytoplasme : il est donc tout particulièrement propre à démontrer les inclusions basophiles (corps de Nissl, granulations basophiles, etc.). En outre, il met admirablement en évidence les granulations métacliromatiques des labrocytes : il les dépouille complètement de toute teinte bleue et les fait apparaître en rouge pur. On peut même, en prolongeant la différenciation, arriver à ne plus avoir que ces granulations métacbromatiques, ressortant en rouge sur le fond très pâle de la préparation.
Dès que la ditférenciation est terminée, il est indispensable de procéder à un lavage à l'eau soigneux et prolongé, de manière à éliminer toute trace d'éther glycérique. Si on néglige cette précaution, on s'expose à voir les coupe.s se décolorer complètement.
La déshydratation doit se faire à l'alcool absolu et très rapidement, pour ne pas décolorer la préparation. On passe ensuite au xylol et on monte au baume parfaitement neutre ou à Ihuile de cèdre (p. ii'2] qui sèche suffisamment et conserve très bien la coloration. On peut encore employer avantageusement l'huile de paraffine ou le sirop d'Apathy. mais, dans ce dernier cas, sans déshydrater.
Les coloralions ainsi obtenues sont remarquablement belles. Au point de vue topographique, elles ne parlent pas à Tœil; mais, examinées à de forts grossissements, elles montrent une grande richesse de détails très délicats, avec toute une gamme de tonalités qui les rendent très précieuses pour les recherches de cytologie fine, sur les éléments du tissu conjonctil". Ces préparations sont très transparentes, sans aucune tendance à cet empâtement qui est recueil de beaucoup de colorations par les bleus basiques. Les
L II se forme certainement aussi une petite quantité d'acroléine.
parties acidophiles sont colorées en verdûlre : pour bien apprécier leur répartition, il est bon de comparer avec une coupe de la même pièce colorée à l'hématéine-éosine.
Bleu polychrome et orcéine.