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ET REMÈDES

Nous avons rléjà signalé les accidents qui peuvent survenir lors de la confection des coupes (p. 337) et du collage sur les lames (p. 344). Il nous reste à étudier les insuccès ou les altérations qu'on constate dans les préparations terminées.

1. Les déchijnires et les plis dans les coupes proviennent d'un mauvais élalement (p. 343). Pas de remède.

2. Les différences d'épaisseur dans les coupes proviennent de vibrations du rasoir ou d'une mauvaise inclusion (p. 338). Pas de remède.

3. La présence de précipités \Aws ou m'oins colorés peut reconnaître deux causes : ou bien un mauvais lavage après fixation, notamment lorsqu'on s'est servi de sublimé, ou bien un précipité de matière colorante. Ce dernier cas se produit surtout avec les couleurs d'aniline et dans la méthode de Romanovsky; on peut enlever ces précipités avec des liquides différenciateurs appropriés.

4. La préparation est opaque^ sur fond noir elle a une teinte laiteuse. La cause de ce défaut est une déshydratation insuffisante : les tissus ont conservé une certaine quantité d'eau, qui a précipité le baume sous forme de gouttelettes résineuses microscopiques. Ce sont ces gouttelettes qui produisent l'opalescence et Topacité. Pour rendre à la préparation sa transparence, il faut arroser la préparation de toluène, enlever délicatement la lamelle, bien dissoudre le baume au moyen du toluène, reprendre par l'alcool absolu, puis repasser par le toluène et le baume.

5. Les tissus ont un aspect contracté : les cellules sont comme

vidées, toute la coupe a une apparence fibreuse. Cet insuccès est presque toujours dû à la cuisson des tissus. L'accident a pu se produire au cours de l'inclusion, lorsque la paraffine est trop chauffée. Souvent aussi on a trop chauffé les coupes : soit en étalant sur Teau albumineuse, soit en coagulant Talbumine avant de déparaffiner, soit en colorant à chaud sur la flamme. Pas de remède.

Une autre cause est la dessiccation des coupes. Nous en avons parlé en plusieurs endroits (p. 420 et 460), et nous avons recommandé de ne jamais laisser les coupes se dessécher entre deux opérations. Il n'y a pas de remède.

6. Coloration insuffisante : soit parce que le colorant n'a pu agir après certains fixateurs, soit parce que la différenciation a été poussée trop loin, soit parce que la coupe s'est décolorée (voir plus loin). On peut essayer de démonter la préparation : dissoudre le baume par le toluène, revenir à l'eau en passant par les alcools et recolorer.

7. Coloration trop intense : par séjour trop prolongé dans le bain colorant; par différenciation insuffisante; par suite d'une trop grande épaisseur des coupes. Démonter la préparation et revenir au différenciateur, en remontant la série des réactifs.

8. Causes de décoloration des coupes. — Ces causes ont été très bien étudiées dans un récent travail de Martin Heidenhain^ Nous pouvons les ranger dans les catégories suivantes :

a. Réaction des tissus colorés. — Les colorants vég:étaux sont décolorés en milieu acide, tandis que certaines couleurs d'aniline pâlissent en milieu alcalin. II faut donc monter autant que possible en milieu neutre (baume neutre) ou modifier la réaction du milieu suivant la nature du colorant. Voir hématéine (p. 375), chromotropes (p. 400), rubine acide (p. 398).

L'acidité du milieu peut provenir du fixateur, du colorant ou des liquides difîérenciateurs. Enfin la décoloration peut provenir de l'oxydation de composés chromiques.

b. Action de l'iode. — L'iode est très employé en histologie, soit pour éliminer le sublimé, soit comme mordant. Ce corps se combine probablement aux substances albuminoïdes des tissus et fait pâlir ensuite les colorations. Le meilleur remède consiste à éliminer l'iode par l'hyposulfite de sodium (p. 414). Heidenhain conseille l'emploi d'une solution à 2,5 p. 100, qu'on étend de 9 parties d'eau, au moment de l'emploi.

c. Action du baume du Canada. — Toutes les résines sont acides,

1. M. Heidenhain, Ueber die Haltbarkeit mikroskopischer Praparate, insbesonderc ûber die Nachbehandlung jodierter Gewebe mit Natriumthiosulfat. Ztschr. f. wiss. Mikr., XXV, p. 397-400, 1908.

PRINCIPAUX INSUCCÈS DES PREPARATIONS 46o

avides d'oxygène et dissolvent certains rolorants. Pour éviter la décoloration, il faut : employer le baume neutre de Griibler; mettre aussi peu de baume que possible, de manière à réduire l'épaisseur de la préparation ; se servir de grandes lamelles.

En effet, au contact de l'air, le baume neutre devient assez rapidement acide; de là, les décolorations purlielles, qu'on observe dans les coupes dont les bords atteignent ceux de la lamelle. Il faut que le bord des coupes soit toujours à 2 mm. au moins du bord de la lamelle.

Certains colorants (thionine, bleu polychrome, bleu de toluidine) se décolorent toujours dans le baume, parce qu'ils sont avides d'oxygène et ne peuvent supporter les milieux réducteurs. Dans ce cas, il faut monter dans l'huile de cèdre ou dans la paraffine liquide.

Pour ces colorations et pour les préparations colorées au lîomanovsky, la décoloration a toujours lieu du centre à la périphérie et non de la périphérie au centre, comme pour les coupes colorées à l'hématéine : en elfet, elle est due surtout à l'action réductrice du baume et non à son oxydation. Les parties marginales, en contact avec l'air, pâlissent moins vite que le centre, qui est exclusivement soumis aux actions réductrices. C'est pourquoi il est préférable de conserver à sec, sans lamelle, les frottis qui supportent la dessiccation.

9. Bulles d\dr. — Nous savons que les petites bulles disparaissent rapidement par l'oxydation du baume (p. Ml). Pour enlever les grosses bulles, soulever la lamelle sur un côté, en l'appuyant du côté opposé pour Tempôcber de glisser (p. 441). Lorsqu'il est rentré de l'air dans une préparation ancienne, on peut ajouter du baume sur les côtés de la lamelle ou plonger toute la préi)aration dans le toluène, pour ramollir le baume, puis enlever ou soulever la lamelle pour chasser l'air.

10. Lamelle et lame salies, — Des dépôts de colorants, de baume, d'huile de cèdre, etc., salissent quelquefois les deux faces de la préparation et gênent beaucoup l'observation. On les enlève avec un dissolvant approprié, en prenant bien soin de ne pas déranger la lamelle. Au besoin, fixer celle-ci par deux ou quatre coins avec le lut de Krihiig (p. 447).

11. Nuages de gouttelettes résineuses. — On voit souvent apparaître, sur les préparations longtemps conservées en boites, un nuage de fines gouttelettes recouvrant la lame et la lamelle. Il faut enlever ce nuage avec un chiffon imbibé de toluène, avant d'examiner la préparation. Ces gouttelettes apparaissent aussi dans les préparations montées à sec. dans l'air; alors il faut démonter la préparation et la nettoyer.

12. Objets contractes K — Certains animaux et certains tissus

1. Ne pas oublier que la <lc'=siccatiou des objets peut amoner leur contraction délinitive. Nous répétons pour eux ce que nous avons dit pour les coupes : jamais

M, Langeron, — Précis de Microscopie. 30

ne peuvent être montés au baume qu'avec de grandes précautions et au moyen de passages très ménagés de l'alcool au xylol et au baume. 11 y a même des animaux, tels que les Nématodes, qu'il est impossible de monter au baume. Les objets contractés dans le baume sont généralement perdus : le seul moyen dont on dispose pour essayer de les sauver est de démonter la préparation et de traiter l'objet par le chloralphénol ou le cbloralchlorophénol (p. 57o) après quoi on repasse de nouveau graduellement au baume.

un objet ne doit sécher entre deux opérations, il faut toujours le maintenir dans un liquide. 11 n'y a d'exception que pour les frottis desséchés (p. 625).

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