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II. — FLAGELLÉS SANGUICOLES

Ce sont, pour nous, les Trypanosomes et les Trypanoplasmes, auxquels nous adjoindrons les Lcishmania.

Matériel d'étude. — Pour les Trypanosomes, rechercher chez la Grenouille le 7'. rolatorium; chez le Surmulot le T. Letrisi; chez rAnguille le T. granulosum. On peut aussi s'adresser à un laboratoire pour obtenir une Souris inoculée avec un Trypanosome non })athogène pour l'Homme, tel que T. Brucei^. On aura ainsi des frottis très riches en parasites, mais on ne pourra conserver le virus que par des inoculations successives et rapprochées (tous les 4 ou 5 jours). Pour les Trypanoplasmes, on pourra se servir de la Tanche; mais, comme les Poissons sont assez difliciles à manipuler, on fera mieux de s'adresser au Trypanoplasme de l'Escargot (7rijpanoplasma kelicis Lcidy), toujours très abondant dans le réceptacle sémiual. Au commencement de la période d'hibernation, on trouve toutefois des formes non flagellées. Ce parasite existe non seulement chez IJelix pomatla, mais encore chez un certain nombre d'autres Gastropodes pulmonés.

Les Poissons marins fournissent d'excellents matériaux d'étude pour les Flagellés sanguicoles. On prélève le sang, soit en piquant les branchies avec uneeffilure de pipette, soit en piquant la queue de l'animal, soit enfin en ponctionnant directement le cœur, avec ou sans ouverture préalable de la paroi. La ponction du cœur est la

1. L'entretien de ces virus est très coûteux, car il nécessite un matériel considérable et réclame beaucoup de temps. Je dois à l'obligeance de ]NL le Professeur Mesnil, de l'Institut Pasteur de Paris, les virus dont je me sers tous les ans, pour les travaux pratiques de l'Institut de médecine coloniale; je tiens à lui en exprimer ici toute ma reconnaissance.

meilleure mélhode pour ol)lenir du sang en quantité sulTisanle et non mélangé d'eau. On trouvera, p. 621, la manière de prélever le sang des différents animaux.

Trypanosomes et Trypanoplasmes .

Examen à Fétat frais. — Vexamen de ces organismes à Vétat frais est on ne peut plus simple. On prélève une goutte de sang sur l'animal en expérience et on examine entre lame et lamelle. La goutte ne doit pas être trop grosse ', car. si la couche de sang est trop épaisse, on a de la peine à apercevoir les Trypanosomes. Dans une bonne préparation, les hématies doivent former une seule couche et être légèrement séparées les unes des autres. On examine avec un fort objectif à sec, donnant environ 500 diamètres.

On reconnaît immédiatement les Trypanosomes à leurs mouvements et aux déplacements qu'ils impriment aux hématies. Pour faire des observations un peu prolongées, il faut lu ter les préparations, afln d'empêcher la dessiccation. On peut alors suivre longtemps les mouvements des Trypanosomes.

Les colorations vitales ne montrent pas grand cliose et ne sont guère à conseiller. C'est à peine si le rouge neutre colore quelques granulations protoplasmiques.

V examen après coloration se fait sur des frottis secs ou fixés à l'état humide.

Frottis secs. — Les frottis sont exécutés suivant la méthode générale (p. 626) et desséchés le plus rapidement possible. Ils sont colorés ensuite par un dérivé quelconque de la méthode de Romanovsky. Je conseille particulièrement le Giemsa rapide et le panoplique ou le panchrome de Pappenheim.

La valeur delà méthode de Romanovsky a été très contestée par Breinl et Moore, Uosenbusch. puis Minchin, qui lui reprochent de donner une fixation insuffisante et de modifier la forme de ces organismes. Minchin a bien montré que les Trypanoplasmes sont presque toujours très déformés et méconnaissables dans les frottis secs. 11 affirme aussi ^ que

1. Se reporter aux instructions données, p. 6-23, pour l'examen du sang à Tétat frais.

2. Minchin, Observations on the Flagellâtes parasitic in tlie Idood of freshwater Fishes. Proc. Zool. Soc. London, 1909.

3. Minchin, The structure of Trypanosotna Leivisi in relation 1o microscopical technique. Quart. Journ. of micr. Set., LUI, p. ^55-800, 1909.

M. Langero.v. — Précis de Microscopie. 31

la méthode de Romanovsky exagère les détails de la structure nucléaire, en rendant plus volumineuses toutes les parties chromatiques. Les granulations ultra-microscopiques renfermées dans le noyau sont considérablement grossies et masquent toute la structure nucléaire. Ce phénomène est dû, non à la dessiccation mais à la méthode de coloration : les substances qui colorent la chromatine en rouge sont précipitées, non seulement à Tintérieur de certains points, mais encore à leur périphérie, ce qui augmente leurs dimensions et donne une idée fausse de leur forme. Tout récemment, Swellengrebel i a tenté de réhabiliter la méthode des frottis secs colorés au Giemsa, au moins en ce qui concerne les Trypanosomes. 11 trouve que la différenciation du noyau et du blépharoplaste, ainsi obtenue par lui, est meilleure que celle qui est fournie par Thématoxyline ferrique de Heidenhain.

.rajouterai que le procédé des frottis secs est parfaileinent suffisant pour les ti^avaux courants et qu'il donne toujours de très jolies préparations.

Frottis humides. — Méthode de Romanovsky pour les frottis humides. — Cette méthode est décrite p. 413. C'est une des meilleures et des plus sures pour tes recherches cytologiques sur les Trypanosomes.

Méthode de Breinl et Moore -. — Etendre une couche très mince d'albumine glycérinée sur une lame parfaitement propre ? pour cela, prendre une goutte de la grosseur d'une forte tèle d'épingle et l'étaler avec un linge propre.

1. Sur cette couche, on étale la goutte de sang et on jette rapidement le frottis encore humide dans le fixateur. Celui-ci sera de préférence du Flemming fort. La fixation doit durer de 5 à 10 minutes;

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