PART[E MÉCANIQUE DU MICROSCOPE
el (lu champ de l'objectif. Pour ne laisser échapper aucun point, il faudra donc s'assurer que chacun des champs examinés recouvre légèrement le précédent : une fois la valeur du déplacement déterminée, il ne reste plus qu'à avancer de quantités égales, mesurées exactement au moyen du vernier I.
Le simple examen d'une préparation ne réclame pas de précautions spéciales. Mais si l'on veut repérer exactement des points intéressants en inscrivant les indications des verniers et être sîir de les retrouver, il faut procéder encore au centrage de la platine.
Si on désire un centrage de précision, pour retrouver de fins détails à un fort grossissement, ce centrage doit être exécuté pour chaque objectif, surtout si on se sert du revolver. Avec les changeurs d'objectif à coulisse (flg. 19) on peut obtenir un centrage parfait pour toute une série d'objectifs, en ayant soin de centrer d'abord tous les changeurs. L'emploi d'un oculaire à réticule permet d'augmenter encore la précision du centrage.
Cette opération très simple peut être exécutée approximativement une fois pour toutes. Pour effectuer le centrage, on prend la plaque à centrer, qui est livrée dans un écrin avec chaque platine et on commence par mettre les verniers sur les divisions indiquées par l'étiquette de la plaque à centrer. Notamment, on immobilise, au moyen de la vis de pression, l'équerre de gauche dans la position indiquée pour le vernier IL Ceci fait, on libère, en desserrant la vis b, l'étage le plus inférieur de la platine : au moyen des deux vis de centrage, non représentées sur la figure 12 mais visibles sur les figures 7 et 21, on amène exactement au milieu du champ la croix tracée sur la lame à centrer. Une fois celte opération faite, on ne touche plus aux vis latérales et on immobilise la plaline tournante en serrant de nouveau la vis b. Les chariots sont alors centrés pour l'objectif employé et on peut retrouver facilement les points dont on aura repéré la position au moyen des verniers.
Ces verniers ' sont de petites règles, graduées sur une longueur de 9 mm. Ces 9 mm. sont divisés en 10 parties égales, qui correspondent chacune à 9/10 de millimètre : la différence entre les longueurs d'une division millimétrique et d'une division du vernier est donc de un dixième de millimètre. Cet artilice permet d'évaluer les dixièmes de millimètre par la simple juxtaposition d'une échelle millimétrique ordinaire et du vernier. 11 suffit pour cela de lire le chiffre de l'échelle millimétrique qui est le plus rapproché du 0 du vernier. Soit 12 ce chiffre dans le vernier I de la figure 12. Puis on suit les divisions du vernier, à partir du U, jusqu'à ce que l'une d'elles se trouve coïncider avec un des traits de la division millimétrique. Soit, toujours dans le vernier I de la figure 12, la 4" division de ce vernier, la longueur ainsi mesurée correspondra à 12 mm. 4. En effet, à cause de la valeur de la différence entre une division du vernier et une division millimétrique,
1. Les verniers sont ainsi nommés du nom du géomètre Pierre Vernier, d'Ornans (Doubs), inventeur de cet artifice, décrit dans un ouvrage imprimé à Bruxelles en 1631 et intitulé : La construction, l'usage et les propriét<-s du cadran nouveau.
les traits du vprnier 0. 1, 2 et 3, qui précèdent celui pour le(|uel il y a coïncidence sont distants du trait de la division millimétrique de 4, 3, 2, I dixièmes de mm. Par suite, le trait 0, qui précède de 4 divisions le trait 12, est distant de ce trait de 4 dixièmes de mm. On peut donc, au moyen des verniers de cette plaline, repérer un objet, dans deux directions perpendiculaires, à un dixième de millimètre près.
Notons dès maintenant qn'en pratique les verniers ne servent cà rien. A mon avis les constructeurs devraient les supprimer, de
manière à diminuer un peu le ])rix des chariots. Pour faire avancer la préparation d'arrière en avant ou d'avant en arrière, on n'a pas besoin de vernier; on se contente de (lé|tlacer le chariot de l'étendue d'un champ.
Quant au repérage des points intéressants, il est trop long de le faire au vernier, de noter les chiffres lus et trop difficile de remettre tout en ])lace dans la suite. En outre, ces indications ne sont valables que pour un seul microscope.
J'indique, i)age 228, des procédés plus simples et plus sûrs pour le repérage.
Dans les platines de Leitz (fig. 13), le chariot ne fait pas corps avec la platine proprement dite du microscope : il est donc amovible et peut être adapté sur une monture quelconque.
Le chariot est ici constitué par trois pièces : 1" un collier qui permet de fixer lappareil à la colonne du microscope, au moyen d'une vis de pression; 2° un chariot pour le mouvement antéro-postérieur, et 3° un chariot pour le mouvement latéral.
La préparation est fixée sur ce dernic-r; elle est maintenue contre l'équerre de gauche, qui peut coulisser dans le chariot, par un levier à ressort. Le vernier de ce chariot est^ dans certains modèles, au vingtième, c'est-à-dire qu'il col'respond à une lon-
Fig. 13. — Petite platine à chariot de Leitz.
giieur de 19 mm. divisée en vingt jDarlies. li permet donc de repérer à 1/20 de millimètre près.
Une bonne précaution consiste à fixer une fois pour toutes le collier sur la monture du microscope. Si on désire enlever les chariots, il suffit de dégager de sa crémaillère le chariot antéropostérieur en le poussant en avant, sans toucher à la vis de pression du collier. La platine du microscope devient libre ainsi pour les manipulations que l'on désire effectuer.
Il existe d'autres platines à chariot pourvues, en outre des vis de commande, d'un déplacement automatique. Stiassnie fabrique
Fig-. 14. — Oculaire à champ quadrangulaire variable.
depuis quelque temps des platines de ce genre pour ses grands modèles (fig. 8).
Le mouvement automatique est produit par un levier qui commande un cliquet. Il y a un levier pour chaque chariot et la manœuvre de chacun d'eux déplace le chariot correspondant d'une quantité déterminée. L'emploi de ce dispositif doit être combiné avec celui d'un oculaire à champ quadrangulaire variable (fig. 14). On arrive ainsi à déterminer, pour chaque objectif, le nombre de mouvements du levier nécessaires pour déplacer la préparation d'une quantité correspondant au champ embrassé par l'objectif. Ce dispositif permet de parcourir automatiquement, et sans en laisser échapper un seul point, des préparations très étendues. Ces platines peuvent rendre des services pour l'examen du sang ou des matières fécales et en général pour tous les cas où il faut rechercher et compter des corpuscules disséminés dans une préparation.
Nous terminerons ici notre description des platines à chariot. Nous ne saurions les énumérer toutes, car chaque constructeur a, pour ainsi dire, son modèle particulier. On voit que toutes, en
M. Langeron. — Précis de Microscopie, 2
déliiiilive, sonl constituées par deux chariots, placés à angle droit et dont les déplacements se mesurent au moyen de verniers. Ainsi est remjjli le double but de ces appareils qui est de permettre d'une part l'examen méthodique des préparations, d'autre part le repérage des points intéressants.